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fespondance avec l'Allemagne est arrêtée également sur ce point. Un courrier, parti le matin dudit jour avec les dépêches ordinaires, avait été renvoyé par l'officier bavarois, commandant les avant-postes à la frontière, avec défense de s'y représenter.

Il parait que ces dispositions ont lieu d'après les ordres de l'archiduc Charles, qui est arrivé le 18 à Mayence. Il est arrivé des lettres d'Angleterre par Dieppe:

No. 13. Extrait d'une lettre du directeur des postes à Saarbruck, adres

sée à M. le conseiller d'état direeteur-général des postes, sous la date du 21 Avril 1815.

Monsieur le comte, J'ai l'honneur de vous informer que toute communication avec l'Allemagne par ce point est coupée. Le courrier qui était parti ce matin pour Saarbruck, y est revenu vers sept 'heures aussi du matii, et a rapporté la malle; l'officier commandant les avantpostes bavarois, à l'extrème frontière, deux lieues et demie d'ici, qui a signifié la défense de repäraître.

No. 14. Extrait d'une lettre du directeur des postes à Strasbourg, à M.

le conseiller-d'état, directeur-général des postes, sous la date du 19 Avril 1815.

Monsieur le comté, Monsieur le directeur de l'office des postes à Kehl vient de m'adresser la lettre que je vous remets ci-joint, par laquelle il m'annonce avoir ordre de ne plus recevoir mes dépêches, ni m'en adresser. Je suis, &c.

(Signé) LE BLANC.

No. 15. Copie d'une lettre de mí. Tridant, Directeur des postes à

Kehl, adressée au directeur des postes à Strasbourg, sous la date du 19 Avril 1815.

Monsieur, La correspondance avec la France se trouvant interdite, je viens de recevoir les ordres du directeur-général des postes de ne plus vous expédier, monsieur, mes dépêches, ni de recevoir les vôtres. J'ai l'honneur, etc.

(Signé) TRIDANT. Pour copie conforme, Le conseiller-d'état directeur, général des postes,

(Signé) LAVALETTE.

No. 16. Copie d'une lettre du directeur des postes à Saarbruck, adressée à M. le directeur-général des postes.

Saarbruck, le 22 Avril 1815. Monsieur le comte, Le courrier de l'Allemagne n'arrive plus à Saarbruck; il ne part plus de courrier de Saarbruck pour l'Allemagne : toute communication de toute pature est coupée...

(Signé) GODET.

No. 17. Copie

d'une lettre de M. le sous-préfet de l'arrondissement de Beaune, à S. Exc. le ministre des relations extérieures.

Beaune, le 17 Avril 1815. Monseigneur, Je crois devoir vous rendre compte que je viens de voir trois lettres écrites par des négocians de cette ville, savoir : par MM. Bouchard, Verry et Chameroy, desquels il résulte qu'ils sont retenus prisonniers à Liège par l'autorité militaire qui régit ce pays, et qu'ils ne peuvent même pas sortir de la ville sans une permission qui est toujours à la charge d'y rentrer. Je suis, etc.

(Signé) FREMIER.

No. 18. Copie d'une lettre écrite à M. Collasson, directeur des

douanes à Valenciennes, par M. Katègre, lieutenant, priucipal controleur de brigade.

Saint-Amand, le 22 Avril 1815. Je reçois à l'instant une lettre du lieutenant de Bonsecours, qui me rend compte que deux voitures chargées de planches, s'etant présentées au bureau de ce village pour payer les droits d'entrée, les hussards hanovriens, malgré que ces voi. tures étaient sur France et arrêtées devant le bureau, les ont fait rétrograder, et M. le receveur voulant s'y opposer, ces militaires étrangers lui ont signifié que s'il ne se retirait pas, ils le sabreraient; qu'ils étaient effectivement en France et qu'ils iraient quand ils voudraient et bientôt pour tout-a fait.

Je rends compte de ce fait à M. le gouverneur de Condé, comme violation de territoire. Je suis, etc.

