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comme S. M., à faire consister l'honneur dans le maintien de la paix, en plaçant la paix sous la sauve-garde de l'honneur.

Tels sont, Monsieur, les sentimens dont Sa Majesté impériale est sincèrement animée, et dont elle m'ordonne d'être l'interprète auprès de votre cabinet. J'ai l'honneur d'être, Monsieur, etc. etc. (Signé)

CAULAINCOURT, duc de VICENCE,

No. IV.-A.

Le ininistre des affaires étrangères à M. le général comman

dant à Strasbourg.

Paris, 3 Avril, 1815. J'apprends avec surprise, M. le général, le refus que fait le commandant de Kehl de laisser passer le courrier que j'ai expédié pour Vienne. Vous avez bien fait de garder provisoirement ce courrier à Strasbourg ; mais vous devez adresser de suite à ce commandant de vives réclamations contre une si étrange conduite. Le procédé est contraire à tous les droits comme à tous les usages reçus. Même en tems de guerre il serait illégitime, puisqu'en gênant les communications entre les gouvernemens, il ne pourrait que prolonger la durée des malheurs des peuples. A plus forte raison est-il bien irrégulier encore dans un moment où la France est en paix avec l'Europe entière: Tout délai pouvant avoir des inconvéniens, vous devez insister pour que la difficulté soit levée à l'instant même. Tous les précautions que peut prendre un commandant militaire dans des circonstances qui paraissent douteuses se réduisent à faire accompagner les courriers sur leur route. Vous insisterez en conséquence pour que celui dont il s'agit puisse partir sur le champ ou seul ou sous escorte, en cas que le commandant de Kehl juge cette formalité nécessaire.

No. IV.-B.

Strasbourg, le 5 Avril, 1815. Monseigneur, Aussitôt après la réception de la dépêche télégraphique de V. Exc., en date du 4, à six heures du matin, parvenue à Strasbourg le 4 à neuf heures et demie, qui m'iovitait à renouveler au général autrichien commandant à Kebl, la demande de laisser passer les courriers français, je lui ai écrit la lettre dont je joins ici copie, ainsi que de la réponse que ce général m'a faite le même jour. Agréez, etc. Le lieutenant-général commandant la 5 division militaire,

(Signé) DESBUREAUX

Copie de la lettre de M. le général Desbureaux, & M. le général'autrichien Wolkman, commandant à Kehl.

Strasbourg, le 4 Avril, 1815. Monsieur le général, Mon gouvernement, auquel j'ai rendu compte par le télégraphe, du refus que vous avez fait de laisser passer les courriers, a paru surpris de ce refus.

Je suis chargé de vous renouveler la demande de leur laisser continuer leur route, en vous faisant observer que vous pouvez, si vous le jugez convenable, les faire accompagner; mais que, sous aucun prétexte, vous ne pouvez les arrêter sans violer le droit des nations.

J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien me faire conpaître de suite si vous persistez dans le refus de laisser passer les courriers français, et de les faire protéger jusqu'à leur destipation. Recevez, etc.

(Sigué) DESBUREAUX. Copie de la réponse du général Wolkmann. Monsieur le général, Je ne crois pas violer de droit des nations en refusant, dans les circonstances actuelles, de laisser passer un courrier français; mais je viens de transmettre à mon chef, le général qui commande à Mayence, la demande que vous venez de me faire; et je le prie de me prescrire la conduite que je devrai tenir. Aussitôt que j'aurai reçu une réponse, je m'empresserai de vous la faire connaître. Recevez, etc,

(Signé) Le général WOLKMANN. De la même date.

No. 4-C. Lettre du ministre des affaires étrangères, à M. le général Desbureaux, conımandant à Strasbourg.

Paris, ce 5 Avril, 1815. Je vois, M. le général, par votre lettre du 2 de ce mois, que le commandant de Kehl continue à s'opposer au passage des courriers destinés pour Vienne. Avant-hier je vous ai recommandé de faire de nouvelles démarches auprès de ce commandant, et de lui proposer de donner une escorte à nos courriers, s'il juge cette précaution vécessaire. Dans le cas où la diffi culté ne serait pas levée encore, vous devez donner à vos instances beaucoup plus d'activité et de force, attendu que la question devient d'une nature plus sérieuse et plus grave. Le pouveau courrier que j'ex pédie, celui qui vous remettra cette ettre, est chargé de dépêches pour les ministres des affaires

R

arrivé le 2 Avril à Mayence. Il a éte conduit chez le commandant prussien, qui l'a fort mal traité : il a arraché la plaque du courrier, et voulait le traiter comme espion : il lui a pris ses dépêches et son passeport qui ont été portés chez le général Wacquant, général autrichien, gouverneur de Mayence.

Ce général a traité le courrier avec plus de douceur: ses dépêches ont été envoyées à Vienne, et on l'a conduit dans une auberge où trois caporaus l'ont surveillé.

Camberleng est resté six jours à Mayence, jusqu'à ce que le gouverneur eût

reçu

des ordres. Il est parti le 8, à six heures du matin, sous escorte jusqu'à la frontière,

No. 7.

CHAMBRE DES PAIRS.

5 Avril, 1815. Message du prince-régent au parlement. Le prince-régent, au nom et de la part de S. M, croit devoir prévenir la chambre des communes, que les événemens qui dernièrement ont eu lieu en France, en contravention directe avec les engagemens conclus avec les puissances alliées à Paris, au mois d'Avril dernier, et qui menacent d'avoir des conséquences très-dangereuses pour la tranquillité et l'indépendance de l'Europe, ont fait prendre la résolution à S. A. R. de donner des ordres pour augmenter les forces de S. M. tant

Le prince-régent a également jugé nécessaire de ne pas perdre un moment pour entamer des communications avec les alliés de S.M. afin d'agir ensemble de la manière la plus efficace pour rendre la sûreté génerale de l'Europe permanente.

