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preffes inhibitions & defenfes aufdits habitans Archiac, de faire aucun exercice public de ladite R. P. R. dans ledit lieu d'Archiac: & en confequence, ordonne que dans quinzaine du jour de la fignification du prefent Arrêt le Temple conftruit audit lieu, fera demoli jufqu'aux fondemens, & à eux permis de difpofer des materiaux ainfi qu'ils ́aviseront bon être, autrement & à faute de ce faire dans ledit tems & icelui paffé, pourront les habitans Catholiques en faire la demolition aux frais & depens defd. P. R. Ordonne fa Majefté au Sieur de Seve Maître des Requêtes departi en ladite Province, & enjoint à tous autres Juges, de tenir la main à l'exccution du prefent Arrêt, qui fera executé nonobftant oppofitions ou appellations quelcon ques. Fait au Confeil d'Etat du Roi, fa Majefté y étant, tenu à Verfailles le 14. jour de Decembre 1672. Signé,

LIX.

PHELYPEAUX.

ARRET du Confeil d'Etat, portant interdiction d'exercice demolition du Temple dé S. André de la Beauffe Diocefe d'Agen, & interdiction auffi d'exercice dans le Château de Coiffel du même Diocese.

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E Roi ayant été informé des partages furvenus en l'année 1668. entre le Sr. Pellot Intendant de Justice, & Pierre Guignard Advocat en Parlement, Commiffaires deputez pour l'execution de l'Edit de Nantes, & autres Edits, Declarations & Arrêts donnez en confequence, fur les inftances formées par devant lefdits Sieurs Commiffaires entre le Syndic du Diocefe d'Agen, demandeur à ce que l'exercice public de la R. P. R. foit interdit pour toûjours tant dans le lieu de St. André de la Beauffe, que dans le lieu de Coiffel & Parroiffe de St. Julien, & que les Temples étans audit lieu de S. André, & dans le Château de Coiffel, foient demolis jufques aux fondemens, d'une part; Et les Miniftres & Anciens du Confiftoire & habitans de ladite R. P. R. dudit lieu de St. André de la Beauffe; & le Sr. Charles de Perreau Seigneur de Coiffel, defendeurs d'autre, pour être maintenus audit exercice. Sur quoi lesdites parties ayans fourni de defenfes & repliques par devers lefdits Sieurs Commiffaires, iceux fe feroient trouvez partagez, ledit Sr. Pellot ayant été d'avis à l'égard dudit lieu de S. André de la Beauffe, que l'exercice public de

ladite R. P. R. y foit interdit, & le Temple demoli jufques aux fondemens; & ledit Sr. Guignard, qu'avant faire droit aux parties, elles feroient renvoyées au Confeil de fa Ma jefté, jufques à ce que le partage intervenu au regard des lieux d'exercice de Condommois & d'Agenois fût vuidé. Et pour ce qui concerne ledit Sr. de Coiffel, ledit Sr. Pellot auroit été d'avis qu'icelui Sr. de Coiffel ne pourra faire dans fon Château d'exercice de ladite R. P. R. qu'aux termes de l'art. 8. de l'Edit de Nantes, pour lui & fa famille, & trente perfonnes feulement; & le Temple bâti dans ledit Château demoli jufques aux fondemens; Et ledit Sr. Guignard au contraire, que ledit Sr. de Coiffel doit être maintenu & confervé dans le droit d'exerci ce accordé par l'art. 7. dudit Edit de Nantes, comme haut Jufticier de lad. terre de Coiffel. Et vu lesdits partages, avis & motifs defd. Sieurs Commiffaires, procedures & pieces produites par devers eux. Production nouvelle dudit Sieur de Coiffel prefentée au Cons feil le 8. Octobre dernier, contenant fa Re quête fignifiée au Syndic dudit Clergé. Co. pie écrite fur un vieux papier d'un Contract de vente faite par Anthoine de Luftrac à Louis d'Albret Seigneur de Coiffel des deux troifiémes parties de la haute, moyenne, baffe Juftice, & autres droits de la Seigneu rie & Parroiffe de St. Julien de Coiffel da 27. Avril 1565. Requête dudit Syndic du Clergé d'Agen prefentée audit Confeil & fignifiée le 15. dudit mois d'Octobre dernier à Loride Avocat dudit Sieur de Coiffel pour detruire le droit de Justice en ladite terre de Coiffel, qu'il pretendoit tirer par le moyen dudit Contract. Oui le rapport. Et tout confideré: Le Roi étant en fon Confeil, vui. dant lefdits partages. a ordonné & ordonne fuivant l'avis dudit Sieur Pellot, Que dorénavant il ne pourra être fait aucun exercice public de ladite R. P. R. dans ledit lieu de St. André de la Beauffe; Et qu'à cette fin, le Temple qui y eft bâti fera demoli & rafé jufques aux fondemens par lefd. habitans de lad. R. P. R. dans quinzaine, à compter du jour de la fignification du present Arrêt: ce faifant, qu'ils pourront difpofer des materiaux comme bon leur femblera. Et à faute de ce faire dans ledit tems, permet fa Majesté aufdits Syndic da Diocefe d'Agen & habitans Catholiques dudit lieu de St. André, de faire ladite demolition aux frais & depens defdits de la R. P. R. Et à l'égard dudit Sieur de Coiffel, ordonne fa Majefté qu'il ne pourra

