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que

« 17. Le troisième cas est celui où l'on ne prit ne connait presque plus la grandeur du peut aurren epi éviter un scandale ou une don de Dieu. perle considérable. La raison eo est que les

« 19. C'est ici le lieu d'examiner une ques. luis humaines, et assez souvent même les tion fort débattue parmi les casuistes. Il s'alois positives de Dieu, n'obligent pas dans de gil de savoir si un prêtre qui u'est plus à pareilles circonstances. C'esi le sentiment de jeun peut célébrer pour consacrer une hostie, saiol Thomas et il est reçu communément faute de laquelle un malade mourra saus (1). De là on a coulume d'insérer qu'un Vialique ? prélre peul célébrer sans être à jeun, Tors- a Le plus grand nombre des docteurs préqu'en y manquanl contre sou ordinaire il se tend qu'il ne le peut pas : 1° parce que le fera soupçonner d'un crime qui s'est com- respect et la dignité infinie du sacrement mis la veille, ou qu'il donnera à son peuple exigent qu'on ne le consacre qu'avec les un grand scandale. Voy. ABLUTION, n. 6, riles marqués par l'Eglise, hors le cas de la où nous avons dit quand up prêtre, chargé dernière nécessité. Or, poursuivent-ils, ce d'un double service, peut dire une seconde genre de nécessiié ne se trouve point dans le Diesse après avoir pris l's ablutions

cas présent, puisque, de l'aveu de tout le Plusieurs étendent celle décision à un sé- monde, la communion n'est pas absolument culier, qui ne se souvient d'avoir pris quel

nécessaire au salut, et moins encore quand chose que quand il est déjà à la sainte

il ne dépend pas de nous de la recevoir; lable, el qui craint le scandale et l'infamie

2 parce qu'il n'est pas plus permis de célés'il se relire sans communier. Quoique ce cas

brer sans êire à jeun, pour communicr un ne soit pas absolument impossible, on doit moribond, qu'il n'est permis de le faire pour le regarder comme très-rare, et par consé

la même fin, saus aulel, sans ornements, quedi arrêter dans la pratique les conséquen

sans calice consacré, en un mot, sans ponces que l'amour-propre et la crainte d'un

voir suivre ces riles principaux, dont l'Escandale imaginaire en lireraient indubita- glise a fait autant de lois inviolables. Or, blement. En effet rien de plus commun que

l'on convient que cela serait défenda dans de voir des laïques de toule espèce quiller la

tous ces cas; donc, 3° parce que, pour célétable de la communion pour quelques mo

brer après avoir rompu le jeune, il faut une ments, ou même lout à fait, à cause de leurs dispense de l'Eglise, comme il cn faut une scrupules. D'ailleurs on y voit toujours bien

pour communier en pareil cas. Or l'on no des personnes, dont les unes ont déjà com

trouve ni trace, ni vestige d'une semblablo munié, et les autres n'y pensent pas, mais dispense. Il fauí donc s'en tenir à la loi gécherchent uniquement la propreté et la com- nérale, el ne s'exposer pas à faire un mal modité du lieu. Enfin, quand un séculier qui

pour procurer du bien à un autre. Ainsi est à l'abri du soupçon dirait à tous ceux qui théologiens l'ont suivi (3), et Benoit XIV

pense saint : d'avoir mangé après minuit, risque-t-il s'y est joint d'une manière très-décidée. » beaucoup ? et la communion du lendemain

JOUR, ne peut-elle pas suppléer à celle dont il se

Le jour est une division du temps. On en prive aujourd'hui ?

