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les prétentions britanniques. L'intérêt des Américans est simple, c'est qu'il y ait en France un gouvernement fort. Par ce fait seul, leur position actuelle envers la France se trouve décidée d'elle-même.

Un prince qui avait eu précédemment des torts envers la France, mais que l'intérêt de sa sûreté devait ramener à de meilleurs sentimens, le roi de Naples aurait pu offrir en Italie nn point d'appui utile à la cause des nations. Ce prince dont la perte avait été résolue au Congrès, a cru pouvoir la prévenir en allant au-devant du danger. Votre Majesté, à peine arrivée à Paris, lorsque le roi de Naples engageait avec l'Autriche un coinbat qu'il n'était pas en état de soutenir, n'a pu apprendre qu'avec chagrin la nouvelle d'un éclat imprudent dont l'issile ne devait guères être douteuse ; et elle a dû regretter surtout de voir sacrifier ainsi la liberté des peuples d'Italie qui, dans les jours de son adversité, lui ont témoigné un intérêt dont elle aime à se souvenir.

Une déclaration que les alliés ont publiée le 20 Mars, (Pièce No. 12.) et par laquelle ils modifient l'existence antérieure de la Suisse, porte qu'ils reconnaissent sa neutralité. Cependant, presque dans le même moment, ils cherchent à la faire entrer dans le système des opérations aggressives (Pièce No. 13). Pour résister à de telles propositions, la Suisse n'a besoin

que de consulter ses propres intérêts. Ce n'est qu'à son détriment qu'elle peut s'écarter d'un systême dont le maintien est nécessaire à son indépendance et à sa prospérité, Les dispositions de la majorité des habitans ne sont pas douteuses; celles même de la diète ne devaient pas l'être (Pièce No. 14). Votre Majesté, dont les sentimens pour la confédé. ration helvétique n'ont jamais varié, n'a pas balancé à lui en faire donner de nouvelles assurances (Pièce No. 15.); mais la confédération se composant de petites républiques dont les intérêts et les vues ne peuvent pas être d'accord, comme il est à eraindre que la convention conclue le 20 Mai (Pièce No. 16.) entre la diète et les ministres des puissances ne soit adoptée par les cantons et qu'une influence ennemie ne parvienne, même contre le gré de la diète, à rendre inutiles tous les moyens de défense, Votre Majesté jugera sans doute qu'elle ne doit pas négliger les mesures de précaution que peut exiger sur cette frontière la sûreté du territoire de l'empire.

Si le plus grand nombre des gouvernemens européens entre dans la masse qui se réunit contre nous, il y a, malgré l'apparente uniformité de leur état extérieur, des dissemblances in. finies dans leurs dispositions effectives. Cette différence daus leurs dispositions résulte de la différence des intérêts respectifs, de la différence des passions individueiles des princes, de la différence des vues des cabinets, enfin de la différence des avantages qu'ils peuvent trouver dans un nouveau choc,

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comme des risques qu'ils peuvent y courir. Elle résulte ena core de la situation dans laquelle des Etats de premier et second ordre se trouvent réciproquement placés par suite de la dernière guerre et des opérations du congrès.

Quatre puissances oot incontestablement un même but, quoique toutes quatre n'aient pas un même intérêt. Les cours de Londres, de Pétersbourg, de Vienne et de Berlin conspirent toutes, par des motifs différens, l'affaiblissement et le démembrement de la France.

L'Angleterre veut détruire à-la-fois le principe de notre force continentale et celui de notre force maritime. Même dans la dernière époque où notre marine existait à peine, la force continentale de la France a porté des coups sensibles à la prospérité du commerce anglais.

La Russie, qui joue aujourd'hui sur le continent le rôle que la France a joué pendant quinze ans, craint de perdre la domination territoriale, ou même de la partager : elle ne veut point qu'il existe à l'occident de l'Europe un gouvernement assez fort

pour

balancer ou limiter son ascendant sur les états intermédiaires.

La monarchie militaire fondée par Frédéric II, destinée par l'esprit de ses institutions à être un état conquérant et uniquement occupé à étendre ses limites afin d'englober ensuite tous les territoires dans ses immenses em branchemens, la Prusse ne voit d'avenir elle

que

dans la ruine de la nation énergique dont l'existence seule oppose une invincible barrière à ses usurpations.

