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bourgs defdites villes, & à une lieue à la ronde; ordonne à cette fin que les Temples qui font conftruits feront inceffamment demo lis par ceux de ladite Rel. P. R. jufques aux fondemens, autrement & à faute de ce faire dans le tems de deux mois, permet fa Majefté aux Syndics des Diocefes de faire proceder à ladite demolition aux frais & depens defdits de la R. P. R. lefquels frais feront pris par preference fur la vente qui fera faite des materiaux, fauf aufdits de la R. P. R. à fe pourvoir vers fa Majefté pour leur être affigné d'autres lieux à la place de ceux defd. villes, où il y a Archevêché ou Evêché, après la reprefentation qu'ils feront tenus de faire de titres bons & valables, par devant les Intendans & Commiffaires departis pour l'execution des ordres de fa Majefté dans les Provinces où lefdits Temples feront demolis. Fait au Confeil d'Etat du Roi, fa Majefté y étant, tenu à Versailles le 30. jour du mois de Juillet 1685. Signé,

COLBERT.

CLXXXVIII. DECLARATION du Roi, portant qu'il ne fera plus reçu de Medecins de la Religion pretendue Reformée.

Lo

OUIS par la grace de Dieu Roi de France & de Navarre: A tous ceux qui ces prefentes Lettres verront, Salut. Ayant ordonné il y a quelque tems pour bonnes confiderations, qu'aucuns de nos fujets faifant profeffion de la R. P. R. ne pourroient dorenavant être pourvus d'Offices de Notaires.

Procureurs, Huiffiers, Sergens, & même entrer en aucunes Charges de judicature, nous avons encore eftimé à propos par notre Declaration du 11. Juillet dernier, de defendre de recevoir à l'avenir ceux de ladite Religion Docteurs ès Loix, ni au ferment d'Avocat: mais comme il nous a été reprefenté que la plupart des jeunes gens de la même Religion fe determineroient à étudier en Medecine pour y prendre les Degrez, fe voyant exclus de toutes autres fonctions; en forte que le nombre des Medecins faifant profeffion de la Rel. P. R. s'augmenteroit fi confiderablement, que peu de nos fujets de la Religion Catholique, Apoftolique & Romaine, s'attacheroient dorenavant à cette fcience, ce qui feroit dans la fuite très-prejudiciable au falut de nos fujets Catholiques qui tomberoient malades, parce que les Mede

cins de la Rel. P. R. ne fe mettroient pas en peine de les avertir de l'état où ils fe trouveroient pour recevoir les Sacremens, ausquels ils n'ont pas de foi: A quoi étant necessaire de pourvoir. A ces caufes, nous avons de. claré & ordonné, & par ces prefentes fignées de nôtre main, declarons & ordonnons, voulons & nous plaît, que dorenavant il ne puiffe être reçu aucun Medecin faifant profeffion de la Rel. P. R. auquel effet nous defendons très-expreffément à tous ceux qui font commis pour la reception des Medecins, d'en admettre aucun de lad. Religion, fous quelque pretexte que ce foit, à peine de trois mil livres d'amende. Si donnons en mandement à nos amez & feaux les Gens tenans nôtre Cour de Parlement de Paris, que cefdites prefentes ils ayent à faire lire, publier & enregitrer, & icelles faire executer felon leur forme & teneur, fans permettre qu'il y foit contreveņu: Car tel eft nôtre plaifir. En temoin de quoi nous avons fait mettre nôtre Seel à cefd. prefentes. Donné à Verfailles, le 6. jour du mois d'Août‚„ l'an de grace 1685. & de nôtre regne le 43. Signé, LOUIS. Et fur le repli: Par le Roi, COLBERT. Et feellé du grand Seau de cire jaune.

CLXXXI X.

ARRET du Confeil d'Etat, portant defenfes à tous Chirurgiens & Apoticaires faifant profeffion de la R. P. R. de faire aucun exercice de leur art.

