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banlieue les condamnés aus galères et au une déclaration

da 12 mars suivant. bannissement. Cependant la nouvelle dé- Le besoin que nous avons de faire passer claration adoucit la peine à l'égard des bannis; des habitants aus colonies nous a fait regarelle ne les frappe qu'autant qu'ils auraient der comme un grand bien pour notre Etat élé condamnés cumulativement au carcan de permellre à dos juges, au lieu de ropou d'autres peines corporelles. Elle atteint damner lesdits vagaboniis aus galères, d'arceur qui ont été condamnés deux fois au donner qu'ils seront transportés dans nos bannissement, ou qui ont été punis pour colonies comme engagés, pour y travailler avoir rompu leur ban. Tous condamnés ou aus ouvrages auxquels ils seraient destinés, bannis hors du cas d'exception, trouvés à ainsi qu'il est porté par notre déclaration du Paris un mois après l'ordonnance, seront 8 janvier. condamnés, les hommes à être envoyés aux Mais plusieurs parlements du royaune colonies, les femmes à être enfermées à ont doute que cette déclaration, qui est l'hôpital général, pendant un temps laissé générale, fût applicable à des mendians à l'arbitrage des juges. Ceux condamnés à arrêtés au delà de Paris et de sa banlieue. etre envoyés aux colonies devront être en- La nouvelle déclaration porte qu'elle autofermés incessamment dans l'hôpital général rise les juges dans toute l'étendue du foydu de la ville de Paris, pour y étre nourris et me à ordonner que tous ceux qui, étant gardés jusqu'à ce qu'ils soient conduits dans convaincus d'être vagabonds, auront pu et les poris pour y etre embarqués. Ceux qui, du être condamnés aur galères, selon les transportés aux colonies , rentreraient dans rigueurs et ordonnances, soient transportés le royaume, seront condamnés au carcan et aux colonies, où ils pourront être condanaus galères à perpétuité ou à temps, à moins nés à travailler comme engagés pour un que les juges n'estiment plus convenable temps ou pour toujours. de les transporter de nouveau dans les co. Ceux qui se diront faussement soldats lonies.

porteurs de faux congés ou contrefont les Une ordonnance du 10 mars 1720 renou. estropiés, sont condamnés au carcan et au velle la prescription de conduire aux colo- fouet, et même aux galères. Défenses d'emnies ceux qui se trouveront valides et d'âge pêcher lenr arrestation et de favoriser leur convenable.

évasion. Défenses aux mendiants de se reIl s'est répandu dans le royaume, porte tirer en troupes et de commettre aucuties !'ordonnance', un grand nombre de vaga- violences, à peine de la vie. Les officiers de bonds et de gens sans aveu dont la plupart police dresseront chaque mois un état simendient avec insolence et scandale, plutot gnalé des vagabonds et mendiants valides par libertinage que par une véritable né- qu'ils auront jugé devoir etre transportes cessité. Plusieurs, originaires de Paris ou y aux colonies (art. 9). Ils enverront une es demeurant, au lieu de s'occuper à des pro- pédition de ces états au secrétaire d'Elst de fessions utiles, cherchent et trouvent leur leurs provinces, et les ordres sont expédiés subsistance dans une mendicité honteuse. pour les faire conduire dans les lieus où ils Sa Majesté, de l'avis de M. le duc d'Or- devront être embarqués. léans, veut el entend que huit jours après Il parait que les archers chargés d'esama la publication de l'ordonnance, tout men- ter l'ordonnance de transportation abouziert diant, vagabond, gens sans aveu, qui n'ont de leur autorité. Ils arrêtaient des gens qui aucune occupation connue ni bien pour n'étaient ni mendiants ni vagabonds; et les subsister, et généralement tous ceux qui passants, les soldats, les domestiques, le ne peuvent faire certifier leurs bonnes vie menu peuple de se ruer sur les archers ex el mæurs par personnes dignes de foi , se de protester contre les captures non justiretirent au lieu de leur demeure ou s'oc- fiées. Plusieurs particuliers attroupes tocupent à des professions utiles. Les valides multuairement oni troublé les archers dins u'âge convenable doivent être conduits aux l'exécution des ordres de Sa Majesté. Ils colonies (art. 2), et les infirmes renfermés fallait pas donner raison à l'émeute. C'esta dans les hôpitaux pour y subsister jusqu'à empêcher l'un et l'autre désordre, celui des ce qu'ils soient en état de subsister sans rébellions contre la force armée, et celu! etre à charge au public. Défense à tous pro- des arrestations arbitraires, que pourse priétaires ou locataires , à tous loueurs de une nouvelle ordonnance du régent du s chambres garuies de les recevoir de jour ni mai de la même année 1720. (Voy. Mexie de nuit; défense de leur donner retraite cité.) Les mendiants transporiés dans les dans les châteaux, maisons, granges, mou- colonies devront y travailler comme en Jins ou autres dépendances; défense de leur gés, soit à terme , soit à perpétuité, bas administrer ni vivres ni aliments, à peine sans que la peine, dans ce dernier cas, eD de désobéissance et de prison. Injonction à portat la mort civile. tous officiers de justice, de police et de la L'exportation des libérés et des boties force publique de faire perquisition dans dans les colonies françaises n'est pas les maisons qui logent la nuit, ou retirent longue durée. Une déclaration de la me.. les mendianis, fainéants et vagabonds, de époque de la régence du 5 juillet 1722. :2se faire représenter par ceux qui se dironi porte l'ordonnance de 1719. Les cohody inanæuvres ou moneuvriers les certificats porte le préambule , se trouvant à preses de leurs mailres ou conducteurs.