distingue de trois sortes : le jour astronomi« 18. Le quatrième cas est celui d'un ma- que, le jour civil et le jour ecclésiastique. Le lade qui doit recevoir le saint Viatique. Il jour astronomique est mesuré par le temps d'y a qu'une voix sur cet article. Il faut seu- que le soleil, dans son mouvement diurue ou lement observer gue dans les pays où il est apparent, emploie pour revenir au méridien d'usage de communier les criminels avant le qu'il a quillé; le jour civil est celui qui est dernier supplice, on les regarde comme on reconnu pour la gestion des affaires. Il a été fait en France les malades qui leudent à la différent chez différen's peuples. Les Babymorl. Au reste, quoique cerlains théologiens loniens commençaient leur jour au lever du (2) fassent à ceux qui sont chargés d'admi- soleil; celui des Athéniens était compris enD'strer les derniers sacrements, une loi tre deux couchers consécutifs de cet astre. étroite de prendre, pour communier un mu- Les ltaliens modernes commencent aussi ribond, le temps où il n'a encore rien pris, leur jour au coucher du soleil; les Français quand ils le peuvent sans se déranger consi- et les Anglais commencent et finissent leurs dérablement; je ne vois pas, même dans les jours civils à minuit. — Le jour ecclésiasticommunautés où de l'Eglise aux infirmeries que est celui qui est employé dans le comput il n'y a qu'un pas à faire, qu'on se gêne pour ecclésiastique. On peut en distinguer de deux cela. Surtout on aurait grand tort, en ailen-, sortes, le férial et le festival. Le premier dant one ou deux heures après minuit, d'ex. commence à minuit et finit à minuit. Le frigo poser un malade à mourir sans communion, tival commence la veille, à l'heure où vo ou à ne la recevoir que dans un état d'acca: peut dire les premières vêpres, et se contiblement et d'aliénation commencée, où l'es. Due jusqu'au lendemain soir. Celte distincneutrin horum fieri possit, in ipso calice, seu pa- 68, sect. 5; Lugo, disp. 15, n. 70, etc. tena decenter conservet, quousque vel in taberna- (2) Zambranus apud Quarti, part. 11, tit. 9, sect. 1, calo reponatur, vel ab altero sumatur : quod si non dub. 6: Tertia causa, etc. babeat quomodo bonesle conservelur, polest eam (3) Paludanus, Solo, Ledesma, Navarre, Suarez, ipsemet sumere. Ibid., n. 3.

disp. 68. sect. 5 ; Tolei, Bonacina, Habert, etc. Be(1) S. Thom., 9. 83, art. 6 ad 2; Suarez, disp. Tredictus XIV, de Sacrificio, lib. III, 6. 12, n. 8.

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lion est importante, parce qu'on peut faire, la question après la mort d'Innocent IX à dès la veille, depuis l'heure des premières l'égard da jubilé qu'il avail publié pour obvepres, les exercices prescrits pour gagner lenir la faveur du ciel pendant son pon l'indulgence allachée à une fêle.

tifical. JUBILÉ.

CHAPITRE PREMIER. 1. Il n'est pas dans le christianisme de faveur

HISTOIRE DU JUBILÉ ET DE SES DIFFÉRENTES ESPÈCES. religieuse plus grande que celle du jubilé. L'E- 3. Les savants ne sont nullement d'accord glise semble parlà melire le comble à ses indul. sur l'étymologie du mot jubilé. Il signifie, de gences en faveur des pécheurs. Voulant faire l'aveu de tous, joie et allégresse. Il a existé connaitre complétement cellegrâce extraordi- chez un grand nombre de peuples placés en naire, nous essayerons, 1° de donner l'his!oire dehors du christianisme. du jubilé et de ses différentes espèces;2° d'ex- Chez les Juifs, chaque cinquantième année poser les œuvres nécessaires pour gagner le étail célébrée par un jubilé qui rétablissait jubilé; 3de trailer des priviléges allachés loutes choses dans leur premier élat, Celte au jubilé ; 4° de dire ceux qui peuvent ga- année était annoncée solennellement au son gner le jubilé ; 5° de faire connailre les ef- des trompettes. Les esclaves, qui avaient refets du jobilé, et de la suspension des indul- fusé la liberté qui leur était offerte l'année gences pendant ce saint temps. Nous ne di- sabbatique, devenaient libres, lorsque l'ansous rien du pouvoir d'accorder l'indulgence née du jubilé arrivait. Les terres qui avaient du jubilé. C'est une conséquence nécessaire élé aliénées revenaient à leurs premiers mai. du pouvoir d'accorder l'indulgence plénière ; tres ; toutes les delles étaient remises, et lous or, le pape scul peut accorder l'indulgence les travaux de l'agricullure interroinpus. Les plénière; c'est donc à lui seul et au concile productions de la terre étaient abandonnées général qu'il appartient de conférer la grâce aux pauvres. L'instilulion du jubilé avait du jubilé. Nous devons proposer une petite pour but de rappeler.aus Israéliles le souvequestion sur la concession du jubilé.

