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un beau rêve que personne ne se flattait de voir jamais

réalisé.

"En 1803, l'Empereur se fit représenter tout ce qui avait été autrefois conçu et médité sur cette création, ainsi que toutes les idées nouvelles qu'on produisait.

Après un profond examen personnel, S. M. fixa son opinion, et détermina définitivement les formes, l'emplacement, la profondeur et l'étendue du port à créer.

» Un décret fut rendu en conséquence le 15 mars 1803, et le chevalier Cachin, inspecteur général des ponts et chaussées, dont l'Empereur avait distingué les idées lum neuses sur celle matière, fut chargé de l'exécution du projet décrété.

Cependant plusieurs contradicteurs s'étant encore élevés sur le choix de l'emplacement, sur les moyens d'exécution, sur l'appréciation des dépenses, etc., S. M. ne dédaigna pas de reporter son attention particulière sur ces contradictions, et ce nouvel examen ne fit que completter la conviction sur la préférence due au projet décrélé.

Il ne fallait pas moins que toute la fermeté de la volonté impériale, pour en assurer l'exécution.

On a oublié les contradictions; les contradicteurs ont disparu, et le monument est créé avant un mois il peut recevoir une escadre; il ne s'agit plus que d'achever la démolition de ce batardeau, qui, pendant dix ans, nouvel Atlas a supporté le poids de l'Océan, et pour la destruction duquel tous les moyens sont assurés.

» Jamais souverain n'a peut-être conçu et vu mettre à terme une entreprise aussi colossale et qui demandât tant et de si grands moyens de caractère, de génie et d'argent.

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"Il est superflu de s'étendre sur les avantages incalcu lables de cette grande création : ce sont les hommes d'Etat, les hommes de mer de toutes les nations, qui savent apprécier l'importance de ses résultats ; ils disent: « La rade de Cherbourg était de peu d'effet, tant qu'elle n'avait pas de port: aujourd'hui que son port est créé, elle va recevoir des escadres avec autant de sécurité que les rades de Brest et de Toulon. Et quelle différence de situation par rapport à l'ennemi commun, que celle du port de Cherbourg comparé avec les autres ports de l'Empire' Quel auxiliaire pour ces ports, que celui de Cherbourg, placé au milieu de la Manche, entre Brest et l'Escaut ! »

son

S. M. a nommé M. le maréchal duc de Dalmatie, lieutenant-général, commandant les armées en Espagne,

Ce maréchal a pris le commandement le 12 juillet, et a fait sur-le-champ ses dispositions pour marcher contre les Anglais qui assiégeaient Pampelune et Saint-Sébastien.

Après cette note, le Moniteur publie une lettre du général Rey, commandant à Saint-Sébastien, et deux rapports du maréchal duc de Dalmatie au ministre de la guerre.

Le général Rey annonce que le 22 un parlementaire s'est présenté, mais qu'il n'a pas voulu le recevoir, quoique la brèche fût partout praticable. Le 25, l'ennemi a tenté une attaque de vive-force, à l'aide du feu de diverses mines. Tout ce qui a abordé les brèches a été tué ou blessé, et les colonnes ennemies repoussées en désordre; l'ennemi a perdu de 14 à 1500 hommes, il est rentré dans la place 58 anglais blessés, et on a fait en outre 237 prisonniers.

Dans sa première lettre, datée des hauteurs d'Altabisca le 25 juillet, le maréchal duc de Dalmatie annonce avoir altaqué l'ennemi et l'avoir chassé d'une très-forte position; les Anglais ont beaucoup souffert et perdu 200 prisonniers. Les généraux Reille, comte d'Erlon et Villatte devaient manœuvrer dans des directions diverses pour seconder les mouvemens du maréchal.

La seconde lettre est datée de Linscoin le 26. L'ennesi avait évacué dans la nuit les positions menacées par le général Reille, le général Clausel marchait sur Pampelune; les divisions du centre, sous les ordres du comte d'Erlon, ont attaqué et enlevé la forte position du Col-de-Maya. Les Anglais ont perdu beaucoup de monde dans ce combat. ainsi qu'à l'attaque du général Reille. Le 10° régiment anglais a été presque détruit; on a fait beaucoup de prisonniers et pris huit pièces de canon. M. le maréchal termine en donnant les plus grands éloges à l'ardeur et au dévouement manifestés par tous les officiers et soldats. S.....

ANNONCES.

Ier, IIe et IIIe cahiers de la sixième souscription des Annales des Voyages de la Géographie et de l'Histoire, publiées par M. MalteBrun.

Chaque mois, depuis le 1er septembre 1807, il paraît un cahier de cet ouvrage, de 128 ou 144 pages in-8°, accompagné d'une estampe ou d'une carte géographique, quelquefois coloriée.

