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SEPTIÈME NOTE (CHAP. xxxvin).

Campagne d'Allemagne de 1797.

1° Il était nécessaire de commencer la campagne avant la fonte des neiges, pour ne pas donner le temps aux ingénieurs autrichiens de couvrir les débouchés des Alpes-Noriques d'ouvrages de campagne, et de mettre en état de défense Palma-Nova : et il importait aussi de battre l'archiduc, avant qu'il eût été rejoint par les divisions du Rhin. Pour empêcher l'armée française de passer

le Tagliamento, il eût fallu que le conseil aulique eût réuni son armée dans le Tyrol, avant le 1er mars, laissant seulement 6000 hommes en observation sur le Tagliamento. Si le général français se fût alors obstiné à passer cette rivière, l'archiduc eût été le maître de l'arrêter, ill'eût forcé de rétrograder en passant le Lavis, se portant sur Trente et menaçant Bassano et Vérone. Il était impossible à l'armée française de s'étendre sur sa droite, si l'archiduc se tenait sur la haute Brenta, et elle eût été obligée d'engager la guerre dans le Tyrol, ce qui avait pour lui trois avantages : 1° celui de lui permettre de réunir son armée vingt jours plus tôt, car Inspruck est près du Rhin, Conégliano et Sacile en sont très-éloi

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gnés ; 2' lui donner un champ de bataille à son avantage, dans un pays où la population lui était toute dévouée, et fort exaltée; 3° lui donner les moyens de concentrer ses opérations, de recevoir de nouveaux renforts de l'armée du Rhin. Cette seule faute du conseil aulique de réunir l'armée dans le Frioul, au lieu de la rassembler dans le Tyrol, expo: sa alors la capitale, et décida du sort de la guerre.

2° La position de l'archiduc derrière le Tagliamento, en avant de Codroïpo était mauvaise ; il eût dû se placer à Saint-Daniel, assurant sa retraite

par
les

gorges : de là il eût empêché Masséna de le prévenir à Tarvis. Sa retraite sur le bas Izonzo, et par les gorges de Cividal était une grande erreur, lorsque déjà Masséna était à Tarvis.

3° La division Guieux ne se dirigea point sur la Torre, mais sur Udine, Cividal et Caporetto, Le quartier-général marcha sur Palma-Nova et Gradisca,avec les divisions Bernadotte et Serrurier ; la division Masséna était à Tarvis. On demande pourquoi les divisions Bernadotte et Serrurier ne se dirigerent pas sur Cividal pour appuyer la division Guieux?

l'archiduc avait dirigé deux divisions et ses parcs par les gorges de Cividal, et que la division Guieux étạit suffisante pour les pousser. Arrivé à Caporetto, sif et défensif avec le roi de Sardaigne, lui avait garanti ses états, et en avait obtenu un contingent de 10,000 hommes d'infanterie, 2,000 de cavalerie, et 24 pièces de canon. Cette division qu'il eût menée en Allemagne, aurait assuré ses derrières ; chaque soldat piémontais eût été pour lui un ôtage. Le directoire, sans blâmer ce traité, traîna en longueur les ratifications, et la campagne s'ouvrit avant que l'armée eût pu être renforcée de cette division de bonnes troupes. C'était d'autant plus fâcheux, que ces 12,000 hommes ayant été rendus mobiles, pouvaient être dangereux. Napoléon avait aussi à se plaindre de l'influence qu'exerçait le ministre Quirini, qui ouvrait les portes avec la clef d'or, et entravait les affaires de Venise. Il se convainquit de la nécessité de faire la paix, et écrivit sa lettre si connue à l'archiduc. Tous les courriers de Paris, qu'il reçut jusqu'au 18 avril, le confirmèrent dans l'idée que les armées d'Allemagne ne bougeaient point. Il n'apprit leur passage du Rhin, qu'après la signature des préliminaires de Léoben, qu'il n'eût signés que dans Vienne, s'il eût su que les deux armées françaises du Rhin voulaient entrer en campagne, quand même elles n'eussent passé le Rhin qu'au mois de mai, cela lui eût été suffisant.

parce que

NOTES

SUR LES HUIT PREMIERS VOLUMES

de L'OUVRAGE INTITULÉ:

PRÉCIS DES ÉVÉNEMENS MILITAIRES,

OU

ESSAIS HISTORIQUES SUR LES;CAMPAGNES

DE 1799 À 1814.

CET

ouvrage est écrit avec facilité. Il justifie son titre. Sa lecture a été l'objet d'un grand nombre d'observations. Dans les quatre notes que nous mettons ici, nous ne traiterons que de ce qui est relatif:

lo A la Politique de Pitt;
2° Au général Moreau ;
3o A l'armistice naval ;

4° Aux différentes assertions sur les guerres d'Égypte.

PREMIÈRE NOT E.

POLITIQUE DE PITT.

(Tome 3, p. 1, 1800.)

...“ Ce célèbre ministre, dit-il en parlant de Pitt, “ fidèle aux principes de la vieille politique insulaire, n'ad“ mettait aucune garantie tant que la France conserverait,

avec la Belgique et la disposition des ressources maritimes “ de la Hollande, une situation toujours hostile contre l’An“ gleterre. Depuis la cession des Pays-Bas à la France, “ consentie par la maison d'Autriche, au traité de Campo“ Formio, le but de la guerre échappait au gouvernement “ anglais, tous ses efforts tendaient'à le ressaisir. M. Pitt était convaincu que, pour arracher aux Français cette belle “ conquête, il fallait épuiser les ressources de la France, et “ la consumer en portant dans son sein une guerre que la “ fureur des partis comprimés, et l'indignation des puis

sances humiliées devaient lui rendre à jamais funeste, “ si elle en devenait le théâtre.-La conquête de l'Italie, « et tous les avantages remportés par les alliés pendant la

campagne de 1799, ne suffisaient plus pour remettre en “ question la rétrocession de la Belgique, parce que ces

avantages étaient balancés sur le Rhin par la victoire de “ Zurich, et dans le Nord par le mauvais succès de l'expé“ dition sur les côtes de Hollande. La continuation de la

guerre était donc invariablement résolue par le ministère “ anglais, avant les ouvertures faites par Bonaparte. Elles “ donnèrent lieu à de vifs débats dans le parlement ; les “ principaux orateurs du parti de l'opposition remontèrent

jusqu'aux premières causes de la guerre. Ils en attribuè“ rent l'explosion, les malheurs, la perpétuité, à ceux qui “ voulaient établir l'immutabilité des gouvernemens, et « l'aliénation irrévocable de la souveraineté comme base

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