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été conçus dans l'idée, sans avoir été encore retouchés et mis dans l'ordre qui leur convient. Je le priai en même temps de n'en rien dire au...

Quelques jours après, lorsque je vins reprendre ces papiers, il me dit qu'il les a lus avec beaucoup d'attention et qu'il a trouvé que les intentions de s. m. l'empereur étaient on ne peut pas plus sages et plus conformes au bien général; que le gouvernement anglais s'empresserait de concourir de son mieux à la réussite; qu'on écrirait sur le champ à lord Gower de porter les assurances et de s'entendre sur la manière dont le cabinet britannique pourra y contribuer de sa part; qu'il croit, qu'il est essentiel d'essayer si l'on pourra obtenir tout ce qu'on désire, mais que pour son propre compte il se figure qu'il s'y trouvera quelques articles, sur lesquels la Porte fera des difficultés.

Ces papiers 81, tels qu'ils ont été présentés à Mi Pitt, sont joints ici sub litt (era] B2.

N. Novossilzoff

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se

APPENDICE A

S. m. croit que quoi que ce ne

soit pas encore le moment de pouvoir Observations

s'occuper d'un plan d'opérations que M' Pitt a faites

militaires proprement dit et qu'il dépendra d'ailleurs du plus ou moins de coopérateurs que l'on se procurera, cependant dans la supposition assez probable que l'on pourra compter sur l'Autriche et la Suède, la matière

réduirait à ces questions générales : Faudra-t-il augmenter le nombre d'attaques ou les diminuer pour les renforcer et quel sera le point d'attaque à choisir de préférence ? Il lui paraît que les principaux et ceux où l'on aura le plus facilement à

commencer les opérations sont : Parfaitement d'accord sur les 1. Le Midi de l'Italie, dans lepoints d'attaque, mais il observe qu'à quel une armée russe et anglaise peut l'heure qu'il est l'Angleterre est in- avec succès opérer une descente et capable de disposer de 15 mille s'unir aux Napolitains. On pourrait hommes, que le ministère est occupé à y destiner 10 à 15 mille Anglais et présent de remonter les forces dispo- autant de troupes russes, auxquels nibles, et qu'il espère que dans quel- on joindrait des corps francs, levés que temps d'ici il parviendra à les en Albanie et en Italie, ces derniers rendre assez considérables, mais que par le roi de Sardaigne. tout cela ne peut être obtenu que lors 2. Le Nord de l'Italie, la Suisse des sessions du parlement, qu'il faut et le Midi de l'Allemagne, qui seront donc tâcher de trouver un autre moyen laissés à l'action des armées autripour se pourvoir de la quantité de chiennes, soutenues d'un corps auxitroupes, qu'il sera nécessaire d'oppo- liaire russe qui pourrait monter à ser à l'ennemi de ce côté-là. Il croit 60 mille hommes.

d'autant plus nécessaire 3. Le Nord de l'Allemagne, où que les troupes anglaises si elles ne une armée russe de 40 mille hommes sont pas morcelées pourront être renforcée par un corps hanovrien,

que c'est

***** Пропуск в документе. Очевидно, имеется в виду посол в Лондоне С. Р. Воронцов,

d'une très grande utilité et occuper une armée suédoise et une diversion
un nombre bien plus considérable de anglaise pourrait également agir et se
troupes françaises que si elles étaient porter vers les Pays-Bas.
employées au Midi de l'Italie. La Les opérations pour ainsi dire sur
manière, qu'il croit être la plus les deux ailes devront se modifier
efficace de s'en servir, est celle de d'après la conduite que tiendront la
les tenir réunies dans le pays sur Porte Ottomane******* et la Prusse
différents points afin de menacer et d'après la détermination que l'on
continuellement les côtés de la France prendra de notre côté à l'égard de ces
d'une descente qui pourrait effective- deux Etats et qui deviendra un des
ment se réaliser dès que les Fran- points les plus importants que les
çais dégarniraient trop quelque par- coalisés auront à décider. D'après
tie de leur côte. Il suppose que cette le jugement, que l'on peut porter
diversion pourrait être très utile. dans ce moment sur ces divers gou-

Pour ce qui regarde le Nord de vernements, l'Autriche et la Suède l'Allemagne, il croit que si l'on ne sont les deux Etats qu'on pourra ameparvient pas à ébranler l’apathie de ner à se décider volontairement contre la Prusse, qu'elle persiste à rester la France; la Turquie et la Prusse neutre et que d'un autre côté on n'au- ne le feront jamais que lorsqu'elles y ra pas les moyens d'y opposer à l'en- seront forcées. Cette considération nemi une force bien considérable et obligera la Russie à garder une grande qui mette les chances de la guerre partie de ses armées en réserve hors de tout doute, 'que dans ce cas sur ses frontières pour servir d'épouil vaudrait peut-être mieux n'y rien vantail contre les puissances malinentreprendre et tourner toutes les tentionnées et vacillantes et en cas forces vers le Midi et le Nord de

de besoin de moyen pour les faire l'Italie, la Suisse et le Midi de aller dans le bon sens ou les punir de l'Allemagne ce qui forcerait les Fran- leur malveillance. çais d'évacuer le Nord de l'Allemagne Quant à des descentes à faire dans de soi-même.

l'intérieur de la France, s. m. l'empereur n'est pas de l'opinion qu'il soit convenable d'en risquer au commencement et que tout en continuant de menacer les côtes il ne faut penser à entamer le dedans de la France que lorsqu'on aura obtenu des succès marqués au dehors.

