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que les étrangers viennent dicter la loi à la patrie,” (Les acclamations, les cris nous le jurons ! ont retenti de nouveau et se sont prolongés dans toute l'étendue du Champ-deMars.)

Alors les troupes, qui formaient d-peu-près 50 mille hommes, dont 27 mille de gardes nationales, ont défilé devant S. M. aux cris de vive l'empereur! et aux acclamations d'un peuple immense qui couvrait les tertres du Champ-deMars jusqu'à la Seine,

L'empereur est ensuite rentré dans les appartemens de l'école militaire au milieu d'une foule empressée qui s'ouvrait à peine pour lui laisser un passage. Il est monté dans ses voitures pour retourner au palais des Tuileries avec le même cortége qui l'accompagnait à son arrivée.

DÉCRETS IMPÉRIAUX. Napoléon, par la grâce de Dieu et les constitutions, empe. reur des Français,

A tous ceux qui les présentes verront, salut:
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit:

La chambre des pairs et la chambre des représentans sont convoquées pour le 3 du présent mois de Juin, 1815.

Mandons et ordonnons que les présentes soient insérées au bulletin des lois. Donné en notre palais des Tuileries, le 1er Juin, 1815.

(Signé)

NAPOLÉON.
Par l'empereur,
Le prince archi-chancelier de l'empire,

(Signé)

CAMBACÉRÈS.

4 Juin. 1815. Angers, le 29 Mai.

PROCLAMATION. Le lieutenant général Max. Lamarque, commandant l'armée

de la Loire, aux habitans de la Vendée. Habitans de la Vendée ! Tandis que les étrangers, frappés de stupeur à l'aspect de nos boulevards et des milliers de soldats qui invoquent le moment du combat, n'osent dépasser nos limites, quelques-uns de vous courent aux armes, et donnent le signal de la guerre civile.

Quoi, Français ! vous avez soif du sang français ! Vos champs, encore blanchis des osesmens de vos pères, ne vous disent-ils pas assez quel est le sort qui vous attend ?

Qu'elle est aveugle et insensée votre fureur ! Contre qu vous armez-vous ? Qnel est celui qui a reconstruit vos villages? Quel est celui qui, pour réparer les pertes de votre population, vous exempta long-tems de toute conscription ? N'est-ce pas Napoléon ? Ministres d'un Dieu de paix, qui vous a rappelés d'un long exil ? Qui a réédifié vos temples et paré vos autels ? N'est-ce pas Napoléon, Napoléon le grand, qui, après une longue anarchie, rétablit, en France, l'édifice social et fit triompher à la fois la cause des loix, de la liberté et de la religion ?

Habitans de la Vendée ! Ceux qui soufflent parmi vous le feu de la guerre civile vous cachent le but qu ils veulent atteindre. Si jamais ils pouvaient l'emporter sur l'intérêt et la volonté de l'immense majorité de la nation, alors ils rétabliraient les dimes, la féodalité, les impôts arbitraires, l'avilissement de tout ce qui est plébéien et le double despotisme des nobles et des rois. Abandonnez donc une cause qui n'est pas la vôtre; retournez dans vos champs que couvrent de riches moissons ; dites à ceux qui vous égarent, que leur présence vous fnt toujours funeste : et qu'il est maudit de Dieu et des hommes celui qui déchire le sein de sa patrie.

De nombreuses colonnes vont entrer sur votre 'territoire : elles observeront la discipline la plus sévère; les propriétés et les personnes seront respectées ; mais malheur à ceux qui persisteront dans la révolte! Au quartier général à Angers, le 29 Mai 1815.

(Signé) Max. LAMARQUE.

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MINISTERE DE LA GUERRE.

Ordre du jour. La plus auguste cérémonie vient de consacrer nos institutions. L'Empereur a reçu des mandataires du peuple et des députations de tous les corps de l'armée, l'expression des veux de la nation entière sur l'acte additionnel aux titutions de l'empire, qui avait été envoyé à son acceptation, et un nouveau serment unit la France et l'empereur : ainsi les destinées s'accomplissent, et tous les efforts d'une ligue impie ne pourront plus séparer les intérêts d'un grand peuple du héros que les plus brillans triomphes ont fait admirer de l'u. nivers.