peuplées par un grand nombre de for Les mērues dispositions se retrouvent dans qui y ont passé volontairement, plus fine

à entretenir un bon commerce avec les na- efficace de régénérer par le mélange de son turels du pays que cette sorte de gens qui · limon la fange impure des enfants corromy portaient avec eux la fainéantise et leurs puls de la civilisation : non, elle ensevelirait mauvaises meurs, le gouvernement rap- leur misère et leurs vices avant d'être, féporte la déclaration de 1719, tant pour le condée. bon ordre du royaume que pour le plus Tout ce que demandait le comité à la pogrand avantage des colonies.

litique, c'était que le lieu de la transportaLe temps d'une bonne organisation péni- tion foi à l'abri des puissances étrangères. Et tentiaire n'était pas venu, et c'est à nous comment défendre d'un coup de main celle qu'il est donné de l'asseoir.

colonie qui n'aurait pour la garder que des La déclaration de 1722, en revient, pour les mendianis ? Plusieurs contrées paraissent au condamnés et les bannis en rupture de comité offrir, plus ou moins complètes, les bun, à la peine des galères. (Archives na- conditions désirables. Des mémoires nomtionales.)

breux lui étaient parvenus qui recommanLes colonies réclamaient elles-mêmes daient à son altention à peu près toutes les contre la transportation des malfaiteurs. Les parties du monde. Le gouvernement était parlements s'étaient opposés aussi à la trans- mieux placé, pensait le comité, que le pouportation. Il fallut recourir de nouveau aux voir législatif, pour peser les avantages et les ateliers d'industrie, à la colonisation sur le inconvénients de l'occupation de tel ou tel territoire. L'essai a lieu sur une nouvelle territoire. Cependant il se prononce pour la forme. On distribua les mendiants par com- Corse : oubliant ses prémisses, qu'il venait pagnie de vingt hommes, et on les employa de poser, à savoir, que le lieu d'exportation aus travaux des ponts et chaussées. L'im- devait elre vide d'habitations, La Corse avait puissance de la force publique à les conte- bien besoin, en etfet, de ces nouveaux venir fut l'obstaele apporté à ce nouveau plan. nus, de ces repris de justice, de ces hardis Ce fut alors qu'on recourut aux dépois de violateurs des lois, elle qui avait tant de meadicité. Voy. MENDICITÉ (1733).

peine à opérer l'évolution de sa condition L'assemblée constituante revient à l'idée demi-sauvage à nos meurs. Depuis vingla de la transportation aux colonies des men- cinq ans d'union à la France, poursuivait

le diants en tierce récidive.

