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que le temps actuel a dû leur procurer; mais du moins faudra-t-il convenir que ce n'était pas à Napoléon à les leur distribuer.

Cet événement, comme mille autres, est déjà loin de nous : il n'en reste qu'une seule chose, la preuve de la nécessité de connaître enfin les droits de la cour de Rome, et d'en convenir une fois pour toutes. Fut-il jamais chose plus singulière, qu'une puissance établie au milieu du Monde, sans droits reconnus et limités d'un accord commun, en possession de pouvoir tirer de ses arsenaux, au moment où l'on s'y attend le moins, quelque arme toute neuve à force de vétusté, et dont l'usage embarrassant pour tous entrave les uns, surpris de son apparition, et fait blesser les autres par les moyens que le ressentiment sait employer. La chancellerie romaine est un phénomène au milieu de l'Europe ; elle voudrait diriger le Monde avec ses rubriques, comme la vraie Rome le dirigea avec son épée. 11

y a pourtant quelque différence entre ces deux instrumens.

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Il y a eu deux commissious ecclésiastiques;
1°. En 1809 et 1810.
20. En 1811.

La première fut creée au fort des querelles de Napoléon avec le pape : alors la captivité de Savone avait lieu. Le pape par sa lettre du 26 août 1809 avait témoigné à M. le cardinal Caprara son éloignement pour accepter l'arrangement proposé par Napoléon, d'après lequel les bulles devaient être délivrées sans la mention de son nom, adressées soit au conseil d'État, soit au ministre des cultes, qui par le consentement tacite des parties, auraient eu l'air d'avoir nommé; cette pièce a été rapportée plus haut: il faut convenir que c'était en soi-même un pauvre expédient, et fort dépourvu de dignité. Napoléon tout en montrant le desir de tout pacifier, cependant dérogeait beaucoup comme chef de l'État. Lorsqu'il s'agit des droits de celui-ci, il n'y a

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pas à capituler; dès qu'ils sont reconnus, ils doivent être maintenus, aucune affection personnelle ne doit être écoutée. Avec une cour aussi attentive qne

l'est celle de Rome à transformer tout fait en droit, aucune déclinaison de la ligne directe des principes ne peut être admise, sans les plus graves conséquences, parceque Rome inscrit tout dans ses archives en caractères ineffaçables. Napoléon n'avait pas assez pesé ce qu'il faisait en adoptant cette proposition; une lueur de paix l'avait frappé et séduit: si à cette époque la commission eût été réunie, elle l'aurait rappelé au maintien des principes et à celui de ses droits.

Les embarras dans lesquels Napoléon s'enfonçait tous les jours davantage, donnèrent naissance à cette commission. Il était à bout de voies. Après s'être retourné en tous sens, il se retrouvait à son point de départ, la même résistance se représentait toujours, et les coups venaient s'amortir sur un roc vif, impénétrable, et qui avait l'air de se raffermir par l'ébranlement même que l'on voulait lui imprimer: car telle est la nature des résistances que l'autorité civile rencontre toujours dès quelle se mele de religion.

où il au

Ne sachant plns comment avancer, ne voulant pas reculer, Napoléon finit

par rait dû commencer, c'est-à-dire par appeler

des guides qui le dirigeassent sur cette terre dont il se fatiguait à parcourir les profondeurs vagues et inconnues de lui.

Telle fut l'origine des commissions ecclésiastiques.

Dès qu'elles parurent, elles fixèrent tous les regards, par plusieurs raisons.

1o. La nouveauté de la chose. A cette époque cela était neuf.

2o. L'importance de la chose elle-même.

30. Le mouvement que les affaires religieuses ont donné à la France depuis trente ans, mouvement curieux à observer, surtout par l’espèce de petit peuple qui s'en est le plus mêlé. Il y a eu une grande influence, et il

у a bien paru , car il y a tout gâté. Pendant la

, a révolution, la religion a presque toujours été un moyen d'opposition politique. Les chevaliers de l'autel et du trône, dont la révolution fit tout-à-coup une si ample promotion, et qui avaient besoin de toute leur mémoire pour se rappeler leur catéchisme, étaient à la religion ce que les chevaliers des

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ordres religieux et militaires étaient devenus pour le célibat; ce n'était qu'un parti proférant un nom nouveau pour se conserver en jouissance des choses anciennes. Cette même disposition d'opposition ultra religieuse était fort marquée dans le temps de Napoléon; le parti tremblait que

les affaires ne prissent un terme , et surtout il avait peur des missions à Savone. En sa qualité de parti d'opposition, tout ce qui en diminuait l’aliment, ne lui convenait pas. Salamandre politique, pour vivre il lui fallait le feu de la discorde. C'est ce qui , à l'époque de l'arrestation des trois évèques du concile, faisait diré à un personnage connu par sa persévérance dans ce genre d'opposition : tout va bien, la persécution va commencer.

40. Par le choix des prélats qui formèrent cette commission. Elle ne fut pas composée tout-à-fait de même dans les deux années.

M. le cardinal Caselli ne fit point partie de la première. Je n'en étais pas.

M. l'évèque de Verceil mourut dans l'intervalle de la première à la seconde. Le père Fontana, général de l'ordre des Barnabites, ne fut pas membre de la seconde. .

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T. II.

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