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subit, le cas a cependant existé, et nous donnerons sous le no v, ci-après, deux exemples de

pareilles notifications.

EXEMPLES.

I.

Lettre de récréance du Roi de Danemarck pour le Chevalier de Terlon, Ambassadeur de France.

Fréderic Il par la grace de Dieu Roi de Danemarc, de Norwege, des Wandales et des Goths, Duc de Sleswich, de Holstein, de Stormarie et Dithmarse, Comte d'Oldenbourg et de Delmenhorst, etc.

SÉRÉNISSIME PRINCE, TRÈS-CHER FRÈRE, Cousin,

AMI, ET CONFÉDÉRÉ,

Nous ne pouvons passer sous silence l'affection singulière avec laquelle Votre Sérénité s'est entremise par son Ambassadeur aux troubles du Septentrion, les soins qu'elle a pris d'éteindre les embrasemens de la guerre qu'on y avait allumée, et qui jetait déjà des flammes de toutes parts , et les sages conseils

par lesquels elle a aussi concilié une seconde fois nos dissensions et nos intérêts avec le Roi de Suède. Votre Sérénité n'a pu rien penser de plus auguste que de s'appliquer à rétablir la paix entre des Couronnes qui lui ont été de tout temps étroitement alliées. Nous ne pouvons non plus nous taire sur l'assiduité infatigable et le génie particulier avec lequel M. le Chevalier de Terlon, son Ambassadeur, pour qui nous avons bien de l'estime, a ménagé ces grands traités, depuis leur commencement jusqu'à leur fin, sous la conduite de la Providence divine. Présentement

que

les choses se trouvent dans un état tranquille, nous avons bien voulu faire cette justice à son mérite, à l'occasion de son audience de congé dans le dessein qu'il a de se retirer d'auprès de nous. L'ayant prié de remercier Votre Sérénité, de notre part, d'une Ambassade qui a tant contribué au repos de nos peuples; nous rendrons volontiers à Votre Sérénité la pareille dans les occasions qui se présenteront : lesquelles nous attendons avec autant d'impatience que nous avons de disposition à les embrasser. Sur quoi nous prions Dieu qu'il ait Votre Sérénité, TrèsCher Frère, Cousin, Ami , et Confédéré, en sa sainte garde.

FRÉDÉRIC.

Écrit à Copenhague , le 24 janvier 1661.

II.

Lettre de récréance des États-Généraux, pour

le Comte d'Avaux , Ambassadeur du Roi de France.

SIRE,

Après que le sieur Comte d'Avaux, Ambassadeur de V. M., nous avait rendu sa lettre, par laquelle il lui a plu de le rappeler, nous fimes des instances à ce qu'il pût encore rester ici pour quelque temps, pour voir si on pourrait terminer heureusement les conférences que nous avions demandées, et pour lesquelles il était venu. Mais, comme il nous a fait connaître aujourd'hui qu'il avait reçu des ordres nouveaux pour son retour, nous n'avons pas voulu le laisser partir sans témoigner à V. M. que sa personne nous a été trèsagréable, puisque dans toute sa conduite il a donné des marques de sa capacité, de sa prudence et de son zèle, tant pour le service de V. M. que pour l'affermissement de la paix et de la bonne intelligence entre elle et nous, et nous eussions souhaité qu'il ne fût pas parti avant que d'avoir fini heureusement la négociation. Cependant, Sire, nous espérons que, nonobstant ce rappel, les intentions de V. M. seront toujours portées à la paix, et qu'avec son Ambassadeur elle ne retirera point son amitié et son affection de notre République. Les assurances qu'elle nous en donne par sa lettre nous flattent de cet espoir. Aussi nous attendons de la sincérité dudit Sieur Comte d'Avaux, qu'il fera un raport fidèle à V. M. de nos sentimens respectueux pour sa personne sacrée, et quel cas nous faisons de son amitié, et de notre désir très-fort et très - sincère pour la continuation de la paix et du repos public. Nous ne faisons point de difficulté de vous rapporter à ce qu'il en dira à V.M. Cependant nous prions Dieu, Sire, etc.

A La Haye, le 11 août 1701.

III.

Lettre de récréance du Roi de Suède, au Comte de

Wratislau.

A l'Empereur des Romains.

SÉRÉNISSIME ET TRÈS-PUISSANT EMPEREUR,

V. M. ne pouvait mieux nous marquer sa bienveillance qu'en nous envoyant le noble et illustre Jean Venceslas, Comte de Wratislau, votre Conseiller privé, Gentilhomme de votre chambre, et Chancelier du royaunie de Bohème, personne

d'un génie supérieur, et d'une entière probité. Ce Seigneur nous a fait connaître que le bons sentimens de V. M. à notre égard n'ont souffert aucune altération, et de notre côté nous croyons aussi n'avoir jamais donné sujet ni à V. M. ni aux états de l'Empire de se défier de nos intentions. Le Comte de Wratislau a pu découvrir à fond notre bonne disposition sur cela. Ainsi , comme il nous a paru un fort honnête homme, nous ne doutons point qu'à son retour il n'assure V. M. que nous avons pour

elle toute l'affection possible, et que nous sommes fortement résolus d'entretenir la bonne intelligence et l'union avec V. M. et avec tout le Corps Germanique.

Nous souhaitons un long et heureux règne à V. M.

A Alt-Rastadt, près Leipsick; le 20 octobre 1706.

IV.

Très - Haut, Très - Excellent et Très - Puissant

Prince, notre Très-Cher et Très-Amé bon Frère et Cousin.

Nous avons reçu hier, dans une audience particulière, la lettre par laquelle V. M. a rappelé le sieur N. N. des fonctions qu'il a remplies jusque ici à notre Cour. Ayant été très-satisfait de la manière dont il s'est acquitté de la mission que

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