Sen on Confeil, que des Cours fuperieuUr ce qui a été representé au Roi étant

res du Royaume auroient rendu divers Arrêts, portant defenfes à tous Chirurgiens & Apoticaires faifant profeffion de la R. P. R. d'exercer leur art, foit par eux-mêmes, ou par perfonnes interpofées, afin d'empêcher les mauvais effets que produit la facilité que leur profeffion leur donne d'aller frequemment dans toutes les maifons, fous pretexte de vifiter les malades, & d'empêcher par là les autres Religionnaires de fe convertir à la Religion Catholique. A quoi fa Majesté voulant pourvoir: Sa Majesté étant en fon Confeil, a fait & fait defenfes à tous Chirurgiens & Apoticaires faifant profeffion de la R. P. R. de faire aucun exercice de leur art, par eux ou par perfonnes interpofées; direc tement ou indirectement, foit en loüant leurs privileges, ou de quelqu'autre maniere

que

que ce puiffe être. Fait pareillement defendes fa Majefté à toutes perfonnes Catholiques de leur prêter leur nom, le tout à peine de mil livres d'amende contre chacun des contrevenans. Enjoint sa Majesté aux Gouverneurs & fes Lieutenans Generaux en fes Provinces, Intendans & Commiffaires departis pour l'execution de fes ordres efdites Provinces & Generalitez, de tenir la main chacun à fon égard à l'exacte observation & execution du prefent Arrêt. Fait au Confeil d'Etat du Roi, fa Majefté y étant, tenu à Chambord, le 15.jour du mois de Septembre 1685.

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OUIS par la grace de Dieu Roi de Fran,ce & de Navarre: A tous ceux qui ces prefentes Lettres verront, Salut. Nous avons été informez que les enfans dont les peres & meres font morts dans la R. P. R. ayant eu ordinairement des Tuteurs, fubrogez Tuteurs & Curateurs faifant profeffion de ladite Religion, plufieurs ont abufé de la puiffance que cette qualité leur donnoit fur leurs pu

rogez Tuteurs ou Curateurs aux enfans dont les peres & meres font morts ou mourront ci-après de la Rel. P. R. pour avoir foin de leur éducation & de leurs biens, que des perfonnes de la Religion Catholique, faifant defenfes d'en nommer ni admettre aucun que de ladire Religion, à peine contre les contrevenans d'amende, qui fera arbitrée par les Juges fuivant leur qualité, & de banniffement pour neuf ans du reffort des Bailliages, Senechauffées ou Justices Royales du lieu de leur demeure. Si donnons en mandement à nos amez & feaux les Gens tenans nôtre Cour de Parlement de Rouën, que ces prefentes ils ayent à faire lire, publier & enregitrer, & icelles executer felon leur forme & teneur, fans permettre qu'il y foit contrevenu: Car tel eft nôtre plaifir. En temoin de quoi nous avons fait mettre nôtre Seel à cefdites presentes. Donné à Versailles le 4. jour d'Août, l'an de grace 1685. & de nôtre le regne le 43. Signé, LOUIS. Et fur le repli: Par le Roi, PHELY PEAUX. Et feellé.

СХС 1.

EDIT du Roi, qui defend aux Miniftres &
à toutes perfonnes de la R. P. R. de prêcher
& compofer aucuns livres contre la foi
la Doctrine de l'Eglife Catholique, ni de fe
fervir de termes injurieux.

la

de Dieu Roi de Fran

pilles, pour les detourner des bons deffeinse Navarre: A tous prefens & à qu'ils temoignoient avoir de fe convertir à la Relig. Catholique, les traitant feverement, & leur refufant même les chofes les plus neceffaires, fous pretexte que l'état des biens ou des affaires de la fucceffion de leurs peres & meres ne permettoit pas qu'ils fuffent élevez fuivant leur condition; & nous avons eu avis que quelques-uns defdits enfans n'ayant pas laiffe nonobftant ces chagrins d'abjurer une Religion où ils étoient perfuadez de ne pouvoir faire leur falut, leurs Tuteurs, fubrogez Tuteurs & Curateurs ont en haine de ce changement embaraffé leurs affaires d'une maniere que cela a été très-prejudiciable pour leur avancement, lors qu'ils font devenus majeurs. Et comme il eft neceffaire d'empêcher que cette puiffance & autorité ne foient pas des obftacles à la converfion defdits enfans. A ces causes, & autres à ce nous mouvans, nous avons declaré & ordonné, & par ces prefentes fignées de nôtre main, declarons, ordonnons, & nous plaît, que dorenavant il ne foit donné pour Tutcurs, fub