C'est au moment où la volonté nationale se manifeste avec autant d'énergie, que des cris de guerre se font entendre : c'est au moment où la France est en paix avec toute l'Europe, que des armées étrangères avancent sur nos frontières : quel est l'espoir de cette nouvelle coalition ? Veut-elle ôter la France du rang des nations ? Veut-elle plonger dans la servitude 28 millions de français ? A-t-elle oublié que la première ligue qui fut formée contre notre iodépendance servit à notre

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agrandissement et à notre gloire ? Cent victoires éclatantes, que des revers momentanés et des circomstances malheureuses n'ont pu effacer, lui rappellent qu'une nation libre, conduite par un grand homine, est jovincible.

Tout est soldat en France quand il s'agit de l'honneur nasional et de la liberté : un intérêt commun unit aujourd'hui .lous les Français. Les engagemens que la violence nous avait arrachés sont détruits par la fuite des Bourbons du territoire français, par l'appel qu'ils ont fait aux armées étrangères pour remonter sur le trône qu'ils ont abandonné, et par le veu unanime de la nation qui, en reprenant le libre exer. cice de ses droits, a solennellement désavoué tout ce qui a été fait sans sa participation.

Les Français ne peuvent recevoir des lois de l'étranger, ceux même qui sont allés y mendier un secours parricide ve tarderont pas à reconnaitre et à éprouver, ainsi que leurs prédécesseurs, que le mépris et l'infamie suivent leurs pas, et qu'ils ne peuvent laver l'opprobre dont ils se couvrent qu'en rentrant dans nos rangs.

Mais une nouvelle carrière de gloire s'ouvre devant l'armée; l'histoire consacrera le souvenir des faits militaires qui auront illustré les défenseurs de la patrie et de l'honneur national. Les ennemis sont nombreux, dit-on; que nous importe ! il sera plus glorieux de les vaincre, et leur défaite en aura d'autant plus d'éclat; la lutte qui va s'engager n'est pas au-dessus du génie de Napoléon, ni au-dessus de nos forces; ne voit-on pas tous les départemens, rivalisant d'enthousiasme et de dévouement, former, comme par enchantement, cinq cents superbes baittaillons de gardes nationales, qui déjà sont venus doubler nos rangs, défendre nos places et s'associer à la gloire de l'armée ? C'est l'élan d'un peuple généreux qu'aucune puissance ne peut vaincre, et que la postérité admirera. Aux armes !

Bientôt le signal sera donné ; que chacun soit à son devoir; du nombre des ennemis, nos phalanges victorieuses vont tirer un nouvel éclat. Soldats ! Napoléou guide nos pas, nous -combattons pour l'indépendance de notre belle patrie, nous sonimes invincibles !

Le maréchal d'empire ipajor-général,

DUC DE DALMATIE.

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MINISTÈRE DE LA POLICE GÉNÉRALE.
A M. le préfet du département de

Paris, le 28 Mai 1915. Monsieur le préfet, l'insurrection vient d'éclater sur plus sieurs points des départemens de l'ouest. Une guerre civile

qui fut si fatale et si célèbre peut s'y rallumer ? Le sang français qui a coulé tant de fois dans cette contrée par les propres mains des Français, peut y couler encore! De nouvelles victimes seraient immolées sur les tornbeaux que nous avons fermés !

Toutefois les circonstances ne sont plus ce qu'elles étaient il y a vingt ans.

Les cabinets et les peuples étrangers savent apprécier les mensonges ou les illusions des transfuges qui trahissent leur patrie et qui s'arment contr'elle.

La France qui surmonta si glorieusement et avec tant de courage les dangers qui la menaçaient en 1793, n'est pas comme alors, sans chefs, sans armées, sans généraux, livrée aux passions d'une assemblée qui avait tout-à-la-fois à lutter contre les factions de l'intérieur et contre la coalition des souverains de l'Europe.