faire dans fon Château l'exercice de ladite
R. P. R. qu'aux termes de l'art. 8. de l'Edit
de Nantes, pour lui, fa femme, & trente
perfonnes feulement; Et que le Temple, fi
aucun y a dans ledit Château, fera demoli
dans quinzaine, en forte qu'il n'y ait aucu-
ne marque d'exercice public de lad. R. P. R.
ainfi qu'il eft porté par l'art. 3. de la Declara-
tion de fa Majefte du L. Fevrier 1669. le tout
à peine de defobeiffance, & d'être procedé
contre les contrevenans ainsi qu'il appartien-
dra. Enjoint fa Majefté au Gouverneur fon
Lieutenant General en Guyenne, Intendant
de Juftice, & tous autres Officiers, de tenir
la main à l'execution & obfervation du pre-
fent Arrêt, & de donner pour cet effet tou-
te l'affiftance qui fera neceslaire. Fait au Con-
feil du Roi, da Majefté y étant, tenu à St.
Germain en Laye le 20. jour de Decembre
1672.
- Signé,

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PHELYPEAUX.

Extrait d'Arrét du Confeil d'Etat, portant defenfes aux P. R. d'avoir dans leurs Temples bancs & fieges élevez pour les MagiStrats, Confuls gic.

LE

E Roi étant en fon Confeil, a ordonné & ordonne, que tous les bancs & fieges élevez qui fe trouveront avoir été mis dans les Temples de la Religion P.R. foit pour les Magiftrats des Juftices Royales, ou pour les Juges des Juftices particuliores, Confuls & Echevins des villes & bourgs de ce Royaume, feront ôtez dans quinzaine après la fignification du prefent Arrêt, ensemble les Fleurs de lys, Armes de fa Majefté, & des villes & Communautez, qui fetrouveront avoir été mifes fur les bancs, murailles & vitres defdits Temples, & autres lieux, par les Miniftres, Anciens de leurs Confifloires, ou autres; & à faute de ce faire dans ledit tems, permet fa Majefté aux Syndies du Clergé des Diocefes de ce Royaume, de les faire ôter aux frais & depens defdits Miniftres & Anciens des Confiftoires. Fait fadite Majesté très-expreffes inhibitions & defenfes à tous Juges Royaux, & des Seigneurs, Confuls & Echevins des villes & bourgs de ce Royaume, faifans profeffion de la Rel. P. R. de porter dans les Temples & autres lieux d'affemblée particuliere, & lors qu'ils y vont ou qu'ils en reviennent, leurs Robes rouges, Chaperons, & autres marques de Magiftrature ou Confu

laires, & de marcher par les rues avec aucu-
ne pompe & éclat. Enjoint fa Majesté aux
Gouverneurs, Lieutenans Generaux des Pro-
vinces, Intendans de Juftice, Baillifs, Sene-
chaux, Prevôts & autres Officiers, de tenir
la main à l'execution du prefent Arrêt, que
fadite Majefté veut être executé nonobftant
oppofitions ou appellations quelconques, pour
lefquelles ne fera differe; & à cet effet il fera
lu, publié & affiché en toutes villes & lieux
où l'exercice de ladite Bel. P. R. fe fait. Fait
au Confeil d'Etat du Roi, fa Majefté y étant,
tenu à St. Germain en Laye le 19. jour de
Fevrier 1672.
Signé,
PHELYPEA U X.

