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Cens que nous avons vus pendant vingt-cinq ans parcourir toute l'Europe pour nons susciter des ennemis, qui ont passé leur vie à combattre contre nous dans les rangs des armées étrangères en maudissant notre belle Frauce, prétendraient-ils commander et enchauer nos aigles, eux qui n'ont jamais pu en soutenir les regards ? Souffrirons-nous qu'ils héritent du fruit de nos glorieux travaux ? qu'ils s'emparent de vos honneurs, de nos biens, qu'ils calomioient notre gloire? Si leur règne durait, tout serait perdu, même le souvenir de ces immortelles journées.

Avec quel acharnement ils les dénaturent ! ils cherchent à emprisonner ce que le monde'admire, et s'il reste encore des défenseurs de notre gloire, c'est parmi ces mêmes ennemis que nous-avouis combattus sur le champ de bataille.

Soldats ! daus mou exil j'ai entendu votre voix, je suis afe rivé à travers tous les obstacles et tous les périis.

Votre général, appelé au trône par le choix du peuple et élevé sur vos pavois, vous est rendu : venez le joindre.

Arrachez ces couleurs que la nation a proscrites, et qui, pendant vingt-cinq ans, servirent de ralliement à tous les ennemis de la Franee. Arborez cette cocarde tricolore; vous la portiez dans nos grandes journées !

Nous devous oublier que nous avons été les maîtres des nationis, mais nous ne devons pas souffrir qu'aucune se mêle de nos affaires. Qui prétendrait être maître chez nous ? Qui en aurait le pouvoir ? Reprenez ces aigles que vous aviez à Ulin, à Austerlitz, à Jena, á Eylau, à Friedland, à Tudella, à Eckmülh, à Essling,' i Wagram, á Smolensk, à la Moscowa, a Lutzen, à Vurtchen, à Montmirail, Peusez-vous que cette poia gnée de Français aujourd'hui si arrogaus, puisse en soutenir la rue ? Ils retourneront d'où ils viennent, et là, s'ils le veulent, ils régneront comme ils prétendent avoir régué depuis dix-neuf

Vos biens, vos rangs, votre gloire, les biens, les rangs et la gloire de vos enfans, n'ont pas de plus grands ennemis que ces princes que les étrangers nous ont imposés; ils sont les ennemis de notre gloire, puisque le récit de tunt d'actions hée roïques qui ont illustré le peuple français combattant contre eux pour se soustraire a leur joog, est leur condamnation.

Les vétérans des armées de Sambre et Meuse, du Rhin, d'Italie, d'Egypte, de l'Ouest, de la grande-armée, sont humiliés : leurs honorables cicatrices sont Aétries, leurs succès seraient des crimes, ces braves seraient des rebelles, si, comme le prétendent les ennemis du peuple, des souverains légitimes étaient au milieu des armées étrangères. Les honneurs, les récompensen, les affections sont pour ceux qui les ont suivis coutre la patrie et nous.

ane.

Soldats ! venez vous ranger sous les drapeaus de votre chef. Son existence ne se compose que de la vôtre, ses droits ne sont que ceux du peuple et les vôtres; son intérêt, ron homeur, sa gloire, ne sont autres que votre intérêt, votre honnenr et votre gloire. La victoire marchera au pas de charge, l'aigle avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu'aux tours de Notre-Dame: alors vous pourrez montrer avec honpeur roz cicatrices; alors vous pourrez vous vanter de ce que vous aurez fait; vous serez les libérateurs de la patrie.

Dans votre vieillese, entourés et considérés de vos concitoyens, ils vous enteudront avec respect raconter vos hauts faits, vous pourrez dire avec orgueil; Et moi aussi je faisais partie de cette Grande-Armée qui est entrée deux fois dans les murs de Vienne, dans de ceux de Rome, de Berlin, de Madrid, de Moscou, qui a délivré Paris de la souillure que le trahisop et la présence de l'ennemi y ont empreinte. Honneur à ces braves soldats, la gloire de la patrie, et honte éternelle aux Frauçais criminels, dans quelque rang que la fortune les ait fait naître, qui combattirent vingt-cinq ans avec l'étranger pour déchirer le sein de la patrie.

(Signé) NAPOLÉON. Par l'empereur, Le grand-maréchal faisant fouctions de major-général de la grande-armée.

(Signé) BERTRAND.

PROCLAMATION

Au Golfe-Juan, le 1er. Mars, 1815. Napoléon, par la grâce de Dieu et les constitutions de l'état, empereur des Français, etc. etc. etc.

