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5. Tous les membres des colléges électoraux et des députasions de l'armée, formant l'assemblée du champ de mai, seréuniront au champ de mars en présence de l'empereur.

Le résultat du récensement général des votes sera proclamé, et l'acte additionnel aux constitutions sera promulgué, et scellé du sceau de l'état.

6. Après le serwent de l'empereur, chaque assemblée de colléges électoraux, successivement et par ordre alphabétique, prêtera, par l'organe de l'un de ses membres, le serinent d'obéissance aux constitutions, de fidélité à l'empereur.

7. Des aigles seront distribuées dans l'assemblée du champ de mai, au collége électoral de chaque département pour la garde nationale du département, et aux députations de chacun des corps de l'armée de terre et de mer.

8. Nos ministres sont chargés chacun en ce qui le concerne de l'exécution du présent décret.

(Signé)

NAPOLÉON.
Par l'empereur,
Le ministre-secrétaire d'état,

(Signé) Le duc de BASSÁNO.

26 Avril, 1815.

Paris, le 25 Avril. Le maréchal prince d'Essling, arrivé à Paris, a rendu compte à l'empereur de la situation du midi. Les inesures prises par le maréchal ont entièrement rétabli la tranquillité dans ees contrées et le pavillon tricolore, flotte sur toutes les côtes, qui ont été armées. Le prince d'Essling fait l'éloge de la bonne conduite de la garde nationale de Marseille. Il se loue particu. lièrement de la ville de Toulon.

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27 Avril, 1815.

Paris, le 26 Avril. Un décret du 22 Avril, 1815, relatif à l'organisation de corps francs, contient les dispositions suivantes:

Il sera organisé un ou plusieurs corps francs dans chacun des départemens frontières de l'empire. Ces

corps francs porteront le nom de leur départment, et dans les départemens où il y en aura plusieurs, ils se distingueront par le numéro d'ordre de leur formation,

Les individus qui auront les qualités nécessaires pour lever un corps franc, s'adresseront au ministre de la guerre ou au préfet. Le prefet, après s'être concerté avec le commandant du département et le commandant de la gendarmerie, enverra au ministre de la guerre son rapport sur les services, l'expé

rience et la capacité de l'officier qui aura demandé à lever un corps franc, ainsi que sur l'influence dont il jouit dans le département.

Les officiers admis å lever un corps franc seront brevetés par l'empereur. L'officier breveté par S. M. pour lever un corps franc, pourra donner des commissions de capitaines, lieutenans, sous-lieutenans, et sous-officiers. Il enrôlera des homines de bonne volonté, soit parmi les gardes nationales qui ne font pas partie des com pagoies actives, soit parmi les soldats en retraite, soit parmi les gardes forestiers et autres employés sous quelque titre que ce soit; bien entendu que ceux-ci ne pourront être distraits de leurs fonctions qu'au moment où le départeinent serait envahi.

L'infanterie et la cavalerie de ces corps seront organisées comme l'infanterie et la cavalerie des troupes légères. Ces corps ne seront tenus à aucun uniforme régulier. Le maximum de leur formation sera de mille hommes pour l'infanterie, et de 300 pour la cavalerie. L'infanterie sera armée indifféremment de fusils de guerre ou de fusils de chasse; la cavalerie, étant de l'arme des lanciers, aura une lance sans banderolles.

Les corps francs s'armeront, s'équiperont et se monteront à leurs frais. Ils ne recevront aucune solde, ni de guerre, ni de paix ; ils auront droit aux vivres de campagne, mais seuleinent au moment de la guerre. Les

corps francs pourront avoir deux pièces de canon de 3 ou de 4 et, dans ce cas, le matériel leur sera fourni des arsenaux de l'empire.

Ils seront toujours tenus d'avoir avec eux de la poudre et des balles pour 600 coups.

Tout ce que les corps francs prendront sur l'ennemi, sera de bonne prise et à leur profit. Les canons, caissons et effets militaires seront achetés par l'état au prix des trois quarts de la valeur. Des primes seront accordées aux partisans, pour les prisonniers qu'ils feront et en raison de leur importance.

La répartition de ces soinmes et profits sera faite d'après un réglement que dressera le ministre de la guerre, sur les principes de partage adoptés pour les armemens en course dans la guerre maritime.

Il pourra être également formé des corps francs dans les départemens de l'intérieur ; ils ne sortiront de leur département qu'au moment où les hostilités éclateraient, et ils pourront se diriger sur la frontière de leur choix, en prenant les ordres dų ministre de la guerre.

30 Avril, 1815.

Au palais de l'Elysée, le 27 Avril, 1815. Napoléon, empereur des Français,

Considérant l'importance de l'éducation primaire pour l'amélioration du sort de la société;

Considérant que les méthodes jusqu'aujourd'hui usitées en France, n'ont pas rempli le but de perfectionnement qu'il est possible d'atteindre, désirant porter cette partie de nos institutions à la hauteur des lumières du siècle;

Sur le rapport de notre ministre de l'intérieur,
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit:

Art. ler. Notre ministre de l'intérieur appelera près de lui les personnes qui méritent d'être consultées sur les meilleures méthodes d'éducation primaire; il examinera ces méthodes, décidera et dirigera l'essai de celles qu'il jugera devoir être préférées.

2. Il sera ouvert à Paris une Ecole d'essai d'éducation primaire, organisée de manière à pouvoir servir de modèle, et à devenir Ecole normale pour former des instituteurs primaires.

