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maison de justice, soit une prison, et, dans les communes où il y aura plusieurs maires, le préfet de police ou le commissaire général de police, est tenu de faire, au moins une fois par mois, la visite de ces maisons. I. cr. 9, 605, 611, 613.

613. Le maire, le préfet de police ou le commissaire général de police, veillera à ce que la nourriture des prisonniers soit suffisante et saine : la police de ces maisons lui appartiendra. I. cr. 9,605, 611, 612, 614, 618,

Le juge d'instruction et le président des assises pourront néanmoins donner respectivement tous les ordres qui devront être exécutés dans les maisons d'arrêt et de justice, et qu'ils croiront nécessaires, soit pour l'instruction, soit pour le jugement. I. cr. 55, 266.

614. Si quelque prisonnier use de menaces, injures ou violences, soit à l'égard du gardien ou de ses préposés, soit à l'égard des autres prisonniers, il sera , sur les ordres de qui il appartiendra, resserré plus étroitement, enfermé seul, même mis aux sers en cas de sureur ou de violence grave, sans préjudice des poursuites auxquelles il pourrait avoir donné licu. I. cr. 613. P. 209 s., 219 3o, 220.

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CHAPITRE III. DES MOYENS D'ASSURER LA LIBERTÉ INDIVIDUELLE CONTRE LES DÉTEN

TIONS ILLÉGALES OU D'AUTRES ACTES ARRITRAIRES. 615. En exécution des articles 77, 78, 79, 80, 81 et 82 de l'acte des constitutions du 22 frimaire an VIII *, quiconque aura connaissance qu'un individu est détenu dans un lieu qui n'a pas été destiné à servir de maison d'arrêt, de justice ou de prison, est tenu d'en donner avis au juge de paix, au procureur du Roi, ou à son substitut, ou au juge d'instruction, ou au procureur général près la cour royale. Charte 4. Pr. 788. 1. cr. 603 s., 616 s. - P. 114 s., 122, 341 s.

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* Art. 77. Pour que l'acte qui ordonne l'arrestation d'une personne puisse être exéculé, il faut, – jo qu'il exprime formeilcnient le motif de l'arrestation, et la loi en cxécution de laquelle elle est ordonnée ; 2° qu'il émane d'un fonctionnaire à qui la loi ait donné sormellement ce pouvoir ; — 30 qu'il soit notifié à la personne arrêlée et qu'il lui en soit laissé copie.

78. Un gardien ou geblier ne peut recevoir ou détenir aucune personne qu'après avoir transcrit sur son registre l'acte qui ordonne l'arrestation ; cet acte doit être un mandat donné dans les formes prescrites par l'article précédent, ou une ordonnance de prise de corps, ou un décret d'accusation, ou un jugement.

79. Tout gardien ou geolier est tenu , sans qu'aucun ordre puisse l'on dispenser, de représenter la personne détenue à l'officier civil ayant la police de la maison de détention, loutes les fois qu'il en sera requis par cet officier.

80. La représentation de la personne détenue ne pourra élre refusée à ses parents et amis porteurs de l'ordre de l'officier civil, lequel sera toujours tenu de l'accorder, à moins que le gardien ou geolier ne représente unc ordonnance du juge pour tenir la personne au sccret.

81. Tous ceux qui, n'ayant point reçu de la loi le pouvoir de faire arrêter, donneront, signeront, exécuteront l'arrestation d'une personne quelconque, tous ceux qui, même dans le cas de l'arrestation autorisée par la loi, recevront ou reliendront la personne arrétée, dans un lieu de détention non publiquement et légalement désigné comme lel, et tous les gardiens ou gebliers qui contreviendront aux dispositions des trois articles précédents, seront coupables du crime de détention arbitraire.

82. Toutes rigueurs employées dans les arrestations, détentions ou cxécutions, autres que celles autorisées par les lois, sont des crimes.

- P. 114 S.,

616. Tout juge de paix, tout officier chargé du ministère public, tout juge d'instruction, est ienu d'office, ou sur l'avis qu'il en aura reçu , sous peine d'être poursuivi comme complice de détention arbitraire, de s'y iransporter aussitôt, et de faire mettre en liberté la personne détenue, ou, s'il est allégué quelque cause légale de détention, de la faire conduire sur-le-champ devant le magistrat compétent. 1. cr. 615, 617, P. 114 s. — T. cr. 88. Il dressera du tout son procès-verbal.

617. Il rendra, au besoin, une ordonnance, dans la forme prescrite par l'article 95 du présent Code.

En cas de résistance, il pourra se faire assister de la force nécessaire, et toute personne requise est tenue de prêter main-forte. I. cr. 99, 108.

618. Tout gardien qui aura refusé, ou de montrer au porteur de l'ordre de l'officier civil ayant la police de la maison d'arrêt, de justice, ou de la prison, la personne du détenu, sur la réquisition qui en sera faite, ou de montrer l'ordre qui le lui défend, ou de faire au juge de paix l'exhibition de ses registres, ou de lui laisser prendre telle copie que celui-ci croira nécessaire de partie de ses registres, sera poursuivi comme coupable ou complice de détention arbitraire. I. cr. 607, 609, 613. 341 s.

