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Il adresse aux généraux commandant les départemens de la Gironde, des Landes, des Basses-Pyrénées et aux préfets de ces départemens les lettres ministérielles qui les informent officiellement de cette nomination.

Usant des pouvoirs qui lui ont été donnés par S. M. l'empereur, le gouverneur ordonne à MM. les généraux cominandant les départemens de la Gironde, des Landes et des Basses-Pyrénées, de faire prendre aux troupes la cocarde tricolore et d'arborer le pavillon national aux lieux accoutunés dans toutes les communes de leur commandement. Il les invite à tenir à la disposition du gouvernement les chevaux qui auraient été achetés des deniers de l'Etat, pour le service des volontaires royaux, et de faire verser dans les magasins militaires les effets d'habillement, d'équipement, d'armement, d'harpachement, etc., qui auraient pu en être extraits ou confectionnés pour l'usage de ces corps.

Les préfets sont invités à faire constater la remise de ces effets dans les magasins militaires, et à donner sur-le-champ des ordres pour que les réquisitions d'hommes, de vivres, d'argent ou d'effets quelconques qui auraient pu ou qui pourraient être frappées par les agens du dernier gouvernement, soient considerées comme nulles et n'aient leur effet ; pour que les receveurs des deniers publics se refusent à payer ou livrer aucunes sommes sur le mandat ou l'ordre des agens ou membres du dernier gouvernement.

Le général gouverneur invite MM. les généraux et préfets à employer tous les moyens qui sont en leur pouvoir pour prévenir l'exécution des projets tendant à allumer la guerre civile, et pour maintenir le bon ordre et la tranquillité publique.

Ils sont prévenus que l'intention de l'empereur est qu'il ne soit fait aucune recherche sur la conduite de quelques individus à l'époque de l'entrée des troupes anglaises à Bordeaux ; S. M. voulait toujours l'ignorer.

La force publique et la troupe de ligne arrêteront les individus qu'ils trouveraient chargés de dépêches ou remplissant des missions qui leur auraient été confiées

par

les membres du dernier gouverneinent. A

le Le lieutenant-général gouverneur provisoire de la lle division militaire,

CLAUSEL. No. II.

ageus ou

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GOUVERNEMENT DE LA lle DIVISION MILITAIRE. Napoléon a repris sa place sur le trône de France, où l'ont rappelé les veux de la nation.

Il m'envoie parmi vous rétablir la tranquillité pnblique, vous assurer de sa protection et de sa bienveillance.

Dans son exil il a entendu vos plaintes, et dès-lors cette solitude et ce repos pour lesquels il n'était pas né, mais qu'il sut s'imposer tant qu'il les crut nécessaires à la tranquillité et au bonheur de la France, devinrent insupportales pour lui. Il n'a pu voir, avec indifférence, cette belle France prête à rétrograder d'un siècle, et devenir tributaire des nations qui reçurent sa loi ; il est accouru à la voix de sou peuple; et à la vue du pavillon tricolore, tous les caurs se sont ralliés à lui; à ce signal, qui fut celui de notre gloire, la nation s'est ouvertement prononcée: les habitans des villes et des campagnes, nos braves de tous les grades se sont à l'envi précipités audevant de leur libérateur, de leur général, de leur protecteur; et jamais Napoléon ne reçut du peuple français et de son armée des témoignages plus réels d'admiration, de dévouement, d'amour et de fidélité.

Ces témoigoages pourraient-ils ne pas être sincères ? Quel Français insensé peut tenir ce langage ! 600 hommes sortis de l'lle d'Elbe, les auraient-ils commandés ? Ces braves donné. rent sans doute de la fidélité et du dévouement un exemple à jamais mémorable; mais auraient-ils conquis la France ? Napoléon, seul à la tête de quelques hommes d'escorte, aurait-il bravé la population de nos vastes cités ? eût-il jamais pénétré dans le sein de la France, si l'affection du peuple ne lui eût été acquise? s'il n'eût lu dans les cours de tous les Français, et trouvé dans leurs actions la preuve manifeste des veux qu'ils avaient faits pour son retour, Je l'ai vue cette population immense de Paris accourir en foule au-devant du grand monarque et le porter comme en triomphe dans son palais, qu'il sut à jamais illustrer des trophées de notre gloire, et qu'il vient embellir des emblèmes de notre prospérité et de notre bonheur.

