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Avant de cultiver un bois défriché, il faut examiner

si c'est le labour en billons ou celui à plat qui est le mieux approprié à la nouvelle terre, et adopter celui qui offre le plus d'avantages. Le labour en billons assainit les terres humides, en les bombant; et donne de la profondeur à une portion des terres superficielles, en les relevant pour former le dos des billons. Mais ce genre de culture empêche de croiser les labours; gêne le scarificateur, l'extirpateur, la herse, la répartition des engrais, la fauchaison des fourrages, celle des céréales, ainsi que le jeu des grandes machines agricoles dont nous avons recommandé l'emploi pour les exploitations très-étendues ; et enfin oblige à un défoncement plus profond sur les épaules des billons, pour que les racines ne puissent y arrêter le travail de la terre. Tous ces motifs engagent à n'employer que le labour à plat pour les terrains nouvellement défrichés, et à n'y combattre l'humidité que par le drainage ou par des rigoles d'écoulement tracées suivant la plus grande pente. Quant au défaut de profondeur des terres, on n'aura pas besoin d'y remédier en les accumulant en billons, car si l'on a suivi nos conseils, laissé sous le régime forestier, les sols trop superficiels pour l'agriculture.

on

aura

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En général, et surtout dans les sols tenaces, de profonds labours sont favorables aux plantes : ils leur ménagent la facilité d'enfoncer plus librement leurs racines, les principes nutritifs d'un volume de terre

plus considérable et une fraîcheur plus constante. Par suite, on estime ordinairement qu'une terre n'est pas encore portée à son plus haut degré de production, tant qu'elle n'est pas ameublie jusqu'à une profondeur de 50 centimètres. Mais dans un bois défri

ché, où les couches inférieures du terrain sont les plus épuisées par les arbres, les labours profonds offrent moins d'avantages, puisque la terre dont ils ouvrent l'accès aux racines ne peut donner à ces dernières qu'une maigre nourriture; aussi ne sont-ils pas à conseiller, à moins qu'on ne veuille cultiver des végétaux à racines plongeantes, tels que la luzerne, et encore devra-t-on alors avoir soin de ne pas ramener à la surface les couches inférieures du sol. A cet effet, on emploiera la charrue sous-sol, c'est-à-dire sans versoir, et qui laisse au fond du sillon la terre qu'elle ameublit. On pourra lui donner une entrure de 30 centimètres, ce qui suffira pour la luzerne. Si le sol n'a pas encore été défoncé à cette profondeur, la charrue devra être bien tranchante pour couper les petites racines qui le parcourent. Si le défrichement avait été mal exécuté et

que de fortes racines arrêtassent la charrue sous-sol , il faudrait recourir au pelleversage; opération trèsonéreuse, et qui consiste à défoncer à la pioche le fond des sillons, à mesure de leur ouverture par la charrue à versoir. Enfin si l'on faisait usage de la piocheuse à vapeur, on donnerait moins de profondeur au labour, pour mélanger moins de mauvaise terre avec la bonne, dût la luzerne être alors d'une

moindre durée.

§ 3.

Nettoiement des mauvaises herbes.

Un bois défriché est souvent envahi par les mauvaises herbes, soit qu'on l'ait défriché trop jeune lorsque le couvert n'avait pas encore étouffé ces herbes sauvages qui étalent leur végétation luxuriante dans les jeunes peuplements, soit que la précaution de ne le défricher que parvenu à son exploitabilité n'ait pas eu un plein succès; aussi faut-il alors avoir recours à des moyens énergiques, pour donner à la terre cette netteté indispensable au succès des plantes

agricoles. Lors des moissons, on donnera plus de longueur au chaume, et ensuite on y mettra le feu, pour détruire, à la surface du sol, les graines des herbes parasites. Puis on labourera la terre, dès qu'elle aura le degré de fraîcheur suffisant pour être entamée par les instruments aratoires. Si le nouvel ensemencement se fait en automne, il faudra, une vingtaine de jours avant le semis, pulvériser le guéret avec la herse ou même le rouleau, pour que les graines sauvages cachées dans l'intérieur des mottes puissent germer, et que le labour d'ensemencement détruise cette génération de plantes importunes. Si l'ensemencement n'a lieu qu'au printemps, les météores de l'hiver suffiront pour pulvériser le guéret, et assurer la pousse des herbes adventives qui pourront ainsi être détruites lors des semailles. Si le sol

était soumis à une jachère complète, il faudrait, avec le scarificateur ou l'extirpateur, détruire chaque génération de ces herbes sauvages lorsqu'elles seraient en fleur. Une fois les semences confiées à la terre, les plantes qu'elles produiront ne devront être laissées sans protection contre les végétaux parasites. Mais, au printemps, on hersera le froment avant qu'il

devront pas

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