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lui; que

partie de l'armée étaient déjà insurgés; que tout était couvert de ses proclamations et de ses agens;, que tout le monde courait après c'était une

rage,

absolument une rage; que l'affaire était arrangée avec les puissances; qu'il avait dîné à bord d'un vaisseau anglais, et que la station avait quitté l'île d'Elbe exprès pour faciliter son départ.

M. Bellart a demandé si l'accusé n'aurait pas quelques déclarations à faire sur des aigles apportées par les émissaires de Bonaparte.

R. J'ai entendu dire que deux aigles avaient été apportées. Effectivement, les aigles ont été arborées par les chefs et les soldats; mais de drapeau blanc a été respecté.

D. Avez-vous porté les décorations de Bona

parte ?

R. Non. Lorsque j'ai abordé Napoléon, j'avais conservé les décorations du Roi; et je les ai portées jusqu'à Paris.

Le maréchal a ajouté qu'avant de lire la proclamation, il avait demandé aux généraux Lecourbe et Bourmont leur avis sur la proclamation ; qu'ils ne l'ont point désapprouvée; qu'ils sont venus le chercher ensuite

pour

aller sur le terrain, et que l'interrogatoire en sa présence va éclaircir leur déclaration précédente. D. A quelle heure avez-vous yu

ces deux généraux ?

R. A dix heures. Je leur ai offert à déjeûner; ils ont refusé. C'est Bourmont qui a donné les ordres d'assembler les troupes sur une place que je ne connaissais même pas; lui, Lecourbe et quelques autres m'y ont conduit, et c'est là que j'ai lu la proclamation.

D. Quel ordre avez-vous donné le 14?

R. J'ai donné l'ordre de marcher sur Dijon, comme sy avais été invité par le maréchal Bertrand

qu'il

*

a

(On a représenté au maréchal un ordre avait donné à M. de la Genetière.) Le maréchal a dit qu'il ne le connaissait pas.

. M. le chancelier en a fait donner lecture.

Il contient l'itinéraire des troupes sur Mâcon et sur Dijon, et plusieurs autres dispositions sur le traitement et les rations à donner aux soldats, sur une augmentation de solde à chaque officier. Il invite les chefs militaires à remplacer par le drapeau tricolore les étendards de la maison de Bourbon. Il les invite à se procurer des aigles, soit en cuivre, soit en tout autre métal.

Le maréchal à reconnu que cet ordre pouvait avoir été rédigé à son état-major dans la matinée du 14. Il a ajouté que cette marche avait été contremandée par le maréchal Bertrand.

D. Comment avez-vous tems concevoir et rédiger un ordre aussi détaillé ? Pourquoi l'augmentation de solde donnée aux officiers ?

R. Votre Excellence ne saurait concevoir l'attention que Bonaparte avait pour assurer le service des troupes, et quelles précautions il prenait à cet égard. Il leur donnait, dans des marches forcées, des gratifications. A Fontainebleau il donna de 50 à 100 francs à cha

pu en si

peu de

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que officier,

D. N'avez-vous pas engagé M. de la Genetière à se ranger du côté de Bonaparte ?

R. Non. Il était libre d'agir. Aucun ne me fit alors d'objections. Un seul officier, et je dois le dire à son éloge, est venu me remettre sa démission, en me disant que les sermens qu'il avait faits au Roi ne lui permettaient

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pas d'embrasser une autre cause. Je n'ai point accepté sa démission. Je l'ai laissé libre de partir ; je lui ai conseillé de se retirer à Besançon pour éviter les mauvais traitemens de ses soldats.

D. Avez-vous fait imprimer la proclamation ?
R. Non.
D. Comment l'avez-vous laissé imprimer ?

R. Je l'avais lue sans l'avoir signée, et on l'aura imprimée sans que j'en aie eu aconnaissance.

D. Avez-vous donné l'ordre d'arrêter des officiers et quelques fonctionnaires ?

R. J'ai reçu cet ordre de Bonaparte; mais je n'ai fait arrêter personne.

On a su l'ordre daté du 19 mars. Il est dirigé contre MM. de Bourmont, Lecourbe, Delort, Jarry, de la Genetière, de Vaulchier, Dubalen, Clouet, le commandant d'armes d'Auxonne, le comte Scey, Bessières.

