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Napoléon, etc. etc. Mais ces lettres en général, celle de Clarke surtout, tendent à prouver qu'il était en vraie hostili. té avec la France; et c'est ce qui lui faut. Votre très-fidèle et sincère Wellington.

A Son Excellence Monsieur

Monsieur le comte de Blacas d'Aulps.

15 Mai, 1815. DÉCRETS IMPÉRIAUX.

Paris, au palais de l'Elysée, le 11 Mai, 1815. Napoléon, empereur des Français; Sur le rapport de notre ministre de la police générale, Considérant

que la liberté de la presse et l'abolition de la censure ont diminué le travail et l'utilité des trente-trois inspecteurs de la librairie et changeront la destination de ceux qui seront conservés;

Que l'exécution des lois et réglemens sur l'imprimerie, la librairie, les planches gravées et la fonte des caractères, et sur la garantie des propriétés littéraires, peut être surveillée, dans la plus grande partie de l'empire, par les autorités locales;

Considérant qu'il suffira d'avoir up commissaire spécial sur les points principaux du commerce de la librairie et de l'introduction des livres étrangers.

Notre conseil d'état entendu,
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit:
Art. 1er. Les inspecteurs de la librairie sont supprimés.

2. Notre ministre de la police générale choisira parmi les dits inspecteurs supprimés neuf commissaires spéciaux de la librairie qui rempliront celles des fonctions précédemment attribuées aux inspecteurs, qui leur seront conservés d'après la législation nouvelle, et qui résideront, savoir : trois à Paris, un à Strasbourg, un à Lyon, un à Aviguon, un à Toulouse, uu à Bordeaux, et un à Lille;

3. Les inspecteurs qui n'auront pas été nommés commissaires spéciaux, recevront, à titre d'indeimité, six mois de leur traitemens, sans préjudice de la pension de retraite à laquelle ils auraient droit par la durée de leur service.

4. Notre ministre de la police générale est chargé de l'exécution du présent décret, qui sera inséré au bulletin des lois.

(Sigué) NAPOLÉON.
Par l'empereur,
Le ministre sécrétaire-d'état.

(Signé) le duc de BASSANO.

Z

16 Mai, 1815.

Paris, le 15 Maj. Réponse de l'empereur à une députation des fédérés des Fraux

bourgs St. Marceau et Antoine. “ Soldats fédérés des faubourgs-Saint-Autoine et Saint-Marceau, je suis revenu seul parce que je comptais sur le peuple des villes, les habitans des campagnes et les soldats de l'armée dont je connaissais l'attachement à l'honneur national. Vous avez justifié ma confiance. J'accepte votre offre. Je vous donnerai des armes. Je vous donnerai pour vous guider des officiers couverts d'honorables blessures, et accoutuinés à voir fuir l'ennemi devant eux. Vos bras robustes et faits aux plus pénibles travaux sont plus propres que tous autres au maniement des armes. Quant au courage, vous êtes Français. Vous serez les éclaireurs de la garde nationale. Je serai sans inquiétude pour la capitale lorsque la garde nationale et vous, vous serez chargés de sa défense ; et s'il est vrai que les étrangers persistent dans le projet impie d'attenter à notre indépendance et à notre honneur, je pourrai profiter de la victoire sans être arrêté par aucune sollicitude. Soldats fédérés, s'il est des hommes nés dans les hautes classes de la société qui aient déshonoré le nom français, l'amour de la patrie et le sentiment de l'honneur national se sont conservés tout entiers dans le peuple des villes, les habitans des campagnes et les soldats de l'armée. Je suis bieu aise de vous voir. J'ai confiance en vous. Vive la nation !

20 Mai, 1915.

DÉCRETS IMPÉRIAUX. Par décrets du 17 Mai, S. M. a nommé préfets des départemens ci-après désignés:

MM. le comte de l’Apparent, ancien sénateur, préfet de la Seine Inférieure.

André Dumont, du Pas-de-Calais.
Le baron Roujoux, d'Eure-et-Loir.
Le comte Girardin, de Seine-et-Oise.
Ramel, du Calvados.
Pons, du Rhône.

PREMIÈRE DIVISION MILITAIRE.

Ordre du jour. Des agens du comte de Lille, des embaucheurs de l'étranger osent essayer de désorganiser l'armée française. C'est par de petits avis, imprimés ou manuscrits, jetés dans les rues, dans les places, près des casernes, ou affichés pendant la nuit, qui les dérobe à la surveillance de la police; c'est par des insinuations spécieuses, des fausses nouvelles, qu'ils tentent d'ébranler la fidélité des troupes.