Et S.A.R. place sa confiance en la chambre des communes, persuadée qu'elle prêtera volontiers les secours nécessaires pour arriver à ce but important.

de terre que

de mer.

No. 8.

Lettre de M. le baron Bonnefoux, préfet maritime, à S. Es, le

ministre de la marine.

Rochefort, le 7 Avril, 1875, à dix heures du soir, Monseigneur, J'ai l'honneur de vous expédier par estafette la copie d'un rapport que je viens de recevoir de M. le capitaine de frégate Collidett, détaché à Royan. Je vous salue, Monsieur, etc. etc.

Le baron, préfet maritime,

(Signé) Cas. BONNEFOUX.

No. 9.

Rapport de M. le capitaine de frégate Collinet, détaché à Royan, au préfet maritime à Rochefort.

Royan, le 7 Avril, 1815. Mon général, Uu pilote qui vient à l'instant de mettre une galiotte hollandaise en rivière, me rapporte que le capitaine de ce bâtiment lui a dit qu'à peu le distance de Cordouan, il a vu une frégate anglaise s'emparer d'un chasse-marée venant des côtes de Bretagne, et ce pilote ajoute qu'ea s'en revenant de Royan dans sa chaloupe, il a parié à un chasse-marée qui lui a dit aussi qu'une frégate et une corvette anglaises avaient pris plusieurs de ses camarades. J'ignore si tous ces rapports sont vrais; mais comme ils sont d'une grande importance, je m'empresse de vous les faire parvenir par l'occasion d'un habitant de cette ville qui se rend à Rochefort ce soir, et qui veut bien se charger de ma lettre.

J'ai engagé le commissaire Brac à faire transmettre ces rapports, par une chaloupe de ce port, aux bâtimpens francais qui se trouvent au mouillage du Verdon, et qui pourraient partir ce soir.

Cette frégate anglaise dite au N. O. de Cordouan n'est pas encore aperçue de nos hauteurs.

Pour copie conforme,

(Sigué) BONNEFOUX, P.S. Le négociant porteur du rapport m'a déclaré qu'avant son départ, il avait appris des gens de la douane qu'un bâtiment étranger qui vient d'entrer en rivière de Bordeaux, lui a déclaré que les Anglais avaient remis à son bord l'équipage du chasse-marée capturé, à l'exception du capitaine et du second qu'ils ont conservé à bord pour constater la capture.

(Signé) BONNEFOUX.

No. 10. Lettre du prince héréditaire de Monaco, duc de Valentinois,

pair de France, à S. Ex, le maréchal prince d'Essling, gouverneur de la 8e division militaire.

Monsieur le maréchal, J'ai l'hooneur d'annoncer à V. Exc. que, hier sur les deux heures après midi, le colonel Burke, au service de S. M. brj. tannique, s'est présenté à mon palais et m'a remis me lettre de M. d'Azorque, gouverneur du comté de Nice, que je joins ici.

J'ai représenté au colonel Burke, que le traité du 30 Mai, 1914, rétablissant la principauté de Monaco dans ses anciens rapports avec la France, la place de Monaco ne devait être confiance. Ce ministre est dévoué à la cause pour laquelle nous voulons vivre et mourir.

De grâce écrivez-moi, instruisez-moi et envoyez-moi les ordres du roi. Tout à vous, mon cher baron et noble ami.

Le prince LAVAL MONTMORENCY.

No. 13.

Extrait d'une lettre écrite à S. E. le ministre de la guerre, par'

M. le lieutenant-général comte d'Erion, commandant la 16e division militaire.

Lille, 2 Avril, 1815. J'ai l'honneur de joindre ici, mon prince, la déclaration de trois militaires qui faisaient partie d'un convoi de prisonniers de guerre revenant de Russie. Ce convoi composé de 120 sous-officiers et soldats, et de 12 officiers, a été arrêté, près de Tirlemont, et ces militaires déposent que, d'après les ordres du prince d'Orange, il devait être conduit à Bréda ; qu'à cette nouvelle le convoi s'est divisé, et que ceux qui le composaient se sont jetés dans les bois pour chercher à gagner la France. Ces trois militaires et quatre autres du niême convoi y sont parvenus ; sans doute il en arrivera encore d'autres, et, si S. E. l'approuve, j'en écrirai au prince d'Orange pour réclamer contre un tel acte de violence contre des militaires français, et pour lui demander que tous ceux qui com posaient ce convoi soient de suite remis à ma disposition.

No. 14. Déclaration faite par sept prisonniers de guerre français, fai

sant partie d'un convoi venant de Russie. Trois militaires nommés Flomphe, fourrier au 26e léger; Mauber, carabinier au même corps ; et Melille, sergent de carabiniers, au 29e léger, et quatre autres militaires venant des prisons de Russie, faisant partie d'un transport sous le No. 20, commandé par le capitaine Thuiller du 44e régiment, ont déclaré

que dans les environs d'Harlem, ils avaient entendu dire que, sans doute, ils ne seraient point arrivés en France sans être arrêtés, et qu'effectivement arrivés à Tirlemont au nombre de 120 militaires et 12 officiers, ils avaient été arrêiés et on voulait les faire conduire à Bréda par les ordres du prince d'Orange ; qu'ils se sont tous divisés alors dans l'intention de se sauver; qu'il se sont réfugiés dans les bois, où ils ont reçu secours des habitans des campagnes, qui leur ont inoniré les routes de traverse et douné du pain ; qu'enfin ils étaient para

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