AU PEUPLE FRANÇAIS. Français, La défection du duc de Castiglione livra Lyon sans défense à vos ennemis ; l'armée dout je lui avais contié le commande inent était, par le nombre de ses bataillous, la bravoure et le patriotisme des troupes qui la composaieut, à même de battre le corps d'arınée autrichien qui lui était opposé, et d'arriver sur les derrières du flanc gauche de l'arınée enneinie qui menaçait Paris.

Les victoires de Champ-Aubert, de Montmirail, de ChâteauThierry,' de Vauchamp, de Morinans, de Montereau, de Craone, de Reinis,d'Arcy-sur-Aube et de Saint-Dizier, l'insurrection des braves paysans de la Lorraine, de la Champagne, de l'Alsace, de la Franche-Comté et de la Bourgogue, et la positioù que j'avais prise sur les derrières de l'arniée ennenje eu la séparaut de ses magasios, de ses parcs de réserve, de couvois et de tous ses équipages, l'avaient placée dans une

ses

situation désespérée. Les Français ne furent jamais sur le point d'être plus puissans, et l'élite de l'armée ennemie était perdne sans ressourče; elle eût trouvé son tombeau duns ces vastes contrées qu'elle avait si impitoyablement saccagées, lorsque la trahison du duc de Raguse livra la capitale et désorganisa l'armée. La conduite inattendue de ces deux généraux qui trahirent à la fois leur patrie, leur prince et leur bienfaiteur, changea le destin de la guerre. La situation désastreuse de l'ennemi était telle, qu'à la fin de l'affaire qui out lien devait Paris, il était sans in unitions, par la séparation de ses parcs de réserve.

Dans ces nouvelles et grandes circonstances, mon cœur fut déchiré: nais mon âme resta inébranlable. Je ne consultai que l'intérêt de la patrie: je m'exilai sur un rocher au milieu des' mers: ma vie vous était et devait encore vous être utile, je ne permis pas que le grand nombre de citoyens qui voulaient m'nccompaguer partageassent mon sort; je crus leur présence utile à la France, et je n'emiuenai avec moi qu'une poignée de bravés; nécessaires à ma garde.

Elevé au trêne par votre choix, tont ce qui a été fait sans vn!18'est illégitime. Depuis vingt-cinq ans la France a de nouveaux intérêts, de nouvelles institutions, une nouvelle gloire qui ne peuvent être garantis que par un gouvernement national et par une dynastie vée dans ces nouvelles circon. stances. Un prince qui règnerait sur vous, qui serait assis sur mon trône par la force des mêmes armées qui ont ra notre territoire, chercherait en vain à s'étayer des principes du droit féodal, il ne pourrait assurer l'honneur et les droits que d'un petit nombre d'iudividus ennemis du peuple qui depuis vingt-cinq ans les a condamnés dans toutes vos assemblées nationales. Votre tranquillité intérieure et votre considération extérieure seraient perdues à jamais.

Français ! dans mon esil, j'ai entendu vos plaintes et vos reux; vous réclamez ce gouvernement de votre choix qui seul est légitime. Vous accusież moui long sommeil, vous me reprochież de sacrifier à nou repos les grauds intérêts de la patrie.

J'ai traversé les mers au milieu des périls de toute espèce; j'arrive parini vous, reprendre mes droits qui sont les vôtres. Tout ce que des individus out fait, écrit ou dit depuis la prise de Paris, je l'ignorerai toujours; cela n'influera en rien sur le souvenir que je conserve des services importans qu'ils out rendus, car il est des événemens d'une telle nature qu'ils soût au-dessus de l'organisation humaine.

Français ! il n'est aucune nation, quelque petite qu'elle soit, qui n'ait eu le droit et ne se soit soustraite uu déshonneur d'obéir à un prince imposté' par un ennenui momentauément

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victorieux. Lorsque Charles VII rentra à Paris et renversa le trône éphémère de Henri VI, il reconnut tenir sou trône de la vaillance de ses braves et bon d'un prince régent d'Angleterre.

C'est aussi à vous seuls, et aux braves de l'armée, que je fais et ferai toujours gloire de tout devoir.

(Signe) NAPOLÉON. Par l'Empereur, Le grand-maréchal faisant fonctions de major-général de la graode-armée,

(Signé) Comte BERTRAND.

Au Golfe-Juan, le 1er Mars, 1815. Les généraux, officiers et soldats de la garde impériale, aux généraux, officiers et soldats de l'armée.