nir de la servitude d'Egyple, d'empêcher que Si le souverain pontile venait à monrir les pauvres ne fussent opprimés et retenus avant l'expiration du temps fixé pour gagner dans un éternel esclavage, et que les riches Je jubilé, pourrait-on le gagner ?

ne s'emparassent de loutes les terres. QuelComme nous le dirons dans la suite, il faut ques-uns pensent que les Israélites avaient distinguer dans le jubilé l'indulgence qui y est coutume de compler par jubilés, comme les allachée des priviléges qui sont alors accor- Grecs faisaient par Olympiades , et les Rodés. -- Les auieurs ne doutent pas que dans mains par lustres. Ce sentiment parait assez ce cas même le pouvoir d'absoudre des cen- vraisemblable. L'année du jubilé, ainsi que sures et des cas réservés de commuer les l'année sabbatique, commençail vers le mois veux ne subsiste. C'est ici un pouvoir de de septembre, ei finissait de même ; en sorte juridiction accordé sous condition ; il sub- qu'avant l'hiver on pouvait faire les sesiste donc jusqu'au moment où il ait été ré- mailles, el préparer la récolte de l'année sui

qué. « Or, dit Mgr Bouvier, la révocation vante. ne peut être valide si elle n'est clairement Les habitants du royaume de Laos, en manifestée. On ne doit donc avoir aucune Asie, ont une espèce de jubilé, tous les ans, inquiétude sur les actes de juridiction qui au mois d'avril, pendant lequel les prêtres oni élé excrcés jusque-là. Celle opinion, en- distribuent des indulgences plénières. seignée par Collet et par beaucoup d'autres Les Mexicains avaient une espèce de jubilé théologiens, me parait très-fondée ; je ne crois qu'ils célébraient de quatre en quatre ans. pas qu'on puisse raisonnablement l'alla- C'était une fèle très-solennelle, pendant laquer. »

quelle ils s'imaginaient recevoir le pardon 2. Les théologiens sont divisés sur le gain général de lous leurs péchés. Les cérémonies de l'indulgence. Nous croyons qu'il faut distin- elaient à peu près les mêmes que celles de guer : les indulgences sont ordinairement la fête de Tescalipuca, dieu de la pénitence. accordées pour une fin principale ; c'est sur Ce qu'il y avait de particulier à la féle du jucelle fin qu'il faut porter son allention. Or bilé, c'est que plusieurs jeunes gens, des elle subsiste ponobstant la mort du pape, ou plus lestes et des plus vigoureux, se déelle ne subsisle plus. Si elle subsiste, il est liajent mutuellemeni à la course. Il s'agisévident que le jubilé doit pouvoir exister sait de monter, sans reprendre haleine, au comme les indulgences générales. Ainsi, que sommet d'une inonlagne très-rapide, sur lale pape meure au milieu du jubilé séculaire, quelle était bâti le temple de l'escalipuca. d'un jubilé extraordinaire qui n'est pas al- Celui qui y parvenait le premier emportait Taché à sa personne, l'indulgence du jubilé le prix. Il recevait les plus grands honnours; peut être gagnée malgré la mort du pontife. et, entre autres priviléges, on lui permettait Si, au contraire, la fio pour laquelle la con- d'emporler les viandes sacrées qui avaient cossion a été faite cesse lotalement par la mort élé servies devant l'idole, el auxquelles les du pape, nous croyons que, n'ayant plus de prêtres seuls avaient le droit de toucher. cause, l'indulgence seraii révoquée. Uo pape, L'Eglise a aussi établi son jubilé, et il à son a vénement, publie un jubilé pour de- était lellement dans les meurs des chréliens mander la bénédiction du ciel sur son pon- avant la réforme, que les protestants en ont lificat ; il meurl ; le jubilé doit tomber avec couservé le com el certaines cérémonies. lui. Les jésuites de Milan apprecièrent ainsi Eu 1617, les luihériens célébrèrent le jubilé