L'armée frémira d'indignation, en apprenant que ces agens, sans honte et sans patrie, se disent cependant les bons Français, et qu'ils vont jusqu'à mettre à prix d'argent l'honneur de nos soidats, dont la bravoure et le patriotisine ont, jusqu'à présent, excité l'admiration chez nos ennemis mêmes. Ces misérables, dans un écrit jeté à Cambray, offrent 80 francs à un cavalier français, et 20 francs à un fantassin, s'ils abandonnent leurs aigles pour passer dans une ville frontière !...........

Voilà le prix qu'ils metient à un vainqueur d'Ulm, d'Austerlitz, d'Iéna, de Friedland, de la Moskowa........... On a donc oublié que les soidats français ne désertaient pas en 1792, et 1793; ou bien croiton qu'ils seront moins Français en 1815 ? L'on verra que les mêmes circonstances rameneront la même énergie, le même en. thousiasme, et que l'amour sacré de la patrie fera faire aujourd'hui aux armées françaises des prodiges encore plus grands, parce qu'elles auront à leur tête un chef consommé dans l'art de vaincre.

Le général en chef ne peut pas faire aux troupes qu'il commande l'injure de les croire accessibles aux propositions des émigrés ou des étrangers, ce qui est la mênie chose, car il sait bien que, depuis le retour de l'empereur, ceux qui l'ont voulu ont usé assez librement de tous les moyens d'affaiblir la fidélité et les espérances de l'armée. Et où sont cependant, non pas les corps, mais les soldats qui ont déserté ? Ils ne sont que dans les gazettes étrangères et dans les calomnies de quelques Français dénationalisés ; mais l'impudence de ceux qui font ces propositions devient telle, qu'il faut rechercber et connaître les agens de nos ennemis, les arrêter et les livrer aux conseils de guerre; l'honneur et la magnanimité de l'armée demandent enfin une réparation.

MM. les généraux et chefs des corps donneront en conséquence des instructions et des consignes particulières dans leurs camps ou cantonnemens, afin que tout individu colporteur de provocations à la désertion, à la rébellion, ou qui se présenterait aux troupes pour leur donner de fausses nouvelles, pour les séduire enfin, et relâcher leur discipline, soit arrêté à l'instant et livré, s'il y a lieu, à un conseil de guerre.

Cet ordre sera lu aux troupes assemblées, pendant trois jours consécutifs.

Le lieutenant-général, aide-de-camp de l'empereur, com

mandant en chef le 6e corps de la lère division mili-
taire,
(Signe)

Comte de LOBAU.

22 Mai, 1815.

Paris, le 21 Mai. Le 26 Février, au moment de son départ de l'ile d'Elbe, S. M. chargea un comité, composé du colonel Ordioni, du lieutenantcolonel et du capitaine Poli, de M. Ottavi de Bastelica Orloli de Tallano, l'abbé Renucci, Casella et Tavera, chirurgien-major, de se rendre dans le département de la Corse, sous le titre de comité d'exécution, et d'y porter ses ordres pour que le pavillon national y fût arboré sur-le-champ, que l'autorité impériale y fût reconnue ; que le soi-disant général Bruslart, investi du gouvernement et envoyé daus l'île, pour être à portée d'ourdir des trames dans l'île d'Elbe contre les jours de l'empereur, fût arrêté et envoyé en France sous escorte; . que le maréchal-de-camp Launay exerçat provisoirement le gouvernement militaire, et qu'une junte chargée de l'administration fût établie à Corté, et coinposée de MME Pietri, ex-préfet; Arrighi, ex-préfet; Giubeca, préfet actuel; Casalta, maréchal-de-camp; Gaffori (de Corte), Costé fils, Cecaldi, Bartholi, sous prélet; le colonel Jean Pe. retti, Murati

, Stephanini, sous-préfet ; Fabien Cuneo, et Casella, secrétaire-général. S. M. avait en niême tems adressé des proclamations aux citoyens du département de la Corse et aux troupes des garnisons de l'ile.

