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moderne, par les maximes d'un grand homme, couronné de son nom et de sa maison, autant que par ses propres sentimens, qu'une liberté sage et modérée est parfaitement compatible avec les formes monarchiques.

Leroi des Pays-Bas, grand-duc de Luxembourg, notre auguste maître, compte trop sur les bons sentimens de son altesse... pour douter un instant qu'elle ne veuille prendre grand intérêt à cet événement, et concourir à reconnaître ces nouveaux titres avec toutes les prérogatives qui y sont attachées.

Les soussignés saisissent cette occasion solennelle, pour assurer son excellence monsieur... de leur parfaite considération. Vienne, le 28 mars 1815.

Le baron de SPÆN. Le baron GAGERN.

II. Des titres de possession.

Il dépend de la volonté de chaque souverain de spécifier dans ses titres les noms des différens états qu'il possède. Quelques-uns réunissent dans leur grand titre une si longue série de possessions, que, pour faciliter l'expédition des chancelleries, ils ont adopté un titre moyen et un , petit titre, usité dans les affaires ordinaires.

Comme quelques souverains conservaient des

titres de possessions qu'ils n'avaient point et sur lesquelles ils avoient même quelquefois cessé de faire des prétentions, et que d'un autre côté plus d'une puissance, en réservant ces titres, formait des prétentions sur des états qu’un souverain possédait réellement, on a vu souvent ces rivalités allumer des guerres ou faire échouer des négociations. Pour éluder toute difficulté et tout embarras, on introduisit l'usage d'insérer dans les traités un article séparé de non præjudicando, par lequel on se munissait réciproquement contre toutes conséquences à tirer des titres usurpés de part ou d'autre.

Le nouveau système politique de l'Europe, qui prétend se fonder sur les droits inviolables des nations, devrait bien mettre fin à ces abus en refusant de tolérer des équivoques nuisibles au repos public.

III. Des épithètes.

L'usage, ou les bulles du pape, ont ajouté au titre de quelques têtes couronnées des épithètes particulières. Le Roi d'Espagne a obtenu le titre de Roi Catholique; le Roi de Portugal celui de Roi Très-fidèle depuis l'an 1748; le Roi d'Hongrie celui de Roi Apostolique en 1758; le Roi d'Angleterre celui de Défenseur de la foi, le Roi de France celui de Roi Très-chrétien.

On peut encore regarder comme épithète le titre d'Autocrate que les Empereurs de Russie prennent encore, ceux de Grand-Seigneur, de Grand-Turc et celui de Sublime Porte, attribué à l'empire de Turquie.

IV. Des titres de parenté.

Le caprice du cérémonial a introduit dans le style diplomatique un double usage des titres , qui désignent les liens du sang. On s'en sert tant pour marquer les liens du sang qui existent effectivement entre les souverains, que pour exprimer des relations politiques égales ou inégales qui subsistent entre eux.

La piété a fait donner au Pape le titre de TrèsSaint Père.—Les Rois se qualifient réciproquement de Frères ; mais le titre de cousin et celui de Neveu désignent l'infériorité de celui qui les reçoit sans oser les rendre.

Le Roi de France, Louis xvi, donnait dès le commencement de son règne à chaque prince, auquel il était uni des liens du sang, indépendamment du traitement d'usage, la qualification indiquée par le degré de parenté; c'est ainsi qu'il signait les lettres à l'Empereur d'Allemagne, en se nommant son Frère et Beau - Frère ; celles à l'Électeur de Trèves, en se disant son cousin et neveu, et celles à l'Électeur de Saxe, en souscrivant Votre frère et cousin.

V. Des titres de courtoisie.

Les titres dont la courtoisie a imaginé de relever les dignités sont : pour le Pape, Saint Père et Sa Sainteté; pour les empereurs Sire et Sa Majesté Impériale; pour les rois, Sire et Sa Majesté; pour le Grand-Seigneur, Sa Hautesse; pour les autres princes souverains, Monseigneur et Son Altesse Sérénissime ; pour les princes héréditaires d'une couronne et pour les autres princes , fils des rois, Monseigneur et Son Altesse Impériale ou Royale; pour les autres princes du sang royal et pour les princes souverains, Monseigneur et Son Altesse Sérénissime; pour les autres princes des familles souveraines, Monseigneur et Son Altesse.

Quant aux Princes , Ducs, etc., titrés, et aux personnes revêtues des premières dignités de l'état, l'usage de la courtoisie varie trop pour qu'il soit possible de le déterminer exactement. La vanité exige les titres, la flatterie les prodigue, et quelquefois l'orgueil les refuse. Il faut donc s'instruire des usages de chaque pays pour ne point blesser le cérémonial.

On donne aux cardinaux : Monseigneur et Son

Éminence; aux archevêques et évêques , Morseigneur et Sa Grandeur. Dans presque toute l'Europe le titre d'Excellence est attaché à toutes les grandes charges de la cour, de l'état et de l'armée, et aux envoyés du premier rang. Il appartient de même au président des États-Unis et au Land Amman des cantons suisses.

Lorsqu'il y a lieu, les titres dont nous venons de parler se donnent aux femmes, à l'exception de ceux en apostrophe, qui sont remplacés par le simple mot, Madame.

VI. Du Pape.

En parlant du Pape on dit d'abord : le Pape ou le Saint Père , et dans la suite du discours, tantot Sa Sainteté, tantôt le Saint Père , tantôt encore le Souverain Pontife. - En s'adressant au Pape on dit d'abord en apostrophe : Très - Saint Père, et dans la suite du discours , Très-Saint Père et Votre Sainteté.

VII. Des Empereurs.

En parlant des empereurs on dit : Sa Majesté l’Empereur, ou l'Empereur; en continuant on emploie le même titre ou celui de Sa Majesté Impériale, ou simplement Sa Majesté, et quelquefois le Sérénissime Empereur.

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