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négociations qui furent suivies à Paris par le général suédois, comte de Wrede.

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(Page 119.) Napoléon, loin d'approuver cette élection, en parut “ d'abord très-mécontent. Mais venant ensuite à réfléchir " qu'en consentant à l'élévation de Bernadotte, il éloignait un rival dont la popularité lui était suspecte, Eh bien ! “ dit-il, que la destinée s'accomplisse.”

Cela est par trop bête, et ne mérite aucune réfutation. Bernadotte était sans réputation militaire. Il y avait en France vingt généraux qui avaient commandé en chef et avaient plus de réputation que lui. Il était, d'ailleurs, fort impopulaire, parce qu'il avait fait partie de la société du manège : il n'avait reçu aucune éducation.

(Page 135.)

“ Après avoir secondé le passage du Tagliamento, Ber“ nadotte, à l'avant-garde de l'armée française, entre dans la place de Palma-Nova, et se porte de suite devant la for, “ teresse de Gradisca, etc.”

Bernadotte attaqua Gradisca, en traversant l'Izonzo ; il fut complètement battu, et perdit 4 à 500 hommes d'élite. C'était une opération si folle, qu'elle excita vivement le mécontentement de Napoléon qui, pendant ce temps, passait l'Izonzo avec la division Serrurier, et cernait la ville sur les hauteurs de la rive gauche. Ce ne fut qu'alors que le commandant de cette place cernée et dominée, se rendit.

(Page 138).

« Il avait fait arrêter, à Trieste, M. d'Entraigues, atta“ ché à la légation russe de Venise."

M. d'Entraigues fut arrêté sur la Brenta, comme il sortait de Venise, par Bernadotte, dont la division occupait ce cantonnement.

(Page 139.)

“ Il fit arborer extérieurement le drapeau tricolore."

Cette démarche était à-la-fois folle et bête ; elle fut blâmée, en France, par tout le monde. Le directoire la désavoua.

(Page 140.)

“ Peu de temps après, il épousa la fille d'un négociant “ d'Avignon, nommé Clary, établi à Marseille. Cette jeune

personne, belle-soeur de Joseph Bonaparte, avait été “ destinée au général Duphot, massacré à Rome dans une " émeute populaire.

En 1798, pendant que Napoléon était en Egypte, Joseph maria sa belle-soeur à Bernadotte ; elle était fille d'un des premiers négocians de Marseille et non d'Avignon. Napoléon la destinait au général Duphot, qui fut massacré à Rome, en 1797. Si Bernadotte a été maréchal de France, prince de Ponté-Corvo, roi, c'est ce mariage qui en a été la cause. Désirée, qui est le nom de la reine actuelle de Suède, avait été la première inclination de Napoléon, qui avait dû l'épouser : devenu empereur, il fut bien aise de faire sa belle-soeur maréchale, princesse et reine. Son fils Oscar, prince de Sudermanie, est filleul de Napoléon : on-attendit, pour le baptiser, son retour d'Egypte ; il le nomma Oscar, parce qu'alors il lisait avec intérêt les poésies d'Ossian, dans l'excellente traduction d'un professeur de Padoue. Tous les écarts, toutes les folies de Bernadotte, pendant l'empire, lui ont été toujours pardonnés à cause de ce mariage.

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(Page 141.)

" Quelques jours après, ayant été nommé général en chef " des armées d'Italie et de Naples, Bernadotte après avoir “ porté son attention sur ces deux armées qui n'en valaient

pas une bonne, jugea qu'il n'aurait pas assez de force

pour préserver ce vaste territoire, et attaquer les Autri“ chiens sur l'Adige; en conséquence il pria le directoire “ de lui donner 70,000 combattans. Quoique l'ennemi ait “ 100,000 hommes, lui dit-il, je crois qu'avec 70,000 français

ou auxiliaires, je le forcerai dans ses positions. Alors

j'armerai les Vénitiens, j'arriverai sur l’Izonzo, et je pour" suivrai ma marche sur Vienne."

“ Le directoire s'obstinant à ne vouloir lui accorder que * 50,000 hommes, le général répliqua : Turenne, et le général

Bonaparte même, seraient battus avec une telle armée ;

car les places fortes, dont nous disposions, il y a deux ans, “ sont aujourd'hui contre nous. En dernier résultat, en “ refusant le commandement de cette armée, il prédit hau" tement ses revers : ses prédictions s'accomplirent mal6 heureusement."

Il y avait en Italie 110,000 hommes français, indépendamment des Piémontais, Polonais, Cisalpins, Romains, Napolitains : Bernadotte se crut avec raison incapable de diriger cette armée. C'était l'opinion qu'il n'y eût fait que des sottises par défaut de

défaut de capacité ; il fut donc bien conseillé.

(Page 141.)

“ Il partit pour l'armée d'observation, répara les places du “ Rhin, et s'empara de Manheim.”

Manheim n'avait alors que 500 hommes de garnison, et ouvrit ses portes à Bernadotte, qui l'investit avec 8,000 hommes.

(Page 148.)

Au moment où s'opéraient les sages conceptions du mi“ nistre, etc...

Bernadotte fut deux mois ministre de la guerre ; il ne fit que des sottises, ne protégea que les hommes de la société du manège, qui étaient la canaille, les hâbleurs : il n'organisa rien, et le directoire fut obligé de lui retirer le porte-feuille, à cause de ses menées sédi

tieuses. Il n'était pas ministre quand Masséna décida de la campagne, par la victoire de Zurich, à la fin de septembre 1799: il fut tout-à-fait étranger à ces combinaisons. L'opération de faire une diversion de 25,000 hommes sur Philipsbourg, est contraire à toutes les règles.

(Page 149.) Après la révolution du 18 brumaire."

A la journée du 18 brumaire, Bernadotte fit cause avec le manège, et fut contraire au succès de cette journée. Napoléon lui pardonna à cause de sa femme.

(Page 151.) La discipline qu'il sut maintenir à l'armée de Hanovre."

Il protégea et participa, en Hanovre, aux dilapidations de l'ordonnateur Michaux.

(Page 152.) " Tient en échec l'armée russe.”

Kutusow n'avait pas envie de sortir de Braunau ; Bernadotte fut parfaitement étranger à toute l'opération d'Ulm. Le corps du maréchal Soult, double du sien, était à Munich.

(Même page.)

“ L'empereur confère au maréchal Bernadotte la souve“ raineté et le titre de prince et duc de Ponte-Corvo."

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