venir, Salut. Les Deputez du Clergé de nôtre Royaume, affemblez par nôtre permiffion en nôtre ville de Saint Germain en Laye, nous ayant reprefenté qu'entre les moyens dont les Miniftres de la R. P. R. fe fervoient pour empêcher la converfion de quelques-uns de nos fujets qui font profeffion de cette Religion, aucun ne leur reüffiffoit avec tant de fuccés, que celui de donner par des impoftures une fauffe idée de la Religion Catholique; & nous ayant fupplié en même tems d'empêcher la continuation d'un fi grand mal, par les moyens que nous eftimerions les plus convenables, nous avons fait examiner les erreurs que les Miniftres de la R. P. R. & quelques autres perfonnes qui en font profeffion, imputent à la Religion Catholique dans les Prêches, ou dans les livres qu'ils compofent; & comme rien ne bleffe tant le refpect avec lequel nos Edits les obligent de parler de la Religion Catholique, que de l'accufer ainfi de profeffer une doe

Z 2

trine

trine qu'elle condamne, & qu'il n'eft pas jufte que leurs calomnies infpirent à nos fujets de l'horreur contre la verité, qu'ils ne pourroient s'empêcher d'aimer & de fuivre, fi l'on ne leur en deroboit pas la connoiffance par ces artifices; & ayant d'ailleurs confideré qu'il doit fuffire à des Miniftres d'une Religion tolerée dans nôtre Royaume, par les Edits des Rois nos predeceffeurs & par les nôtres, d'en enfeigner les dogmes, fans s'élever par des difputes contre la veritable Religion dont nous faifons profeffion, & dont leurs predeceffeurs fe font malheureufement feparez dans le dernier fiecle; nous avons eftimé neceffaire d'arrêter le cours d'une licence qui produit des effets fi funeftes. Savoir faifons, que pour ces causes & autres à ce nous mouvans, & de nôtre certaine science, pleine puiffance & autorité Royale, nous avons par ce prefent Edit defendu & defendons aux Miniftres, & à toutes perfonnes de quelque qualité & condition qu'elles foient, faifant profeffion de la R. P. R. de prêcher, & de compofer aucuns livres contre la foi & la doctrine de la Religion Catholique, Apoftolique & Romaine, & de fe fervir de termes injurieux ou tendans à la calomnie, en imputant aux Catholiques des dogmes qu'ils condamnent, & même de parler directement ni indirectement, en quelque maniere que ce puiffe être, de la Relig. Catholique. Enjoignons aux Miniftres d'enfeigner feulement dans leurs prêches les dogmes de la Relig. P. Reformée, & les regles de la Morale, fans y mêler aucune autre chofe. Defendons en outre aufdits Miniftres, & à tous nos autres fujets qui font profeffion de ladite Religion pretenduë Reformée, de faire imprimer aucuns livres concernant la Religion P. R. à la referve de ceux qui contiendront leur profeffion de foi, les prieres & les regles ordinaires de leur Difcipline, & à tous Imprimeurs & Libraires de les imprimer & debiter: voulons que tous les livres qui ont été faits jufques à cette heure contre la Religion Catholique par ceux de la Relig. pretendue Reformée, foient fupprimez: defendons à tous Imprimeurs de les imprimer à l'avenir, & à tous Libraires de les debiter. Ordonnons que les Miniftres & nos autres fujets de la Relig. P. R. qui contreviendront aux difpofitions de nôtre prefent Edit, foient condamnez à faire amende honorable, & bannis à perpetuité hors de nôtre Royaume, & leurs biens fujets à confifcation confifquez, & que l'exercice de cette Religion foit inter

