Page images
PDF
EPUB

» n'y a guéres de genre de more

plus rare que de mourir par le w tonnerre, il n'y en a guéres aufli

qui dût nous causer moins de » crainte, »

Ne pourroit-on pas faire l'application de ce raisonnement à ceux qui craignent excessivement d'être enterrés vivans?D'ailleurs cette crain. te ne sert de rien pour leur faire éviter cet accident. Il faudroit quand quelqu'un paroît mort, que les afsistans ne s'en rapportassent point aux seules

apparences; mais la probabilité fert à les décider : ils n'attendent point la putrefaction, parce que l'abfence de ce figne n'est pas une preuve que le sujet soit vivant; le délagrément & l'embarras que cause la conservation des morts,

achevent de déterminer le jugement que l'on porte dans ces occasions. La putrefaction ne se manifeste quelquefois que le

douze ou le quinziéme jour ; il seroit bien désagréable & fort embarrassant de conserver pendant ce tems un pere, une mere, ou une épouse tendrement chérie , & d'avoir sous les yeux l'objet dont la présence excite les plus vifs regrets, & aigrit la douleur la plus légitime. M. Bruhier dira envain que le désagrément du spectacle d'un mort est une fausse délicatesle , & que l'embarras ne doit faire aucune impression, puisqu'il eût été plus considérable si le mort avoit vécu quelques jours de plus. Cette réponse n'est pas fatisfaisante, l'espérance est toujours soutenue tant que la personne vit ; mais lorsqu'elle est morte, fa présence ne peut qu'irriter les regrets. Au reste les suites de l'infection one peut-être été la principale cause du peu de cas qu'on a fait des conseils de M. Bruhier : il répond à cette

[ocr errors][ocr errors]

objection, qu'il s'est faite à lui-meme, en disant que les Juifs, les Grecs & les Romains gardoient longtems les corps sans qu'il en soit arrivé d'inconvéniens, malgré la chaleur des climats où ils vivoient. Il est vrai, Monsieur , que chez ces peuples on ne craignoit point les suites de l'infection, mais ils embaumoient les corps ; de plus il est prouvé que cette pratique étoit meurtriére, & que la conservation des morts n'étoit point chez eux une précaution pour s'assurer de la réalité de la mort,

Les suites de l'infection sont trèse dangereuses. La malignité de la pourriture réside dans des particules & subtiles, qu'elles peuvent faire mourir par l'impression qu'elles font immédiatement sur le principe vital. Une

puanceur cadavéreuse a souvent produit cet effet.Il n'est

pas

nécessaire

[ocr errors]
[ocr errors]

que les substances putrides , malignes ou vénéneuses se mêlent avec nos humeurs, pour exercer sur nous leur malignité. Nous en trouvons dans Paré une preuve convaincante: il dit qu'en découvrant le lit d'un pestiféré pour panser un bubon que ce malade avoit dans l'aine , & deux charbons fort considérables qui étoient placés au ventre, il fut saisi d'une odeur fi fæeride, causée

par

les matiéres de ces abscès & par la sueur du malade , qu'il tomba par terre dans l'instant comme s'il fût mort; la connoissance lui étane revenue, il se leva, mais il fut obligé d'embrasser le pilier du lit pour se fouEenir. Il lui sembloir que la maison tournoit sens dessus-dessous, il ne sentoit ni douleur ni mal de cour; ses forces revinrent peu à peu, & il éternua neuf ou dix fois li violemment, qu'il en faigna du nez. Il suffit,

.

[ocr errors][ocr errors][ocr errors]

comme l'on voit , que les vapeurs malfaisantes portent sur quelqu'une de nos parties, pour nous faire sentir les effets de leur malignité, en agissant sur nous comme font beaucoup d'autres substances qui produisent par leur odeur ou par un simple attouchement, des désordres considérables dans l'économie animale. La vapeur d'une chandelle éteinte a quelquefois causé des avortemens,des épilepsies, & mêmé la mort.- Il y a des puits d'où il sort des exhalaisons. fi pernicieuses , qu'elles font périr sur le champ ceux qui en sont frappés : la vapeur du vin, qui est dans le . fort de la fermentation, fait tomber dans des apoplexies souvent mortelles, ceux qui s'exposent trop à la violence de ces vapeurs. Il y a beaucoup de personnes qui ne peuvent sentir l'odeur d'une anguille fricass sée ; d'autres ne peuvent sentir l'odeur

« PreviousContinue »