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voilà ce qui arrive dans les querelles des grands , à l'égard des petits : c'est la toile de l'araignée,

Où la mouche a passé, le moucheron demeure. Nous avons perdu nos premières places, nous n'avons pu jouir des secondes; les années se sont écoulées dans l'amertume, dans

Jésuites. La justice passe avant toute autre considération, et surtout aux yeux de ceux qui exercent un ministère sacré : c'est à eux à donner l'exemple. A quoi bon habiter des temples, lorsqu'on ne s'y fait point précéder par la justice ? Je le répète avec assurauce,

le

pape a manqué à la justice envers les évêques que, pour ses intérêts particuliers, il a privés des sièges auxquels les lois de l'Eglise et de l'Etat leur donnaient droit. En pareil cas, il n'y a pas de milieu; faire le procès ou instituer.... Il y a eu injustice pendant que le combat durait entre le pape et Napoléon ; il y a eu injustice depuis 1814, dès lors le pape avait les moyens de réparer le mal qu'il avait fait. S'il existait un tribunal auquel une pareille cause pût être portée, le pape y serait condamné. Entre deux particuliers, cela ne ferait pas l'ombre d'une difficulté. Est-ce donc que les

papes ne sont pas tenus d'être aussi justes, et plus justes que les individus ? A defaut d'autre tribunal, je porte cette cause à celui de l'opinion publique, et je suis bien sûr de son jugement.

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l'attente d'une justice lointaine: des vexations outrageantes ont eu lieu à l'égard de M. Déjean et de M. Jaubert, et ceux parmi ces messieurs qui n'ont pas eu le bonheur de rencontrer des gouvernemens aussi pénétrés des sentimens de l'équité que

celui des Pays-Bas, se sont vus soumis pour le reste de leur vie à un état fort triste. Quel était notre crime? Les débats du pape et de Napoléon. Ces deux contendans se sont battus sur notre dos, comme l'on dit vulgairement; nous avons eu l'honneur de leur servir de champ de bataille. Il y a dans cette histoire quelque chose de cette fable, dans laquelle un lion, grand dévorateur de moutons, joue un rôle principal, tel que le lion le fait

par

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tout.

Je le demande à tout homme impartial, que penser d'un pareil ordre de choses, et qui voudrait prendre pour son compte le dommage qui s'ensuit pour autrui? Et ce qu'il y a de plus curieux, c'est d'entendre appeler tout cela, de la religion !

Il est des hommes, on le sait, portés à se consoler des malheurs d'autrui, et qui sont pourvus d'un fonds inépuisable de patience pour supporter les maux dont ils ne sont que spectateurs. Cela part sans doute d'un excellent naturel et d'une sensibilité à toute épreuve. D'autres tiennent à compensation, et presqu'à bonheur, un modique traitement jeté presqu'autant qu'attribué à ceux que l'on a plongés dans l'infortune. On se bornera à souhaiter à ces ames sensibles d'avoir à recevoir des bulles dans les temps heureux où le pape et le prince ne s'entendent pas, et où l'État vient à changer de face. Par-là ils seront mis à portée de juger de tous les charmes attachés à cette expectative, ainsi qu'à l'état que cela assure dans le monde.

On voit dans ce moment le même bonheur s'étendre aux évêques nommés en vertu du concordat de 1817.

Pour peu que cela dure, la félicité n'aura plus de bornes , et les heureux mêmes trouveront leur nombre trop grand.

Nous avons été victimes des deux concordats imprévoyans de 1516 et de 1801. Les nouveaux prélats le sont du concordat de 1817. Puissent ces exemples servir de leçon pour faire redresser l'ordre qui nous a valu nos malheurs , et les épargner à ceux qui nous suivront dans la même carrière ! C'est pour eux que cet écrit a été composé , puissent-ils en recueillir les fruits ! Cette pensée me consolera de ce que j'ai eu à souffrir moi-même

par

suite de cet ordre.

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CHAPITRE XXVI.

Motifs et droits du pape dans les refus directs ou indirects

des bulles.

Par le devoir de sa place le pape doit pour voir au service des églises. C'est-là le but de l'institution. Il ne peut pas plus refuser le service à l'Église que le prince ne le peut à l'égard de l'État. Que dirait-on d'un prince qui entreprendrait de régler le mouvement de l'État sur les degrés de sa satisfaction propre, qui arrêterait le gouvernement quand il serait mécontent, et qui le remettrait en jeu, lorsque la satisfaction serait rentrée dans son coeur? Le pape n'est pas le chef de l'église pour lui, mais pour elle, parce que si elle peut se passer de tel ches, elle ne peut jamais se passer d'un chef. Tout ce qui entre dans l'intérêt de l'église en général, et dans celui de chaque église en particulier, ne peut donc se présenter aux yeux du pape que sous les rapports du devoir et par conséquent indépendamment de toute considération personnelle. Par les concordats, les papes ont le

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