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TROISIÈME SÉRIE.

QUESTIONS SUR LA POSITION ACTUELLE,

PREMIÈRE QUESTION.

« S. M. qui peut, à juste titre, se considé» rer comme le Chrétien le plus puissant, dans le

rang suprême auquel la Providence l'a élevé, sentiroit sa conscience troublée, si » Elle ne portoit aucune attention aux plaintes » des Eglises d'Allemagne sur l'abandon dans

lequel le Pape les laisse depuis dix ans. Sa Majesté le conjure d'y rétablir l'ordre. L'Ar

chevêque Prince-Primat vient encore de lui » adresser ses représentations à cet égard. Si le

Pape continue, par des raisons temporelles, » ou par des sentimens haineux, à laisser ces

Eglises dans l'état de perdition et d'abandon, » S. M. désire, comme Suzerain de l’Alļe» magne, comme héritier de Charlemagne, » comme véritable Empereur d’Occident, » comme fils aîné de l'Eglise, savoir quelle » conduite Elle doit tenir pour rétablir le bien» fait de la Religion chez les Peuples d’Alle

magne ? »

»

RÉPONSE.

Etant consultés par S. M. sur les moyens réguliers et Canoniques qu'Elle peut employer pour mettre un terme à l'état désastreux des Eglises d'Allemagne, et pour rendre à une grande partie des Peuples de la Confédération du Rhin le libre exercice et les bienfaits de la Religion Catholique, notre premier devoir a été de chercher à connoître toute l'étendue des maux qui pèsent sur ces Eglises, les tentatives qui ont eu lieu jusqu'à présent pour y remédier, et les principaux obstacles qui les ont fait échouer.

Le Concordat de la Nation Germanique de 1447, modifié par le Traité de Westphalie, en 1648, régissoit , depuis cette dernière époque, les Eglises d'Allemagne, avec toute l'autorité d'une des lois fondamentales de l'Empire.

Le 25 Février 1803, la Diète de Ratisbonne, sous la médiation de la France et de la Russie, bouleversa l'état politique et religieux de ces Eglises, en sécularisant les biens des Princes Ecclésiastiques et des Chapitres, en les distribuant, comme indemnités, aux Princes séculiers, en supprimant les Chapitres et les

Couvens, en privant les grands Bénéficiers des honneurs, droits, jurisdictions et prérogatives dont ils jouissoient auparavant, sous la réserve de leur donner une existence nouvelle, qui seroit fixée par des arrangemens ou Concordats ultérieurs.

Par la même détermination, le Siège de Mayence fut transféré à Ratisbonne, avec la jurisdiction Métropolitaine sur toute l'Eglise d'Allemagne, à l'exception des pays Autrichiens et Prussiens.

S. Alt. Em. l'Archevêque de Ratisbonne s’occupa dès lors , avec le Comte Troni, Auditeur de la Nonciature Pontificale, d'un projet de Concordat, fondé sur les bases suivantes : que le Chef suprême de l'Eglise conserveroit tous ses droits essentiels et primitifs ; que chaque Souverain doteroit les Evêchés dans ses Etats, et présenteroit les Evêques qui seroient nommés

par .. Mais comme ces bases générales ne pousvoient

pas
suffire

pour régler les rapports et les intérêts respectifs des Princes, des Eglises et des Peuples Catholiques, on avoit ouvert, à peu près dans le même temps, des Conserences préparatoires à Ratisbonne, sous les auspices de $. M. l'Empereur d'Allemagne.

le Pape.

Elles eurent lieu, depuis le 6 Février 1804 jusqu'au 21 Mars de la inême année, entre Monseigpeur Della Genga, Nonce de S. S., M. de Franck, Référendaire de l'Empire Germanique, et Monseigneur Kolborn, Eveque Suffragant de Mayence, Député de Son Alt. Em. l'Archevêque de Ratisbonne.

Les Conférences préparatoires ne produisirent aucun résultat, par la difficulté de concilier les divers intérêts, et à raison de différens systèmes, plus ou moins subversifs de la discipline essentielle de l'Eglise , qui furent proposés. Monseigneur Della Genga résistoit à ces innovations, au nom de Sa Sainteté. Le Référendaire de l'Empire, n'étant pas plus autorisé que le Nonce à rien conclure, renvoyoit tout à la décision suprême de S. M. l'Empereur d'Allemagne et de la Diète Germanique. Et le Député de Son Alt. Em. protestoit également que son Mandat ne l'autorisoit qu'à énoncer occasionnellement ses opinions personnelles sur les points qui étoient l'objet de la discussion. Plus d'une fois, dans le cours des huit Conférences qui furent tenues à Ratisbonne, on entrevit l'utilité de l'intervention et de la médiation de S. M. l'Empereur et Roi, alors Premier Con

La

sul. Son nom, son exemple y furent invoqués, et on ne se dissimula pas que son génie et sa puissance pouvoient seuls applanir les difficultés de cette importante négociation.

guerre avec l'Autriche, à la fin de 1895, l'acte de la Confédération du Rhin, et finalement l'abdication de la Couronne Impériale par l'Empereur François II, changèrent encore les rapports des Souverains de l'Allemagne les uns avec les autres, et firent suca eéder de nouveaux plans et de nouveaux systèmes à ceux qui avoient été proposés aux Conférences de 1804, pour le rétablissement des Eglises d'Allemagne.

Ces plans, ces systèmes ne nous sont pas

connus.

Monseigneur Della Genga s'est rendu à Munich pour entamer des négociations particulières avee les Ministres de S. M. le Roi de Bavière. Il s'est rendu ensuite auprès de $. M, le Roi de Wurtemberg, dans la même intention, et l'objet de ees négociations est resté, jusqu'à présent , inconnu au PrincePrimat, malgré le zele infatigable qu'a montré S. A. Em, pour le syecès de toutes les tentatives qui pouvoient conduire à un heureux résultat.

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