L X I.

Extrait du Jugement fouverain de Mr. d'Agueffeau, Intendant de la Justice dans la Province de Guyenne, donné avec le Prefidial de Libourne.

Nous

TOus par Jugement en dernier reffort, de l'avis des Srs. Officiers du Prefidial de Libourne, avons declaré lefdits Royere, Canole & Malide, Miniftres de la R. P. R. Daniel & Jacob Melon, Nodon, Richcome, Jean Melon, Fauffetelle, Ambarbe, Chancoygne, Galban, Gelieu, Guiraud, Beffe, Jean & Pierre Barthelemot, Labrué, Delbets, Audouin, Pierre & Helie Caunieres, Bodon, Vaiffiore, Caffieux Sr. de Conis, & Dulion Sr. de Campagnac, duëment atteints & convaincus des crimes d'affemblées illicites, contravention & detobeiffance aux ordres du Roi & Arrêts de fon Confeil d'Etat. Pour reparation defquels, & autres cas refultans du procés, avons condamné lefdits Royere, Canole & Malide à faire amende honorable devant la porte du Palais de la prefente ville, où ils feront conduits par l'executeur de la haute Juftice, & là nuds têtes en chemises & à ge noux, la corde au col, tenans une torche ardente de poids de deux livres à la main, declareront que temerairement & malicieusement ils ont contrevenu & defobeï aux ordres du Roi, & Arrêts de fon Confeil d'Etat, & prêché dans les lieux interdits, ils demandent pardon à Dieu, au Roi, & à la Juftice; & ce fait, les avons bannis & banniñons à perpetuité du Royaume, leur enjoignons de garder leur ban à peine de la hart; & en outre les avons condamnez folidairement en trois mil livres d'amende envers le Roi: & à l'égard defdits Daniel, Jacob &

dont

Jean

Jean Melon, Nodon, Richeome, Fauffetele, Ambarbe, Chancoyne, Galban, Gelieu, Guiraud, Beffe, Jean & Pierre Barthelemot, Labruë, Delbets, Audouin, Pierre & Helies Caunieres, Baudon, Veiffiere, Caffieux Sr. de Conis, & du Lion Sr. de Campagnac, les avons condamnez & condamnons en cent cinquante livres d'amende chacun envers le Roi: & en ce qui regarde lefdits la Fargue & Saint Ourens, avons declaré les defauts & contumace bien & duëment obtenus, pour le profit & utilité defquels, & pour les cas ci-deffus mentionnez, les avons banni & bannissons de la Province & Gouvernement de Guyenne pendant cinq ans; leur enjoignons de garder leur ban à peine de la hard; & en outre les avons condamnez folidairement en deux mil livres d'amende envers le Roi: & en confequence de l'affemblée illicite, & de la contravention faite aux ordres du Roi, & aux Arrêts du Confeil, dans ledit Temple d'Iffigeac, ordonnons qu'icelui fera inceflamment demoli rez pied, rez terre, à la diligence du Syndic du Clergé du Diocefe de Sarlat, & les materiaux employez aux frais de la demolition, avec defenses aufdits habitans de lad. Religion P. R. de la ville d'Iffigeac de plus continuer l'exercice public de ladite Religion audit lieu d'Iffigeac, ni de retablir led. Temple, jufques à ce qu'autrement par fa Majeité en ait été ordonné: Seront pareillement les murs qu'ont commencé d'être redifiez à Gours & autres lieux fufdits, inceffamment demolis, à la diligence defdits Syndics du Clergé des Diocefes dont ils dependent, avec pareilles defenfes aux habitans defdits lieux d'y continuer l'exercice public de leur Reli gion, le tout à peine de la vie. Et faifant droit fur les conclufions defdits demandeurs, avons condamné par forme de reparation civile, favoir ledit Royere en la fomme de mil livres envers le Syndic du Clergé du Diocese de Sarlat, & ledit Canole en pareille fomme de mil livres envers le Syndic du Clergé d'Agen, & ledit Malide en pareille femme de mil livres envers le Syndic du Clergé du Diocefe d'Aire; & lefdits Daniel, Jacobs & Jean Melon, Nodon, Richeome, Fauffetele, Ambarbe, Chancoyne, Galban, Gelieu, Guiraud. Beffe, Jean & Pierre Barthelemot. Labrue, Delbets, Audouin, Pierre & Helie Caunieres, Baudon, Vaiffiere, Caffieux Sr. du Conís, & du Lion Sieur de Champagnac, pour parcille reparation civile, chacun en 100. livres envers le Syndic du Diocese de Sarlat, lefquels tiendront prifon, jufques au

