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V. M. avait voulu lui confier, nous l'avons congédié et le congédions avec des sentimens analogues , bien persuadé d'ailleurs qu'il n'aura pu, pendant son séjour à notre Cour, que rendre témoignage de l'attachement sincère que nous avons voué à V. M., ainsi que de notre empressement à cultiver son amitié, qui ne cessera de nous être bien précieuse. Sur ce nous prions Dieu, TrèsHaut, Très - Excellent et Très - Puissant Prince, notre Très-Cher et Très-Amé bon Frère et Cousin, qu'il vous ait en sa sainte et digne garde.

Donné, etc., etc.

V.

NOTIFICATIONS D'ORDRE DE DÉPART.

Lettre de Lord Grenville, Ministre des affaires

extérieures et Sécrétaire d'état du Royaume de la Grande-Bretagne au Citoyen Chauvelin , Envoyé de France.

Je suis chargé de vous notifier, Monsieur, que le caractère duquel vous aviez été revêtu auprès du Roi, et dont les fonctions ont été si long-temps suspendues, venant enfin d'être entièrement terminé par

la funeste mort de S. M. T.-C., vous n'avez plus ici aucun caractère public.

Le Roi ne peut plus, après un pareil évènement, permettre votre séjour ici : S. M. a jugé à propos d'ordonner que vous ayez à vous retirer de ce royaume dans le terme de huit jours; et je vous remets ci-joint une copie de l'ordre que S. M. , étant en son conseil privé, a donné à cet effet.

Je vous envoie une passe-port pour vous et pour votre suite, et je ne manquerai pas

de

prendre toutes les autres mesures nécessaires pour que vous puissiez retourner en France avec tous les égards qui sont dus au caractère du Ministre plénipotentiaire de S. M. T.-C., que vous avez exercé auprès du Roi.

J'ai l'honneur d'être avec la considération la plus parfaite, etc.,

GRENVILLE.

Ordre du Roi d'Angleterre communiqué au ci

toyen Chauvelin.

A la Cour du palais de la Reine, le 25 janvier 1793, en présence de sa T.-E. M. le Roi, en son conseil.

S.M., en son conseil, a bien voulu ordonner, et elle ordonne par ces présentes, que M. Chauvelin, qui fut reçu par S. M. le 2 mai 1792, comme Ministre plénipotentiaire accrédité par feu S. M. T.-C., sorte de ce royaume avant le premier jour de février prochain, et

que le très-honorable Lord Grenville , principal Secrétaire d'état de S. M. pour les affaires étrangères, fasse connaître cet ordre de S. M. au susdit M. Chauvelin.

Note du Baron d'Engestroem, Ministre des affaires étrangères de Suède, à M. de Cabre, Chargé d'affaires de France. En date du 20 de cembre 1812.

Dès le moment où l'invasion de la Pomeranie suédoise par les troupes française, contre la foi des traités et les engagemens les plus solennels, donne la mesure des intentions de S. M. l’Empereur Napoléon à l'égard de la Suède, le Roi, justement étonné de cette agression inattendue, n'a fait que

réitérer ses démarches pour en obtenir une explication franche et loyale, tandis

que

le gouvernement français n'y a répondu que par de nouveaux actes d'hostilité.

S. M. a cru que, si la force donne des droits qu'attestent suffisamment les malheurs de nos temps, la cause de la justice et le sentiment de sa propre dignité peuvent aussi en réclamer quelques-uns.

Elle n'a donc pas vu avec indifférence une de ses provinces occupée par la même puissance qui

en avait garanti l'intégrité, les troupes que le Roi y avait laissées, déclarées prisonnières de guerre et comme telles amenées en France, ainsi que

les déprédations continuelles de la part des corsaires français contre le commerce de la Suède. S. M. avait par conséquent chargé M. de Bergstedt, au mois d'août dernier, et postérieurement le soussigné, de s'adresser officiellement à M. de Cabre, d'abord

pour

demander les raisons qui avaient motivéles hostilités susmentionnées, et finalement pour lui déclarer que, comme sa Cour après un très-long délai ne s'était point expliquée à cet égard et donnait ainsi à connaître qu'elle ne voulait point revenir à un système plus pacifique à l'égard de la Suède, M. de Cabre ne pouvait plus être regardé comme agent d'une Puissance amie, et que ses relations diplomatiques avec le ministère du Roi devaient cesser jusqu'au moment où il recevrait les éclaircissemens qu'il avait demandés au cabinet des Tuileries.

Plus de trois mois se sont écoulés depuis cette époque, et le gouvernement français continuant toujours le même silence , le Roi a cru se devoir à lui-même et à son peuple de ne plus compter sur une explication que tant de faits au reste paraissent rendre illusoire. D'après ces considérations et d'autres

le moins aussi importantes , le soussigné a reçu les ordres du Roi son maître, de déclarer à M. de Cabre que sa présence ici devenant absolument inutile dans les circonstances actuelles, S. M. désire qu'il quitte la Suède aussitôt que possible, et le soussigné a l'honneur de lui envoyer

pour

ci-inclus les passe-ports nécessaires pour son voyage. Le soussigné a l'honneur, etc.

Le Baron D'ENGESTROEM.

TIN DU PREMIER VOLUME.

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