de leur réforme ; et ils ont continué depuis. ment 15 fois, s'ils sont élrangers. Il fait obVoici quelles sont les principales cérémonies server que la grâce ne sera pas la même à de celle réte, qui dure ordinairement plusieurs lous , qu'elle sera proportionnée aux dispojours. Les citoyens les plus distingués de la sitions. sille se rendent dès le matin à l'hôlel de ville, On compla plus de 200,000 pèlerins à revêtus de manteaux noirs, et de là ils vont Romc durant le cours de celle année. Cent processionnellement à la principale église du ans élaient un laps de temps bien long. Comlieu. Ils rencontreol en chemin le clergé et bien de chrétiens devaient être privés de la les colléges qui se joignent à eux, et forment grâce du jubilé. En 1342, Jes Romains dépuune procession régulière et nombreuse. On ièrent vers le pape Clément Vi, qui élait à arrive en bon ordre à l'église, qui, ce jour- Avignon, pour le prier d'abréger le temps là, est jonchée de fleurs et parée de ses plus marqué pour le retour du jubilé. Le pape, loubea ur ornerneuts. Bientôt elle relentil do ché des motifs qu'ils apportaient, rendit, le 13 chant des psaumes et des cantiques d'al- janvier 13-3, une bulle pour statuer que le julégresse, dans lesquels on célèbre le triom- bilé aurait lieu chaque 50 ans. En conséquence phe de Luther et de la réforme, la défaite du on célébra un jubilé à Rome en 1350. On pape et de l'Eglise romaine. Les instruments compta les pèlerins par millions : tout l'unise joignent aux vois, et forment une harmo- vers s'ébranlait pour aller visiter le lombeau nie complète. A ces chants de victoire suc- des saints apôtres Pierre et Paul.- Cinquante cède un prêche, oo sermon, dont le sujel est ans parurent encore un terme trop long l'établissement du lutheranisme.

pour le relour du jubilé, parce que pendant Les catholiques distinguent deux espèces cet espace de temps une multitude de chréde jubilé : l'un ordinaire et l'autre extraor- liens devaient 100urir sans avoir joui de celle dinaire. Le premier sa célèbre à Rome l'an- faveur inexprimable. Urbain Vi résolut de née de sa publication, et l'année suivante l'abréger, il le fixa à 33 ans pour se confordans le reste du monde cbrélien. Le second mer à l'opinion connue qui donne 33 ans de s'accorde dans des circonstances spéciales, durée à la vie de Jésus-Christ. Paul II trouva pour un besoin particulier.

que le laps de temps de 33 ans est encoro

trop long. Il le réduisit à vingt-cinq ans. ARTICLE PREMIER.

Aussi, à partir de 1475, le jubile ordinaire a Du jubilé ordinaire d Rome.

été célébré tous les vingl-cinq ans.