L'Autriche, et c'est là une de ces erreurs que la raisou cherche en vain à s'expliquer, l'Autriche, dont la Russie presse les flancs sur une ligne immense, et que la Prusse seule ose déjà braver, cédant à l'empire des circonstances sous lesquelles un état de second ordre est seul excusable de fléchir, l'Autriche marche aussi contre la France, coinme pour augmenter le triomphe du cabinet de Pétersbourg et s'attacher elle-même à son char. La fatale passion de se reporter vers le Rhin, l'espoir d'obtenir sur la rive gauche de ce fleuve des pays qui ont jadis fait partie de l'empire d'Allemagne lui fait oublier tous les dangers qu'elle se prépare et ne lui laisse pas voir que c'est du Nord vers le Midi que marche, dans tous les teins, le génie de l'invasion : que c'est du Nord et de l'Est que l'oppression pèse déjà sur elle, et qu'elle

que forger ses propres chaînes en prêtant la main à la perte des états d'Occident, qui seuls peuvent la protéger contre l'asservissement plus ou moins prochain dont elle est menacée.

Ces quatres grandes puissances entraînent naturellement avec elles tous les états qui touchent leur territoire ou qui se trouvent sur leur passage ; mais cet entraînement matériel v'aura de durée qu'aussi long-tems que subsistera la force étrangère qui le produit. Les chances variées que fait naître la diversité des intérêts

pour

ne fait

prendront une direction contraire ou favorable, selon le résultat des premiers événemens militaires.

Sire, la question de la guerre ne peut plus être mise en doute. Le ministère britannique, après avoir reçu les réponses de ses alliés, a déclaré qu'iliregarde le traité du 25 Mars, comme ayant constitué l'état d'hostilité entre la France et l'Angleterre. Il a déclaré que le dernier message du prince-régent devait être considéré comme un message de guerre, en sorte que, si un mouvement général d'agresion n'a pas eu lieu encore, c'est qu'il a convenu aux puissances d'en différer le moment pour laisser arriver toutes leurs forces. Cependant si, jusqu'à ce jour, elles n'ont fait que préluder à la guerre, déjà ces préludes ont été sanglans. Le 80 Avril, en pleine paix, la frégate la Melpomene a été attaquée et prise près l'ile d'Ischia, par le vaisseau anglais le Rivoli: la Dryade a été attaquée le 10 Mai. Des bâtiinens anglais jettent sur nos côtés des hommes, des armes et des munitions de guerre (Pièce No. 17). J'ai l'honneur de soumettre ci-joint à V. M. une indication de diverses autres voies de fait, et de mesures hostiles (Pièce No. 18), qui se multiplient depuis quelques mois, et que ne peut tolérer plus long-tems une na. tion qui a le sentiment de sa dignité et de ses droits.

Croire à la possibilité du maintien de la paix serait aujourd'hui un dangereux aveuglement. Si cette espérance, à laquelle il faut entièrement renoncer, si l'assemblée du Champa de Mai, et l'ouverture des chambres ont dû retenir Votre Ma. jesté dans la capitale, ces motifs de délai n'existent plus : la guerre nous entoure de toutes parts. Ce n'est plus que sur le champ de bataille que la France peut reconquérir la paix. Lorsque l'étranger n'a suspendu ses coups que pour nous frupper plus surement, l'intérêt national ordonne de les prévenir au lieu de les attendre. Les Anglais, les Prussieus, les Autrichiens sont en ligne. Les Russes sont en pleine marche : la tête de leur première colonne a passé Nuremberg le 19 Mai, et se trouve sur les bords du Rhin. L'empereur de Russie et le roi de Prusse ont quitté Vienne le 26 Mai, et l'empereur d'Autriche le 27: ces souverains sont maintenant à la tête de leurs armées, et V. M. est encore à Paris .... Sire, toute hésitation peut désormais compromettre les intérêts de la patrie.

La lutte qui va s'engager ne sera pas une lutte d'un jour; peut-être voudra-t-elle de longs efforts, une longue patience. Il est important que la nation en soit canvaincne, et V. M. ju. gera sans doute à propos de mettre sous les yeux des chambres toutes les pièces relatives à notre situation. Eclairées sur la nature des périls dont la France est menacée, leur patriotisme et leur énergique sagesse répondront à l'appel qui les leur aura fait connaître; elles sentiront qu'il faut au gouvernement de grandes ressources en tout genre; elles n'hésiteront pas à les lui donner. La France veut être indépendante, la France res

HH

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tera indépendante, et l'union sincère du peuple avec le monare
que formera autour de la patrie un mur d'airain, contre lequel
viendront se briser tous les efforts des ennemis de son bonheur
et de sa liberté, de l'industrie nationale et de l'honneur
français.
(Signé) CAULAINCOURT, dnc de VICENCE,

No. 1.
Rapport du ministre des relations extérieures à l'empereur.

