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09 DICTIONNAIRE ENCYCLOPÉDIQUE

DE LA

THÉOLOGIE CATHOLIQUE

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PACCA (BARTOLOMEO), cardinal, na- furent incorporés à l'empire français quit en 1756 à Bénévent et fut élevé à Pie VII nomma le cardinal prosecréNaples et à Rome. Le savant Zacca- taire d'État (18 juin 1808). Il ne pouvait ria (1), ex-Jésuite, eut une grande in- plus être question en ce moment de fluence sur son éducation théologique, rentrer en relations bienveillantes avec et ce fut à sa recommandation que le Napoléon ; aussi le système politique du Pape Pie VI chargea de la nonciature nouveau sous-secrétaire d'État consistade Cologne Pacca, qui n'avait encore t-il uniquement à résister à la tyrannie que vingt-huit ans. Pacca écrivit lui- du gouvernement français, et ce fut même, sur son séjour en Allemagne conformément à son conseil qu'après de 1786 à 1794, des Mémoires, Memo- l'abolition des États du Pape le souverie storiche, Roma, 1832, avec un Ap- rain Pontife lança contre l'empereur pendice, Appendice sui nunzi, qui font la bulle d'excommunication du 16 juin parfaitement connaître la situation re- 1809. Il eut l'honneur d'être emmené ligieuse des provinces du Rhin à cette prisonnier avec le Pape; mais, à Floépoque. En 1795 il fut promu à la rence, il fut séparé de la personne du nonciature de Lisbonne, qu'il conserva Saint Père et conduit dans la forteresse jusqu'en 1802. Il consigna le résultat de Fenestrelle, où il demeura enfermé des expériences qu'il fit et des opinions pendant plus de trois ans. Ce ne fut qu'il se forma sur les affaires ecclésias- qu'après le concordat, arraché par Natiques de ce pays dans ses Notizie sul poléon au Pape Pie VII (25 janvier Portogallo, con una breve relazione 1813), que le Pape obtint la liberté della nunziatura di Lisboa. Il avait de son ministre , qui en profita immé. rempli ses fonctions diplomatiques avec diatement pour éclairer le Pape sur les beaucoup de sagesse dans un temps fort piéges dans lesquels on l'avait fait tomdifficile, et le Pape Pie VII l'en récom- ber à Fontainebleau. pensa, en 1801, en le créant cardinal. Lorsque, le 24 mai 1814, Pie VII fit Peu avant l'époque où les États du Pape son entrée à Rome, le cardinal Pacca

était assis à côté de lui dans sa voiture, (1) Voy. ZACCARIA.

de même qu'il l'avait accompagné au

ENCYCL. THÉOL. CATII. - T. XVII.

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moment de son enlèvement. Pacca a ligieuse. Vers l'an 325, par conséquent rapporté tous ces événements dans des vingt ans plus tard que S. Antoine, PaMémoires importants pour l'histoire du chôme, divinement inspiré, fonda à Tatemps et écrits avec une grâce tout ita- benne, près d'une île du Nil, ou, suilienne : Memorie storiche del minis- vant d'autres, dans l'île même de Tatero e de due viaggi in Francia , et benne, située au milieu du Nil, della prigiona nel forte di S. Carlo couvent dans lequel les moines devaient in Fenestrella. Après son retour à vivre réunis sous un même toit et souRome il remplit diverses fonctions émi- mis à une même règle. Il devint ainsi le nentes, détermina le Pape Pie VII à ré- fondateur de la vie cénobitique propretablir l'ordre des Jésuites, et mourut ment dite, différant à la fois de celle des le 19 avril 1844. Les Mémoires du car- ermites et de celle des disciples de dinal ont été traduits en français par S. Antoine, lesquels vivaient les uns à Crétineau-Joly.