Soldats et camarades! Nous cous avons conservé votre Empereur malgré les nonbreuses embûches qu'on lui a tendues; vous vous le rammevons au travers des mers, au milieu de mille dangers. Nous avons abordé sur la terre sacrée de la patrie avec la cocarde nationale et l'aigle impérial. Foulez aux pieds la cocarde blanche, elle est le signe de la honte et du joug imposé par l'étranger et la trahison. Nous aurions inutilement versé notre sang si nous souffrions

que les vaincus nous donnassent la loi !!! : Depuis le peu de mois que les Bourbons règnent, ils vous ont convaincos qu'ils n'ont rien oublié ni rien appris. Ils sont toujours gouvernés par les préjugés ennemis de nos droits et de ceux du peuple. Ceux qui ont porté les armes contre leur pays, contre nous, sont des héros ! vous êtes des rebelles à qui l'on veut bien pardonner jusqu'à ce que l'on soit assez consolidé par la formation d'un corps d'armée d'émigrés, par l'introduction à Paris d'une garde suisse, et par le remplacemeol successif de nouveaux officiers dans vos range. Alors il faudra avoir porté les armes contre la patrie pour pouvoir prétendre aux honneurs et aux récompenses; il faudra avoir une naissance conformne à leurs préjugés pour être officier; le sol. dat devra toujours être soldat ; le peuple aura les charges et eux les honneurs.

Vo Viomesnil insulte au vainqueur de Zurich, en le natu, ralisant Français, lui qui avait besoin de trouver dans la clémence de la loi pardon et amnistie. Un Brúlart, Chonau sicaire de Georges, commande nos légions.

En attendant le moment où ils oseraient détruire la légiond'honneur, ils l'ont donnée à tous les traitres et l'ont prodiguée pour l'avilir. Ils lui ont ôté toutes les prérogatives politiques que nous avions gagnées au prix de notre sang.

Les quatre cents millions du domaine extraordinaire sur lesquels étaient assignées nos dotations, qui étaient le patrimoine de l'armée et le prix de nos succès, ils les out fait porter en Angleterre.

Soldats de la grande nation, soldats du grand Napoléon, continuerez-vous à l'être d'un prince qui vingt ans fut l'enneini de la France, et qui se vante de devoir son trône à un prince régent d'Angleterre. Tout ce qui a été fait sans le consentement du peuple et le vôtre, et sans nous avoir consulté est illégitime.

Soldats, la générale bat et nous marchons ; courez aux armes, venez nous joindre, joindre votre empereur et los aigles tricolores, et si ces hommes aujourd'hui si arrogans et qui ont toujours fui à l'aspect de nos armer, osent oous at. tendre, quelle plus belle occasion de verser notre sang et chanter l'hymne de la victoire !

Soldats des 7e, 8e ét 19e divisions militaires, garnisons d'Antibes, de Toulou, de Marseille, officiers en retraite, vétérans de nos armées, vous êtes appelés à l'honneur de donner le premier exemple. Venez avec nous conquérir ce trône, palladium de nos droits, et que la postérité dise un jour : les étrangers, secondés par des traîtres, avaient imposé un jouy hooteur à la France ; les braves se sont levés, et les ennemis du peuple, de l'armée ont disparu et sont rentrés dans le néant. Signé à l'original, le général de brigade baron de Cam

brone, major du ler régiment des chasseurs de la garde; le lieutenant-colonel chevalier Molat, artillerie de la garde; Cornuet, Raoul, capitaines; Lenou, Demont, lieutenans; infanterie de la garde, Loubert, Lamourot, Moupes, Combe, capitaines; Dequeneux, Tibot, Chaunot, Molet, lieutenans; chevau-légers de la garde, le

baron Fermanoski, major, Ballioselli, Seale, capitaines. Suivent les antres siguatures des officiers, sous-officiers et

soldats de la garde, signé entin le général de division aide-de-camp de l'empereur, aide-major-général de la garde,

Cornte DROUOT.

Gap, le 6 Mars, 1815. Napoléon, par la grâce de Dieu et les constitutions de l'em

pire, empereur des Français, etc. etc. etc. Aux habitans des départemens des Hautes et Basses-Alpes.

Citoyens, J'ai été vivement touché de tous les sentimens que vous m'avez montrés ; vos võux seront exaucés. La cause de la nation triomphera encore !!! Vous avez raison de m'appeler

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