comité, elle avait été constamment à charge Le lieu de transportation doit offrir un à sa nouvelle patrie; rien n'avait été entreIravail abondant et un marché d'exportation. pris pour améliorer sa culture; dans les trois Le comité entend que le transporté soit li- quarts de son étendue elle pouvait donner la bre, comme si les vicieux n'étaient pas sen- plupart des précieuses productions qu'on al: blables aux enfants et aux fous à qui il faut lait chercher de l'autre côté de l'Atlantique. des tuteurs attentifs et des gardiens sévères. Des communications plus intimes avec nous Deces hommes corrompus, à demi abrutis, - adouciraient ses meurs, détruiraient ses préen fait des industriels actifs et tout de jugés et lui enseigneraient l'emploi de ses suite des commerçants ! Il demande pour forces. Le comité, suivant toujours son idée, foi un sol abondant et productif, mais pro- explique tout ce qui manque à cette ile. Ce fuctif seulement à force de culture. Les qu'il dit est vrai, mais comment tant de bonnes fikeurs des transportés, disait le rapporteur, raisons pouvaient-elles aboutir à la conclucourront plus de risques sous un ciel tropsion d'y jeter des bandes de mendiants liclément qu'au sein d'un climat plus sévère. bres ! Des mendiants sans discipline, offerts Si la lerre est prodigue de ses fruits, le men- en exemple à la Corse pour lui montrer le diant inclinera au repos ; c'est la tendance progrès en perspective, par le chemin du trade l'homme, et celle du mendiant surlout. vail et de la liberté ! Que le trésor soit dans le sol, ajoute-t-il, Son opinion émise, le comité concluait à mais qu'il faille le remuer profondément ce que le roi fQt prié de faire connaitre à pour l'en extraire. Ces terres inondées de- l'assemblée le lieu qu'il jugerait convenable viendront fécondes, mais à la condition de à la transportation et le mode aussi le plus les dessécher; ces rivières porteront les ar. favorable à l'établissement de la colonie. bres séculaires qui peuplent ces forêts vier- Voy. SYSTÈME PÉNITENTIAIRE, ges; mais, dans ces forêts, il faudra y pé- Letransporté, pendant la durée de sa peine, nétrer ; mais, dans ces colosses végétaux, il ne pouvait travailler que pour le compte du faudra plonger la cognée. Le comité s'aveu- gouvernement ou des chefs libres qu'il se Ele an point de voir dans les mendiants serait donnés. Il était nourri par le gouExportés des eolons sur lesquels la métro- vernement et recevait un quart de son salaire. pole peut compter, à qui elle peut faire des Le conseil de la colonie pourrait abréger la avances dans lesquelles elle rentrera, et durée de la peine et prononcer la liberté, si dont elle sera indemnisée par d'utiles échan- le transporté s'en rendait digne par sa bonne ges! Des rapports réguliers, un commerce conduite. sQr entre les condamnés et leurs juges ! le Sa peine expirée, le condamné resterait dans comité de mendicité y pense-t-il ?

la colonie pendant une année d'épreuve. It échappait au danger du contact entre les L'année révolue le conseil colonial pourrait Dendiauils et la population indigène en po- encore retenir le libéré, si sa conduite avait sant comme régle, que la transportation au- été mauvaise. Le conseil donnerait à chaque tait lieu sur une terre entièrement inhabitée. détenu, mis en liberté une quantité de biensIl attribuait à cette terre primitive la vertu fonds suffisante pour le faire vivre en travailDICTIONN. D'ECONOMIE CHARITABLE. III.

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Jant. S'il quittait la colonie, la terre cédée mérique méridionale qui s'étend entre 10faisait re:our au domaine de l'Etat. La co- rénoque et la rivière des Amazones. Conlonie avait un gouverneur et une adminis- prise entre les 2 et 6° de latitude nord, tration civile à la tête de laquelle était placé entre les 42° et 57° de longitude ouest de Pr un administrateur général chargé du pou- ris; elle est bornée, au nord-est, par l'océa voir exécutif du conseil. Le gouverneur ne Atlantique ; au nord-ouest et à l'ouest, park pouvait employer la force niililaire que sur cours du Maroni, qui la sépare de la Guyane la réquisition de l'autorité civile. Les règle- hollandaise, et par les pays intérieurs, de ments relatifs à la discipline et aux travaux core peu connus, situés au delà du Rio Branco de culture élaient dans les attributions du et enän, au sud, par l'ancienne Guyane e conseil colonial. Le gouverneur et l'admi- tugaise, qui appartient aujourd'hui à la nistrateur général rendaient comple au mi- pire du Brésil. La limite méridionale de nistre de leurs actes, chacun en ce qui les Guyane française n'est pas encore exacteme concernait, Si le comité admet une force mi- déterminée. Dans l'origine, elle était for litaire, nous le comprenons ; mais que de- par la rivière des Amazones. Le traité de vient alors la liberté promise au men- clu à Utrecht le 11 avril 1713, en réserve diant ?