CHAPITRE IV. DE LA RÉHABILITATION DES CONDAMNÉS. 619. « Tout condamné à une peine afflictive ou infamante qui aura subi sa peinc, ou qui aura obtenu, soit des lettres de commutalion, soit des lettres de grâce, pourra être réhabilité. Co. 604 s. I, cr. 369, 620 s.

P.7, 8. La demande en réhabilitation ne pourra être formée par les condamnés aux travaux forcés à temps, à la détention ou à la réclusion , que cinq ans après l'expiration de leur peine; et par les condamnés à la dégradation civique, qu'après cinq ans à compter du jour où la condamnation sera devenue irrévocable, el cinq ans après qu'ils auront subi la peine de l'emprisonnement, s'ils y ont été condamnés. En cas de commutation, la demande en réhabilitation ne pourra être formée que cinq ans après l'expiration de la nouvelle peine, et, en cas de grâce, que cinq ans après l'enregistrement des lettres de grâce. » (L. 28 avril 1832.) Charte 58. - 1. cr. 630.

620. Nul ne sera admis à demander sa réhabilitation, s'il ne demeure depuis cinq ans dans le même arrondissement communal, s'il n'est pas domicilié depuis deux ans accomplis dans le territoire de la municipalité à laquelle sa demande est adressée, et s'il ne joint à sa demande des attestations de bonne conduite qui lui auront été données par les conseils municipaux et par les municipalités dans le territoire desquelles il aura demeuré ou résidé pendant le temps qui aura précédé sa demande. C. 102.

Ces attestations de bonne conduite ne pourront lui être délivrées qu'à l'instant où il quitterait son domicile ou son habitation.

Les altestations exigées ci-dessus devront être approuvées par le souspréfet et le procureur du Roi ou son substitui, et par les juges de paix des lieux où il aura demeuré ou résidé. I. cr. 621 s.

621. La demande en réhabilitation, les attestations exigées par l'article précédent, et l'expédition du jugement de condamnation, seront déposées au gressc de la cour royale dans le ressort de laquelle résidera le condamné,

622. La requête et les pièces seront communiquées au procureur général : il donnera ses conclusions motivées et par écrit. I. cr. 271, 624, 626.

623. L'affaire sera rapportée à la chambre criminelle.

624. La cour et le ministère public pourront, en tout état de cause, ordonner de nouvelles informations. I. cr. 622, 626, 628.

625. La notice de la demande en réhabilitation sera insérée au journal judiciaire du lieu où siège la cour qui devra donner son avis, et du lieu où la condamnation aura été prononcée.

626. La cour, le procureur général entendu, donnera son avis. I. cr. 622, 624, 628, 629.

687. Cet avis ne pourra être donné que trois mois au moins après la présentation de la demande en réhabilitation.

628. Si la cour esi d'avis que la demande en réhabilitation ne peut être admise, le condamné pourra se pourvoir de nouveau après un nouvel intervalle de cinq ans. I. cr. 620, 624.

629. Si la cour pense que la demande en réhabilitation peut être admise, son avis, ensemble les pièces exigées par l'article 620, seront, par le procureur général, et dans le plus bref délai, transmis au ministre de la justice, qui pourra consulter le tribunal qui aura prononcé la condamnation.

630. Il en sera fait rapport à Sa Majesté par le ministre de la justice. Charte 58. - 1. cr. 619.

631. Si la réhabilitation est prononcée, il en sera expédié des lettres où l'avis de la cour sera inséré.

632. Les lettres de réhabilitation seront adressées à la cour qui aura délibéré l'avis : il en sera envoyé copie authentique à la cour qui aura prononcé la condamnation ; et transcription des lettres sera faite en marge de la minute de l'arrêt de condamnation. I. cr. 369.

633. La réhabilitation fera cesser, pour l'avenir, dans la personne du condamné, toutes les incapacités qui résultaient de la condamnation. P.7, 8, 28, 29, 34.

634. Le condamné pour récidive ne sera jamais admis à la réhabilitation. P. 56 s.

CHAPITRE V.

DE LA PRESCRIPTION. 635. Les peines portées par les arrêts ou jugements rendus en matière criminelle se prescriront par vingt années révolues, à compter de la date des arrêts ou jugements. C. 32, 2219. - I. cr. 2, 369, 476, 636 s. P. 7, 8.

Néanmoins le condamné ne pourra résider dans le département où demeureraient, soit celui sur lequel ou contre la propriété duquel le crime aurait été commis, soit ses héritiers directs. P. 229.

Le Gouvernement pourra assigner au condamné le lieu de son domicile. C. 102.

636. Les peines portées par les arrêts ou jugements rendus en matière correctionnelle se prescriront par cinq années révolues, à compter de la date de l'arrêt ou du jugement rendu en dernier ressort; et à l'égard des peines prononcées par les tribunaux de première instance, à compter du jour où ils ne pourront plus être attaqués par la voie de l'appel. I. cr. 190, 194, 203, 205, 211, 638, 642.

