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Ces deux observations sont décifimes sur l'efficacité de la faignée de la gorge pour dégager la tête dans les. Noyés; elles ne prouvent pas avec moins d'évidence l'inutilicé qu'il y a de center la faignée du pied, puisqu'il est impossible d'en tirer du fang : la raison en est bien claire. Le cours du fang dans les veines dépend principalement de l'impulsion qu'il reçoir du cour, & de la contraction des artéres. Mais dans ceux que l'on croic noyés , & qui font morts en apparence, les mouvemens du ceur sont foibles, la circulation du sang ne che fait plus que dans les plus petits vaisseaux qui font à la proximité du cour. Ce viscére qui est le premier - agent de la circulacion ne reçoit point du cerveau les fecours nécessaires pour fan a&ion, parce que ce premier mobile eft lui-même embarralle. L'irradiation des esprits eft fanguif

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sante , elle suffic à peine pour entrete. nir les frémislemens du cæur , & elle ne s'étend point jusqu'aux artéres des extrémités *; de-là vient l'impossibilité de tirer du sang du pied, & même du bras. Ces raisons n'ont pas lieu contre la saignée du col:car les veines jugulaires, & toutes leurs ramifications, font violemment diftendues par le sang qui les engorge. La tenflon des tuniques , & l'action de l'air extérieur, suffisent dans ce cas pour faire couler le fang par la premiére issue qu'on lui ouvre.

La saignée de la jugulaire en dégageant le cerveau,

cerveau, remédie à un accident fort urgent : elle doit contribuer beaucoup à l'efficacité des remédes fternutatoires, & à l'opération des secours qui conviennent eflentiellement pour

débarrasser les bronches *C'est par ces raisons que la syncope suspend les hémorragies, celles même qui viennent de l'ouverture d'une artére allezconsidérable.

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de la liqueur étrangere qui les diftend. Il est aisé de les affaisser jusqu'à un certain point en soufflant de l'air chaud dans leur cavité : c'est le

premier secours que nous avons cru devoir indiquer; & peut-être est-il des circonstances où le succès de tous les autres secours doit être déterminé par un commencement de détente, que ce moyen procure.

Je ne m'arrêterai point ici à combattre l'opération de la bronchocomie. L'on voir assez que cette opération ne doit être d'aucune ucilice aux Noyés, Ceux qui ont proposé de leur ouvrir la trachée artére croyoient que l'air retenu par une violente inspiration, étoit la cause de la dilatation du poumon des Noyés. Ils ont cru en conséquence que cette opération procureroit l'affaissement de ce viscére, M. Heister conseille cette opération d'après M.

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Detharding; mais il veut que l'ouu verture de la trachée artére serve à souffler de l'air dans le poumon, quoique,

fuivant le Professeur Danois, la bronchotomie ne soit proposée qu'afin de donner issue à l'air que l'abbaissement opiniâtre de l'épiglotte recient dans les poumons. Cet abaissement est une suppofition gratuite ; l'opération de la bronchotomie est donc inutile,c'est ce que je dis à M.Detharding. Pour faire entrer de l'air dans les poumons; l'opération de la bronchotomie est encore inucile; c'est ce que j'oppose à l'autorité de M. Heister : tous ceux qui voudrone se donner la peine de lire ce que ces deux Auteurs ont écrit , & celle de répéter les ex périences que j'ai faites, verront qu'en expliquant la cause de la mort des Noyés, & la nature des secours qui conviennent à leur écar, ils ont donné plus de carriére à leur imagination,

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que d'attention au rapport qu'il doit y avoir entre les désordres & les moyens de les réparer, & que leur doctrine n'est appuyée sur aucun fait. M. Bruhier qui n'a prefque rien mis pour son compte dans toutes ces queftions, & qui s'est contenté de rapporter tout ce qu'il a fçu avoir été dit für les matiéres qu'il traite, ne laisse pas de sentir dans cette occasion que le Professeur Allemand n'est pas d'accord avec le Docteur Danois : on peut voir comment il les concilie *.

Lorsqu'on a réussi à faire donner des signes de vie à un homme dont la mort auroit été certaine sans les fecours qu'on lui a procurés, on doit encore le considérer comme arraqué d'une maladie grave qui peut exiger la continuation des secours de l'art. Quelques Auteurs prétendent que lorsqu’un Noyé a jerté un soupir , ou

* Pag. 209. du second Tome du Traité de .M. Bruhier.

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