exclusivement au Portugal la navigation Les transportés avaient le droit de pétition ce grand fleuve, céda à la même puissa auprès du conseil chargé d'y faire droit. L'ad- la propriété des terres appelées du cap.de ministration prenait à son comple, d'après et situées entre la rivière des Amazons un tarif réglé par le conseil, tous les produits celle de Japoc ou de Vincent - Pinson, de l'industrie des délenus, et le prix en était la limite des deur Guyanes, françaiseet payé comptant à ceux-ci, soit en argent du tugaise, à la rivière de Vincent-Pinson pays, soit en marchandises, soit en comesti- Depuis lors, la détermination de cette ling bles. Sur les objets d'échange l'administra- a éié un objet de contestation entre la Fn tion faisait une retenue destinée à acquitter et le Poriugal. ses frais. C'était l'équivalent d'un impôt. Les Le vague des limites intérieures produits de la colonie étaient transportés en Guyane française ne permet pas de déter France au profit de l'Etat ; mais il était ex- ner l'étendue du territoire de la colonie pliqué, que le jour où le commerce et la po- manière précise. On peut dire seulement pulation de la colonie seraient assez étendus la longueur de son littoral, depuis le Mara pour que les bannis pussent vendre eur- jusqu'à la rivière Vincent-Pinson, est de mêmes leurs denrées aux marchands, ils en lieues communes, sur une profondeur auraient la liberté, en tenant compte an gou- poussée jusqu'à Rio Branco, ne serait vernement, à titre d'indemnité, de la moitié moins de 300 lieues, et donnerait alors de leur valeur. Ce ne sont plus là tout à fait superficie triangulaire de plus de les doctrines produiles plus haut, mais c'est lieues carrées. On évalue approximative! tout aussi chimérique. Les mendiants sont la distance de Cayenne à Brest, à 1,3211 des colons stipulant librement avec leur mé- ,marines de 20 au degré(99). tropole des droits incontestables, et non des L'ile de Cayenne à sans doute adhére citoyens expiant leurs torts envers le corps continent, dont un petit bras de fleur social. Vous figurez-vous des condamnés sépare. Elle est formée au nord par la trailant de puissance à puissance avec leurs et dans le reste de sa circunférence juges, des hommes flétris anxquels vous ap- rivière d'Oyac de Cayenne et d'oya pliqueriez tout à coup les procédés de la plus On lui donne cinq ou six lieues de long haute civilisation. Cette partie des travaux sur trois de large. Le terrain y est bas, de l'assemblée constituante n'en est pas moins vert de bosquets de palétuviers, parses un grand effort législatif dont la tentative de collines riantes et vertes. Quoique sal Botany-Bay a révélé les difficultés et les neux, le sol offre à la surface une on avantages.

noirâtre qui est remplacée par une 8 J1. Tentatives de colonisation en Guyane. rouge à deux pieds de profondeur. Per

Les tentatives de colonisation dont la la saison des pluies, il se forme sur Guyane a été le théâtre à diverses reprises et territoire des pâturages qui se fane si longtemps sans succès nous portent à lui meurent avec la sécheresse. Les solte consacrer un chapitre à part. Nous entre- de la Guyane offrent sur tous les poing rons dans tous les développements que le su- magnifiques bois de construction que jet comporte.

rivières rapides et nombreuses pourrer Guyane française. - La Guyane française faire descendre jusqu'à la mer. Tout est une portion de cette vaste contrée de l'A- fleuve ou bois dans celte contrée. Les

