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la plus grande attention aux moyens d'assurer l'afflux de ces ressources, et de réduire leurs propres dépenses. Les ressources dont dispose actuellement la Société de la Croix-Rouge son capital de réserve en cas de guerre suffiront à peine pour l'entretien pendant les premiers temps des détachements de la Croix-Rouge déjà formés ou en voie de formation.

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En conséquence, la commission exécutive a l'honneur de prier les institutions de la Société de ne dépenser ni leurs capitaux de réserve, ni les dons en argent qu'elles auront reçus et même, s'il est possible, les sommes de dépenses courantes, sans qu'il leur soit donné des ordres spéciaux à cet effet par la commission exécutive à laquelle devra s'adresser chaque institution de la Société si elle projette l'organisation d'un service quelconque en vue de participer à l'œuvre des secours aux blessés.

4. Pour l'indication des objets les plus nécessaires, on envoie des catalogues de l'équipement des ambulances et des détachements volants. Pour le moment, on a surtout besoin de produits alimentaires - conserves de toute espèce, les conserves de légumes avant tout, lait stérilisé et condensé, café, thé, sucre, cacao, chocolat, gruaux, etc. Quand on aura réuni ces denrées en quantité suffisante pour être expédiées en wagons entiers, on enverra des récépissés spéciaux pour leur transport et ces objets, en exécution des ordres qui seront donnés par la commission exécutive, seront dirigés sur un des dépôts qu'elle indiquera, pour y être assortis et dirigés ensuite sur le théâtre de la guerre.

5. L'organisation d'ateliers de travail volontaire pour la confection du linge, des objets de pansement, etc..., avec le matériel reçu en offrande, est très désirable.

6. Quand il sera procédé, avec l'autorisation de la commission exécutive, à la formation d'ambulances de la Croix-Rouge, de détachements volants, de trains sanitaires, etc., il faudra les organiser le plus économiquement possible, en ménageant chaque copec dont il a été fait don à la CroixRouge et en établissant à cet effet la comptabilité la plus sévère et rigoureuse de toutes les dépenses. Dans les cas où certains objets seraient très chers ou introuvables sur place, la commission exécutive devra en être immédiatement informée pour qu'elle puisse les envoyer en les prenant dans les réserves de ses propres dépôts.

7. Pour ce qui est du personnel des détachements, de leur entretien, etc..., il faut s'en tenir strictement à la circulaire (n° 2) de la commission exécutive.

8. Les institutions de la Société sur le théâtre de la guerre, ainsi que celles qui sont établies sur les derrières de l'armée, sont soumises sous tous les rapports, dès le moment de l'arrivée sur les lieux des délégués généraux de la Société, à leurs ordres et leur prêtent dans la mesure du possible, leur concours pour qu'ils puissent remplir leur mission difficile.

La comptabilité la plus sévère doit être tenue par toutes les institutions de la Société. Cette comptabilité doit comprendre non seulement les sommes d'argent, mais tous les objets et le matériel reçus et dépensés ou employés. Il sera procédé, pour la vérification de cette comptabilité, à l'élection, par des assemblées extraordinaires convoquées à cet effet, de commissions de revision qui vérifieront les sommes et les comptes au moins une fois par mois, pendant toute la durée de la campagne et qui procèderont, quand elle aura pris fin, à la vérification générale de toutes

les dépenses effectuées pendant la guerre, pour que ces comptes rendus puissent être approuvés par les assemblées générales qui les communiqueront à la direction générale de la Société. On devra faire participer à ces commissions, les donateurs des plus fortes sommes d'argent ou de fortes quantités de matériel.

Il est nécessaire d'inspirer à la Société la ferme conviction que les sommes dont elle fait don si largement pour l'oeuvre des secours, seront consacrées à leur destination et de lui fournir la pleine possibilité de participer au contrôle du juste emploi de ces sommes.

Le président de la commission exécutive,
Comte VORONTSOW-DASCHKOW,
Aide de camp général.

Circulaire du Ministre de l'in

Dons pour les besoins de la guerre. térieur aux Gouverneurs des provinces de l'empire, aux chefs de territoires, aux préfets et aux grands-maîtres de police (').

Depuis l'époque de l'ouverture des hostilités en Extrême-Orient, des dons sont faits en abondance pour les divers besoins de la guerre. L'ordre de réception et d'attribution de ces dons est fixé dès à présent. Les sommes destinées au renforcement de la flotte sont mises à la disposition du comité spécial institué d'ordre suprême ; celles qui sont données en faveur des militaires blessés et malades, seront remises à la direction générale de la Société de la Croix-Rouge et les dons destinés aux familles des militaires blessés ou tués à la guerre sont mis à la disposition du comité Alexandre pour les blessés.