payement. Et lefdits la Fargue & de S. Ourens 1000. livres chacun envers le Syndic du Clergé du Diocese d'Aire, pour être lesdites fommes employées fuivant la difcretion des Sieurs Evêques Diocesains: & en outre condamnons lefdits Royere, Canole & Malide, à aumôner chacun la fomme de 30. livres & lefdits Daniel, Jacobs & Jean Melon, Nodon, Richeome, Fauffetele, Ambarbe, Chancoyne, Galban, Gelieu, Guiraud, Beffe, Jean & Pierre Barthelemot, Labruë, Delbets, Audouin, Pierre & Helie Caunieres, Baudon, Vaiffiere, Caffieux Sieur de Conis, & du Lion Sr. de Champagnac, chacun 10. li vres, lefquelles aumônes feront mifes entre les mains du Sieur Curé de la prefente ville, pour être diftribuées en œuvres pies, ainfi qu'il jugera à propos. Et au regard dud. Bailen Miniftre de Lanquais. ordonnons qu'il fera plus amplement informé dans le mois, & cependant qu'il fera élargi & mis hors des prifons, à la charge de se representer quand par Juftice fera ordonné à peine de conviction: & fur l'accufation intentée à l'encontre defdits Laurets, Rouffis Sieur du Clufeau, Dartieu, dit Boufquet, Anthoine & Paul Aujol. & Jaques Genefte, avons iceux mis & mettons hors de Cour & de procés; & en confequence, ordonnons que les prifons leur feront ouvertes. Ordonnons que les nommez Joyes Miniftre de Calonges, Dupuy Miniftre de Mauhart, & Lafite Minifti e de Puch feront pris au corps, fi pris & apprehendez peuvent être, finon fera fait perquifition de leurs perfonnes, & les affignations données fuivant l'Ordonnance & les coutumaces contre les defaillans inftruites, pour le tout fait & rapporté être ordonne ce que de raison. Condamnons lefdits Royere, Canole, Malide, Daniel, Jacob & Jean Melon, Nodon, Richeome, Fauffetelle, Ambarbe,. Chancoyne, Galban, Gelieu, Guiraud, Belle, Jean & Pierre Barthelemot, Labruë, Delbets, Audouin, Pierre & Helie Caunieres, Baudon, Vaifliere, Caffieux Sr. de Conis, & du Lion Sr. de Campagnac, aux depens envers ceux qui les ont faits, chacun en ce qui les concerne, & les defaillans en ceux de la contumace, la taxe d'iceux à nous refervée ; & à l'égard dudit Bailen depens refervez. Mandons au premier Huiffier ou Sergent fur ce requis, faire tous exploits requis & neceffaires. Fait dans la Chambre du Conseil du Prefidial de Libourne le 21. jour de Juin 1672. Signé, D'AGUESSEAU; Limoufin Lieutenant General Criminel, Rapporteur, David,

Be

Berard, Dumas, Bourret Affeffeur, Maynard, Bouyer, Defages, Fazileau, L'Hoftet & Peyrounin. Ainfi ligné, LE FEBVRE.

Prononce le prefent Jugement aufdits accufez dans la Chambre du Confeil du Prefidial de Libourne, le 22. jour de Juin 1672. par moi Greffier fous-tigné. Ainfi figné, LE FEBVRE.

Et le même jour 22. de Juin 1672. lefdits Royere, Canole, & Malide, Miniftres de la R. P. R. ont fait l'amende honorable devant la porte du Palais de cette ville de Libourne en la forme portee par le prefent Jugement.

LXII.

SENTENCE du Senechal d'Agenois, par laquelle un Miniftre eft condamné à 500.livres d'amende, pour avoir prêché hors le lieu de fa refidence.

