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que intérêt et amortissement du prix d'achat, nourriture, litière, soins, loyer de bâtiment; et, d'une autre part, les profits qu'ils donnent, tels que travail, chair, lait et laine; retrancher du montant des frais celui des profits ; et diviser la différence par le nombre de kilogrammes d'azote contenu dans l'engrais.

Les principes azotés, qui forment la richesse de celui-ci, passent, par la fermentation, à l'état surtout de carbonate d'ammoniaque qui se dissipe dans l'atmosphère. Pour éviter une perte aussi fatale, on a inventé plusieurs moyens.

Le plus souvent, on dépose les fumiers, c'est-àdire les déjections animales avec les litières pailleuses, sur une aire imperméable, inaccessible à l'invasion des eaux pluviales courantes, abritée contre le soleil et le vent, par exemple, par une plantation de noyers ou d'épicéas, et légèrement inclinée vers son centre où se trouve un puisard à parois imperméables, avec une pompe pour arroser le fumier, lorsque sa température s'élève trop et ainsi modérer l'activité de sa fermentation. Ce procédé est insuffisant et demanderait à être complété par le plâtrage des engrais aussitôt qu'on les dépose sur l'aire à fumier,

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Malheureusement, tout en fixant l'ammoniaque, le plåtre produit accessoirement de l'acide sulfhydrique dont l'odeur insupportable oblige, pour employer cette pratique, à placer le fumier loin des habitations, et de manière que les émanations en soient écartées par les vents qui règnent dans la localité. Si l'inconvénient d'éloigner l'emplacement des fumiers empêche leur plâtrage, à mesure qu'on les dépose sur l'aire; au moins faudrait-il, lors de leur emploi, les plâtrer, afin d'amoindrir les pertes que l'évaporation leur fait subir, principalement dans les terres légères, avant qu'ils soient assimilés par les végétaux.

Le second moyen auquel on a recours pour fixer l'ammoniaque des déjections animales, sans accessoirement produire de l'acide sulfhydrique, c'est l'emploi de litières poudreuses formées d'argile desséchée, et dépourvue de carbonate de chaux telle que la glaise. Le seul inconvénient qui en résulte, c'est la quantité d'azote que l'argile s’approprie pour ne plus la restituer, et qui s'élève à 3kil.75 par mètre cube.

Enfin, le moyen de tirer le meilleur parti des engrais, c'est de les enfouir immédiatement dans des

fosses fermées, avec huit fois leur volume d'eau et

une légère dose de plâtre. Les engrais y subissent une lente catalyse, et abandonnent à l'eau leurs principes azotés. Si les fosses n'ont pu être placées dans une position qui domine les champs, on emploie une pompe mue par la vapeur ou par des chevaux, pour élever dans un réservoir supérieur cette infusion qui, de là, est dirigée vers les différentes parties du domaine, par des conduits, par exemple en béton, avec des regards convenablement espacés, pour qu'en y adaptant des tuyaux flexibles en gutta - percha, on puisse bien répartir l'engrais liquide. Composé de principes immédiatement assimilables, l'engrais n'est alors distribué aux végétaux qu'à mesure de leurs besoins, et ainsi produit des effets merveilleux, parfois décuples de ceux obtenus des engrais lents tels que les fumiers ordinaires.

CHAPITRE QUATRIÈME

MACHINES AGRICOLES

Si parfois le défrichement donne des domaines agricoles d'un même tenant et d'une trop vaste étendue pour que la vente parcellaire en soit profitable; en revanche, ces circonstances offrent pour l'exploitation quelques avantages précieux qu'il ne faut pas négliger, par exemple, la facilité d'appliquer les engrais liquides dont nous venons d'indiquer les brillants résultats, et, en outre, d'employer quelques machines dont trop souvent le morcellement de la propriété interdit l'usage, et dont nous allons exposer l'utilité.

La piocheuse mécanique, c'est-à-dire une roue en fonte, armée de dents en forme de pioches, et mue par une machine à vapeur mobile, remplacerait ici la charrue; et donnerait des labours excellents, plus

rapides et beaucoup plus économiques, lorsqu'on aurait le combustible à des prix convenables.

La moissonneuse américaine qui fauche rez-terre le blé, ou mieux encore la vieille moissonneuse gauloise, qui ne récoltait que les épis et laissait la paille sur le sol, exécuterait la moisson rapidement et avec peu de bras.

La faucheuse et la faneuse faciliteraient la récolte

des fourrages.

La même machine à vapeur ferait le labour des champs, la moisson des céréales, le dépiquage des grains, la fauchaison des prairies, le fanage des fourrages, le service de la pompe aux engrais, et même celui d'une machine à irriguer, si c'est possible. Elle ne dépenserait pas de combustible lorsqu'elle ne travaillerait pas, tandis que les moteurs animés exigent de la nourriture, même lorsqu'ils se reposent.

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