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De tout ce que

Distinguer au fumer la perdrix qu'on vous donne, Décider quelle fausse à chaque viande est bonne Savourer une trufe, & voir fumer un plat

Lami sert de plus délicat ? Est-ce à prendre des soins que la pudeur détefte, Des soins qu'à se farder bien plus que vous modeste La Candour qui se peint jusques au bout du nez, Trouveroit trop lascifs & trop éfeminez ? Si paroître poupin , la faire bone chere Est votre unique but , & ce qui peut vous plaire, De nos jeunes Cloris prenez le sentiment , Font-elles du bonheur un autre jugement ? Alez donc à présent que votre orgueil se flate Du plaisir de porter la superbe écarlate. Piquez-vous de beauté, glorieux que Philis Etale moins que vous de roses & de lys. Votre robe n'est point ce qu'en vous je révére, Ayez d'un Magistrat le fage caractére, Un bon sens, un caur droit, beaucoup de probité, Joignez la rectitude à la capacité, Et du vrai bien qui seul remplit une belle ame, Jugez plus sainement que n'en juge une femme. Mais qu'on voit rarement sur son propre

défaut Un féble & vain mortel refléchir comme il faut :

Sed pracedenti fpe&tatur mantica tergo.

Quasieris : Noßin' Vedtidi pradin ? cujus ?.

Dives arat Curibus quantum non milvus oberret

Elunc nisi hunc diis iratis, genioque sinistro?

Qui quandoque jugum pertufa ad compita figit

Seriola veterem metuens deradere limin,

Ingemit, hoc bene fit, tunicatum cum Sale mordens

Cape, farratam paeris plaudentibus ollam,

Pannofam facem morientis sorbet aceti?

At fos un&tus celles, & figas in cute folem ,

Pour nous trop indulgens, & pour autrui fans

grace Nous alons sur son dos éplucher la belace, Et le regard sur lui fans relâche ataché Nous en examinons jusqu'au moindre peché, Conoissez-vous Ciber , nie disoit Riqueville, Ciber ? Oui. Ce richard. fi conu dans la ville, Qui mesure au boisfeau ses louis entassez, Et tient un Calepin de ceux qu'il a placez. En un jour un faucon de son aile legere Ne peut

franchir les champs que lui laissa son peres Mais que sous l'ascendant d'un astre infortuné Malgré tous les trésors ce malheureux est né ! Qu'un Saturne malin ennemi de sa vie , Sous d'avares liens tient son ame affervie ! Quatre cens muids de vin en cave & du meilleur D'un mois de Mai fatal atendent le malheur, Tandis qu'il ne permet à la poitrine maigre Qu'une triste boisson de lie & de vinaigre. Mile agneaux tous les ans naissent de les brebis, Mais le fac se nourit d'oignons & de pain bis, De choux & de navets, & par un fort étrange, Gémit même, & se plaint ce qu'il boit, ce qu'il mange. Quel fou, dit Riqueville ! & lui de son côté De plus d'un milion s'est cout jeune endété..

Eft prope te ignotus, cubito qui tangat, des acro

Defpunt in mores : penemque, arcanaque lumbi

Runcantem populo marcentes pandere vuluas,

I* cum maxillis balanatum gausape pe&tas ,

Inguinibus quare detonsus curgulio extat;

Quinque palaftrita licet hac plantaria vellant ,

Elixasque nates labefa&tent forcipe adunca.

Non tamen ifta filix ullo manfuefcit aratro.

Cadimus, inqin vicem prabemus crura sagittis.

vivitur hoc pa&to: fic novimus. Ilia subter

Cacum vulnus habes ; fed lato balteus auro

Prategit : ut mavis, da verba, en decipe nervas,

Si potes. Egregium cum me vicinia dicat,

Non credam i viso fo palles improbe nummo si,

Dans un train magnifique il court à fa ruine,
Le bien de fes ayeux fe fond dans sa cuisine.
Sans souci , fans conduite , oisif, voluptueux,
Croit-il qu'on blâme moins fon luxe impétueux?
On traite ce qu'il fait de sotise suprême,
Et s'il rit de Ciber, Ciber en fait de même,
Un peu plus un peu moins tous les hommes sont fous,
Nous rions du voisin, le voisin rit de nous.
Ainli bille pareille, on

on se porte la botte,
L'un l'autre l'on se raille, & coquéte & bigote,
Le comode mari se moque du jaloux,
Le brutal de celui qui se montre trop doux,
Ainsi Crispe, craignez un Critique sévére
Sous un bouclier d'or vous cachez votre ulcére,
On respecte le rang où vous êtes monté,
Vous-même trompez-yous , croyez-vous en santé,
Au cen leur pénétrant pas un féble n'échape,
Et s'il n'oze éclarer, il rit du moips sous cape.
Mais quoi ! me direz-vous, que voulez-vous de plus ?
J'entens tout mon quartieraqui prône mes vertus,
Je suis pour les grans airs le coq du voisinage

, Pour m'aplaudir moi-même en faut-il davantage? C'est peu

li vous sentez d'un avare desir Au vif aspect de l'or votre cu ur se faisir.

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