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30 mai 1814, à Paris, entre les cours de Vienne et des Tuileries, il a été stipulé qu'il y auroit, à compter du jour de la signature du traité, paix et amitié entre S. M. l'Empereur d'Autriche et ses alliés, d'une part, et S. M. le roi de France, d'autre part.

S. M. le roi de Naples fait partie de la coalition qui a donné la paix à la France; et étant allié de l'Autriche, en vertu du traité d'alliance du 11 janvier 1814, il est bien évident qu'il se trouve compris dans la paix de Paris, de la même manière que s'y trouvent S. M. le roi de Bavière, autre allié de l'Autriche, et les souverains alliés des autres puissances qui ont signé le traité du 30 mai.

On pourroit produire, à l'appui de ce fait, s'il n'étoit pas assez clair par lui-même, la déclaration faite , le 4 juin 1814, par S. M. le roi Louis XVIII à la chambre des députés du parlement françois, portant qu'il avoit signé avec les quatre premières puissances coalisées, une paix dans laquelle étoient compris leurs alliés, c'est-à-dire, tous les princes de la chrétienté, parmi lesquels on ne pourra pas certainement nier un poste à S. M. Napolitaine.

D'après cela , le ministre plénipotentiaire de S. M, le roi de Naples, accrédité près les puis

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sances coalisées , s'empressa de solliciter la cour de France de reconnoître son auguste souverain suivant les formes diplomatiques. Mais M. le prince de Bénévent lui fit observer, que n'ayant pas connoissance officielle de l'alliance existante entre les cours de Naples et de Vienne, le cabinet des Tuileries ne pouvoit pas se porter à regarder le roi de Naples comme compris dans le traité de paix du 30 mai 1814.

En conséquence de cette observation, et sur la demande du ministre Napolitain, S. A. monsieur le prince de Metternich , ministre d'état, des conférences et des affaires étrangères de S. M. l'Empereur d'Autriche, voulut bien communiquer officiellement, et pour l'objet sus-énoncé, le traité du 11 janvier , à M. le prince de Bénévent.

Ainsi, le cabinet des Tuileries ne pouvoit pas, sans se mettre en contradiction avec luimême, et sans une mauvaise foi manifeste, différer encore de reconnoître formellement S. M. Napolitaine , après qu'il fut convaincu, par

la communication officielle du cabinet Autrichien, de l'alliance existante entre les cours de Naples et de Vienné...

Cependant le ministre françois cherchoit à trainer l'affaire en longueur. Mais enfin , après plusieurs explications qui eurent lieu entre lui et le plénipotentiaire de S. M. Napolitaine, M. le prince de Bénévent lui fit pressentir que S. M. T. C., étroitement liée avec la famille royale de Sicile , ne pouvoit pas se décider à reconnoître le roi de Naples avant l'époque du congrès. Mais il ajouta, qu'en attendant, la France se considéroit en paix avec le roi de Naples, et que, hormis les formes diplomatiques, il y auroit entre les deux puissances toutes les relations d'amitié et de commerce. 1

En effet le plénipotentiaire Napolitain ayant adressé plusieurs notes au ministre françois, il lui a toujours répondu officiellement en le traitant de ministre de S. M. le roi de Naples. Tous les prisonniers napolitains qui se trouvoient en France ont été renvoyés ; les consulats napolitains ont toujours été en activité dans les ports de France; des bâtimens de guerre et de commerce ont été réciproquement admis dans les ports des deux royaumes ; et les pavillons et les sujets respectifs y ont joui de toute la faveur et de la protection des deux gouvernemens.

Toutes ces circonstances avoient confirmé le roi de Naples dans l'opinion que,

si S. M.T.C.

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différoit de le reconnoître, on ne devojt pas attribuer ce retard à de mauvaises intentions ; mais à de simples convenances de famille. Ainsi S. M. Napolitaine, en cultivant les bonnes relations établies entre ses états et la France, attendoit de la marche des négociations, sa reconnoissance formelle de la part de S. M. Très-Chrétiennc.

Mais les négociations auxquelles a donné lieu la réunion du congrès général des puissances européennes à Vienne, ont fait connoître aux soussignés, ministres plénipotentiaires de S. M. le roi de Naples, que les dispositions de la France ne sont pas telles que le Roi avoit droit d'attendre d'une puissance amie, et d'un souverain qu'il a contribué par tous ses moyens à placer sur le trône.

Dans cet état de choses , S. M. le roi de Naples s'adresse avec confiance à S. M. l’Empereur d'Autriche, son auguste et puissant allié, afin qu'il veuille bien employer toute son influence pour engager la cour de France à respecter l'engagement qu'Elle a pris par l'article premier du traité de Paris, d'être en paix avec tous les alliés de l'Autriche, et par co séquent avec la cour de Naples. S. M. le roi de

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Naples croit d'autant plus pouvoir compter sur les bons offices de S. M. I., que la démarche pour laquelle il les réclame, n'est qu'une suite de l'article 10 du traité du 11 janvier, portant qu'il ne sera conclu ni paix ni trève, de part ou d'autre, sans y comprendre réciproquement les deux parties.

S. M. Napolitaine se flatte que S. M. l'Empereur d'Autriche voudra mettre d'autant plus de sollicitude à faire ces offices, qu'il est à prévoir

que si l'on souffre que la France commette, une infraction aussi révoltante au traité de Paris, en agissant hostilement contre un allié de l’Autriche, sans la moindre provocation, elle ne sera pas plus religieuse à respecter les autres stipulations du traité.

Les soussignés prient S. A.monsieur le prince de Metternich de vouloir bien porter cette note à la haute connoissance de S. M. l'Empereur d'Autriche et de ses augustes alliés, et de faire connoître ensuite aux soussignés le résultat des démarches

que

le cabinet de Vienne aura faites auprès du gouvernement françois, et avec les autres puissances qui ont signé le traité de Paris pour l'objet sus-mentionné.

Les soussignés saisissent cette occasion pour

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