dit pour toûjours, dans les lieux où les Miniftres auront prêché contre les termes de nôtre prefent Edit. Voulons pareillement que les Imprimeurs & Libraires qui imprimeront ou debiteront lefdits livres au preju dice de nos defenfes, foient condamnez en quinze cens livres d'amende, & privez pour toûjours de la faculté de tenir boutique ouverte. Si donnons en mandement à nos amez & feaux les Gens tenans nôtre Cour de Parlement de Paris, que le present Edit ile ayent à faire lire, publier & enregîtrer, & le contenu en icelui entretenir, garder & obferver felon fa forme & teneur, fans y contrevenir, ni fouffrir qu'il y foit contrevenu en quelque forte & maniere que ce foit: Car tel eft nôtre plaifir. Et afin que ce foit chofe ferme & ftable à toujours, nous avons fait mettre nôtre Seel à cefdites prefentes. Donné à Versailles au mois d'Août, l'an de grace 1685. & de nôtre regne le 43. gné, LOUIS. Et fur le repli: Par le Roi, COLBERT. Et feellé du grand Seau de cire verte, en lacs de foye rouge & verte.

CXCI. 2.

Si

ARRET du Parlement de Paris, touchant l'execution du precedent Edit.

Sic

Ur ce qui a été remontré à la Cour par le Procureur General du Roi, que ledit Seigneur Roi ayant ordonné entr'autres chofes par fon Edit du prefent mois & an, que tous les livres qui ont été faits jusques à prefent contre la Religion Catholique, par ceux qui profeffent la Religion pretendue Reformée, feroient fupprimez, il eft neceffaire de faire un état de ceux qui font compris dans la difpofition dudit Edit. Et comme il femble que perfonne n'en peut mieux faire le difcernement que l'Archevêque de Paris, lequel outre les lumieres & les connoiffances que la nature & l'étude peuvent donner, a l'autorité de juger dans fon Diocefe de tout ce qui regarde la Foi & la doctrine de l'Eglife. Requerant y étre pourvu fuivant les conclufions par lui prifes, lui retiré; la matiere mife en deliberation: La Cour a ordonné & ordonne, que l'Archevêque de Paris fera un état des livres qu'il eftimera neceffaire de fupprimer fuivant l'Edit du Roi, pour ce fait, rapporté & communiqué au Procureur General du Roi, être ordonné ce qu'il appartiendra. Fait en Parlement le 29. Août 1685. Signé, DONGOIS.

CXCII.

.DISCOURS fait par de Vidal Avocat au Parlement de Pau, à Foucault Intendant de Bearn, de la part des Reformez de Pau.

MONSEIGNEUR,

Note

Otre Eglife, fi l'on peut encore l'appeller de ce nom, nous a deputez pour vous affurer de fes refpects, & pour vous dire en même tems qu'elle eft refoluë d'obeir à la volonté du Roi, & de fe foumettre à fes ordres. Nous ne fommes plus, Monfeigneur, les enfans rebelles & capricieux qui meprifoient la voix de leur mere, & qui ne vouloient écouter que la voix de l'étranger. Le Roi qui fe fait un honneur d'être le fils aîné de l'Eglife, vient de nous ranger fous fes loix, & nous mettre fous fa difcipline: il nous fait prendre aujourdhui ce joug aife, & ces falutaires chaînes que nos peres avoient fi malheureusement brifées. Il faloit, Monfeigneur, des mains auffi puiffantes que les fiennes, pour ouvrir les yeux à des aveugles nez, & pour les tranfporter des tenebres à la lumiere. Il faloit un Roi auffi pieux que le nôtre, pour éteindre dans nos cœurs les fentimens d'une Religion que nous avions reçuë d'une illuftre Reine. Et pour nous faire rentrer dans le fein de l'Eglife, il étoit besoin de cette même force qui a fu joindre les deux mers, & rendre même les Efpagnols humbles. Mais l'oferai-je dire, Monfeigneur, que quelque grande que foit l'autorité du Roi, il auroit eu de la peine à nous reduire, & à vaincre nôtre obstination, s'il avoit choifi tout autre que vous pour l'execution de fes ordres. Vous avez conduit ce deffein avec tant de fageffe, qu'on peut dire fans vous flatter, que vous avez eu la meilleure part à cette conquête. Nous fouhaitons, Monseigneur, que vous acheviez cet ouvrage avec le même fuccés que vous l'avez commencé ; & qu'après que nôtre invincible Monarque aura eu la fatisfaction de ramener dans le fein de l'Eglife fes fujets devoyez, il ait encore la gloire d'y ranger toutes les' nations infideles.