(98) Le Vincent-Pinson, c'est l'Amazone, et les de cel admirable Neuve et celle de ses innou bords de ce fleure sont les seules limites méridio- bles allucnls doivent élre aujourd'hui le dom nales qu'on puisse assigner à nos possessions de de tous; en d'autres termes, la navigation de la Guyane, comme la merel le Rio-Negro en sont les zone doit être libre. Ceci importe plus que limites naturelles à l'ouest et à l'est. Des raisons pourrait le croire, non-seulement à la France, politiques de premier ordre s'opposent à ce que encore à l'Europe. I'Amazone reste la propriété exclusive d'un peuple (99) La traversée de France à Cayeune eshte ignorant, faible el divisé, à ce qu'il devienne la jours, en calculant sur une marche moyenne proie de la première puissance avide qui voudra y 40 licues par jour ; e!le est un peu plus les eter des comploirs et des soldals. La navigation pour revenir de Cayenne en France.

glais ont déjà utilisé pour leur marine les du rivage. Ils paraissent descendre des Cacolosses de végétation que produit le sol. raïbes et forment plusieurs tribus, dont le L'Oyapock, l’Approuague, l'Oyac, le Kouron, nombre, dans la Guyane française, peut être le Sinnamary, le Maroni, le Cap-Nord, en fixé à dix : Les Galibis, qui habitent sous le font comme un vaste lac semé d'iles jm- vent des rivières de Sinnamary, Iracoubo, menses. Que de richesses dorment dans cet Organabo et Mana, au nombre de 400 enviespace ! Quel sol fécond doit être celui qui ron; les Aracas, moins nombreux, réparte nourrit de tels rameaux.

dus dans la même zone; les Palicoubs, qui L'Oyapock, à son embouchure, a une liene campent, au nombre de 100, sur les savanes de large, coupée en deux portions à peu d'Ouassa et de Rocawa; les Pirions, les Caprès égales par deux iles étroites, l'ile Per- riacouyous et les Noragues, presque éleints; roquet et l'ile Bicbe. A la hauteur de cette les Marawanec, tribu émigrée du Brésil et dernière, et sur la rive gauche du fleuve, établie sur la rivière d'Approuague; les fait située la paroisse i'Oyapock, où les Oyampis, aussi originaires des bords de missionnaires avaient groupé un bon nom- l'Àmażone, et aujourdhui la plus forte tribu bre d'Indiens sous la protection d'un fort, de la Guyane, comptant près de 4,000 noC'est un des établissements que les Anglais mades entre les sources de l'Oyapock et ont pris et incendié en 1724, et qui n'a pu celles de l'Orawari ; enfin les Coussanis et se relever depuis.

les Emerillons, plus sauvages et moins La rivière a 14 lieues parfaitement na- connus. vigables de son embouchure au premier Ces 6,000 sauvages environ, dont le nomsaut (appelé Rapide ou Cascade). Dans cette bre pourrait s'accroitre et étre porté à 10,000, Stendue se succèdent les sites les plus va- a de quoi tenter la civilisation. Le christiariés et les plus pittoresques; de temps en nisme leur doit sa morale; ils ne l'auront temps des ilots verts coupont le fleuve et le pas atlendu en vain deux siècles et demi; font serpenter en cinq ou six bras. A ce pre- ils n'auront pas élé en vain deux siècles et mier saut, l'Oyapock' forme comme un lac demi en terre française. Il y a là de quoi encaissé dans les terres, et au milieu du lac tenter nos missionnaires réguliers el sécuun flot que baigne l'écume de la cascade. liers. La colonisation y gagnerait. Cest là que M. Malouet trouva, en 1776, in Pour atteindre ce but, plusieurs moyens vieur soldat du temps de Louis XIV, qui s'y sont offerts. Le plus prompt, le plus effiétait retiré après la bataille de Malplaquet. cace à notre avis, serait de recueillir les 1 avait alors cent dix ans. Depuis quarante plus jeunes Indiens et de les faire insaus il vivait dans ce désert, aveugle et nu. truire en Europe, de les initier moins à Ace point s'arrête la population civiliséu nos sciences, moins aux lettres humaide l'Oyapock. Florissante jadis, pauvre au- nes, que dans notre religion, notre morale

puru'bui, elle se compose de gens de con- et nos arts pratiques. Recueillons les enleer