27

3

S

APPENDICE a

Supplément

qui a été remis à Mr Pitt Mr Pitt est parfaitement du même pour servir de développement avis, mais il ajoute à cela qu'il ne à l'idée qu'il a énoncée faut rien négliger pour rassurer

lui-même sur ce sujet d'avance les nouveaux propriétaires et (vide précis de l'entretien sub. l'armée qu'ils ne perdront absolu

1[ittera] a.) ment rien par le changem lent) qui se fera; que les uns conserveront les Après avoir par des succès au debiens qu'ils ont acquis durant la ré- hors et par des principes justes, bienvolution, et les autres restant au ser- veillants et libéraux qu'on y aura ******

Примечание Новосильцева —«NB - Quant à la Porte Ottomane, je lui ai observé que la conduite qu'elle tiendra ne paraît plus pouvoir être mise en doutte». («YTO kaсается Оттоманской Порты, ю я заметил ему, что, судя по всему, больше не приходится сомневаться в том, какой линии поведения она будет придерживаться»).

vice à leur place garderont les hon- manifestés commandé la considéraneurs, les titres et autres avantagestion et réussi à inspirer une confiance attachés à leurs rangs respectifs. générale et méritée de manière que Ainsi dans les proclamations que I'on pourra compter que toute promesse l'on ferait on tâcherait de faire son- des coalisés fera une impression ner ces deux points autant que pos- favorable sur la nation française, on sible. Mais afin de donner aux pro- lui déclarera, que ce n'est pas à elle priétaires le plus haut degré de certi- que l'on en veut, mais uniquement à tude qu'il soit possible qu'on gar- son gouvernement aussi tyrannique dera bien sa promesse qu'on leur fera pour la France, que pour le reste de Mi Pitt croit que l'Angleterre pourra l'Europe, que d'abord on n'avait eu faire une provision suffisante pour en vue que de délivrer de son joug dédommager le petit nombre d'anciens les pays qu'il opprimait, que maintepropriétaires, qui sont restés fidèles

nant en s'adressant au peuple franau roi et qui pourraient avoir le droit çais on ne prêche ni la révolte, ni la de réclamer leur biens ou d'en deman- désobéissance aux lois, mais que der un équivalent. Ceci étant énoncé l'on engage tous les partis qui l'ont ferait voir aux nouveaux proprié- jusqu'ici divisé de s'en fier aux intaires que leurs biens seront assurés tentions des puissances coalisées qui sur des bases bien plus solides encore ne désirent rien autre que d'affranchir qu'il ne le sont à présent, parce que la France du despotisme sous lequel toute prétention de la part des elle gémit, de lui laisser le libre anciens cessera de soi-même.

choix du gouvernement qu'elle voudra elle-même se donner, et qu'à cet égard, loin de vouloir , imposer des chaînes, c'est pour les briser que l'on s'était uni.

Posant comme décidé que pour le bien de l'Europe et de la France il est nécessaire que la constitution y soit monarchique, c'est de la part de la nation qu'on pourra en attendre la proposition. On pourra tâcher de la faire naître, mais nullement dé