Le jour de l'Asceosion qui doit précéder le 4. On ne connait pas l'époquc précise de jubilé, où on fait dans la basilique de Saintl'élablissement du jubilé. On sait seulement Pierre la publication en latin, ei au sou des que sous le pontificat de Boniface VIII, vers trompettes, comme se publiait autrefois le jula fin de l'année 1299, le peuple disait haute- bilé des Juifs. Ou le proclame de nouveau eu ment que c'était un ancien usage de l'Eglise, latio et en italien aux portes du Quirinal, le que, chaque centième année, on gagnai une quatrième dimanche de l'avent. Voici comindulgence plénière, en visitant l'église de ment un auteur reud comple de celle solenSaint-Pierre. Boniface, informé des bruits nité. qui couraient, fit chercher dans les anciens 5. « Le pape intime le jubilé universel, livres; mais l'on n'y trouva rien qui aulo- « dans la capitale de la chrétienté, par risát cette opinion. Il interrogea un vieillard « une bulle qu'il fait publier le jour de âgé de cent sept ans, qui lui répondit, en « l'Ascension de l'année précédente, quand présence de plusieurs témoins : « Je me a il donne la bénédiction solennelle. Vo sousa souviens qu'à l'autre centième année « diacre apostolique commence à publier ce a mon père, qui étail laboureur, viol á

« jubilé devant loute la cour romaine, par « Rome, et y demeura , pour gagner l'in- a la lecture de la bulle qui est en latin; el « dulgence, jusqu'à ce qu'il eui consommé « un auire sous-diacre la lit à haute voix de. « les vivres qu'il avait apportés. Il me re- a vant le peuple, en italien. Incontinent « commanda d'y venir la prochaine ceo- « après, les douze trompettes ordinaires du « tième année, si j'étais encore en vie ; ce

a pape commencent des fanfares ; et, quel« qu'il ne croyait pas, » Quelques autres lla- a qucs moments ensuile, douze veneurs sonliens et deux vieillards du diocèse de Beauvais « nent de leurs cors d'argent, avec une esen France confirmèrent celle tradition. Le « pèce de concert qui s'accorde avec les trompape réunit le collége des cardinaux, de

a pelles ; et en même lemps le château Saintmanda leur avis el donna, le 22 février 1300, « Ange fait une décharge de loule son artilJa bulle Antiquarum, dans laquelle il déclara « lerie. Le qualrième dimanche de l'Avent, que, ayant acquis la conviction sur des lémoi- « les sous-diacres apostoliques publient une goages dignes de foi que les saints pontifes, « autrefois la bulle du jubilé ; et, les trois ses prédécesseurs, avaient accordé de grandes « jours qui précèdent immédiatement les léindulgences à ceux qui visiteraient l'église de a ies de Noël, les cloches de la ville annonSaint-Pierre, il accorde lui-même la měme fa. « cont de loules parls une solennité dont veur à ceux qui, pendant l'an 1300, à toutes a l'ouverture se doit faire le lendemain. Le les centièmes années, se repentiraient de leurs « vingl-quatrième jour du mois de décembre, faules, les confesscraient et visiteraient les « tout le clergé séculier et régulier s'assemble deu: églises de Saint-Pierre, de Saint-Paul, a au palais apostolique, et de là s'en va en propendanl trenle jours de suite ou par inter- a cession à Sainl-Pierre du Vatican ; mais le vallo, s'ils sont habitauts de Ronie, vu scule. « clergé, élaut arrivé dans la grande place « qui est devant Saint-Pierre, Irouve les por fer les tombeaux des apolres à Rome, pour «ies de celle église fermées, el loutes les en- y ranimer leur foi et y gagner l'indulgence a trées du portique occupées par des gardes da jubilé, mais ils n'ont jamais prétendu en

