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de Talleyrand , qui ramenait. l'archiduchesse Marie-Louise et son fils. »

Quatorzième témoin, M. Pantin , ancien avoué près le tribunal de première instance de Paris. il a déposé :

« Vers le 15 ou le 20 juillet dernier, j'ai été arrêté dans une promenade publique par M. Magin, qui, en me parlant des grands évés nemens qui venaient de se passer, me demanda. quelle était mon opinion de la fuite de l'indi.. vidu nommé Bonaparte et du retour de S. M.; il ajouta que ces événemens n'avaient rien de surprenant. » (Ici le témoin a déposé les mêmes : faits que nous venons de rapporter dans la déposition de M. Magin.)

Quinzième témoin, M. Perrache, avocat près. le tribunal de première instance de Paris. Il a rapporté d'après M. Pantin , le

propos tenu par M. Magin.

Seizième témoin, M, Félix. Il a dit:

« J'ai vu le maréchal, à Lille, haranguer les soldats en faveur de Napoléon. Il a demandé aux colonels s'il y avait parmi eux des intrus; il leur

que

s'il avait il fallait les chasser. Il paraît qu'il y a eu des distributions d'eaude-vie aux soldats; à la suite, deux jeunes gens qui avaient crié vive le Roi! ont été massacrés ! Ces faits se sont passés le 27 ou le 28 mars, .

Un pair : Précisez l'époque.

Le témoin : C'est le jour de l'arrivée du ma.. réchal.

Le maréchal : C'est le 24 ou le 25.
Le témoin : Vous logiez sur la grande place.

Dix-septième témoin, M. Debeausire. Il a déposé :

D'après l'acte d'accusation, j'espérais avoir passé un marché pour la fourniture des remontes de deux régimens à Lille. Je suis censé avoir

a dit

y en

a

refusé de faire ces fournitures après le départ du Roi, et le maréchal m'aurait dit qu'en traitant avec les ministres du comte de Lille, j'auFais traité avec ceux de Bonaparte.

« Je n'ai jamais vu le maréchal , je n'ai jamais traité d'aucune fourniture; il y a confusion de nom.

« J'ai dit que les frères Thiébault avaient été chargés de la remonte de deux régimens , qu'ils s'étaient refusés à fournir après le départ du Roi; que le maréchal, en passant la revue, avait fait des reproches au colonel du régiment, qui avait rejeté la faute sur les frères Thiébault ; que le maréchal les avait fait venir, et leur avait dit qu'ayant traité avec les agens du comte de Lille, ils ne devaient pas croire avoir traité pour d'autres que Bonaparte. Au reste, on peut les faire venir, ils sont à Paris. »

Le maréchal a dit qu'il ne connaissait ni le témoin, ni les frères Thiébault.

M. Bellart a expliqué qu'on avait appliqué par erreur au témoin le fait qu'il avait attribué aux frères Thiébault.

Dix-huitième témoin, M. Charmoilles de Fresnoy, capitaine au ier régiment de la garde royale. Il a déposé :

« A l'époque dụ débarquement de Bonaparte j'étais à Besançon ; j'offris mes services au maréchal, qui les accepta et m'attacha à l'étatmajor en qualité de capitaine-adjoint. Le 13, il m'envoya en mission à Dole; le 15, en revenant, je rencontrai le corps d'armée qui portait la cocarde tricolore; en conséquence je n'ai point été témoin de ce qui s'est passé à Besançon.

Dix-neuvième témoin, M. Grison, capitaine d'infanterie. Il a déposé :

Qu'étant à Landau dans le 37e régiment d'infanterie, le maréchal était venu inspecter les troupes. Il a rassemblé les officiers au Moutond'Or, et, ayant fermé la porte à clé, il a demandé au colonel s'il y avait parmi nous des intrus. Le colonel ne répondit rien. Le maréchal ayant interprété son silence d'une manière négative, répondit : A la bonne heure ! Il se répandit de suite en invectives contre la famille royale. La majeure partie des troupes était pour le Roi , mais la défection du maréchal fit tout changer.

Le maréchal : Le témoin se trompe. Quand un maréchal recoit des officiers, il ne va pas fermer la

porte à clé ; cela ne serait pas convenable. J'ai vu dans ma tournée de 50 à sa mille individus. Je ne sais

pas

si vous avez été envoyé en députation pour me dénoncer. Le fait est que j'ai dû agir d'après la lettre dont j'étais porteur; que je n'ai rien dit d'insultant contre le Roi; que la lettre même me le défendait, puisqu'elle ordonnait de respecter le malheur, et, dans le cas où un membre de la famille tomberait entre mes mains , de lui dona ner toute facilité pour gagner les frontières.