, de nègres libres, confondus avec un fants à la mamelle, instruisons-les à devepetit nombre de blancs. Leur méthode de nir les précepteurs moraux et matériels de culture consiste à défricher une portion de leurs frères les Indiens. Envoyons aux Interrain, travail qui a pris le nom d'abattis. diens, dans vingt ans, des missionnaires inbar l'espace que la hache ou le feu ont pré- diens, des prêtres indiens. Un grand préPére, ils plantent du manioc, des ignames, jugé, celui qui les éloigne de nous, comme des bananes; l'indolence des naturels est il nous sépare d'eux, le préjugé de la couun obstacle à des travaux suivis et exécutés leur, le préjugé de la race, aura cessé d'éleen grand. Le travail n'est pour eux qu'une ver une barrière entre leurs moeurs barbaException, et les jours de récolte même sont res et nou meurs civilisées ; fondons des pour eux des jours de régal (mahuri). écoles, mais que les moniteurs des écoles

Au delà de la zone habitée par ces colons soient de la couleur et de la race de leurs demi-civilisés, commencent les tribus in- condisciples indiens; employons le procédé diennes, dont les carbets, çà et là, bordent nouveau de cet enseignement mutuel du les rives du fleuve. Le carbét est la buite de Caraïbe par le Caraibe en Guyane, de l’Al'indigène. Il est formé de quelques pieux rabe sur l'Arabe dans l'Algérie, et les agents enfoncés dans le sol, qui supportent un toit civilisateurs auront double de puissance, et de feuilles de palmier. Voile d'ordinaire par nous irons après, fort ne nos essais, forts des to rideau d'arbres, il occupe le centre de la nous-mêmes, tenter sur la côte d'Afrique plantation, qui se compose de quelques toi- une plus difficile entreprise, celle de civilises carrées couvertes de tronçons d'ormes ser sur place, après la race cuivrée et la race demi-dévorés par le feu. Sans la chasse et brune, la race nègre. la pêche, le produit des cultures serait loin La suppression de la traite; la question de pourvoir à la nourriture des habitants. de l'abolition de l'esclavage, aujourd'hui

Ces indiens, vivant à la porte des établis- tranchée bien ou mal, laissent entière la Fement européens et mélés chaque jour à la question du fond, le problème à résoudre, population blanche, n'ont adopté aucun de que la traite résolvait mal, tranchait barbonos usages; ils u'ont fait que perdre, au con- rement, à savoir : l'avénement de la race tart, la franchise et la bonne foi des tribus africaine à la civilisation par l'intervention plus enfoncées Jans l'intérieur des terres. des Européens. Fort dour, d'ailleurs, ils vivent en bonne Les Indiens de la Guyane française varien: intelligence entre eox et avec les maîtres pour le teint du rouge cuivre au jaune brunl. Leurs cheveux sont gras, lisses, noirs, cou- trainés par les pluies et charriés par les pés ras sur le front. Ils ont la barbe et les fleuves jusqu'à la mer, où le mortemen poils rares. Leurs traits, sans avoir rien de des flots les réunit en bancs de vases mildistingué, n'ont pas l'expression stupide les, qui finissent, avec le temps, par se selja qu'on leur avait altribuée. Ils aiment à se difier, se fixer au continent et s'élever mise barbouiller de genipa et de roucou, mais au-dessus des eaux. Ces terres, une fois de sans pratiquer sur eux, comme certaines séchées, sont éminemment fertiles et propres peuplades brésiliennes, aucune mutilation à recevoir toute espèce de culture. Last hidense aux lèvres, au nez et aux oreilles. gion des terres basses ne s'étend pas d'ailLe seul vêtement des hommes est le calimbé, leurs uniformément du rivage de la mer ant celui des femmes la camisa. Ces dernières terres hautes de l'intérieur. On y rencontre marchent quelquefois complétement nues, quelques coteaux, et même de petites monts ce qui n'arrive jamais aux hommes. Demi- gnes, soit isolées, soit dépendantes de nomades, demi-sédentaires, ces Indiens ex- chaine des terres hautes qui règnent exch cellent à tirer l'arc, arme qui fournit à la fois sivement au delà des terres basses. à leur pêche et à leur chasse. La confection Les terres hautes se continuent su de leurs arcs et de leurs canots est toute leur

des premières cataracles des rivières, des industrie. L'excessive légèreté de ces canots