qui empêchent la foule d'eulrer. Le pape, faire un préceple. Ils se montrèrent difficiles, « les cardinaux et les évêques, revélus de il est vrai, dans un temps à permellre qu'on « leurs parements de damas blanc, et la mi- pût gagner l'indulgence du jubilé ailleurs a tre en lêle, s'assemblent à la chapelle de qu'à Rome ; cependant, après que le jubilé « Sisle, où Sa Sainlelé entonne le Veni Crea- fixé par Urbain VI à l'année 1390 fut passé, a lor, lenant à la main un cierge allumé. Boniface IX, qui avait succédé à ce pontile, « Tous les cardinaux, en ayant de même, donna une année d'indulgence, sous la même u sorlent chacun en son rang, el vont sous forme que celle de Rome, à la ville de Colo« le portique des Suisses, où le pape oomme gne ; de surle que les habitants de celle ville « Trois d'entre eux légiils a latere, pour aller et ceux qui y viendraient pendant 1391, vi« faire l'ouverture de la porte de Saint-Jean siteraient certaines églises délerminées, el y a de Lalran, de Sainte-Marie Majeure, et feraient leur offraude, gagneraient l'indu« de Saint-Paul hors des murs. » Pour lui, gence plénière comme en faisant les slail se réserve le suin d'ouvrir la po: le de lions de Rome. Saint-Pierre ; ce qu'il fait avec les cérémo- « L'année suivante il accorda la même fanies suivantes. Armé d'un marteau d'or, qui veor à la ville de Magdebourg, el ensuite lui a été présenté par le prince du trône, il il donna de semblables indulgences, pour beurle à la porle sainle, à trois reprises dire quelques mois seulemeni, à quelques autres férentes, disant à chaque fois : Aperile mihi villes de l'Allemagne, lelles que Meissen el portas justitiæ : « Ouvrez-moi les portes de Prague, où il y eut un concours de peuple a juslice. » Le clergé, qui le suil, lui répond iminense. par ces paroles : « C'est ici la porte de l'Eler- « Après le jubilé célébré à Rome en 1450, « nel ; les justes y entreronl. » Sa Saioleté Nicolas V accorda, l'année suivante, aux Pova s'asseoir ensuite sur un trône dressé au lonais et aux Lithuaniens, sur la demande milieu du grand portique, pendant que les du cardinal Sbignée, évêque de Cracovie, maitres maçons aballent le mur qui ferme la l'indulgence du jubilé, et dispensa du voyage porle sainse, ei en mellent les débris à quar- de Rome, à condition de donner, à titre d'auiier. La porte est ensuite nelloyée et lavée mône destinée à faire la guerre aux Turcs, avec de l'eau bénile par les pénitenciers de la moitié de ce qu'il en aurait coûté pour les Saint-Pierre ; après quoi le pape vient se frais d'aller et de venir. On réduisit celle mellre à genoux devant cette porle sainte; moitié au quart, et elle produisit encore des entonne le Te Deum ; puis se relève. et entre soinmes considérables. dans l'église, où l'on dit les premières ve- * Alexandre VI étendit le jubilé de 1500, pres. Dès que l'ouverture de la porte de Saint- par unc bulle du 20 novembre de cette même Pierre est faite, les cardinaux pommes pour année, à lous les chrétiens éloignés de cel office vont faire la même cérémonie aus Rome, les exemplant de l'obligation d'y altrois autres églises dont on vient de parler. ler, à condition qu'ils payeraient en compenLe lendemain, après la messe du jour, Sa salion une certaine somme pour aider à faire Sainteté monte à la grande loge de Sainte la guerre aux Turcs. Pierre, qu'on appelle la loge de la bénédic- a Depuis ce temps-là les souverains pontion, et donne une bénediction solennelle au lises ont accordó la même faveur aus églises peuple, en forme de jubilé.