côté des autres, dans des cellules sépa

SCHRÖDL. rées, formant ensemble une laure (1). PACHOME ou Pacôme (S.), fonda- Son association compta en peu de temps teur de la vie monastique, naquit vers à peu près cent membres, et bientôt l'an 292 dans la haute Thébaïde, en l'empressement fut si grand que PaÉgypte, de parents païens, et fut soi-chôme se vit obligé de créer sept autres gneusement élevé. Soldat dans l'armée monastères, dont le plus célèbre , ordide Maximin, suivant l'opinion probable nairement habité par S. Pachôme, fut des uns (1), dans celle de Constantin, celui de Paba ou Pau, dans le voisinage suivant les autres, il arriva , après une de Thèbes. En même temps il créa, de marche pénible, à Thèbes ou à Diospolis, l'autre côté du Nil, un couvent de femoù il apprit à connaître l'humanité et le mes dont sa sæur fut la première relidésintéressement des Chrétiens. Il en gieuse. Le nombre des moines de Ta. reçut une telle impression qu'il prit des benne s'augmenta tellement qu'à la renseignements précis sur leur doctrine, mort de Pachôme (14 mai 348) il s'élese retira, à la fin de la campagne, dans vait à sept mille. Tous les couvents un village chrétien de la Thébaïde, se étaient soumis à la même règle, forfit admettre parmi les catéchumènes, maient une sorte de congrégation, et, après une préparation suffisante , nommée cénobie , xouvd6cv, que dirigeobtint le Baptême. Pénétré du sen- rent successivement, après Pachôme, timent des devoirs que lui imposait les abbés du principal couvent. Ceux-ci son nouvel état et suivant le penchant faisaient de temps à autre des visites qu'il avait eu dès sa jeunesse pour dans les divers monastères et en réula solitude, il se rendit bientôt après nissaient deux fois par an les supérieurs dans le désert, auprès de l'anachorète dans le monastère principal, pour se grec Palémon, qui avait une grande faire rendre compte de leur administraréputation de sainteté. Se conformant tion. Pachôme, disait-on, tenait d'un aux avis et aux exemples de ce pieux ange sa règle, dont on a des extraits et solitaire, Pachôme vécut pendant dix dont S. Jérôme nous a conservé une à douze années dans les exercices du traduction. Suivant cette règle, le plus sévère ascétisme et parvint à un temps des moines était partagé entre le haut degré de perfection morale et re- travail des mains, la prière et d'autres

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pieux exercices. Elle excluait l'étude (1) Cf. Tillemont, Hist. ecclés., t. VII, n. 2,

(1) Voy. LAURE,

p. 675.

proprement dite des connaissances hu- (noviciat), par la prise d'habit et le væu maines, telle qu'elle se pratiqua plus d'observer la règle. Pachôme ne permit tard dans les couvents de Saint-Benoit en à aucun de ses moines d'être prêtre, Occident. Pour organiser le travail ma- afin d'éviter l'orgueil et l'envie, et luinuel, qui consistait à tresser des cor- même refusa, par humilité, le sacerbeilles, à tisser des pattes et des cou- doce. Toutefois il admit des prêtres vertures, et à exercer des métiers de dans son couvent et les autorisa à toute espèce, qui leur procuraient les remplir leurs fonctions sacrées. Outre moyens de subsister, de faire l'au- les monastères qu'il avait fondés Pamône, et pour maintenir un ordre ri- chôme båtit, à la demande de Sérapion, goureux dans le couvent, les moines évêque de Tenthyre, non loin de ce n'étaient plus désignés par leur nom, siége, une église pour de pauvres bermais par des numéros, et distribués en gers, et il y remplit, pendant quelque vingt-quatre classes, d'après les lettres temps, les fonctions de lecteur, à la de l'alphabet.

grande édification des assistants.

Chaque classe avait son supérieur et Ces travaux, le don des miracles et

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son genre de travail particulier. Le soir des prophéties dont jouissait Pachôme les moines remettaient leur travail au répandirent son nom dans les contrées supérieur, qui, à la fin de la semaine, les plus éloignées, lui valurent l'estime, le confiait à l'économe, oixovou.os. Les et, en 333, la visite du grand S. Athaéconomes de chaque couvent trans- nase (1), dont Pachôme partageait le mettaient les produits du travail des zèle contre l'arianisme et toute espèce moines à l'administrateur général de d’hérésie. toute la congregation, μέγας οικονομος, Une accusation calompieuse dont au couvent principal, cet adminis- notre saint fut l'objet, en 348, et qui trateur veillait à la vente de ces pro- l'obligea à paraître devant un synode à duits, à l'achat des matériaux et à la Latapolis, mit dans un jour plus écladistribution des provisions. Les moines tant son innocence, son irrécusable demeuraient à deux ou trois dans une sainteté. La même année la peste enmême cellule et ne se réunissaient que leva une centaine de ses moines. Papour la prière et le repas. Ce repas, chôme lui-même fut atteint par l'épinaturellement frugal, se prenait dans le démie, et, après quarante jours d'une plus rigoureux silence, et les moines, maladie douloureuse, il termina sa lonpour ne pas se voir, se couvraient la gue carrière de vertus et de travaux. tête de leur capuchon de grosse toile L'oeuvre qu'il avait créée prospéra (cucullus). Leurs épaules étaient cou- merveilleusement. Son ordre comptait vertes d'une peau de chèvre, nommée déjà, au milieu du cinquième siècle, méloté. Le premier et le dernier jour de 50,000 moines, et subsista en Orient la semaine les moines recevaient géné- jusqu'au onzième siècle. ralement la sainte communion. Quand Anselme, évêque de Havelberg, raun frère mourait la communauté fai- conte que, en 1137, il avait vu encore, sait des prières, l'on offrait le saint Sa- dans un couvent de Constantinople, crifice pour lui.