tir desquelles s'étend, dans l'intérieur et le parli qu'ils en tirent méritent d'être terres, une chaine de montagnes à peu njentionnés. Ils glissent comme des poissons, parallèles entre elles, et dont la direne par leur moyen, sur les rochers à fleur d'eau

générale court de l'est à l'ouest. Ces chakra qui barrent le cours des rivières, sans ja- de reliefs sont presque toules granitique mais se briser sur leurs pointes aiguës. La elles s'élèvent progressivement en alle pirogue chavire-t-elle, ils se jettent dans le vers le sud, à mesure qu'elles s'approche fleuve, la relèvent, la vident et la reigeltent

davantage des points culminants de l'ini à flot avec une prestesse inconcevable.

rieur du continent Le centre de la Gura Les sauts qui coupent l'Oyapock dans toute

française, entre le Maroni et l'Océan, sa longueur se retrouvent plus ou moins

parcouro par une de ces chaines, dont dans les autres rivières de la Guyane. Les vation au-dessus du niveau de la mer so légers canots peuvent seuls franchir cette

passe pas 5 à 600 mètres. Les terres han ligne de rescifs, et il faut les trainer sou

sont, en général, composées d'une esan vent sur les roches, à moins de continuer d'argile, plus ou moins mélangée de le voyage par terre. On les a comparés aux

granitique, de tuf et de parties ferry cataractes sous-marines d'Assouan en Egyp- neuses. te. A son premier saut, l'Oyapock, dans une largeur de 500 toises, offre une condition

On évalue à 503,510 hectares, ou 230 de courants et de contre-courants d'eaus tu

carrées environ, la partie du territoin multueuses et calmes, de cascatelles et de

Guyane française où se trouvent renfer lagunes, de rochers nus el d'ilots verts, au

les terres cultivées, en prenant pour bare milieu desquels saulent, frélillent ou dor

cette évaluation la surface comprise entry ment des milliers de poissons qui se plai

Maroni, l'Oyapock et une ligne passant sent dans ces parages iourmentés.

les habitations les plus éloignées de la Aucune description ne saurait rendre l'a

La partie de ces terres qui, par concess dresse des Indiens de la Guyane, sautant

ou autrement, se trouve possédée par d'un roc à l'autre, choisissant la ligne d'eau

colons, est d'environ 92,000 hectares, la moins rapide, calculant leur impulsion, lesquels on complait 12,098 hectares en parvenant à maintenir l'élan de la barque et

ture au 1" janvier 1836. Le reste consiste leur propre équilibre par des prodiges de

savanes ou en forêts. gymnastique et de force. Se laissent-ils glis

Les forêts de la Guyane française ser vers la mer, le péril est le même, et mencent à 15 ou 20 lieues des coles, pourtant l'embarcation file comme l'oiseau, prolongent, dans l'intérieur du conti glissant de défilé en défilé et loinbapt de cas- jusqu'à des profondeurs inconnues. cade en cascade, en défiant tous les écueils. qui couvrent les terres bandes produk Seulement, quand la hauteur de la cataracte toutes les espèces de bois dur, tandis est trop considérable, fixant une liane à l'avant, les terres basses ne donnent que ils se jettent dans les flots qui écument, ré- mous. sisleni et cèdent avec mesure, et luttent ainsi Dans ces forêts, où la nature déploie victorieusement contre le torrent.

luxe étonnant de végétation, les arbres On distingue les terres de la Guyane fran- sont point groupés par familles, mais çaise en terres hautes et en terres basses. Les pillés confusément, soit sur les terrains ierres basses s'élendent depuis le littoral récageur, soit sur les flancs ou au sommi jusqu'aux premières cataracies des rivières. des montagnes. Le nombre des espèces Une partie de ces terres se compose d'une considérable. Celles qui sont connues zone de terres alluvionnaires, couverte d'é- classées dans le pays de la manière suivant paisses forêts de mangliers et de paletu- Bois durs, dits de couleur, remarquables viers, et occupant toute l'étendue des côtes la beauté de leurs nuances et par le de la Guyane française. Ces terres alluvion- dont ils sont susceptibles, 10 espèces: naires doivent leur formation aux débris des durs, dits de 1" qualité, 28; boís durs. montagnes et aux détritus de végétaux en

connus, 6; bois mous, dits de 2e qualila,

des

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