Ntre Mr. le Procureur du Roi en la pre

ENtte Nenechaunce, demandeur en excés,

d'une part; & Maître Jean Borie, Miniftre de la R. P. R. de Layrac, defendeur, d'autre: Ouï de Fabre Sieur de Gots, Avocat du Roi, pour le Procureur du Roi en la prefente Senechauffee, enfemble Guignard & Brunel, aufli Avocat & Procureur pour ledit Borie, en leurs dires & requifitions, par avis & deliberation du Confeil, faisant droit fur les fins & conclufions du Procureur du Roi, attendu l'aveu fait par la partie de Guignard en fon audition preventionelle, être refident & domicilié au lieu de Layrac, & avoir prêché à Boe dans le Temple de la Relig. P. R. fans mission, a été declaré icelle partie de Guignard avoir contrevenu aux ordres, Edits & Declarations du Roi, pour reparation de laquelle contravention lad. partie de Guignard eft condamnée en cinq cens livres d'amende, avec inhibitions & defenfes de prêcher par ci-après en autre lieu qu'en celui qui lui fera indique par le Synode, où il fera domicilié & relident, fuivant sa mission, à peine de punition corporelle, & la partie dudit Guignard condamnee en outre aux depens enYers ceux qui les auront expofez, qui feront taxez. Fait à Agen, en l'Audience de la Cour de la Senechauffée d'Agenois, par devant Mr. Meffire Geraud de Boiffonnade, Prefident & Juge-Mage en icelle, y étant auffi Meffieurs Debordes Lieutenant particulier, Rouffanes, Philippes, Aufac, Omuas, Vignes, Vidalot, & Raigniac jeune, Confeillers, le 18. Août 1672. Signe, DECAILLOUS, Greffier. Tem. IV & V.

LXIIL

Extrait d'Arrêt du Parlement de Paris contre Jacob Peliffon, pour crime de Relaps.

Vu

par

U par la Cour le procés criminel, fait le Lieutenant Criminel de Loudun, à la requête du Subftitut du Procureur Gencral du Roi, demandeur & accufateur en crime de Relaps, fuivant la plainte & denonciation faite par Me. Paul Peliffon, Procureur en Parlement, contre Jacob Peliffon fon fils, defendeur & accufe, prifonnier en la Conciergerie du Palais, appellant de la fentence rendue par ledit Juge le 6. Novembre dernier, par laquelle il auroit éte declaré duëment atteint & convaincu dudit crime, & pour reparation banni à perpetuité du Royaume, & en cinq cens livres d'amende, applicable moitié à la Maison de la Charite de lad. ville de Loudun, & l'autre moitié au pain des pauvres prifonniers. Arrêt du 4. Janvier dernier, par lequel la Cour revoyant ledit Procés, auroit mis ladite appellation & sentence au neant, en ayant ordonné que ledit Peliffon feroit ouï & interroge, & les temoins à lui confrontez, par le Lieutenant Criminel de Saumur, à cette fin les informations portees au Greffe, & ledit Peliffon transfere ès prisons dudit lieu, le tout aux frais & depens dudit Lieutenant Criminel de Loudun, pour ce fait, rapporte & communiqué au Procureur General du Roi, & led. Peliffon amene efdites prifons de la Conciergerie du Palais, être procedé au jugement du proces ainfi que de raifon. Enjoint audit Lieutenant Criminel de Loudun, lors que l'accufe refufera de repondre, de lui faire 3. interpellations de repondre, à chacune defquelles il lui declarera qu'il lui fait fon procés comme à un muët volontaire, fuivant la nouvelle Ordonnance. Interrogatoire, recollement & confrontation de temoins fait en confequence par le Lieutenant Criminel de Saumur audit Peliffon, conclufions du Procureur General du Roi, oui & interrogé ledit accuse fur les cas à lui impofez, & tout confideré: Dit a ete, que la Cour pour les cas refultans du procés, a banni & bannit ledit Peliffon du Royaume à perpetuité; lui enjoint de garder fun ban à peine de la hard; declare tous fes biens fitucz en païs de confifcation acquis & confiíquez à qui il appartiendra, fur iceux & autres non fujets a confifcation preallablement pris la fomme de

L

cent

cent livres d'amende vers le Roi, applicable au pain des prifonniers de la Conciergerie du Palais. Fait en Parlement le 29. Août 1672. & prononcé le 31.defdits mois & an.

