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aux climats froids et, ailleurs, aux terres qui se dessèchent au début de l'été. Ses variétés printanières sont très-avantageuses pour remplacer un semis d'automne qui n'aurait pas réussi. Les fumiers consommés profitent le mieux à cette céréale.

L'avoine réussit bien sur les bois défrichés, remplis de matériaux ligneux, incomplétement nettoyés de mauvaises herbes et couverts de mottes non encore pulvérisées. Parfois donc, il pourrait, au printemps, remplacer les graines oléagineuses, pour le premier ensemencement d'un bois défriché qui, par suite de circonstances accidentelles, n'aurait pu recevoir une préparation suffisante.

Mûrissant très-rapidement, le sarrazin doit être cultivé en récolte dérobée dans la région du maïs, lorsque le sol est assez meuble et le climat assez humide. Quelquefois, il offre le moyen d'utiliser le sol d'un bois, à mesure de son défrichement, en attendant l'ensemencement pour la récolte principale. Par son feuillage épais, il défendra la terre contre

les mauvaises herbes ; et, s'il n'était

pas mûr

mûr pour

le moment convenable, il donnerait, par l'enfouissement de ses fanes, un bon engrais vert, car il paraît tirer de l'atmosphère la moitié de son azote."

Lorsque plusieurs récoltes, par exemple de colza et

de froment ont été obtenues successivement sur un

défrichement, on est obligé de recourir à la jachère ou aux plantes sarclées, pour nettoyer le sol. Alors, si la chaleur du climat le permet, il sera souvent opportun de cultiver, comme plante sarclée, le maïs dont on aura un débit toujours assuré.

§ 3.

Prairies permanentes.

La culture des plantes oléagineuses et des céréales ruinerait promptement un bois défriché, si, en même temps, on n'y élevait des végétaux améliorants, pour créer de l'engrais et pourvoir aux besoins des récoltes épuisantes. Les prairies permanentes remplissent parfaitement ces fonctions réparatrices. En effet, pour entretenir leur fertilité, au plus haut degré, elles se contentent de l'engrais produit par la moitié de leur foin, et ainsi elles laissent le surplus disponible, pour fumer les autres cultures.

Elles exigent un terrain frais ou humide, et n'y donnent le maximum de leurs récoltes, qu'après avoir emmagasiné dans leur gazon une grande quantité d'engrais. Aussi est-il urgent de les établir le plus tôt possible après le défrichement, avant que les récoltes épuisantes n'aient absorbé l'engrais forestier, dès que le chaulage a neutralisé l'acide tannique, et que la culture a détruit les végétaux parasites qui pouvaient occuper le sol. Au sud de la région du maïs, on sèmera les prairies, à l'automne, un peu avant la semaille du froment, de manière que l'herbe naissante ait le temps de se fortifier pour résister au froid de l'hiver. Au nord de cette région, on les sèmera au printemps, en mélange, si c'est possible, avec le sarrasin qui, par son feuillage épais, protègera, contre la sécheresse, le sol sans l'épuiser.

Le choix des plantes à faire entrer dans la composition du gazon sera approprié au degré d'humidité du sol. Ainsi, sur les terrains habituellement humides, on pourra semer ensemble la fétuque roseau, la fétuque élevée, le pâturin fertile, la glycéria remarquable, la fléole des prés, l'agrostis traçante, la luzerne tachée, la gesse des marais, la vesce des

haies et le trèfle des prés. Tandis que, sur les terrains frais, les prairies pourront être formées par l'association du dactyle pelotonné, du påturin des bois, de la fétuque fausse-ivraie, de la fétuque élevée, de la fétuque des bois, de l'agrostis commune, de la houlque laineuse, de la fléole des prés, du trèfle des prés, du trèfle rampant, de la gesse des prés, de la vesce des haies et de la vesce cracca.

Pour les terrains humides en hiver et souvent secs

en été, on préfèrera le mélange d'espèces robustes et printannières, qui souffriront moins de la sécheresse, tel que celui des fétuques rouge, glauque et duriuscule, de la bryze commune, du trèfle rampant, de la houlque molle, du sainfoin, du lotier corniculé et du brome des seigles.

La première année, on ne fauchera pas les nouvelles prairies et on n'y laissera pas entrer le bétail; mais on en extirpera soigneusement, à l'époque de leur floraison, les plantes nuisibles telles que les chardons et les grands ombellifères. Les années suivantes, il ne faudra pas négliger le sarclage, si le besoin s'en fait encore sentir.

§ 4.

Prairies temporaires.

Par leurs produits qui jamais ne font défaut, les prairies permanentes pourvoient régulièrement à la nourriture du bétail et à la fumure des terres; mais comme, pour être productives, elles exigent un sol ordinairement frais ou humide, il faut, lorsqu'on ne le possède pas,

ou qu'en proportion insuffisante, avoir recours aux prairies temporaires dont le semis, au sud de la limite nord de la vigne, est malheureusement très-chanceux, et, trop souvent, trompe l'espérance du cultivateur. En composant de plantes longévives les prairies temporaires, et les faisant durer le plus longtemps possible, on obviera à cet inconvénient, mais seulement en partie, car leur existence est toujours assez bornée. Avides d'engrais, bien que prenant beaucoup d'azote dans l'atmosphère et rendant au sol, par leurs racines, leurs chaumes et leurs feuilles perdues, presque tout l'azote qu'elles

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