cinq cents religieux suivant la règle de L'admission dans l'ordre, dont n'é- Pachôme. Nous avons une biographie taient pas exclues même les personnes du saint écrite peu après sa mort par d'une constitution faible, si elles'déno- un de ses moines. taient d'ailleurs une vraie vocation, avait lieu, après une sévère épreuve (1) Voy. ATHANASE.

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C.; Du

sur le

Cf. Hélyot, Hist. des Ordres mo- d'usage au commencement du siènast. religieux et chevaleresques, t. I; cle (1).

1 Henrion-Fehr, Hist. univ. des Ordres Les écrits de Pacien ont été, pour la religieux, t. I, p. 17; Néander, Hist. première fois, publiés par Tilius, Pa

t univ. de la Religion et de l'Église ris, 1537. On les trouve dans la Bibl. chrét., t. II, P. 1, p. 504.

max. PP., Lugd., t. IV; dans GalHITZFELDER. land, t. VII; dans Migne, t. XIII, PACIEN (S.). On a peu de renseigne- p. 1051-1094; Tillemont, ments sur la vie de ce saint. Il descen- Pin, Bibl., II, 101; Acta Sanctorum, dait d'une noble famille espagnole. Il 9 mars. était marié. Son fils, Flavius - Lucius

Reusch. Dexter, à qui S. Jérôme dédia son Ca- PACIFICA. Voyez CASUISTIQUE. talogue, était, du temps d'Honorius, PACTE CALIXTIN. Voyez CONCORpréfet du prétoire (1). Pacien entra dans DAT. l'état ecclésiastique et devint évêque de PADERBORN, un des évêchés que Barcelone. Il mourut sous Théodose fonda Charlemagne pour propager et (v. 370), dans un âge très-avancé, uni- consolider le Christianisme parmi les versellement estimé pour sa vertu et Saxons. Dès 777 ce prince avait fait son éloquence. Il composa , au dire de bâtir une église à Paderborn, qui était S. Jérôme, plusieurs ouvrages. On n'en alors encore un endroit assez insignia conservé que trois lettres, une ho- fiant. A la diète de Lippspringen, en mélie sur la Penitence, parænesis ad 780, il érigea le diocèse de Paderborn, Pænitentiam, et un sermon

avec l'assentiment du Pape, et en conBaptême, sermo de Baptismo. Les fia provisoirement l'administration à trois lettres furent adressées en réponse l'évêque de Wurtzbourg. Herstelle, à une lettre du Novatien Sempronien, près du Wesser, devait être la résiqui ne connaissait point personnelle- dence épiscopale. ment Pacien, mais qui l'avait provoqué En 795 Paderborn eut son premier à expliquer la doctrine catholique. Pa- évêque ; ce fut S. Hathumar. cien justifie d'abord le nom de Catho. La ville s'étant rapidement accrue par lique; puis il décrit, en particulier, les les visites qu'y faisait Charlemagne et sacrements de Baptême, de Confirma- les nombreuses diètes qui s'y réunistion et de Pénitence. La troisième let- saient, elle devint la résidence de l'évêtre est assez longue; elle renferme que. Le diocèse appartenait à la circontrente-sept chapitres. Ces opuscules scription métropolitaine de Mayence. sont écrits avec beaucoup d'esprit, On y unit l'évêché de Schider parfaitement rédigés, et Du Pin les partie de celui de Burabourg (2). Hathunomme avec raison des chefs-d'ouvre mar commença la construction de la dans leur genre. Un autre opuscule de cathédrale. Le Pape Léon III vint, S. Pacien, intitulé Cervus ou Cervu- sous son épiscopat, à Paderborn pour lus, est cité au commencement de réclamer le secours de Charlemagne. l'Homélie et dans le Catalogue de s. Il consacra un autel dans la cathédrale Jérôme; mais il ne nous est point par- et fit la dédicace de plusieurs églises. venu. Il paraît avoir été dirigé contre Hathumar mourut en 815. certains plaisirs, certaines distractions, 2. Il eut pour successeur S. Badui étaient ainsi nommés et qui étaient

(1) Voir Tillemont, NIém., 8, 539. Hier., Vir, ill., 132. C. Ruf., 1, 24.

(2) Voy. BURA BOURG.

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