3. Après qu'il aura été obtenu des résultats satisfaisans de l'Ecole d'essai, notre ministre de l'intérieur pous proposera les mesures propres à faire promptement jouir tous les départemens des avantages des pouv les méthodes qui auront té adoptées.

(Signé) NAPOLÉON.
Par l'empereur,
Le ministre secrétaire-d'état,

(Signé) Le duc de BASSANO.

5 Mai, 1815.

Paris, le 4 Mai. Lundi, Mme. Seymours Damers a eu l'honneur de pré. senter à l'empereur le buste de Charles Fox, en marbre, sculpté par cette dame, qui lui avait déjà présenté, après la paix d'Amiens, le buste en plâtre. Elle a eu l'honneur de s'entretenir avec l'empereur qui, à cette occasion, lui a dit que si cet homme si distingué avait vécu, la paix aurait eu lieu; que la dette de l'Angleterre serait moindre d'un milliard, et que beauconp de milliers d'hommes viyraient encore,

6 Mai, 1815. MINISTÈRE DE LA GUERRE.

Paris, le 3 Mai, 1815. Le ministre de la guerre à MM. les préfets, sous-préfets et

maires de l'empire. Monsieur, Si nous sommes obligés de reprendre les

armes

pour

rdéfendre notre indépendance et nos foyers, quelle cause plus juste et plus sainte dut jamais inspirer des efforts plus unanimes et plus énergiques ?

C'est le cause d'un grand peuple qui veut être libre et maitre chez lui, contre une ligue passionnée qui prétend lui dicter des lois déshonorantes,

Du succès de cette lutte dépend l'existence même de la France. La France doit déployer pour sa défense toutes les ressources que peuvent lui offrir la nature, l'art, le génie et le courage

de ses habitans. L'empereur est au milieu de nous : l'heureuse révolution qui nous l'a rendu a doublé nos forces, a completté nos rangs, a ranimé dans nos cours toutes nos espérances.

A la première violation de nos frontières l'empereur sera à la tête de ses bataillons victorieux, et l'Europe reconnoîtra en nous la race des braves.

Mais pendant qu'il combattra pour l'honneur et l'intégrité de l'empire, il doit compter sur la coopération de tous les Français.

C'est à chaque autorité, à chaque citoyen, à seconder en tout sens, et par tous les genres de résistance partielle, le grand mouvement que son génie imprimera aux masses dont le succès devient alors infaillible et assure notre salut.

Que chacun soit donc prêt, et contribue de tous ses moyens à

repousser toute atteinte à l'honneur national, toute tentative d'envahissement.

Personne de vous n'ignore aujourd'hui que la France, loyalement défendue sur tous les points de son territoire, aurait été, en 1814, le tombeau de ses dévastateurs.

Ils ne sont redoutables que pour ceux qui se laissent effrayer par des menaces que ne pourrait suivre, la plupart du tems, aucun moyen d'exécution.

Si des forces plus réelles pénètrent dans quelques-uns de nos départemens, que des obstacles de toute espèce se multiplient sur leur passage ; que leurs convois, leurs détachemens soient détruits ou arrêtés dans leur marche ; que des correspondances actives soient entretenues partout; que les chefs militaires reçoivent promptement les moindres avis !

Que les habitans des campagnes disputent eux-mêmes les défilés, les bois, les marais, les gorges, les chemins creux ! Cette guerre, sans danger pour celui qui connaît les localités, honorable autant qu'utile au citoyen qui défend sa propriété, est toujours désastreuse pour l'étranger qui ne connait ni le terrain pi la langue.

Que le moindre bourg, qu'une maison isolée, un moulin, un enclos deviennent par la bravoure, l'industrie, l'intelligence de leurs défenseurs, des postes capables de retarder l'ennemi!

Que les portes, que les enceintes des villes soient réparées, que les ponts soient fortifiés et défendus !

Que l'exemple de Tournus, de Châlons, de Saint-Jean-deLosne, de Langres, de Compiègne, etc. etc. etc. enflamme l'émulation de toutes les cités ; que soutes soient disposées à mériter, au besoin, les mêmes éloges du souverain, la même reconnaissance de la patrie !

Quand elle est en danger, tout magistrat est chef et capitaire, tout citoyen est soldat, tous les Français connaissent les lois de l'honneur et du devoir ; nul ne s'exposera aux noms également flétrissans à leurs yeux, de lâche ou de traître ; et l'empereur, après avoir assuré cette paix pour laquelle il aura combattu, n'aura que des signes d'honneur et des couronnes civiques à décerner.

Recevez, Messieurs, l'assurance de ma parfaite considération,

(Signé) Maréchal prince d'EcKMUHL,

Pour ampliation,
Le maréchal-de-camp, secrétaire général du ministère,

(Signé) CÉSAR DE LAVILLE,

10 Mai, 1815.

Paris, le 9 Mai, Le Prince Lucien, qui a long-tems habité Rome, est rentré en France. Il est arrivé hier à Paris. S. M. lui a, assigné pour sa demeure le Palais-Royal. Il recevra den maio la visite des ministres et des officiers de la maison de l'empereur.

DÉCRETS IMPÉRIAUX. Rapport du ministre de la police générale à S.M. l'empereur. Sire,

7 Mai, 1815. Au moment où votre majesté a repris les rênes de l'état, la France n'avait, pour échapper à l'anarchie, d'autres ressources que celles de sa propre énergie.

Abandonné à des transfuges que les préjugés, les vengeances et les passions dominaient, le gouvernement n'était plus un moyen de protection nationale, mais l'instrument d'une fac

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