A part les dons précités, il y en a beaucoup d'autres qui n'ont pas de destination spécialement indiquée et qui sont faits pour les besoins de la guerre en général ou dans un but spécial ne correspondant pas aux précédents. Jusqu'à présent, on ne possédait aucune indication exacte sur la direction à imprimer à ces sommes et cette circonstance plaçait dans une position difficile les autorités provinciales et les donateurs eux-mêmes qui s'adressaient sans cesse au ministère de l'intérieur pour lui demander des explications.

Ces faits ayant été l'objet d'un rapport soumis à Sa Majesté l'Empereur, Sa Majesté a daigné ordonner que cette question soit étudiée dans un conseil spécial présidé par l'aide de camp général comte Vorontzow-Daschkow et se composant du ministre de l'intérieur et des gérants des ministères des finances, de la guerre et de la marine.

En exécution de la volonté impériale, ce conseil spécial a préconisé les mesures suivantes :

1. Les sommes données pour les besoins militaires et cela sans but spécial et celles qui sont données à la fois pour les besoins de l'armée et de la flotte seront envoyées à la Banque de l'Empire où elles seront portées au compte spécial du département du Trésor de l'Empire, avec cette condition que 50 o/o de ces sommes soient immédiatement mis à la disposition de la Société de la Croix-Rouge.

Pour ce qui est des autres sommes, quand le chiffre en sera connu,

(1) Journal de Saint-Pétersbourg, 25 mars/7 avril 1904, N° 82, partie officielle.

le

gérant du ministère des finances, après s'être entendu avec les institutions compétentes, demandera dans chaque cas, des indications spéciales à Sa Majesté l'Empereur.

2. Les dons en argent destinés aux familles des sous-officiers et soldats partis pour la guerre, ainsi qu'à celles des sous-officiers et soldats de la réserve appelés dans les rangs, seront mis à la disposition de la curatelle des militaires appelés en Extrême-Orient, qui se trouve sous l'auguste protection de Sa Majesté l'Impératrice Marie Féodorowna.

On fera exception pour les dons faits avec indication, précise de la localité à laquelle ils doivent être consacrés. Ces derniers dons seront envoyés aux institutions des zemstvos, des municipalités et des villages qui seront tenues de par la loi, de prendre soin des familles des sous-officiers et soldats précités.

3. Les sommes qui sont destinées aux malades et aux blessés, à l'organisation d'hôpitaux et de lazarets, sans indication de l'institution à laquelle elles sont destinées, seront mises à la disposition de la Société de la Croix-Rouge.

4. Pour ce qui est des dons en argent faits pour divers besoins et dont le but est nettement indiqué, les ministres et les directeurs généraux auxquels ils sont adressés, se chargeront de leur donner l'emploi voulu par leurs donateurs après s'être entendus, en cas de besoin, avec qui de droit.

Les mesures précitées ont été ratifiées par Sa Majesté l'Empereur, le 14 mars 1904.

J'ai l'honneur, Monsieur, de vous communiquer ce qui précède pour que vous agissiez conformément à ces indications.

(Messager officiel).

Télégraphe sans fil (').

Le lieutenant-impérial en Extrême-Orient a fait publier, avec l'autorisation suprême, l'avis suivant :

«Dans les cas où l'on arrêtera, à proximité du rivage du Kouantoun ou dans le rayon d'action des forces maritimes russes, des vapeurs neutres ayant à leur bord des correspondants munis d'appareils perfectionnés, non prévus par les conventions existantes, et au moyen desquels ils transmettent des renseignements à l'ennemi, ces correspondants seront considérés comme des espions et les vapeurs munis de télégraphe sans fil pourront être arrêtés et seront considérés comme prises de guerre. »

Cet avis a été communiqué sous forme de circulaire aux représentants de la Russie à l'étranger et ils ont été invités à porter cet avis à la connaissance des Gouvernements auprès desquels ils sont accrédités.

(Messager officiel.)

Réquisition de chevaux.

Oukase de S. M. l'Empereur au Sénat dirigeant (').

I. Ayant reconnu nécessaire d'assurer la fourniture régulière, par les

(1) Journal de Saint-Pétersbourg, 12 (25) avril 1904, N° 98.

(2) Journal de Saint-Pétersbourg, 14 (27) avril 1904, N° 100, partie officielle.

provinces de la circonscription militaire de Sibérie, de la quantité de chevaux nécessaire aux besoins de l'armée active, Nous ordonnons d'appliquer temporairement aux provinces de Tobolsk, de Tomsk, de Yenisseïsk et d'Irkoutsk les règlements relatifs à la fourniture de chevaux pour l'armée quand elle est mise sur le pied de guerre (règlement sur les redevances territoriales, articles 745-798, édition de 1899 et annexe de 1902), en autorisant les ministres de la guerre et de l'intérieur à s'entendre: 1o pour définir le rayon des susdites provinces auquel cette mesure sera appliquée, 2o pour permettre, en faveur d'une certaine partie de la population, quelques exemptions dans la perception de cette redevance, 3° pour arrêter, conformément aux conditions particulières des localités, les changements qu'il y aurait lieu d'introduire dans les règles existantes pour la fourniture des chevaux, 4° pour fixer le chiffre des chevaux à fournir et, 5° pour indiquer le prix à payer pour les chevaux fournis par la population, en prenant pour base d'estimation les prix existant en temps de paix dans chaque district et en y ajoutant 10 pour cent.