étrangères à la ville de Rome, sans exiger 6. « L'année du jubilé étant révolue, le aucun émolument temporel : ils ont voulu souverain pontife, après ayoir officié solen- éviter tout soupçon d'intérêt, el se confornellement aux premières vepres la veille de mer aux dispositions du concile de Trente, Noël dans l'église Saint-Pierre, entonne une qui défend de faire des quêtes ou de solliciantienne qui commence par ces mols : Cum ier des aumônes à l'occasion des indulgences jucundituse eribilis. « Vous sortirez avec (Sess. 21, c. 29). a joie. » Aussitôl tous les assistants sortent « Quant à la publication de l'exlension de avec joie par la porte sainte. Le pap', après ce jubilé, elle doit etre faire dans les dioavoir béni les pierres et le cimeni destinés à cèses par les propres évêques, selon la forme fermer celle porle, pose lui-même la pre- qu'ils jugent convenable, après avoir examière pierre sous laquelle on a soin d'enfouir miné la bulle et reconnu son authenticité. quelques médailles pour perpétuer le souve- Car les conciles de Lairan, de Vienne et de vir de celle cérémonie. Les inaitres maçons Trenle, n'ont point exceplé le jubilé de la achèvent l'ouvrage, el murent la porte, au mesure qu'ils ont prescrite pour les indulmilieu de laquelle ils enchâssent une croix gences en général. de cuivre. Toute la cérémonie se lermine par « Il ne suffit donc pas d'avoir la certitude une bénédiction solennelle que le pape donne de science privée que la bulle d'extension a au peuple.

élé publiée à Rome; il faut attendre que l'éARTICLE II.

vėque se prononce el manifeste ses intenDu jubilé ordinaire dans le reste de la

tioris : jusque-là on ne peut participer au chrélienté.

jubilé. Tel est du moins le sentimeni com

mun, le mieux foudé el le seul qui puisse 7. « Les souverains pontifes, dit Mgr Bou- élre suivi. vier, iuvitcut tous les chrétiens à aller visi- « Néanmoins, dans les pays hérétiques et

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infidèles, dans les colonies et autres lieux communes à loule espèce de jubilé, d'autres où il n'y a point d'évéques, ce sont les curés qui sont propres à quelques espèces do el les missionnaires qui reconnaissent l'au- jubilé. thenticité de la bulle, et en font la publica

ARTICLE PREMIER. lion. Les bulles mêmes portent cette dispu

Des @ivres communes aux différentes espèces silion : Et ipsis deficientibus, disent-elles, en

de jubilé. parlant des ordinaires, per eos qui ibi curam animariim exercent, elc.

10. Il y a trois œuvres qui se rencontrent « Le Temps accordé pour la célébration du dans chaque espèce de jubilé : ce sont la jubilé dans les divers diocèses, est réglé par confession, la communion et la visite des la bulle même de concession : il faut donc églises. l'examiner et s'y conformer. Benoit XIV ac

§ 1er. De la consession requise pour gagner le jubilé. corda sis mois en 1751 ; Pie VI, six mois en 1776, el Léon XII a accordé sis mois 11. A l'art. Indulgence, nous avons traité de pour 1824, comme on peut le voir dans sa la nécessité de la confession pour gagner l'inbulle Exultabat, du 25 décembre 1824.) dulgenre plénière. Il ne faut pas entièrement

juger dela nécessité de la confession prescrile Article III.

pour le jubilé par celle qui est nécessaire pour Du jubilé extraordinaire.

communier : car il parait certain, quoi qu'en

aient dit quelques théologiens, qu'elle est 8. Le jubilé ranime tellement la serveur des

essentielle même à ceux qui ne seraient coufidèles, il produit tant de fruits de salut, que pables que de péchés véniels. Dans la bulle les souverains pontifes résolurent d'accorder

pour le jubilé de 1750, Benoit XIV l'a déun jubilé extraordinaire à tout l'univers pour claré formellement. Les papes qui ont après les besoins généraux, ou à certaines régions lui donne des bulles de jubilé, tout en prespour des causes graves qui peuvent leur éire

crivant la confession, ne se sont pas expliparticulières. Léon X est le premier des pa- ques aussi catégoriquement que Benoit XIV. pes qui ont accordé up jubilé

extraordinaire. il ne serait pas prudent de s'écarter de L'islamisme débordait sur l'Europe : pour la règle qu'il a établie. D'où il suit, dit Mgr dé:erminer les Polonais à se liguer contre ce