Un an d'expérience et de vains efforts a prouvé au gouvernement dernier que le régime féodal, les préjugés et le fanatisme ne peuvent plus asservir des Français, et que les peuples ne sont pas pour les rois, mais que les rois sont pour les peuples. Si les souverains oublient quelquefois cette vérité, n'est-il pas dans les droits des nations de la leur rappeler.

( nous promit la prospérité, le bonheur; et nous pûmes y croire; mais vain espoir ....! nous marchions à grands pas vers notre décadence; et bientôt la nation française eût été ou ignorée ou l'objet du mépris et de la spéculation des souverains de l'Europe.

Quelques bonnes qu’on suppose leurs intentions, les descendans de nos rois, liés par tant de considérations particulières, ne pouvaient qu'échouer sur les écueils qu’élevaient sans cesse sour leurs pas ces Français ennemis de leur patrie, qui s'ar

nèrent contre elle, et qui, pour teruir sa gloire, opprimer le peuple, abuser leur roi, le perdre et l'abandonner, accaparaient tous les jours les titres, le pouvoir, les hovneurs qu'ils n'ont jamais su mériter. Qu'ils retournent chez l'étranger vanter les hauts faits de leurs ancêtres, ou qu'ils prennent encore les armes contre la France; ils ne sont point à craindre. Ils ne porteront plus atteinte à la liberté du peuple, à l'honpeur des braves, à la prospérité et à la sûreté de l'Etat. Nous pourrons désormais, saus être en botte à leurs calomvies et à leurs ressentimens, montrer vos honorables cicatrices, parler des sacrifices, des victoires qui illustraient à jamais la France, pendant que les moins coupables d'entr'eux vivaient dans l'oubli et faisaient des veux pour l'anéantissement de la France. Nous pourrons désormais reprendre le rang que nous devons avoir parmi les nations; car si nous renonçons à leur donner la loi, nous ne pouvons consentir à la recevoir.

Nous allons enfin jouir d'une paix honorable et solide, et cueillir le fruit de nos longs travaux, de nos victoires, de nos malheurs; Napoléon dirigeant désormais son vaste génie, son expérience, ses mûres réflexions et tous ses efforts vers la prospérité de notre commerce, de nos manufactures, de l'agriculture, des sciences et des arts, nous promet de nous faire arriver à un degré d'élévation dont les annales des nations ne fournissent pas d'exemple. S'il était un Français qui doutât encore de cette vérité, qu'il se rappelle tout ce que l'empereur fit pour la prospérité intérieure de la France, lors même que la rapidité, l'étendue de ses conquêtes et de ses projets' appelaient son attention sur tous les points de l'Europe.

Habitans de la Ile division militaire, seriez-vous les derniers à vous livrer à ces transports de joie que la France entière a fait éclater à la vue du pavillon tricolore, au retour du grand homme qui vient combler tous ses vœux.

Habitans de Bordeaux! bannisez les craiotes que ces hommes séditieux, ennemis de leur patrie, de votre prospérité et de votre existence se sont efforcés de vous inspirer, afin d'armer le fils contre son père, le frère contre sou frère, des Français contre des Français, et faire de votre ville le foyer de la guerre

civile. La belle âme de notre grand empereur a déjoué leurs criminelles intentions. Ne craignez point ses ressentimens: un père en a-t-il pour ses enfans ? et Napoléon peut-il punir des Francais ? Il a solennellement prosais que tout ce qui a été fait, dit ou écrit depuis son éloignement jusqu'à ce jour serait toujours ignoré de lui; mais il n'a pas oublié les témoignages non éqivoques que les habitans de la lle division militaire, et de Bordeaux sur-tout, s'empresserent à lui donner tant de fois. Ces dons, ces offres, ces serinens que vous lui prodiguâtes, ne sont point perdus; ils sont toujonrs pour vous des titres à la bienveillance et à la protection spéciale de l'empereur,

Si j'éprouve une satisfaction bien vive à vous donner ces assurances, il ne sera pas moins agréable pour moi d'annoncer à S. M. les bons sentimens dont je vous crois pénétrés, et de lui faire connaître les marques d'attachement et de fidélité qui vont lui être données dans cette circonstance par toutes les classes des citoyens.