La sédition qui se manifeste aujourd'hui n'est point, comme l'insurrection de 1793, fondée snr des mécontentemens populaires, excitée par d'antiques préjugés, des habitudes monarchiques et le fanatisme religieux.

Les habitans de la Vendée savent bien que ce n'est ni ponr leur cause, ni pour un ordre de choses qui leur soit plus favorable qu'on cherché à les arner.

N'ont-ils pas éprouvé les prétentions orgueilleuses de ceux pour lesquels ils ont si souvent bravé la mort ? Quelles récompenses ont-ils reçues de leur dévouement? quel prix en peu- . vent-ils espérer.

Le rétablisseme:t des dimes, des redevances, les servitudes, la féodalité, la dévastation, l'incendie, le massacre et le deuil de toutes les familles : voilà tout ce qui se présente à leur sou. venir et à leur avenir.

L'Empereor a parcouru la Vendée. Sans gardes, au milieu de la multitude qni se preseait sur ses pas, il a recueilli les témoignages de respect et d'admiration qui n'étaient pas commandé par l'éclat du diadème.

Toute la contrée est couverte de ses bienfaits : les villes aggrandies, les églises réparées, les hameaux rebåtis, les grandes routes, les canaux qu'il a fait ouvrir, sont des monumens que les efforts du tems et de l'ingratitude ne parviendront pas à détruire.

Les agitateurs ne peuvent plus invoquer les intérêts de la religion et de la monarchie, puisque c'est l'empereur qui a relevé les trônes et les autels. ' Ils n'ont plus de crédit sur un peuple tant de fois sacrifié aux passions ambitieuses de quelques individus, tant de fois trahi par eux; mais ils en ploient, la rue, le mensonge et les menaces, Ils excitent la pitié des habitans des campagnes, ils errent dans les bois, ils pare courent les chaumières, sous prétexte de trouver up asile

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contre des persécutions dont ils ne sont pas même menacés. Ils répaudent les craintes de levée d'hommes, et c'est par ce moyen qu'ils ont entraîné les jeunes gens, qu'ils leur inspirent le goût du vagabondage, qu'ils les exercent à toutes sortes de désordres.

Ainsi le gouvernement n'a point à combattre une population insurgée; c'est une population amie de la paix qu'il doit secourir et protéger contre les séditieux qui l'égarent.

Les cantonnemens qu'on avait retirés vont rentrer dans les départemens d'outre-Loire. Des colonnes mobiles vont poursuivre les chefs qui se sont mis à découvert, et qu'on peut frapper maintenant sans injustice et sans erreur.

Vous aurez, M. le préfet, à seconder l'ensemble de ces mea sures par tous les moyens qui sont en votre pouvoir, et, pour en assurer le prompt succès, vous ferez fornier dans chaque commune la liste de tous les absens qu'on peut supposer à l'étranger ou dans les rassemblemens armés.

Ces listes seront remises aux procureurs impériaux chargés d'informer et de faire prononcer, s'il y a lieu, les peines portées par le décret impérial du 6 Avril, 1809.

Alin qu'on puisse réunir et présenter aux tribunaux les preuves constatant la légitimité de l'absence, il sera nécessaire que vous fassiez connaître mes instructions à vos administrés.

Je vous renouvelle, M. le préfet, l'assurance de ma considération,

Le ministre de la police générale,

(Signé) le duc d'OTRANTE.

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A quatre heures après midi la chambre s'est réunie sous la présidence du prince'archi-chancelier de l'empire, les princes frères de S. M. ont pris séance.

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5 Juin 1815.

Paris, 4 Juin, 1815,
CHAMBRE DES REPRÉSENTANS.

Election du Président.
Le dépouillement des votes fait connaître que M. Lanjuinais
a réuni 277 suffrages.

M. Flauguergues 58.
M. de la Fayette, père, 73,

M. le président provisoire prononce que M. le comte Lanjuinais a réuni la majorité absolue des voix pour la présidence définitive de la chambre des représentans,

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