Les cinq premières souscriptions (formant 20 volumes in-8°, avec

60 cartes ou gravures) sont complètes, et coûtent chacune 27 fr. pour Paris, et 33 fr. franches de port. Les personnes qui souscrivent en même tems pour les cinq souscriptions, payent les trois premières 3 fr. de moins chacune.

Le prix de l'abonnement pour la sixième souscription est de 27 fr. pour Paris, , pour 12 cahiers, et de 33 fr. rendus francs de port par la poste. L'argent et la lettre d'avis doivent être affranchis et adressés à Fr. Buisson, libraire-éditeur, rue Gilles-Cœur, no 10, à Paris.

Cours de géographie historique, ancienne et moderne, et de sphère, d'après M. Ostervald, retouchée par M. Bérenger. Nouvelle édition, revue, corrigée et augmentée, d'après l'état actuel de l'Europe. Deux vol. in-12. Prix, 4 fr. 50 c., et 6 fr. franc de port. A Genève, chez J. J. Paschoud, imprimeur-libraire ; à Paris, chez le même libraire, rue Mazarine, no 22 ; et chez Arthus-Bertrand, libraire, rue Hautefeuille, no 23.

Almanach du cultivateur du Léman, par M. Ch. J. M. Lullin. IIe ANNÉE. - In-8°. Prix, I fr. 25 c., et 1 fr. 50 c. frauc de port. Chez les mêmes.

Traité des obligations, selon les règles, tant du for de la conscience qur du for extérieur; par Pothier. Nouvelle édition, mise en rapport avec le Code Napoléon, etc., etc. Par M. Bernardi, chef de la divi sion civile au ministère du grand-juge. Deux vol. in-8°. Prix, 10 fr., et 12 fr. 50 c. franc de port. Chez Letellier, libraire, rue du Jar dinet, no 3.

Le MERCURE DE FRANCE paraît le Samedi de chaque semaine, par cahier de trois feuilles. Le prix de la souscription est de 48 franos pour l'année, de 25 francs pour six mois, et de 13 francs pour un

trimestre.

Le MERCURE ÉTRANGER paraît à la fin de chaque mois. par cahier de quatre feuilles. Le prix de la souscription est de 20 francs pour l'année, et de 11 francs pour six mois. (Les abonnés au Mercure de France, ne paient que 18 fr. pour l'année, et 10 fr. pour six mois de souscription au Mercure Etranger.)

On souscrit tant pour le Mercure de France que pour le Mercure Étranger, au Bureau du Mercure, rue Hautefeuille, no 23; et chez les principaux libraires de Paris, des départemens et de l'étranger ainsi que chez tous les directeurs des postes.

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Les Ouvrages que l'on voudra faire annoncer dans l'un ou l'autre de ces Journaux, et les Articles dont on désirera l'insertion, devront être adressés, francs de port, à M. le Directeur-Général du Mercure, à Paris.

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LA NAISSANCE DES FLEURS (*).

DÉJA sur les traces des heures,
Apollon d'un rapide élan
Franchit les profondes demeures
Où dort l'immortel Océan.
L'éclat de la nue enflammée,
Présage d'un riant matin,
Annonce à la terre charmée
La marche de son souverain.
Ceint d'un superbe diadême
Il s'élève au trône des airs,
Et soudain sa splendeur suprême
Etonne et remplit l'univers.
Ecoutez sous les rameaux verts
Des oiseaux la douce harmonie

Fêter le père de la vie,

Ranimant leurs tendres concerts.

(*) Ce fragment d'un poëme sur les fleurs, qui a obtenu un prix distingué à l'Académie de Liége, fait partie du recueil de poésies de M. Mollevaut, qui doit incessamment paraître.

T

L'amour seul encore sommeille :
Mais du jour la vive clarté,
Trop indiscrète, le réveille

Sur la bouche fraîche et vermeille
Où mourut dans la volupté
Le dernier baiser de la veille.
Il soupire, il fuit la beauté,
Et seul regrette la nuit sombre :
Cet enfant dans sa nudité

Aime à se voiler d'un peu d'ombre.
Ah! ne crains pas un seul moment;
Amour, viens dans ce frais bocage:
Vois son mystérieux feuillage
Vers toi s'incliner mollement,
Et t'offrir un nouvel ombrage
Où puisse ta pudeur sauvage
Sans honte, expirer doucement.

Dispersant les pleurs de l'Aurore
Qui de son réseau délicat
Enlace la pourpre de Flore
Et réfléchit sou jeune éclat,
La Nymphe, sous cette verdure,
Déjà se couronne de fleurs :
Le seul luxe de sa parure
Est d'en assortir les couleurs.
O fleurs! familles innocentes,
Beautés sans cesse renaissantes,
Dont les amours voluptueux,
Ombragés par de riches tentes,
En se cachant sont plus heureux;
Vous qui dans la nuit solitaire
Epurez l'encens immortel,

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