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croi de ferme foi, & confeffe tous & un chacun les articles contenus au Symbole de la Foi, duquel ufe la fainte Eglife Romaine, favoir eft:

Je croi en Dieu le Pere tout-puiffant, Createur du Ciel & de la terre, & de toutes chofes vifibles & invifibles, & en un fouverain Seigneur JESUS-CHRIST, Fils unique de Dieu, engendré du Pere avant tous les fiecles, Dieu de Dieu, Lumiere de Lumiere, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non pas creé, confubftantiel au Pere, par lequel toutes chofes ont été créées, lequel pour tous les hommes, & pour notre falut eft defcendu des Cieux: & a été incarné du S. Efprit, né de la Vierge MARIE, fait homme, & crucifié pour nous fous Ponce Pilate, a enduré mort & paffion, & a été enfeveli, & eft refufcité le troifiéme jour felon les Ecritures, & eft monté au Ciel, & eft affis à la dextre du Pere, & viendra derechef avec gloire juger les vivans & les morts, au Royaume duquel il n'y aura point de fin. Je croi au St. Efprit, fouverain Seigneur vivifiant tout, qui procede du Pere & du Fils, & qui avec le Pere & le Fils eft adoré & glorifié, qui a parlé par les Prophetes. Je croi à une fainte Eglife Catholique & Apoftolique. Je confeffe un feul Batême pour la remiffion des pechez, & attens la refurrection des morts, & la vie du fiecle à venir. Ainfi foit-il.

Je croi & embraffe fermement les Traditions des Apôtres & de la fainte Eglife, avec toutes les conftitutions & obfervation d'icelle.

J'admets & reçois la fainte Ecriture, felon & au fens que cette Mere fainte tient & a tenu, à laquelle appartient de juger de la vraye intelligence & interpretation de ladite Ecriture, & jamais je ne la prendrai ni expoferai, que felon le commun accord & confentement unanime des Peres.

Je confeffe qu'il y a fept Sacremens de la Loi nouvelle, vrayement & proprement ainfi appellez, inftituez par nôtre Seigneur JεSUS-CHRIST, & neceffaires, mais non pas tous à un chacun, pour le falut du genre humain, lefquels font, le Batême, la Confir mation, la fainte Euchariftie, la Penitence, l'extrême Onction, l'Ordre, & le Mariage, & que par iceux la grace de Dieu nous cft confe 23 rée,

rée, & que d'iceux le Batême, la Confirmation & l'Ordre ne se peuvent reïterer fans facrilege.

Je croi auffi & admets les ceremonies approuvées par l'Eglife Catholique, & ufitées en l'administration folennelle defdits Sacre

mens.

Je croi auffi & embraffe tout ce qui a été defini & determiné par le St. Concile de Trente, touchant le peché originel & la juftifica

tion.

Je reconnois qu'en la fainte Messe on offre à Dieu un vrai, propre & propitiatoire Sacrifice pour les vivans & pour les morts, & que le corps & le fang avec l'ame de la Divinité de notre Seigneur JESUS-CHRIST, eft vrayement, réellement, & fubftantiellement au très-faint Sacrement de l'Euchariftie, & qu'en icelui eft fait une converfion de toute la fubftance du pain au corps, & de toute la fubftance du vin au fang, laquelle converfion l'Eglife Catholique appelle Tranfubstantia

tion.