Bouvier, 1. que si l'on était dans l'impossiredoutable ennemi, il leur accorda un jubilé

bilité de se confesser, si on se confessait à extraordinaire en 1518. Paul Ulen publia un

un préire nou approuvé, si le confesseur semblable à Rome en 1546, pour prier pour l'E

refusait l'absolution, même injustement, on glise accablée par l'hérésie, et pour l'heureux

ne pourrait gagner le jubilé: à plus forte succès de la guerre qu'il voulait lui faire. A la

raison on ne le pourrait pas, si on faisait rrprise du concile de Trente, Pie IV publia un

une confession sacrilége; 2° qu'on ne le gajubilé pour implorer l'assistance du Saint-Es- gnerait pas davantage, si, se faisant illusion prit sur cette sainle assemblée. Sixle un jubilé en 1585 pour attirer les bénédictions dispositions, en prenant pour une vraie con

à soi-même, on se trompail sur ses propres de ciel sur son pontificat. Il voulut que loules trilion ce qui n'en aurait que l'apparence : les Eglises du monde le publiassent la pre

car le pape prescrit une confession qui rémière semaine qui suivrajl la connaissance

concilie avec Dieu, qu'elles auraient de sa bulle. Il ne donnait que quinze jours pour gagner l'indulgence. clause Rite contritis, la contrition iinpar

On convient néanmoins que, malgré la La plupart des papes depuis Sixle V ont accordé des jubiles extraordinaires à leur faite, qui justifie avec le sacruinent de péni

lence, est suffisanle pour remplir les intenavénement au souverain pontificat. Il y a eu aussi un très-grand nombre de jubilés pour

lions du souverain pontife : c'est bien en elet

le sens naturel des termes. les besoins extraordinaires de l'Eglise. Nous en avons eu up il y a quelques années pour PREMIÈRE QUESTION. Quand faut-il faire cette l'Eglise d'Espagne. Les dispositions des bulles Confession? Est-ce au commencement, au qui les accordent ne sont pas toujours les milieu ou à la fin des auvres prescrites ? niêmes ; il faut les consulter pour connaitre

Il n'y a rien de commandé, et par conséce qu'elles prescrivent.

quent rien d'essentiel à cet égard : la seule CHAPITRE II.

chose indispensable est qu'on soit en état de

grâce au moment où l'on lermine les auvres LES QUVRES NÉCESSAIRES POUR GAGNER LE JUBILÉ.

prescrites, puisque c'est dans cet instant 9. En dispensateur fidèle des indulgences, que l'inilulgence est appliquée. Il serait plus le souverain pontife prescrit pour gagner le avantageux sans doute que toutes les @ujubilé des @uvres qui sont en rapport avec vres fussent faites en élal de grâce, el que les besoins actuels des fidèles. C'est donc la l'on cominençal par la confession ; Benoit bulle particulière qui accorde celle grâce XIV y exhorie (Lettre encyclique, Inter præextraordinaire, qu'il faut consulter pour sa- leritos, n. 73), et les confesseurs doivent y voir ce que l'on doit fuire afin de gagner l'in- préparer leurs pénilents aulant qu'ils le peuduigence. Mais il y a des @uvres qui sont vent; mais ils ne doivent pas l'exiger. prescrites par la plupart des bulles du jubilé, Un bonne qui aurait eu le malheur de reen soric qu'on peut les regarder comme ap- tomber dans quelque fauie grave entre sa coaparleoanl à une espèce de droit commun. session et la dernière cuvre prescrile, devrail Nous allous les développer. Il y en a qui sont recourir de nouveau à la grâce sacramen.

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