(Signe) KATÈGRE,

No. 19.

Copie d'une lettre adressée à S. Exc. le ministre de la guerre par le général commandant la 5e. division militaire.

Strasbourg, 5 Mai 1813. Monseigneur, Il m'a été rendu compte le ler de ce mois, que les frères Zabern, bateliers de Strasbourg, qui avaient conduit du sel à

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Mayence, remontant le Rhin avec leurs bateaux vides, munis
de passeports délivrés à Mayence et visés à Spire, en passant
le 25 Avril vis-à-vis Neubourg, avaient été assaillis de coups
de fusil et forcés d'aborder à la rive droite, où l'on arrêta les
bateaux et les bateliers qui les conduisaient; et que ces
homines avaient été renvoyés trois jours après, à l'exception
du négociant Daniel Ulrich, principal batelier....
(Signé)

le baron SALAMON.
No. 20. Ordre du jour.
Le 21 de ce mois, trois employés des douanes, placés sur
notre frontière, ont été chargés par environ 50 dragons étran-
cers qui leur ont tiré une vingtaine de coups de fusil et les
ont poursuivis sur le territoire français jusqu'au village de
Nussdorff, où ils se sont échappés. Dans la nuit, ils sont
eatrés dans ce village et y ont commis quelques désordres,

Le 22 au matin, le nommé Hermann, douanier, a été arrêté sur le territoire français et conduit au commandant d'un poste étranger.

Le même jour, une patrouille de troupes étrangères a traversé le village français de Belheim et, ayant aperçu un douanier à son poste, elle l'a chargé, mais ce brave préposé, M. Brauno, lui a fait résistance, lui a imposé et l'a forcée de sortir du territoire français.

Enfin pour mettre le comble à ces indignités, deux hussards ont attaqué, le 23, le préposé des douanes Perlet, en face du village d'Offenbach ; ils l'ont sabré et l'ont blessé dans différens endroits. Par ordre du général en chef, Le maréchal-de-camp chef d'état-major,

(Signe) baron P. JOSEPH DELORT.

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Le rapport du ministre des affaires étrangères et les pièces y annexées ont éte communiquées aux deux chambres dans leur séance de ce jour.

Avant de donner lecture de ce rapport, M. le duc de Vicepce a annoncé à la chambre des pairs, et M. le comte Boullay à celle des représentaos, que l'empereur, par une lettre datée de Beaumont le 15, à trois heures du matin, a instruit son frère, S. A. I. le prince Joseph, président du conseil des ministres, que l'ennemi faisant des mouvemens pour attaquer l'armée française, S. M. marchait à sa rencontre, et que les hostilités allaient commencer.

Paris, 17 Juin, trois heures du matin.

Charleroy, le 15 Juin à 9 heures du soir. L'armée a forcé la Sambre, pris Charleroy, et poussé des avant-gardes à moitié chemin de Charleroy à Namur, et de Charleroy à Bruxelles. Nous avons fait quinze cents prisons piers, et enlevé six pièces de canon. Quatre régimens prussiens ont été écrasés. L'empereur a perdu peu de monde ; mais il a fait une perte qui lui est très-sensible, c'est celle de' son aide-de-camp, le général Letort qui a été tué sur le platean de Fleurus, en commandant une charge de cavalerie.

L'enthousiasme des habitans de Charleroy, et de tous les pays que nous traversons, ne peut se décrire.

18 Juin, 1815. Paris, le 17 Juin. ORDRE DU JOUR.

Avesnes, le 14 Juin 1815. SOLDATS, “ C'est aujourd'hui l'anniversaire de Marengo et de Friedland, qui décida deux fois du destin de l'Europe. Alors, comme après Austerlitz, comme après Wagram, nous fûmes trop généreux ! Nous crûmes aux protestations et aux sermens des princes que nous laissâmes sur le trône ! Aujourd'hui cependant, coalisés contre eux, ils en veulent à l'indépendance et aux droits les plus sacrés de la France. Ils ont commencé la plus injuste des aggressions. Marchons donc à leur rencontre. Eux et nous ne sommes-nous plus les mêmes hommes ?