Je confeffe auffi que fous une feule des 2. efpeces, on prend & reçoit JESUS-CHRIST, tout, & entier en un vrai Sacrement.

Je confeffe qu'il y a un Purgatoire, où les ames detenues peuvent être foulagées des fuffrages & bien-faits des Fideles.

& toutes herefies condamnées, rejettées & anathematisées par l'Eglife.

Je..

promets, vouë, & jure fur ces faints Evan-
giles, de perfifter entierement & inviolable-
ment jufques au dernier foupir de ma vie,
moyennant la grace de Dieu, en cette Foi
Catholique, hors laquelle il n'y a point de
falut, & nul ne fe peut fauver, & dont pre-
fentement je fais fans aucune contrainte pro-
feffion; & tant qu'il me fera poffible la ferai
tenir, garder, obferver, & profeffer par tous
ceux defquels j'aurai charge en ma maisen
& en mon état. Ainfi Dieu foit en mon aide,
& ces faints Evangiles, Sur lefquels je jure
&fais ferment; & ce entre les mains de
en prefence des témoins fouffignez.
ce jour du mois de

Fait

CX CIV.

ARRET du Confeil d'Etat, portant que les
Gentilshommes nouvellement convertis à la
Religion Catholique, reprendront dans les
Eglifes les mêmes places que leurs ancêtres
y avoient auparavant.

J'avoue qu'on doit honorer & invoquer Sen

les Saints & Saintes bien-heureux & regnans avec JESUS-CHRIST, lefquels prient & offrent à Dieu leurs oraifons pour nous, & defquels on doit venerer les faintes reliques.

Comme auffi que l'on doit avoir & retenir les images de JESUS-CHRIST & de fa bienheureufe mere perpetuellement Vierge, & des autres Saints & Saintes, en leur faifant l'honneur & reverence qui leur appartient.

Je confeffe que nôtre Redempteur JESUSCHRIST a laiffé en fon Eglife la puiffance des Indulgences, & que l'ufage en eft très falutaire au peuple Chrêtien.

Je reconnois la fainte Eglife Catholique, Apoftolique & Romaine, mere & fuperieure de toutes les Eglifes.

Je promets & jure une vraye obeïffance au Pape & S. Pere de Rome, fucceffeur de S. Pierre, Chef & Prince des Apôtres, & Vicaire de JESUS CHRIST.

J'approuve fans aucun doute, & fais profeffion de tout ce qui a été decidé, determïné, & declaré par les faints Canons & Conciles Generaux, & fpecialement par le faint Concile de Trente; & rejette, reprouve, & anathematise tout ce qui leur eft contraire,

Ur ce qui a été reprefenté au Roi étant en fon Confeil, que beaucoup de Gentilshommes qui faifoient profeflion de la Religion pretendue Reformée, en ayant fait nouvellement abjuration, il feroit convenable qu'ils puffent avoir dans les Eglifes les mêmes places & honneurs dont leurs ancêtres jouiffoient avant de fe pervertir, afin qu'afliftant au service Divin ils cuffent la fatisfaction de se voir aux droits que leurs auteurs n'ont perdus que par leur changement de Religion, auquel ils ont été malheureufement engagez. Tout confidere: Le Roi étant en fon Confeil, a ordonné & ordonne, que les Gentilshommes nouvellement convertis à la Religion Catholique, reprendront dans les Eglifes les mêmes places que leurs ancêtres y avoient avant leur perversion, & que ceux qui depuis ce tems fe font mis en poffeffion des honneurs dont ils jouïfloient, feront obligez de les ceder aufdits nouveaux Convertis Sa Majesté laiffant neanmoins la liberté de fe pourvoir par les voyes ordinaires de la Justice, aux perfonnes qui pretendront avoir aquis, pendant que lesdits Gentilshommes nouvellement convertis ont fait profeffion de la Religion pretenduë Reformée, quelque titre qui leur puifle donner

:

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