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tout conviait à le faire; à cette source de paix et de droiture, parce qu'elle l'est de liberté; au lieu qu'avec toutes les religions officielles on court le risque de n'avoir que des visages d'hypocrites et des cours de révoltés !

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Faits relatifs à la querelle du pape avec Napoléon.

Bulle d’excommunication. Premier degré de captivité. Nouveaux actes du pape. Second degré de captivité.

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Ce titre montre l'intention du récit qui va suivre.

Une querelle s'allume. Les combattans sont de nature différente. L'un a des armes, l'autre des titres au respect, et les droits que donne la vertu. Tous les caurs généreux vont être pour lui. L'un est très-faible et l'autre très-fort. A ce titre, l'intérêt ne peut appartenir à celui-ci: le coeur humain ne lui accorde que les droits à la justice. La politique agit seule et en liberté d'un côté. De l'autre, se trouve un bisarre assemblage de la politique avec la religion. Des mécontentemens antérieurs, des excitations étrangères, une grande ignorance du caractère de l'ennemi, que l'on sert en voulant le combattre, des conseils à contresens de tout ce qui existait et de tout ce qu'il

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y avait à faire, tels sont les mobiles qui ont décidé de tout ce qu'on va voir.

Il est arrivé dans cette querelle ce que l'on remarque dans beaucoup d'autres. D'un côté le mécontentement aigrissant les esprits, avait préparé la division : l'étranger était venu l'augmenter et en profiter. Des hommes, organes d'un parti très - honnête, sûrement, mais très-ignorans du monde et des affaires, faisaient suivre un plan contraire à ce que demandait la nature des choses. Le pape mettait sa vertu et son courage à le soutenir. Les injures s'aggravaient, les blessures s'envenimaient, il était clair que l'on courait à une catastrophe.

De l'autre côté, le défaut de considération pour ceux avec lesquels on traitait, le sentiment de la force, son usage et son succès habituel, l'ignorance ou plutôt le mépris le plus complet de toute affaire religieuse dont alors on ne connaissait pas la portée, enfin la direction de ces mêmes affaires remplie au hasard et exclusivement par Napoléon, libre de se livrer aux aberrations de sa présomptueuse ignorance sur les matières ecclésiastiques , tels ont été les principes de sa

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conduite qui, sous beaucoup de rapports, a inspiré de l'horreur, et éloigné beaucoup de lui. D'après cet exposé, il a existe des torts de part et d'autre , quoique dans une mesure bien inégale , sans doute , les torts de la faiblesse ne pouvant jamais être évalués comme ceux de la force. On s'est conduit, à Rome, comme les aristocrates l'avaient fait en France. Rome était devenue un autre Coblentz; on aurait dit le côté droit de l'assemblée constituante, transporté à Rome; à l'exemple des aristocrates français, on vit alors les aristocrates romains faibles et provocateurs, sans défense et assaillans, opposant des protestations à des armes, des subtilités à des bataillons, appelant à la fois au combat et à la pitié, parlant à leurs ennemis un langage qu'ils n'entendaient pas, campés sur un sable mouvant et se croyant sur un rocher; de pareils hommes font éprouver un supplice bien pénible, celui d'être forcé à partager pour ainsi dire en deux le même homme dont on rechercherait l'un

pour ses qualités estimables, et dont on fuyerait l'autre dès qu'il s'agit d'affaires. Comment, en effet, s'y embarquer avec des esprits faits de cette sorte ! C'est un

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des tourmens les plus cuisans que l'on ait eu à supporter depuis trente ans que cette classe d'hommes'a fait irruption dans les affaires; on souffre de ne pouvoir accorder un grain de confiance à qui, sous d'autres rapports , on ne peut refuser beaucoup d'estime; de ne pouvoir converser pendant l'espace d'une seconde, avec qui l'on se sentirait porté à passer sa vie, d'avoir à traiter avec des hommes à la fois estimables et insupportables, propres à honorer beaucoup de choses, mais à en gâter encore davantage.

Cette malencontreuse disposition des esprits va éclater dans le récit qui suit. Je marche les preuves à la main. Le temps des passions, c'est-à-dire celui où l'on immole tout au désir de satisfaire une affection, à quel

à que prix que soit cette satisfaction, ce temps, dis - je, est passé. Celui de l'histoire, c'està-dire celui du sang-froid et de la juste appréciation des choses l'a remplacé. A cette époque, comme il s'agissait de nuire à Napoléon, tout ce qui venait de Rome était saint, admirable , divin : car tel est le crescendo des jugemens passionnés, les passions empruptent leur langage à l'extase. Mainte

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