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La plupart des arbres forestiers produisent et contiennent de l'acide tannique, notamment le chêne, le bouleau, l'orme, le cornouiller, le coudrier, le saule, le sapin, l'épicéa et le mélèze; aussi formentils par leurs détritus un terreau acide, favorable à la végétation forestière, mais ordinairement nuisible à la végétation agricole, par exemple, aux prairies permanentes où alors on ne récolte que des fourrages pauvres en parties nutritives et peu agréables aux animaux. Après un défrichement, il faut donc neutraliser l'acide contenu dans le sol. Pour cela, le

meilleur moyen c'est d'employer la chaux qui, d'un tannin nuisible, fera un tannate de chaux inoffensif. Maison devra ne se servir de la chaux qu'avec beaucoup de prudence. Mise en contact avec le terreau, elle en provoque la décomposition et en chasse l'ammoniaque. Aussi, conseillons-nous de ne chauler qu'après le défrichement, lorsque le carbonate d'ammoniaque transformé par le plâtre en sulfate d'ammoniaque, et fixé en partie par l'argile, craindra moins la chaux; et à dose faible, de quelques hectolitres seulement par hectare, surtout dans les terrains légers où le terreau se décompose si rapidement, sauf à réitérer le chaulage chaque année, tant que

le sol contiendra du tannin libre. On en reconnaîtra la présence en faisant bouillir la terre dans

de l'eau, et en versant dans la solution filtrée une

solution de gélatine qui, avec l'acide tannique, produira un précipité blanc opaque. La chaux s'emploie éteinte à l'air, réduite ainsi en poudre, et par un temps sec pour ne pas former pâte.

On ne se sert pas de la chaux, 'seulement pour neutraliser les acides, on en fait encore usage pour donner l'élément calcaire aux sols qui en sont dé

pourvus et surtout aux glaises. C'est par ce moyen que, de ces terres, on obtient d'abondantes récoltes de blé et de fourrages légumineux. La marne s'emploie aussi pour le même usage. Quant au sulfate de chaux ou plâtre, c'est un engrais spécial à certaines plantes avides d'acide sulfurique, telles que la luzerne, le trèfle, le sainfoin, le colza, la navette, le

sarrasin et le maïs.

§ 2.

Noir de raffinerie.

Il est des terres, particulièrement celles dépourvues de carbonate de chaux et caractérisées par la présence de l'ajdnc et des bruyères, où manque le phosphate de chaux, et où la neutralisation du tannin par la chaux ne suffit pas pour obtenir de bonnes récoltes des bois défrichés. Il faut alors, au début du défrichement, avoir recours au noir de raffinerie. On ne doit l'employer que lorsqu'il n'est plus acide, et que, de sa matière animale, ayant formé de l'ammoniaque, il peut ramener au bleu le papier de tour

nesol rougi. On le mouille et on le brasse avec les grains de semence, de manière à les bien praliner et on le répend avec la semence, à dose de 4 hectolitres par hectare.

Avec l’emploi du noir de raffinerie, le chaulage réclame des soins particuliers. Quelques mois avant les semailles, il faut répandre la chaux et l'enterrer, soit par un fort hersage, soit par un léger labour, de manière à ce que, pour cette époque, elle soit neutralisée par l'acide tannique, et que celle qui aurait échappé à l'action de cet acide, ne se trouvant pas en contact avec le noir de raffinerie, ne puisse rendre insoluble le phosphate de chaux, en le saturant, ce qui le rendrait inefficace.

3.

Utilité des engrais azolés.

Au début, les bois défrichés donnent d'abondantes récoltes, sans avoir besoin d'engrais autres que le plâtre, la chaux et parfois le noir de raffinerie à

petite dose; mais la végétation y serait bien vite dêchue de sa première splendeur, si elle n'était soutenue par les engrais azotés ordinaires. Ces engrais s'obtiennent de végétaux qu'on enfouit, soit à l'étal" vert, soit après les avoir animalisés en les faisant consommer par le bétail. Parmi les éléments nécessaires à la végétation, l'azote étant ordinairement celui qui se trouve en moindre proportion dans ces engrais, on estime ceux-ci d'après leur teneur en

azote.

On doit consacrer l'engrais à élever les plantes qui le paient le plus cher, et surtout l'employer de manière à obtenir les plus fortes récoltes possibles, tant qu'il coûte moins que l'augmentation de produit correspondante. C'est là tout le secret des profits agricoles. Ainsi dans une terre où l'engrais ne subirait aucune perte et où l'argile serait saturée d'azote, un engrais dosant 2kil. 7 d'azote, et coûtant 5 fr. 40 à 2 fr. le kilogramme, produirait 100 kiJogrammes de froment avec sa paille et valant environ 20 fr. Les bénéfices de l'agriculture augmentent donc avec l'abondance des engrais qu'elle emploie, mais seulement jusqu'à une certaine dose en rapport

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