L X IV.

ORDONNANCE touchant l'impreffion des Livres des P. R. de Sedan.

DE PAR LE ROI.

Splice de la part de fes fujets faifant pro

'A Majefté ayant été très-humblement fup

feflion de la R. P. R. dans la ville & Souve raineté de Sedan, de les maintenir dans le privilege dont ils ont jouï jufqu'à prefent, de faire imprimer tous leurs Ouvrages avec la feule approbation des Moderateurs de leur Religion, fans être tenus d'obtenir pour cela aucune permiffion des Officiers Catholiques: & ayant égard à ce qui lui a été d'ailleurs reprefenté par fon Lieutenant General au Bailliage & Siege Prefidial dudit lieu, que ce pretendu privilege eft contraire aux Reglemens generaux du Royaume, & que ceux de la R. P. R. dudit Sedan en ayant abufé en diverfes occafions, par la liberté qu'ils fe font donnée d'imprimer divers Libelles diffamatoires & fcandaleux, il eft important de reprimer la continuation de cet abus, & leur defendre à l'avenir de faire rien imprimer fans l'approbation de leurs Miniftres, & la permiffion expreffe des Magiftrats à quoi voulant pourvoir, fa Majefté a ordonné & ordonne que conformément à l'usage general, qui fe pratique dans le Royaume, tous les livres & generalement tous autres ouvra ges ou écrits particuliers que ceux de la R. P. R. dud. lieu & Souveraineté de Sedan defireront faire imprimer à l'avenir, feront prealablement vus & approuvez par deux Miniftres de leur Religion, lefquels demeureront refponfables de tout ce qui y fera contenu, afin que led. Magiftrat puiffe en fuite leur donner permiffion de les mettre au jour. Fait a Paris le 10. jour de Janvier 1671. Signé, LOUIS. Sellé du cachet fecret. Et au bas figné, DE LIONNE.

L X V.

ORDONNANCE du Sieur Prefident & Lieutenant General au Bailliage de Sedan, portant defenfes aux P. Ref. de ladite ville d'expofer étaller ou venire de la viande ou gibier ès jours aufquels l'Eglife en defend l'ufage.

DE PAR LE ROI ET MR. LE PRESIDENT LIEUTENANT GENERAL.

Ur

Sur ce qui nous a été reprefenté par le Pro

cureur du Roi, que par un usage abufif, qui n'a jamais eu d'autre fondement, que parce qu'il a été établi par les anciens Princes de cette ville, qui faifoient profeffion de la R. P. R. les Bouchers tant Catholiques que de ladite R. P. R. entreprennent d'ouvrir la Boucherie publique, d'y expofer & vendre publiquement leur viande pendant les Carêmes & autres jours de Jûne ou d'abftinence ordonnez de l'Eglife; de laquelle entreprife naiffent plufieurs defordres fcandaleux à la Religion, defendus par les Loix.de l'Etat, & contraires à l'honêteté publique: car comme ladite Boucherie eft fituée fur une partie de la grande Place, & qu'elle eft ouverte de deux grandes portes & de deux petites, dont l'une des grandes a fon iffue fur ladite grande Place, & eft dans le paffage de deux rues qui conduifent d'une porte de la ville à l'autre, qui font les entrées & forties du Royaume, & que l'autre grande porte de ladite Boucherie publique eft proche & vis-à-vis de la grande porte de l'Eglife des R. P. Jefuïtes, les étrangers qui arrivent en cette ville pour entrer ou fortir du Royaume, ont fujet de douter qu'elle foit Catholique, y appercevant ces fortes de marques publiques, qui font bien plûtôt imaginer le contraire; dont non feulement les honnêtes gens ont de la pudeur, les Catholiques François & étrangers de l'horreur, & dont la pieté & le zêle de tout un monde font extremement fcandalifez, puis que dans tout le Royaume il n'y a que cette feule ville où cet abus foit fouffert. Mais de plus la ville étant mipartie, & les habitans étant élevez & nourris, vivans & negocians les uns avec les autres, il fe trouve des Catholiques dont la vie & les mœurs ne font pas moins mê lées que leur interêt & leur commerce; de forte qu'ils ne font aucun fcrupule d'acheter à la Boucherie publique, & de manger de la vian

dc

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