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L'état du Clergé de France est-il en général amélioré, ou empiré, depuis que le Concordat est en vigueur ? Si le Gouvernement Francois n'a

pas

violé le Concordat, le Pape peut-il arbitrairement refuser l'Institution aux Archevêques et Evèques nommés, et perdre la Religion en France, comme il l'a perdue en Allemagne, qui depuis dix ans est sans Evêques ?

Le Gouvernement François n'ayant pas violé le Concordat, si de son côté le Pape refuse de l'exécuter, l'intention de Sa Majesté est de regarder ce Concordat comme abrogé : mais dans ce cas, que convient-il de faire pour le bien de la Religion ? Sa Majesté adresse cette demande à des Prélats distingués par leur savoir dans les matières Ecclésiastiques, comme par leur attachement à sa per

sonne.

TROISIÈME SÉRIE.

QUESTIONS SUR LA POSITION ACTUELLE.

Sa Majesté qui peut, à juste titre, se considérer comme le Chrétien le plus puissant dans le rang suprême auquel la Providence l'a élevé, sentiroit sa conscience troublée s'il

ne portoit aucune attention aux plaintes des Eglises d'Allemagne, sur l'abandon dans lequel le Pape les laisse depuis dix ans. Sa Majesté le conjure d'y rétablir l'ordre. L'Archevêque Prince-Primat vient encore de lui adresser ses représentations à cet égard. Si le Pape continue, par des raisons temporelles ou par des sentimens haineux, à laisser ces Eglises dans l'état de perdition et d'abandon, Sa Majesté désire , comme suzerain de l'Allemagne, comme héritier de Charlemagne, comme véritable Empereurd'Occident, comme fils aîné de l'Eglise, savoir quelle conduite Elle doit tenir pour rétablir le bienfait de la Religion chez les Peuples d'Allemagne.

Il est besoin qu'il y ait une nouvelle Circonscription d'Evêchés dans la Toscane , et dans d'autres contrées : si le Pape refuse de coopérer à ces arrangemens, quelle marche Sa Majesté devra-t-Elle suivre pour les régulariser ?

La Bulle d’excommunication ci-jointe a été affichée, elle a été imprimée et répandue clandestinement dans toute l'Europe. Quel parti prendre pour que, dans des temps de trouble et de calamité, les Papes ne se portent pas

à des excès de pouvoirs aussi contraires à la

charité chrétienne qu'à l'indépendance et à l'honneur du Trône ?

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MEMBRES DU CONSEIL ECCLÉSIASTIQUE.

S. E. le Cardinal Fesch, Archevêque de Lyon;

S. E. le Cardinal Maury, Archevêque - Evêque de Montefiascone;

L'Archevêque de Tours;
L'Evêque de Verceil ;
L'Evêque d'Evreux;
L'Evêque de Trèves ;
L'Evêque de Nantes; Duvoisin
Monsieur Emery (Sup. de St.-Sulp.);

Adjoint au Conseil, le P. Fontana, Général des Barnabites.

RÉPONSES DU CONSEIL ECCLÉSIAS

TIQUE AUX QUESTIONS PROPOSÉES PAR SA MAJESTÉ.

PREMIÈRE SÉRIE.

QUESTIONS QUI INTÉRESSENT TOUTE LA

CHRÉTIENTE.

PREMIÈRE QUESTION. « Le Gouvernement de l'Eglise est-il arbitraire ? »

RÉPONSE.

Pourrépondreà cette question, nous croyons devoir présenter ici le tableau du Gouvernement de l'Eglise. L'Ecriture Sainte, la Tradition et l'Histoire de l'Eglise seront les sources dans lesquelles nous puiserons tout ce que nous avons à dire sur cet objet important, et il en résultera clairement que ce Gouvernement exclut toute idée d'arbitraire.

J. C., voulant former son Eglise, choisit , parmi ses Disciples, douze Apôtres ; et, parmi ceux-ci, il en choisit un à qui il donna le nom de Pierre, comme pour préparer, dit Bossuet,

l'ouvrage qu'il méditoit d'éleversurcette pierre, et lui donna, non seulement une primautéd’honneur, mais encore une primauté d'autorité et de jurisdiction dans toute l'Eglise. Cette prérogative accordée au Chef des Apôtres n’expire point avec lui; elle doit durer autant que l’Eglise elle-même; elle passera pure et intacte à tous ses Successeurs dans le Siege où il s'est fixé.

Cependant les Apôtres ne demeurent point étrangers aux pouvoirs que J. C. confère à leur Chef; il leur donne aussi immédiatement l'autorité de gouverner son Eglise; mais avec subordination à la Chaire de Pierre qui toujours doit en être le centre commun. De là ces expressions si familières dans les SS. PP. parlant de la Chaire Romaine qu'ils appellent la source de l'unité, l'Eglise mère qui tient en sa main la conduite de toutes les autres Eglises, le Chef de l'Episcopat d'où part le rayon du Gouvernement.

Mais, quelque éminent que soit au-dessus des autres le premier Siége de la Catholicité, son autorité n'est point arbitraire ; elle est réglée, dans son exercice, par les Canons, c'est-à-dire, par

les lois communes de toute l'Eglise :

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