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avec une aussi faible couche de terre végétale, une grande fertilité de cette terre pourrait, seule, justifier un défrichement. En général, nous pensons devoir ne conseiller le défrichement que de terres profondes au moins de 25 centimètres. La profondeur du sol arable en augmente sensiblement le prix jusqu'à ce qu'elle atteigne environ 50 centimètres. Le froment peut prospérer sur une couche de terre assez mince, mais beaucoup de plantes agricoles, telles que la luzerne et le sainfoin exigent un sol plus profond pour donner d'abondantes récoltes.

$ 3.

Inclinaison du sol.

L'inclinaison des champs, lorsqu'elle est faible, est généralement avantageuse, parce qu'elle assure un écoulement facile aux eaux pluviales. Mais, lorsqu'elle devient forte, elle nuit beaucoup à l'agriculture, d'une part, en gênant le transport des engrais et le labour du sol; d'une autre, en permettant aux eaux pluviales, d'entraîner les terres et de s'écouler trop

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promptement, ce qui livre le terrain à la sécheresse. Aussi, l'inclinaison d'une terre ne peut dépasser 5 centimètres par mètre, sans commencer à lui faire perdre de sa valeur. Si la pente est supérieure à 10 centimètres par mètre, on ne peut plus labourer qu'en travers, à moins de se résigner à ne plus cultiver qu'en descendant. Au delà de 20 centimètres, il convient souvent de cultiver en terrasse, procédé très

onéreux.

Les forêts, au contraire, s'accommodent très-bien des

sols fortement inclinés. Elles y maintiennent la terre par leurs puissantes racines, et la fraicheur par leur ombrage, ainsi que par leur litière de feuilles mortes. Enfin, s'y étageant en amphithéâtre, les arbres participent plus largement à l'influence bienfaisante de la lumière et prennent un plus fort accroissement.

Nous engageons donc à laisser les forêts en possession des versants rapides, puisque ordinairement ils sont mieux utilisés par elles que par l'agriculture.

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en l'occupant, et mettent obstacle au labourage par l'irrégularité de leur dissémination, et, parce que, souvent cachées en terre, elles menacent de briser la charrue. La culture forestière est alors la mieux appropriée à un sol rocheux. Les arbres enfoncent leurs racines dans les crevasses des rochers, et lorsqu'ils y rencontrent quelque veine de bonne terre, ils se développent avec une remarquable vigueur.

Les terres caillouteuses ou graveleuses sont ordinairement beaucoup trop sèches en été pour convenir à l'agriculture. Les forêts, seules, y prospèrent, en s'y enracinant profondément et en abritant le sol contre la sécheresse. Si, sous les cailloux et les graviers, se trouve une terre limoneuse et fertile que les racines des arbres puissent atteindre, la végétation forestière devient splendide et donne de riches récoltes ligneuses,

tandis que des récoltes agricoles y seraient souvent si chétives qu'elles ne pourraient couvrir leurs frais.

§ 5.

Climat.

Sur nos montagnes, le climat devient assez rude pour interdire la culture de la plupart des plantes agricoles. L'orge et le sarrasin, céréales les moins exigeants en chaleur, et la pomme de terre peuvent seuls y mûrir leurs récoltes. Les pâturages y viennent assez bien pour quelquefois engager au défrichement, favorisés qu'ils sont par l'humidité atmosphérique, par les brouillards et les nuages qui ordinairement couvrent les montagnes. Seulement, la longueur des hivers qui, pendant leur durée, oblige à nourrir les bestiaux avec du foin sec conservé à grands frais, ne permet pas souvent d'y élever le bétail avec profit, à moins que, par la transhumance, on ne puisse y conduire des bestiaux que l'on garde pendant l'hiver sur des pâturages de cette saison situés dans des plaines environnantes et fort chaudes.

Mais ce qui réussit le mieux sous ce climat, ce sont les forêts, surtout celles peuplées de cembros, de mélèzes, d'épicéas et de sapins, essences qui redoutent la chaleur. Aussi, nous pensons qu'en général on ne peut conseiller le défrichement des forêts reléguées

sous un climat rude.

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