Le Sénat dirigeant prendra les mesures nécessaires pour l'exécution de ce qui précède. Saint-Pétersbourg, 7 avril 1904.

NICOLAS.

Ordonnance Impériale déclarant le coton contrebande de guerre. 8/21 avril 1904 (').

(Traduction)

S. M. l'Empereur a ordonné le 8 avril d'introduire le coton au nombre des objets déclarés comme contrebande de guerre dans le règlement ratifié par S. M. I'Empereur le 14 février 1904 (2).

Circulaire du Ministère des Affaires étrangères aux représentants de la Russie à l'étranger (3)

Saint-Pétersbourg, 14 avril 1904. Depuis quelque temps, la presse étrangère répand avec insistan bruits qui attribuent à certains Gouvernements européens l'intention d'intervenir pacifiquement pour mettre fin le plus tôt possible au conflit russo-japonais. Des télégrammes affirment même que des propositions auraient déjà été faites dans ce sens au Gouvernement Impérial. Vous êtes autorisé à démentir cette information de la manière la plus catégorique.

La Russie ne voulait pas la guerre; elle a fait, dans la mesure du possible, tout ce qu'il fallait pour que les complications en Extrême-Orient fussent résolues d'une manière pacifique. Mais après l'attaque perfide du Japon, qui a forcé la Russie à prendre les armes, il est évident qu'une médiation pacifique ne peut avoir aucun succès.

Le Gouvernement Impérial n'admettra également l'intervention d'au

(1) Bulletin des Lois, 23 avril/6 mai 1904, section I, N° 65, art. 744, p.929. (2) V Arch. dipl., 1904, t. 89, N° 3, p. 320, et t. 90, N° 4, p. 527.

(3) Journal de Saint-Pétersbourg, 17 (30) avril, 1904.

cune puissance, dans les négociations directes qui auront lieu entre la Russie et le Japon à la fin des hostilités dans le but de définir les conditions de la paix.

Ce qui précède vous est communiqué à titre d'information et pour votre

gouverne.

(Messager officiel.)

Volontaires étrangers. Non-admission.

Avis (')

La guerre qui a éclaté en Extrême-Orient a réveillé dans le cœur de nombreux peuples, et tout particulièrement dans les terres slaves, la sympathie la plus vive pour la Russie. De plusieurs pays, des particuliers demandent à être admis à titre de volontaires dans les rangs de l'armée russe pour lutter contre le Japon.

Ces manifestations de sympathie si pleines d'abnégation ont profondément touché le chef suprême du peuple russe. Exprimant sa reconnaissance la plus vive pour les sentiments ainsi exprimés, mais se rappelant en même temps, que les forces et la vie de chacun sont nécessaires à sa propre patrie, S. M. l'Empereur considère qu'il est impossible de consentir aux demandes faites pour l'admission de volontaires dans les rangs de l'armée russe.

(Messager officiel.)

Protection des Chemins de fer.

Oukase de S. M. l'Empereur au Ministère de la guerre (1).

Afin de garantir la complète sécurité des chemins de fer de SamaraZlatooust et de Sibérie contre les tentatives de gens mal intentionnés, Nous avons reconnu nécessaire, savoir:

1. Proclamer sous le régime de l'état de siège les lignes en question dans la zone de leur expropriation.

2. Charger les commandants des troupes des circonscriptions militaires de Kazan et de Sibérie, chacun dans les limites de leur commandement, de la garantie de l'ordre public et de la direction générale des mesures et des moyens de protection, en accordant aux commandants des troupes desdites circonscriptions militaires les droits de commandants d'armée.

3. Renforcer la garde des chemins de fer déjà existante par l'envoi des troupes prises parmi celles de circonscriptions militaires de Kazan et de Sibérie.

4. Soumettre aux commandants des troupes des circonscriptions précitées les directions de gendarmerie de police des mêmes lignes.

5. Toutes les mesures de protection, prises par les autorités militaires, doivent avoir pour base la non-intervention complète dans les dispositions prises pour le service de la ligne et dans les actes de l'administration des

(1) Journal de Saint-Pétersbourg, 18 avril (1er mai) 1904, N° 104, partie officielle. (2) Journal de Saint-Pétersbourg, 15 (28) février, 1904, N° 43, partie officielle.

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