Le comité d'exécution partit sur trois felouques, le ler. Mars, de Porto-Ferrajo, et débarqua le 3 à cinq heures du soir à Caladéro entre Porte-Vecchio et la côte de Fiumorbo. Le chef de bataillon Poli se rendit sur-le-champ dans la montagne qui est vis-à-vis la plage du débarquement et dans la commune de Sari. Il fit connaitre aux habitaus l'arrivée du comité d'exécution et des ordres de l'empereur. Le pavillon tricolore fut sur-le-champ arboré sur tous les clochers des pièves, et l'on intima la marche de toutes les gardes nationales. Une députation fut envoyée au lieu du département pour complimenter le comité d'exécution et lui faire connaitre que toutes les gardes nationales se mettaient sous ses ordres et reconnaissaient son autorité. Soixante hommes des troupes de ligne de la garnisou de Bonifacio se trouvaient alors dans la conimune de Sari. Il leur fut proposé de se réunir à la garde nationale de la Piève ; mais les soldats demaudaient à voir l'empereur, ou du moins quelques-uns de ses officiers qui fussent connuş d'eux, afin de s'assurer que c'était d'après ses ordres qu’op agissait. Comine il était impossible de les satisfaire, on convint avec eux d'un arrangement en vertu duquel ils rentreraient à Bonifacio ; ce fut aux cris de vive l'empereur ! qu'ils refusèrent de prendre part à un mouvement dont le motif leur paraissait suspect.

Cependant le comité d'exécution expédia des courriers aux différentes pièves de l'ile, pour annoncer son arrivée et sa mission. MM. Tavera et Renucci furent envoyés à l'arrondissement d'A:

jaccio et aux pièves de Celavo, Talavo et Ornano M. Ortoli partit pour le district de Saterne.

Le 4 au soir, le comité d'exécution reçut une dépation de tous les babitaos de Fiumorbo et de Conca qui annoncèrent que

le pavillon tricolore était arboré dans tous les pièves et l'autorité impériale reconnue, et que seloa l'usage du pays, les chefs des pièves ayant déjà intimé la marche, les cors sonnaient dans les montagnes pour appeler toute la population sous les armes.

Les membres du comité d'exécution partirent le 5, pour se rendre dans le Fiumorbo, et furent partout témoins de l'enthousiasme du peuple et de sa joie. Tous les hommes des pièves disponibles et armés vinrent avec des bannières tricolores sur lesquelles étaient écrits ces mots : pour l'empereur et pour la patrie ! se ravger sous les ordres des principaux habitans.

Les membres du comité d'exécution se dirigèrent en suite sur la ville de Corté, où selon les intentions de l'empereur, la junte devait se réunir. Arrivés devant Corté avec 4 à 5000 hommes armés et approvisionnés pour huit jours, ils apprirent que le commandant, qui avait 400 hommes de troupes de ligne, s'était renfermé dans la citadelle, que les soldats demandaient, avant de se déclarer, la preuve que c'était pour les intérêts et conformément à la volonté de l'empereur, qu'on agissait, et qu'on obéissait à un mouvement national et non à un esprit de localité. On proposa de leur montrer les proclamations et les ordres de l'empereur, mais ils demandèrent que cette communication leur fût donnée par un officier qu'ils connussent pour avoir été auprès de S. M. Cependant la vue du drapeau tricolore produisit une vive émotion parmi les soldats, qui du haut des remparts, mêlaient leurs cris de vive l'empereur ! à ceux des gardes nationales.

Dans le même tems des membres du comité d'exécution qui s'étaient portés dans les pièves qui environnaient Ajaccio y étaient reçus avec le même enthousiasme. Toutes les pièves avaient pris les armes et étaient venues camper sur les hauteurs de la ville. Mais le commandant qui avait fait rentrer les troupes dans la citadelle, demandait, pour pouvoir se joindre aux gardes nationales, les mêmes preuves qu'avait demandées la garnison de Corte.

Le mouvement s'était communiqué à toute la Balagna et aux pièves qui environment Calvi, dont le commandant avait aussi retiré les troupes de ligne dans la haute ville ou citadelle et était retenu par les mêmes difficultés.

Sur ces entrefaites, tous les membres de la junte, prévenus par le comited'exécution,s'étaient réunis au camp vis-à-vis Corté. On délibéra sur le parti qu'il y avait à prendre. La bonne volonté des troupes et leur inclination pour la cause de l'empereur n'étaient pas douteuses; mais les chefs hésitaient. L'apparence de quelques dispositions militaires aurait bientôt décidé la question;

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