Le témoin : Je le dis en homme d'honneur.. C'est au baron Menu que vous avez parlé. Vous avez dit tant d'outrages de la famille royale que

les bonapartistes eux-mêmes en ont été indignés. Ne nous avez-vous pas

dit

que plusieurs maréchaux voulaient la république ? L'avez-vous dit, qui ou non ? Avant votre arrivée le drapeau blanc flottait encore à Landau, quoique toutes les communes des environs eussent arboré le drapeau tricolore. Aussitôt après votre arrivée, on le prit à Landau , et le général Girard, quand il vous a vu, a fait crier vive l'empereur!

M. Berryer : Précisez l'époque.
Le témoin : C'est dans le courant d'avril..

Vingtième témoin : M. de Balincourt, colonel du régiment de cuirassiers de Condé, a déposé :

* Je n'ai aucune connaissance des faits imputés au maréchal. J'ai été appelé le 20 novembre pour déposer d'un ouï-dire que j'ai répété.

« L'un de mes parens, capitaine au 75e régiment, m'a rapporté que le maréchal avait dit à Philippeville qu'en partant de Paris il avait. dans sa voiture une proclamation qu'il a lue à ses troupes avant de passer à l'ennemi. »

M. Bellart a. interpelé le témoin Grison dedéclarer s'il ne connaissait pas quelqu'un qui pût déposer dans le même sens que lui.

Oui, a répondu M. Grison, un capitainequi est ici. »

On l'a introduit. Il se nomme Casse, capi-taine au 42e régiment (vingt-unième témoin).

Sa déposition n'étant qu'un simple renseigne-ment, il n'a pas prêté serment.

Il a déposé qu'après l'arrivée de Bonaparte à Paris, le maréchal a dit à Condé mille horreurs du Roi; que sa cause était perdue; quec'était une famille pourrie; que le Roi n'était ni Français ni légitime; que c'était à Bonaparte qu'il fallait obéir.

M. le président : Avez-vous entendu ces paeroles personnellement ?

Le témoin : Oui, le 24 ou le 25 mars, dans la maison du gouverneur, avec tous les offieciers du régiment. Vous avez dit davantage; vous avez dit : Nous faisions notre cour au Roi, mais il n'avait pas nos cours; ils étaient toujours à l'empereur; le Roi nous aurait donné vingt fois la valeur des Tuileries, que jamais nous : ne l'aurions eu dans nos coeurs...

Vingt-deuxième témoin, M. Cailsoué, bijoutier, au Palais-Royal. Il a déposé :

Que M. le maréchal Ney arrivant à Paris. avec Bonaparte, lui envoya, par son valet-dechambre, toutes ses décorations à changer. C'est, le 25 mars que M. le maréchal a eu ces objets, et c'est le 25 mars que je les ai inscrits sur mon livre, que

voici. Le témoin a ouvert alors le registre sommaire de sa maison,

Il y a lu le compte suivant. Le 25 mars, doit M. le maréchal Ney, médaillon de deux croix grand-cordon, no 75, 50 fr.; une croix no I, 12 fr.; médaillon de la croix no 6, 6 fr. ; deux portraits or émaillé, 30 fr. chacun, 60 fr.

L'accusé : Vous voyez, morseigneur, que, d'après ce compte, je ne pouvais pas avoir les décorations que les témoins prétendent m'avoir vues à Lons-le-Saulnier.

M. le chancelier a demandé au témoin s'il n'avait point, à la même époque, arrangé pour l'accusé une plaque de la Légion-d'Honneur, Le témoin a répondu que non..

Il a répondu, sur les renseignemens qu'on lui demandait relativement à ces plaques, que le médaillon pouvait se changer à volonté, et, que c'était dans ce médaillon qu'existait la seule différence qui distingue les plaques données par l'ancien gouvernement, de celles données

M. Bellart a fait observer que le maréchal n'avait dû faire changer que les décorations royales ; qu'à l'égard des décorations à l'aigle s'il en avait, il n'y avait rien à y faire ; qu'ainsi la déposition avait bien peu d'importance.

Vingt-troisième témoin, M. Devaux, aide-decamp du maréchal. Il a dit :

« J'étais à Lons-le-Saulnier à l'époque du 14

par S. M.

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