637. L'action.publique et l'action civile résultant d'un crime de nature à entraîner la peine de mort ou des peines afflictives perpétuelles, ou de tout autre crime emportant peine afflictive ou infamante, se prescriront après dix années révolues, à compter du jour où le crime aura été commis, si dans cet intervalle il n'a été fait aucun acte d'instruction ni de poursuite. I. cr. 2. - P.7, 8.

S'il a été fait, dans cet intervalle, des actes d'instruction ou de poursuite non suivis de jugement, l'action publique et l'action civile ne se prescriront qu'après dix années révolues, à compter du dernier acte, à l'égard même des personnes qui ne seraient pas impliquées dans cet acte d'instruction ou de poursuite. C. 2244. - Pr. 239. - 1. cr. 635, 638, 640, 641, 642.

638. Dans les deux cas exprimés en l'article précédent, et suivant les distinctions d'époques qui y sont établies, la durée de la prescription sera réduite à trois années révolues s'il s'agit d'un délit de nature à être puni correctionnellement. I. cr. 179, 636, 641, 642.

639. Les peines portées par les jugements rendus pour contraventions de police seront prescrites après deux années révolues, savoir, pour les peines prononcées par arrêt ou jugement en dernier ressort, à compter du jour de l'arrêt; el, à l'égard des peines prononcées par les tribunaux de première instance, à compter du jour où ils ne pourront plus être attaqués par la voie de l'appel. I, cr. 161, 174, 176, 640, 641, 642.

640. L'action publique et l'action civile pour une contravention de police seront prescrites après une année révolue, à compter du jour où elle aura été commise, même lorsqu'il y aura eu procès verbal, saisie, instruction ou poursuite, si dans cet intervalle il n'est point intervenu de condamnation; s'il y a eu un jugement définitif de première instance, de nature à être attaqué par la voie de l'appel, l'action publique et l'action civile se prescriront après une année révolue, à compter de la notification de l'appel qui en aura été interjeté. I. cr. 1,639, 641, 642.

641. En aucun cas, les condamnés par défaut ou par contumace, dont la peine est prescrite, ne pourront être admis à se présenter pour purger le défaut ou la contumace. C. 32. - 1. cr. 149, 186, 476.

642. Les condamnations civiles portées par les arrêts ou par les jugements rendus en matière criminelle, correctionnelle ou de police, et devenus irrévocables, se prescriront d'après les règles établies par le Code civil. C. 1149, 1382, 2262. - 1. cr. 1, 66.

643. Les dispositions du présent chapitre ne dérogent point aux lois particulières relatives à la prescription des actions résultant de certains délits ou de certaines contravention

FIN DU CODE D'INSTRUCTION CRIMINELLE.

DISPOSITIONS PRÉLIMINAIRES.

(Loi décrétée le 12 février 1810, promulguée le 22 du même mois.)

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ARTICLE PREMIER. L'infractioa que les lois punissent des peines de police est une contravention. C. 3. I. cr. 1, 21, 137, 154, 166, 639 s. - P. 4,464 s. L'infraction

que les lois punissent de peines correctionnelles est un délit. C. 1310, 1348, 1382 s., 2046. - 1. cr. 1 à 4, 179 s., 636, 638, 640 s. – P. 3, 4, 9, 40 s., 58, 59 s.

L'infraction que les lois punissent d'une peine afflictive ou infamante est un crime. I. cr. 217 s., 348, 369, 375, 637 s. —P. 2, 4, 6, 7, 8, 12 s., 44 s., 56 s., 59 s., 75 s.

r. « Toute tentative de crime qui aura été manifestée par un commencement d'exécution, si elle n'a été suspendue ou si elle n'a manqué son effet que par des circonstances indépendantes de la volonté de son auteur, est considérée comme le crime même. » (L. 28 avril 1832.) P. 1, 76.

3. Les tentatives de délits ne sont considérées comme délits que dans les cas déterminés par une disposition spéciale de la loi. P. 1, 43, 50, 179, 401, 405, 414 S.

4. Nulle contravention, nul délit, nul crime, ne peuvent être punis de peines qui n'étaient pas prononcées par la loi avant qu'ils fussent commis. C. 2. - P. 1, 7, 8, 40, 463, 464.

5. Les dispositions du présent code ne s'appliquent pas aux contraventions, délits et crimes militaires. P. 56.

LIVRE PREMIER. DES PEINES EN MATIÈRE CRIMINELLE ET CORRECTIONNELLE

ET DE LEURS EFFETS,

(Suite de la loi du 12 février 1810.) 6. Les peines en matière criminelle sont ou afflictives et infamantes, ou seulement infamantes. P. 1, 2, 4, 7, 8.

7. « Les peines afflictives et infamantes sont : 1° La mort; C. 22 s. — P. 12 à 14, 25 à 27, 36. 2° Les travaux forcés à perpétuité; P. 15, 16, 18, 22, 36, 70 s. 3o La déportation; P. 17, 18, 70, 71. 4° Les travaux forcés à temps; P. 15, 16, 19, 22, 28, 36, 47, 70, 71. 5° La détention ; P. 17, 18, 20, 36, 28, 47. 6° La réclusion; P. 21, 22, 28, 47. » (L. 28 avril 1832.)

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