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4-21-36 MAG

3-330R APPORT

SUR

LA CONSTITUTION

DU

PEUPLE FRANÇAIS.

DE

De toutes les parties de la République,

une voix impérieuse veut la constitution. Jamais une plus grande nécessité n'a tourmenté tout un peuple. Vingt-sept millions d'hommes appellent à grands cris la loi. Si dans certaines contrées des effervescences se manifestent, c'est principalement parce que la constitution leur manque. Il semble que ce seroit un crime national de la retarder un jour de plus; mais aussi le jour où vous l'aurez faite, sera celui d'une résurrection pour la

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France, d'une révolution pour l'Europe: Tous nos destins reposent dans ce moaument: il est plus puissant que toutes les armées.

Nous avons été impatiens de remplir l'honorable tâche que vous nous avez imposée il y a quelques jours, et de répondre avec vous à un besoin si universel. Que les machinateurs de gouvernemens oppressifs, de systêmes anti-populaires, combinent péniblement leurs projets; les Français qui aiment sincèrement la patrie, n'ont qu'à descendre dans leurs cœurs ; ils y lisent la République.

Notre inquiétude doit être de n'avoir pas satisfait à vos vœux; mais au moins vous rendrez justice à nos efforts. La plus touchante unanimité n'a pas cessé d'accompagner notre travail. Nous avions chacun le même desir; celui d'atteindre au résultat le plus démocratique. La

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souveraineté du Peuple et la dignité de l'homme étoient constamment présentes à nos yeux. C'est toujours à la dernière limite que nous nous sommes attachés à saisir les droits de l'humanité. Un sentiment secret nous dit que notre ouvrage est peut-être un des plus populaires quí aient encore existé; si quelquefois nous nous sommes vus contraints de renoncer à cette sévérité de théorie, c'est qu'alors la possibilité n'y étoit plus. La nature des choses, les obstacles insurmontables dans l'exécution, les vrais intérêts du Peuple nous commandoient ce sacrifice; car ce n'est pas assez de servir le Peuple'; il ne faut jamais le tromper.

Vous nous aviez chargés de vous présenter les articles rigoureusement néces saires dans un acte constitutionnel. Notre attention spéciale a été de ne jamais enfreindre ce devoir. La chartre d'une République ne peut pas être longue. La

constitution des peuples n'est au fond,' que la constitution de leurs autorités, que la collection de leurs droits politiques fondamentaux. La royauté tenoit beaucoup de place dans notre dernier code; mais nous en sommes enfin débarrasés pour jamais. Un grand nombre d'articles que la royauté traîne à sa suite, en souilloit encore les passages; et cés articles étoient censés politiques, en ce sens, qu'ils attribuoient une odieuse préférence à des citoyens nommés actifs, ou qu'ils feignoient d'établir l'abaissement des ordres, la destruction des privilèges; mais nous ne daignons pas reparler de tant de puérilités : ces souvenirs ne sont plus aujourd'hui que du domaine de l'histoire, qui sera forcée de les raconter en rougissant. Beaucoup d'objets importans, de développemens utiles se sont présentés à notre esprit ; mais nous avons dû les renvoyer à une

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