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que les chapitres n'ont d'autre fonction, et par conséquent d'autre pouvoir que celui de choisir dans la huitaine, un ou plusieurs économes avec un official ou vicaire capitulaire. Il déclare ensuite que ces mêmes économes et officiaux ou vicaires, une fois élus, ne dépendent plus du chapitre, mais de l'évêque

futur, à qui après sa promotion au gouvernement de l'église vacante, il est ordonné d'exiger d'eux le rendement de compte de leur conduite, jurisdiction, administration et fonction quelconque, et de les punir s'ils avaient commis quelques fautes; quand même ils auraient obtenu du chapitre l'absolution et l'entière décharge desdites fautes. D'où découlent deux conséquences évidentes: la première que les officiaux une fois établis, l'exercice du gouvernement ecclésiastique ne réside plus entre les mains du chapitre, mais entre celles des premiers : la seconde, que cet official capitulaire doit nécessairement être une personne distincte de l'évêque qui sera promu.

Ainsi donc, d'après les sanctions canoniques et pontificales, d'après la discipline qui est en vigueur dans l'église, et contre laquelle il ne peut exister aucune délégation légitime, le vénérable frère évêque de Nancy, dont il est question, est absolument inhabile aux fonctions de vicaire ou official capitulaire de l'église métropolitaine de Florence, par là même qu'il a été nommé archevêque de cette église.

Mais ce qui le rend surtout inhabile à cette élection, c'est qu'il a contracté avec une autre église, un mariage spirituel, qui ne peut être dissous que par une dispense expresse du siége apostolique, ce qui fait que l'évêque d'une église ne peut être transféré à une autre, sans une faveur spéciale du saint siége, faveur que l'on n'accorde jamais que pour des raisons graves et légitimes.

Puisqu'il en est ainsi, vous comprendrez sans doute que vous vous rendriez coupable de témérité et d'une très grande faute, si vous vous démettiez de vos fonctions, pour ouvrir à un autre une entrée que l'église lui a fermée; vous comprendrez que toute délégation de ce genre, faite par le chapitre, non seulement est blâmable, mais encore qu'elle serait nulle et invalide: comme aussi, pour plus grande précaution, autant que besoin soit, nous la déclarons aujourd'hui et pour lors nulle et invalide, en vertu de notre autorité; parcequ'en cela on atten. terait aux plus saintes loix de l'église et à sa discipline ordinaire, et que ce serait tendre évidemment à obscurcir et détruire les principes de la mission légitime, à mépriser et anéantir l'autorité du siége apostolique.

Voilà ce que nous avons cru devoir vous écrire en peu de mots, uniquement parceque vous nous avez demandé notre sentiment, et non point que nous soupçonnions que rien de semblable pût arriver, soit de votre part, ou de celle du chapitre métropolitain de Florence, soit de la part de notre vénérable frère l'évêque de Nancy. Nous avons de vous une si haute idée, que non seulement nous ne craignons pas que vous méprisiez les réglemens des SS. canons,

mais au contraire nous sommes très-persuadés, que vous serez toujours prêts à les observer, à les faire connaître et à les défendre malgré les menaces et la flatterie.

C'est pourquoi, en notre nom et par notre ordre, vous ferez part de cette déclaration de nos sentimens à nos chers fils les dignitaires et les chanoines de l'église métropolitaine de Florence; et nous vous donnons à tous, du fond de notre cour, notre bénédiction apostolique. Donné à Savone, le 2 décembre 1810,

la onzièmc année de notre pontificat.

PIE VII, pape.

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CHAPITRE XXXIII.

Examen de la conduite du pape et de Napoléon.

Je sens que dans une pareille matière beaucoup d'hommes, et surtout parmi les ecclésiastiques, sont encore plus portés à rechercher la pensée personnelle de l'auteur, que

le fond même des faits. Il faut avoir du temps de reste pour faire de pareilles demandes; au contraire, il faudrait être persuadé

que le public n'en a point à donner à ces petites choses. J'ose croire que la manière dont jusqu'ici j'ai présenté ce débat, ne prête à aucun soupçon de partialité. Que l'on voye les positions. Napoléon est bien loin : le pape est à Rome : je n'attends pas plus de l'un que je ne crains de l'autre. Reste donc mon devoir d'historien, et mon indépendance personnelle pour le remplir, attribut précieux, indispensable dans quiconque parle ou agit pour

le public.

Toute contestation avec le pape est embarrassante, en raison de son double caractère;

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T, II

le mélange du spirituel avec le temporel arrive là tout de suite : le mot de religion est aussitôt prononcé, les expressions de paternité se mêlent au débat, il n'y a point comme dans les contestations purement politiques un personnage simple, homogène, et de même nature que la partie adverse. Les angustes fonctions du pape, sa faiblesse même commandent

, des ménagemens et des égards qui ne sont pas également requis envers des adversaires plus robustes et moins sacrés. Là il n'y a d'atteint que les intéressés ; au contraire, les querelles avec les papes remuent toute la famille catholique, et la font intervenir par un sentiment qui ne peut appartenir de même aux contestations entre des princes qui ne présentent pas le même caractère. Les contestations avec les papes sont donc très embarrassantes

par

leur nature, et sont destinées à le devenir davantage par les progrès de la civilisation; Rome qui en a tant de frayeur, comme tout le monde aura sa part de ses bienfaits.

De tout temps, la guerre en Italie et surtout au royaume de Naples a compromis les papes et Rome. Voyez l'histoire depuis l’in

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