(On a présenté l'ordre à l'accusé.)
D. Le reconnaissez-vous ?

R. Je le reconnais; il m'avait été donné par Bertrand ; mais personne n'avait été arrêté : aucun maréchal n'aurait voulu arrêter un général.

D. Avez-vous proposé à M. le marquis de Vaulchier de s'unir à Bonaparte?

R. Je ne l'ai proposé à personne : je lui ai écrit pour qu'il maintînt la tranquillité dans la ville, et fit respecter les personnes et les propriétés. Il y a eu du bruit à Lons-le-Saulnier, inais point de dégât. Je ne pouvais pas empêcher les paysans et la populace de courir et de boire dans les rues avec les soldats.

D. Avez-vous écrit au duc de Reggio ?

* Voyez livre 3, tome ser, page 265.

R. Oui. — J'ai écrit dans l'intérêt du Roi; mais je doute que les lettres lui soient par.venues.

D. Avez-vous écrit au duc de Bassano ?

R. Oui; je lui ai écrit par ordre de Bertrand, à l'effet de faire respecter tous les membres de la famille royale.

D. Avez-vous écrit au commandant d'Auxonne de rendre la place à Bonaparte ?

R. Non. Les bourgeois étaient maîtres de la place.

Cet interrogatoire terminé, on a entendu les témoins.

Premier témoin, M. le duc de Duras.
M. le président : Vous jurez et promettez, etc.
Le témoin : Je le jure.

M. le président : Vos noms, prénoms, âge qualité et domicile ?

Le témoin : Amédée Bretagne Malo de Durfort, duc de Duras , pair de France, premier gentilhomme de la chambre du Roi, maréchaldes-camps et armées du Roi , âgé de quarantequatre ans, chevalier de Saint-Louis, domicilié à Paris.

D. Connaissiez-vous l'aceusé avant les faits qui ont donné lieu à l'acte d'accusation ?

R. Je l'avais vu quelquefois chez le Roi.

D. Etes-vous parent , allié ou au service de l'accusé ?

R. Non.

D. Déposez ce que vous savez des faits contenus dans l'acte d'accusation.

R. Je persiste dans ma précédente déposition écrite.

D. Vous devez, devant la chambre, répéter les mêmes faits qui sont contenus dans cette déposition.

R. Le 7 mars dernier j'ai introduit M. le ma.

réchal Ney dans le cabinet du Roi, de onze à onze heures un quart. Le maréchal s'est avancé d'un pas ferme vers le Roi, et, en s'inclinant, il a remercié Sa Majesté de la confiance dont elle venait de lui donner un témoignage par des paroles pleines de bonté. Après avoir baisé la main

que le Roi a daigné lui tendre, il a dit à Sa Majesté que, s'il pouvait prendre Bonaparte , il le lui ranıenerait dans une cage de fer.

Le chancelier demanda au maréchal : Avezvous quelques observations à faire sur la déposition du témoin.?

R. Je n'ai point dit cela. Je croyais avoir dit l'inverse; que l'entreprise de Bonaparte était si extravagante que, si on le prenait, il mériterait d'être amené dans une cage de fer.

M. Berryer a demandé que M. le président interpelât le témoin pour savoir si ce sont bien les termes dont s'est servi le maréchal.

Le témoin a répondu : Je ne sais si ce sont les termes positivement; mais c'est bien le sens de ce qu'il a dit.

Deuxième témoin, M. le prince de Poix.

Après les formules d'usage, M. le prince de Poix a déclaré s'appeler Philippe-Louis-MarcAntoine de Noailles, prince de Poix, grand d'Espagne de première classe, capitaine des gardes du Roi, lieutenant - général de ses armées , gouverneur de Versailles, etc., chevalier de Saint-Louis, etc. , âgé de soixante-deux ans, domicilié à Paris ; is a persisté dans sa déposition écrite.

Sur l'observation de M. le président, de rappeler devant la chambre les faits relatifs à l'accusation, il a déposé ainsi qu'il suit :

Le 7 mars, jour de son départ, le maréchal Ney fut introduit chez le Roi pour pren

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