Paris, 12 Avril, 1815, et pièces y annexées; sous les Nos. 1,
2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13 et 14.

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(Pièce No. 2.)

TRAITÉ DU 25 MARS.
Au nom de la Très-Sainte

Observations.
et indivisible Trinité :

S. M.l'empereurd'Autriche, Le traité de Chaumont est roi de Hongrie et de Bohême, devenu comme une sorte d'are et S. M. le roi du royaume- senal mystérieux, où les cabiuni de la Grande-Bretagne et nets, jaloux du bonheur de la d'Irlande, ayant pris en consi- France, vont faire choix des dération les suites que l'inva- armes dontils ont besoin, selon sion en France de Napoléon le moment et les circonstances; Buonaparte et la situation ac- en faisant retentir sans cesse le tuelle de ce royaume peuvent nom d'une alliance qui pût à avoir pour

la sûreté de l'Eu- l'époque de sa conclusion, rope, ont résolu d'un commun avoir un objet justifié par la accord avec S. M. l'empereur position des divers états, on en de toutes les Russies et S. a complètement dénaturé le M. le roi de Prusse, d'appli- fonds, et maintenant, à l'aide quer à cette circonstance im- d'une interprétation forcée, on portante les principes consa- trouve, dans la teneur de ce crés par le traité de Chaumont. traité, le contraire de l'esprit En conséquence, ils sont con- de ses dispositions primitives. venus de renouveler par un Son but, dans le principe, detraité solennel, signé séparé

vait être de réduire la France ment par chacune des quatre à ses anciennes frontières. Le puissances avec chacune des but a été atteint. Aujourd-hui, trois autres, l'engagement de sous le même prétexte, on arpréserver contre toute atteinte me l'Europe pour attaquer la l'ordre de choses si heureuse- France jusque dans le cercle ment rétabli en Europe, et de où on l'a renfermée. Tandis déterminer les

moyens , les

que

d'abord il ne s'agissait que plus efficaces de mettre cet de forcer l'empereur Napoléon engagement à exécution, ainsi à se contenter de l'ancienne que de lui donner, dans les France, il s'agit à présentd'emcirconstances présentes, toute pêcher l'ancienne France de

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On ne se

l'extension qu'elles réclament conserver pour

souverain l'emimpérieusement.

pereur Napoléon. A cet effet, S. M. l'empe- propose rien moins que d'oblireur d'Autriche, roi de Hon- ger la nation française à recevoir grie et de Bohême, a nommé un roi d'une main étrangère, pour discuter, conclure et sj- et tout en prétendant qu'on ne guer les conditions du présent veut combattre que son chef, traité, avec S. M. le roi du on tend à l'affaiblir, à l'épuiroyaume-uni de la Grande- ser et à la démembrer, pour en Bretagne et d'Irlande, le placer ensuite les lambeaux sieur...

échappés au partage sous le Et S. M. britannique ayant sceptre d'un prince pusillanommé, de son côté, le sieur... nime qui, sacrifiant tout inté

Lesdits plénipotentiaires, rêt national aux calculs en. aprés avoir échangé leurs vieux de peuples rivaux, ne pleins-pouvoirs trouvés en bon- rougisse pas de régner sur le ne et due forme, ont arrêté les squelette de la patrie. Telle articles suivans:

est en 1815 la tendance avouée d'un traité nouveau auquel le traité de Chaumont est censé servir de base, quoiqu'il y ait une opposition absolue entre les principes de l'un et de

l'autre. ART. ler.

ART. ler. Les hautes puissances con- L'empereur Napoléon étant tractantes ci-dessus dénom- rétabli par la nation française mées, s'engageut solennelle- sur le trône de France, n'a ment à réunir les moyens de point, dans l'ordre politique, leurs états respectifs pour d'autre position que celle de la maintenir dans toute leur inté- France même. C'est une bygrité les conditions du traité pothèse gratuitement ioimide paix conclu à Paris, le 30 cale que de prêter à sa volonté Mai 1814, ainsi que les stipu- individuelle des desseinscontre lations, arrêtées et signées au lesquels il soit uécessaire de se congrès de Vienne, dans le prémunir. Son premier soin but de completter les disposi- a été de faire connaître qu'il tions de ce traité, de les garan- désiroit le maintien de l'état tel tir contre toute atteinte, et qu'il a été réglé par le traité de particulièrement contre les Paris. Quant aux stipulations desseios de Napoléon Buona- signées au congrès de Vienne, parte.

il est notoire qu'en aucun tems elles ne pouvaient étre agréables au gouvernement français: elles ont blessé même le ministère royal, malgré ses dis

positions à la coudescendance

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