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§ 2.

Emplacement.

Les bâtiments ruraux doivent être placés au centre de l'exploitation, pour diminuer les frais de transport des récoltes et des engrais, ainsi que le temps perdu par les hommes et les animaux en allant aux champs et en revenant; à proximité d'eaux potables et intarissables provenant soit de puits, soit de source ce qui est préférable; dans un lieu sec où l'humidité ne puisse nuire aux hommes, aux animaux, aux récoltes et aux bâtiments; loin de marais, d'étangs ou de rizières qui exhaleraient des effluves fiévreus; enfin à l'aspect du midi, pour jouir d'une température · assez chaude et qui ne soit pas sujette à de brusques variations. Il sera souvent impossible de trouver un emplacement qui satisfasse à toutes ces conditions, alors il faudra choisir celui qui les conciliera le mieux. On n'oubliera pas que le plan topographique, dont l'on a dû se munir pour étudier la forêt en

vue d'un défrichement, sera très-utile pour

trouver la situation convenant le mieux aux bâtiments.

§ 3.

Distribution.

Une bonne distribution des bâtiments doit assurer

la facilité pour la circulation, la commodité pour la surveillance, un logement salubre pour les hommes et les animaux, un abri sûr pour les récoltes, et enfin pour les travaux à exécuter dans la ferme leur réduction au minimum. Dans ce but, il faut généralement que les cours soient assez étendues, aient au moins 16 mètres de largeur pour se bien prêter à la maneuvre des attelages ; que l'habitation du fermier soit centrale et dominante, afin que ce dernier y puisse, d'un coup d'ail, apercevoir tout ce qui se passe dans la cour et sur le territoire de sa ferme; que cette habitation soit élevée de 50 centimètres audessus du sol et bâtie sur cave, pour être à l'abri de l'humidité; que les bâtiments d'exploitation soient élevés de 25 centimètres au-dessus du sol pour être

suffisamment secs; que la bergerie et les loges à porcs aient leurs ouvertures à l'aspect du midi , pour favoriser le succès des éducations; que les valets. d'écurie, bouviers et bergers soient logés près de leurs bestiaux, pour avoir l'oeil sans cesse sur eux; que les planchers de l'écurie, de l'étable et des loges à porcs soient en matériaux imperméables et en pente légère ménageant par des rigoles l'écoulement immédiat des urines jusque dans le puisard de l'aire à fumier; que l'aire à fumier soit placée assez près du logement des bestiaux, pour faciliter le transport du fumier sur cette aire; que les greniers à fourrages et les silos à racines soient disposés, les uns audessus, les autres à proximité du logement des bestiaux, pour qu'on puisse plus facilement distribuer à ces derniers leur nourriture; et que la grange où l'on abritera les gerbes de céréales contienne également la machine à battre, ce qui mettra les gerbes à portée de cette machine.

§ 4.

Capacité.

Le logement du fermier et de sa famille doit avoir une étendue variable avec l'importance du domaine et les usages de la localité; sa capacité sera donc analogue à celle des bâtiments affectés à l'habitation dans les fermes d'égale valeur, aux environs. En outre, il devra contenir le grenier à blé qui sera établi sur des poutres armées, pour qu'on puisse y entasser le grain jusqu'à 1 mètre de hauteur.

L'écurie exige une capacité de 28 mètres cubes par cheval. La chambre du valet d'écurie et celle à avoine doivent chacune y occuper autant de place qu’un cheval, et la sellerie, 4 mètres cubes par cheval. L'emplacement destiné à chaque cheval aura 1m.75 de largeur et 4 mètres de longueur et de

hauteur.

Pour l'étable, il suffit de 24 mètres cubes par vache ou bauf. La chambre du bouvier et celle des

jougs et harnais doivent chacune y occuper la place

d'une bête à cornes. L'emplacement affecté à chaque tête de gros bétail aura 1m.50 de largeur et 4 mètres de longueur et de hauteur. La bergerie doit offrir 3m.c.50

par brebis et 2m.c.62 par agneau, soit, avec 3m.50 de hauteur, 1 mètre carré par brebis et 0,75 de mètre carré

par agneau.

Les greniers à fourrages à élever au-dessus de l'écurie, de l'étable et de la bergerie auront, de hauteur moyenne, 5 mètres pour contenir l'approvisionnement des chevaux et des bêtes à cornes, et 4 mètres pour l'approvisionnement des moutons menés au pâturage six mois de l'année. On pourra diminuer, mais seulement un peu, ces hauteurs, si les racines servent à nourrir le bétail, car elles ne doivent entrer que comme accessoire dans son ali

mentation.

Les loges à porcs demandent 1m.60 de largeur, 2 mètres de longueur et environ 2m.50 de hauteur.

La grange présentera une capacité de 2m.c•70 par hectolitre de grains, plus l'emplacement nécessaire pour la machine à battre et le dépôt de la paille au début du battage.

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