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1883, Fely 52 1884, gazu. 15.

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'EST pendant le séjour de Napoléon au palais de Rambouillet, en septembre 1807, que le savant auteur du Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes, Alexandre Barbier, fut nommé Bibliothécaire de l'Empereur. Il succédait dans ces fonctions à M. Ripault. Ce littérateur érudit, après avoir fait partie de l'expédition d'Egypte, était devenu plus tard Bibliothécaire du Premier Consul et de

l'Empereur, qui l'honorait de sa confiance, mais qui crut devoir lui donner un collègue.

En 1805, l'abbé Denina, ancien bibliothécaire du grand Frédéric, fut présenté à l'Empereur lors de son passage à Mayence. Informe de la position dans laquelle se trouvait l'auteur des Révolutions d'Italie et de plusieurs autres ouvrages estimés, Napoléon voulut assurer une retraite tranquille et honorable à ce savant ; il le fit engager à venir à Paris, et presque aussitôt après son arrivée il le nomma son premier bibliothécaire. Quoique les fonctions de l'abbé Denina, alors âgé de soixante-treize ans,

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fussent purement honorifiques, M. Ripauli, peu de temps après cette nomination, commença à se dégoûter des devoirs de sa place, et, dès 1806, il se retira à la Chapelle-Saint-Mesmin, dans une propriété qu'il possédait aux environs d'Orléans. D'après le témoignage du baron Menevalį, on soupçonna qu'il avait été blessé de se voir subordonné à l'abbé Denina.

L'Empereur, après avoir fait écrire plusieurs fois d'une manière très pressante à M. Ripault, pour l'engager à reprendre ses fonctions, considéra comme une démission volontaire le silence de son Bibliothécaire, et l'abandon non motivé et prolongé de fonctions qui auprès de lui exigeaient une présence de presque tous les instants, car il avait l'habitude, qu'il conserva toujours, d'être constamment tenu au courant de tout ce qui se publiait.

Lorsqu'il fut décidé que M. Ripault serait remplacé, le baron Meneval, qui, peu de temps après sa sortie du collège, avait été momentanément placé à la Bibliothèque du Directoire, sous les ordres de M. Barbier, voulut bien attirer l'attention de l'Empereur sur le bibliothécaire du Conseil d'État', déjà connu par le catalogue de cette bibliothèque, publié, dès 1803, en deux volumes in-folio et qui, pendant les longues et savantes discussions du Code, avait eu occasion de faire apprécier, par divers membres du Conseil et par le Premier Consul lui-même, l'étendue de ses connaissances bibliographiques.

La proposition de M. le baron Meneval ayant été favorablement accueillie par l'Empereur, M. Barbier reçut, de Rambouillet, le premier avis de sa nomination, par la lettre suivante du baron Fain :

A Monsieur Barbier, bibliothécaire du Conseil d'État.

Rambouillet, 9 septembre 1807. J'ai à vous remercier, Monsieur et ancien camarade, de l'envoi que vous m'avez fait de vos deux bons volumes 3 et de la Notice supplémentaire publiée en réponse à la critique

Mon remerciment est une dette déjà bien ancienne; M. Meneval me donne l'occasion de m'acquitter, en me laissant le soin de vous faire ses compliments et les miens sur une bonne nouvelle qu'il a à vous apprendre.

Sa Majesté vient de vous nommer son Bibliothécaire, vous conservant toujours

1. Napoléon et Marie-Louise. Souvenirs historiques, t. Jer, p. 116.

2. Au sujet de la nomination du Bibliothécaire du Conseil d'Etat, on trouve l'anecdote suivante dans les Archives Belgiques, Recueil littéraire publié à Bruxelles en 1823 :

« Il s'agissait, sous les Consuls, de nommer un Bibliothécaire du Conseil d'État, et l'on présentait une liste de savants et de littérateurs célèbres. Ces sortes de listes, en France, sont toujours très nombreuses. « Mais, dit le Premier Consul, je ne vois pas là le nom d'un homme que je trouve toujours à la Bibliothèque, et qui de quelque livre, de quelque renseignement que j'aie besoin, ne me le fait jamais attendre un instant. Qu'on l'appelle, c'est lui que je nomme. » Et M. Barbier entra en fonctions.

3. Les tomes i et 2 du Dictionnaire des ouvrages anonymes et pseudonymes.

4. Réponse à un article du Mercure de France relatif au Dictionnaire des anonymes. Paris, Imprimerie bibliographique, in-8.

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