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» avec lui les différens commencés sous le Pon» tificat d'Innocent XI; il savoit que cette de» mande seroit inutile, et le Pape, qui étoit » alors un de ses principaux Ministres, sait » mieux que personne que l'engagement que

j'ai pris se réduisoit à ne pas faire exécuter » l'Edit que j'avois fait en 1682.

» On lui a supposé, contre la vérité, que j'ai » contrevenu à l'engagement pris par la lettre » que j'écrivis à son prédécesseur, car je n'ai

obligé personne à soutenir, contre sa propre

opinion, les propositions du Clergéde France; » mais il n'est pas juste que j'empêchemes Sujets » de dire et de soutenir leurs sentimens sur une » matière qu'il est libre de soutenir de part et

d'autre, comme plusieurs autres questions » de Théologie, sans donner la moindre at» teinte à aucun des articles de la foi. » Sa Sainteté n'est donc pas fondée à se plain

que je manque aux engagemens que j'ai 22 pris avec son prédécesseur; mais j'aurois moi» même de trop justes sujets de me plaindre

qu'Elle ne satisferoit pas aux Concordats faits » entre le Saint-Siége et ma Couronne, si Elle

persistoit à refuser des Bulles à un Sujet dont » la doctrine ne peut être reprise. Je ne puis » sans peine envisager les suites d'un semblable

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refus, et je m'assure qu'un Pape, aussi plein » de zèle et de lumières; en sera lui-même » assez frappé, pour se désister d'une pré» tention toute nouvelle, et sur laquelle je ne

puis admettre aucun expédient.

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La lecture de cette dépêche, » ajoute le Chancelier d’Aguesseau, en terminant son Mémoire, « détermina le Pape à donner les Bulles » de l'Evêché de Beauvais à l'Abbé de Saint

Aignan, sans exiger de lui auçun désavey, ni » aucune satisfaction des propositions de l'As

semblée du Clergé de 1682, qu'il avoit sau» tenues dans ses Thèses en l'année 1705.

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SIII.

LETTRES ÉCRITES A N. S. P. LE PAPE PIE VII, AU SUJET DES DISPENSES DE MARIAGE ET DES BULLES D'INSTITUTION CANONIQUE, DEPUIS 1808 JUSQU'EN 1811.

AVERTISSEMENT.

Ces lettres sont très nombreuses, et les sujets qu'elles traitent sont d'une grande importance. Nous n'avons pu en recueillir que quatre, que nous publions sous le même Numéro. Heureusement celle qui fut adressée à Sa Sainteté par dix-neuf Prélats réunis à Paris en 1810, n'a pas échappé à nos recherches.

. Personne n'a ignoré dans le temps, et chacun se souvient encore que cette lettre mémorable fut rédigée par Monseigneur de Boulogne, Evêque de Troyes. On y reconnoît la touche éloquente et le style véhément du Prélat, non moins connu par son zèle que par ses talens oratoires.

Elle fut comme le prélude et l'annonce de la convocation du Concile National de 1811; et il ne peut rester aucun doute sur le vou éventuel de Monseigneur de Boulogne à cet égard, lorsqu'on le voit conjurer Sa Sainteté de mettre un terme à ses résistances, et la presser avec une respectueuse énergie par l'apastrophe suivante : « Voudriez-vous, Très Saint-Père, » abandonner l'Eglise Gallicane à elle-même, en re» fusant de lui donner les Evêques qu'elle réclame, » et la réduire ainsi à la triste nécessité et à l'extrémité » fàcheuse de discuter les moyens de pourvoir à sa » propre conservation ? »

Les originaux de la lettre des dix-neuf Evêques, et des deux lettres de l'Archevêque de Tours, ont été trouvés dans le cabinet de Sa Sainteté à Savone, lorsque ses papiers furent saisis et enlevés par ordre du Gouvernement Français.

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DISPENSES

ET

LETTRE DE DIX-NEUF ÉVÊ

QUES I N. S. P. LE PAPE
PIE VII, EN DATE DU 25
MARS 1810.

BULLES.

TRÈS-Saint-PÈRE,

Les Evêques de France soussignés se voyent encore dans la nécessité de recourir à Votre Sainteté, pour supplier sa bonté paternelle de leur accorder une Ampliation de son dernier Indult sur les Dispenses de Mariage au second degré, et du second au troisième.

Appelés à Paris pour les affaires de nos Diocèses, Nous avons pensé qu'il n'y en avoit point qui intéressât davantage notre sollicitude

que la démarche que nous faisons aujourd'hui auprès de Votre Sainteté. Nous aurions bien voulu lui épargner cette nouvelle importunité, qui, peut-être, ne fera qu'ajouter à ses peines; mais les circonstances deviennent de jour en jour si urgentes et si impérieuses, qu'il ne nous est pas possible de différer plus long-temps la demande de cette gráce, sans compromettre le bien de nos Eglises, et le salut des âmes confiées à nos soins.

A cet effet, nous nous sommes réunis pour

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