“ Soldats, à Jéna, conire ces mêmes Prussiens, aujourd'hui si arrogans, vous étiez un contre trois, et à Montmirail, un contre six!

“ Que ceux d'entre vous qui ont été prisonniers des Anglais, vous fassent le récit de leurs pontons, et des maux affreux qu'ils ont soufferts !

“ Les Saxons, les Belges, les Hanovriens, les soldats de la confédération du Rhin, gémissent d'être obligés de prêter leurs bras à la cause de princes ennemis de la justice et des droits de tous les peuples ; ils savent que cette coalition est insatiable ! Après avoir dévoré douze millions de Polonais, douze millions d'Italiens, un million de Saxons, six millions de Belges, elle devra dévorer les Etats du deuxième ordre de l'Allemagne.

“ Les insensés ! un moment de prospérité les aveugle. L'oppression et l'humiliation du peuple français sont hors de leur pouvoir ! S'ils entrent en France, ils y trouveront leur tombeau.

“ Soldats! nous avons des marches forcées à faire, des batailles à livrer, des périls à courir ; mais avec de la constance, la victoire sera à nous; les droits, l'honneur et le bonheur de la patrie seront reconquis!

“ Pour tout Français qui a du cour, le moment est arrivé de vaincre ou de périr.

(Signé) NAPOLEON." Pour ampliation, Le inaréchal de l'Empire, major-général,

Duc de DALMATIE.

Charleroy, le 15 Juin 1815 au soir, Le 14, l'armée était placée de la manière suivante : Le quartier inıpérial à Beaumont.

Le ler corps, commandé par le général d'Erlon, était à Solre sur la Sambre.

Le 2e corps, commandé par le général Reille, était à Ham sur Heure.

Le 3e corps, commandé par le général Vandamme, était sur la droite de Beaumont.

Le 4e corps, commandé par le général Gérard, arrivait à Phillipeville.

Le 15 à trois heures du matin, le général Reille attaqua l'ennemi et se porta sur Marchiennes-au-Pont. Il eut différens engagemens dans lesquels sa cavalerie chargea un bataillon prussien et fit 300 prisonniers.

A une heure du matin, l'empereur était à Jamignan sur Heure.

La division de cavalerie légère du géuéral Daumont sạbra deux battaillons prussiens et fit 400 prisonniers.

Le général Pajol entra à Charleroy à midi. Les sapeurs et les marins de la garde étaient à l'avant-garde pour réparer les ponts. Ils pévétrèrent les premiers en tirailleurs dans la ville.

Le général Clari, avec le ler de hussards, se porta sur Goeselies, sur la route de Bruxelles, et le général Pajol sur Gilly, sur la route de Namur.

A trois heures après midi, le général Vandamme déboucha avec son corps sur Gilly.

Le maréchal Grouchy arriva avec la cavalerie du général Excelmans.

L'ennemi occupait la gauche de la position de Fleurus; al 5 heures après midi, l'empereur ordonna l'attaque. La position fut tournée et enlevée. Les quatre escadrons de service de la garde, commandés par le général Letort, aide-de-camp de l'empereur, enfoncèrent trois carrés ; les 26, 27e et 28e régimens prussiens furent mis en déroute. Nos escadrons. sabrèrent 4 à 500 hommes et firent 150 prisonniers.

Pendant ce ters, le général Reille passait la Sambre à Marchiennes-au-Pont, pour se porter sur Gosselies avec les divisions du prince Jérôme et du général Bachelu, attaquait l'ennemi, lui faisait 250 prisonniers, et le poursuivait sur la route de Bruxelles.

Nous devinmes ainsi maîtres de toute la position de Fleurus.

A 8 heures du soir, l'empereur rentra à son quartier-général à Charleroy.

Cette journée coûte à l'ennemi 5 pièces de canon et 2000

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