Habitans de la lle division militaire! l'empereur entendra vos cris d'allégresse; son âme en sera pénétrée; et la France se réjouira de vous voir partager avec elle les sentimens qu'elle a fait éclater au retour du monarque immortel qui vient à jamais fixer nos grandes destinées. A Moolieu, le 30 Mars, 1815. Le lieutenant-général, gouverneur provisoire de la lle division militaire,

CLAUSEL.

No. III.
Proclamation aux troupes de la lle division militaire.

Soldats ! Vos veux sont comblés, les aigles françaises ont reparu et annoncé le retour du père de la patrie. L'empereur est depuis le 20 Mars dans la capitale de l'empire.

Le génie qui veille sur nos destinées a préservé Napoléon de tous les dangers. Les populations des pays qu'il a traversés, ravies de son retour inattendu, se sont empressées d'accourir sur son passage et de lui offrir les témoignages éclatans de leur dévouement et de leur admiration. Sa marche, depuis le lieu de son débarquement, a été une marche vraiment triomphale: tous les cæurs français ont exprimé en le revoyant les sentimens nationaux dont ils sont pénétrés, et Paris s'est signalé par un enthousiasme sans exemple jusqu'à ce jour, en se pré: cipitant tout entier au-devant d'un prince qui l'avait enrichi du fruit de ses victoires et embelli de ses plus beaux monu

Soldats ! livrez vos âmes à la joie qu'elles ressentent. Reprenez cette cocarde tricolore qui, pendant 25 ans, nous a conduits à la victoire; laissez librement éclater tous les sentimens que vous ne pouviez contenir; ils sont dignes à-la-fois de la nation et du chef qu'elle s'est volontaireinent donné.

Soldats ! votre gloire et les droits du people français sont désormais hors de toute atteinte. Soutenu de votre courage et de votre immuable fidélité, l'empereur, dont le retour nous délivre du joug de l'étranger et de la féodalité, replacera la nation au rang qu'elle n'eût jamais dû perdre; il nous pré

guerre civile que les éternels ennemis de la patrie et de notre liberté voudraient allumer; et grâces à son expé

meus.

servera de la

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rience et à son génie, la France doit espérer des jours de prospérité de gloire et de paix. Au quartier-général de

Mars, 1815. Le lieutenant-général, gouverneur de la lle division militaire,

CLAUSEL.

No. IV. Copie de la lettre des autorités de Bordeaux au lieutenant

général Clausel. M. le général, Mme. la duchesse d'Angoulême ayant eu connaissance des communications que vous avez faites aux autorités civiles et militaires de la ville de Bordeaux, fait des dispositions pour son départ.

Au nom des autorités civiles et militaires de la ville, nous vous demandons jusqu'à demain pour que ce départ puisse s'effecteur sans qu'il résulte d'ici là aucun malheur pour la ville.

Nous avons l'honneur d'être, M. le général, avec une haute
considération.
Vos très-humbles et très-obéissans serviteurs,
Signés, Le lieutenant-général de CLEN,

Le baron DE VAL-SUSENAY, préfet.
Le comte Lynch, maire.

No. V. Réponse à la lettre des autorités de Bordeaux. Messieurs, Je m'arrête à la Bastide, je vous prie de m'envoyer un gépéral, et de prendre à Bordeaux tontes les précautions pour que la tranquillité publique ne soit pas troublée. Vous pouvez me croire disposé à faire tout ce qui sera agréable à la ville de Bordeaux et à vous-mêmes ; je charge l'officier que vous m'avez envoyé de vous le répéter. Agréez, etc.

Signé, CLAUSEL. Cubsac, le ler Avril, 1815.

7 Avril, 1815,

Lyon, le 4 Avril, La garde nationale de la ville de Grenoble et celle de tout le département, a couru aux arines. Un décret de Lyon lui avait confié la défense de son territoire, s'il venait à être inenacé. Les Dauphinois ont répondu à cet appel. Des troupes de volontaires marseillais étaient en marche. La ville de Gre

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