clarer cette intention trop tôt. APPEND(ICE) B

Observations de M' Pitt

S. m. croit en général que si tout

autre moyen devient insuffisant et Il croit que la coopération de la qu'il faudra absolument accorder Prusse serait si décisive pour la quelques avantages aux puissances bonne cause et donnerait tant de fa- qui voudront prendre part à l'entrecilité de conduire les opérations mili- prise, c'est d'après la sûreté future taires sur un plan plus grand qu'il de l'Europe et le dévouement plus n'y a pas sorte de moyens, qu'on ne ou moins grand de chaque cabinet soit justifié d'employer pour la faire que cela doit s'arranger. Elle suppose entrer dans la coalition qui doit se cependant qu'on ne saurait rien proformer. C'est pourquoi il est d'avis, poser à la Prusse, qui soit compaqu'on lui offre autant d'appas que tible avec les intérêts et la sûreté de les limites des bases qu'on a posées l’Europe, à moins que ce ne soient les pour la tranquillité future de l'Eu- provinces qu'elle a cédées à la France. rope peuvent le comporter, afin que Quant à l’Autriche, s. m. espère, les avantages qu'elle aurait la pers- d'après le peu de pourparlers qu'on pective d'acquérir honorablement et a eus, qu'elle sera très modérée sur sans se mettre mal avec la Russie ce sujet et se contentera d'acquipuissent contrebalancer les belles sitions assez peu considérables en Itapromesses que la France ne cesse de lie et en Allemagne. D'ailleurs, l'emlui faire. Il prie instamment de ne pereur ne désire rien tant que de pas croire, que cette opinion (qu'il connaître sur tous ces points l'opisoumet entièrement à la sagesse de nion du cabinet de Londres et les régS. m. l'empereur de décider si elle ler ensemble. est bonne ou non) lui soit dictée par aucune prédilection pour cette puissance, au contraire, il professe qu'aucun cabinet de l'Europe ne s'est conduit plus mal que celui de la Prusse et qu'aucun pays ne mérite moins d'être avantagé que celui-là, mais que d'un côté les avantages qu'on retirera de sa coopération et de l'autre la facilité qu'il entrevoit d'arranger les nouvelles acquisitions que ce pays ferait de manière qu'elles puissent fournir plusieurs points de contact avec la France et lui servir de forte barrière du côté du Nord de l'Allemagne et du Midi de la Hollande seraient des considérations qui (suivant les idées du cabinet de St. James) pourraient justifier les avantages auxquels on le laisserait participer.

Il est donc d'avis qu'on propose à la Prusse outre les provinces qu'elle a cédées à la France tout le territoire qui est entre la Meuse, le Moselle et le Rhin, au Nord des anciennes limites de la France, y compris une partie du Luxembourg avec ou sans la forteresse. Il croyait qu'on pourrait même prolonger ses domaines jusqu'à la mer du Nord, afin qu'une lisière des domaines de la Prusse sépare la Hollande de la France, mais j'ai beaucoup combattu cette opinion, et Mr Pitt l'a retractée.

Au reste il a répété plus d'une fois que ce sont des idées que le cabinet bratannique croit devoir communiquer à s. m. i. pour répondre aux ouvertures confidentielles qui lui ont été faites de sa part, mais qu'on les soumet entièrement à sa décision.

APPENDICE) 6.

Supplément

qui a été remis à Mr Pitt servant de développement

à l'idée qu'il avait énoncée. (Vide précis de la conversation

sous litt lera] b).

Mr Pitt croit que ce n'est que lorsque les événements commenceront à se succéder que l'on pourra déterminer ces points.

Les cabinets de St.-Pétersbourg et St. James conviendront de tous ces points et s'entendront sur l'individu et la famille qui pourrait être appelée à régner en France. Si c'est les Bourbons lequel d'entr'eux et dans quel moment on l'en informera? La conduite qu'on exigera de lui, les conditions auxquelles il devra souscrire et dont la plus essentielle serait de se soumettre à la constitution qui aurait été adoptée.

Ce choix est un objet que s. m. l'empereur regarde comme secondaire, et il n'y attachera de son côté de l'importance qu'autant qu'il pourra entraver ou faciliter les opérations.

APPEND(ICE) C

Le roi de Sardaigne, envers lequel Opinion de M' Pitt

la Russie et l'Angleterre ont contrac

té des engagements, ne saurait, suiPour ce qui regarde le roi de vant l'opinion de s. m., être oublié Sardaigne et la Hollande, il est par- dans la conduite et les arrangements faitement du même avis. Mais pour ce des affaires de l'Italie. La sûreté de qui regarde l'empire d'Allemagne, il l'Europe exige, qu'il soit non seuletrouve que le problème est si compli- ment rétabli dans ses Etats, mais qué et si difficile à résoudre qu'il que même son partage devienne aussi faut se donner tout le temps néces- considérable que possible. saire pour réfléchir avant de pronon- L'existence politique de la Suisse cer son sentiment. Il convient qu'il intéresse aussi essentiellement la sûn'est guère possible de s'arrêter sur reté de l'Europe. Il serait donc néaucune idée qui exigerait que les cessaire d'arrondir autant que posprinces d'Allemagne, actuellement

actuellement sible et d'affermir ce pays dans sa existants, soient dépossédés, mais il position. pense en même temps qu'il n'y a au- Le même principe doit être suivi cune raison non plus d'augmenter à l'égard de la Hollande. Pour ce qui leur nombre, en cherchant à rétablir regarde l'empire d'Allemagne qui patous ceux qui à l'heure qu'il est raît par sa constitution donner plus n'ont plus de possession. Il avoue de prise à un changement convenable, que l'idée de séparer du corps germa- l'empereur croit que cette facilité nique les monarchies autrichienne et n'est qu'apparente. La situation acprussienne, qui détruisent entière- tuelle de l'association germanique ment l'équilibre des forces de ce assurément peu compatible avec corps, est très séduisante, mais que le bien de ses peuples et celui de

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