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pénitenciers, une partie des règles spéciales excellent, leur moral est assez satisfaisan consacrées en France, en matière d'expro- on est prêt à recevoir les autres. Dans qo priation pour cause d'utilité publique, par la ques jours, un établissement définitif va loi du 3 mai 1841.

former à Ojapok, au lieu dit la Montag Un décret du 22 avril 1856 a créé, pour le d'argent. service des établissements pénitentiaires, un C'est là que M. le gouverneur Sarda-Ga corps spécial de surveillance organisé mi- riga sera les premiers essais de debuis Jitairement. Les derniers renseignements ment, car c'est par le déboisement qu'il ve fixent à 3,200 l'effectif général des transportés arriver à rendre quelque splendeur à présents en avril 1855, chiffre qui n'exprime Guyane ; c'est par l'exportation aus Anti! qu’incomplétement le nombre des individus et même en France des bois de construm envoyés à la Guyane depuis 1851, et que dont la Guyane abonde, qu'il espère faire nous savons être d'environ 4,000. Il y a eu, jour payer par la colonie les frais énore en effet, en 1852, 1853 et 1854, un certain que l'envoi des condamnés impose à la nombre de décès et des libérations assez nom- tropole. Les transportés à Cayenne form breuses, surtout parmi les individus envoyés trois calégories bien distinctes : les força à la Guyane par application du décret du 8 les libérés et les condamnés politiques. décembre 1851.

forçats sont pour le moment établis aus N'oublions pas de mentionner un aecret du du Salut, point très-sain situé à envinga 20 août 1853 qui, sans attendre la loi du 30 milles au sud de Cayenne. Là des baroja mai 1851 sur la transformation de la peine en bois abrilent ces condamnés, el une des travaux forcés, a permis d'envoyer à la pagnie d'infanterie et une de gendarmere Guyane tous les condamnés d'origine afri- surveillent. Iis sont pour le moment, as caine, soit forçats, soit réclusionnaires. (Voy. jettis à des travaux d'utilité locale. Les SYSTÈMES PÉNITENTIAIRES.)

du Salut, inbabitées jusqu'à ce jour se Nous trouvons dans une correspondance d'acclimalement pour les nouveaux de

ront d'entrepôt de marchandises et de adressée aux Annales de la charité, des rensei- qués; nos malades pourront, au besoin gnements importants sur la colonisation péni- etre placés. Quelques-unes de ces iles ientiaire. L'auteur est d'avis qu'à la Guyane, sèdent une bonne eau de source ; dans les noirs seuls peuvent se permettre les tra- autres, des citernes peuvent être ouverte vaux de la grande culture, c'est-à-dire l'ex. suffiront, pour l'année, aux besoins ploitation des cannes à sucre, du café, du population. Ces fles sont, comme on coton ; attendu que cette exploitation ne

de véritables vases de verdure sortan peut guère réussir que sur des terrains allu; l'Océan. vionnaires, pleins de marécages, et d'où

Quand les forçats sortiront de là, a s'exbalent des miasmes qui donnent la mort établira sur la grande terre de Cayer à l'étranger. Il n'y a donc, suivant lui, pour Mana, par Sinnamary et Maccouria, Cayenne d'autre avenir, au point de vue de intermédiaires de Cayenne à Mana étail son ancienne industrie, que dans la com

ments où l'on pourrait au besoin alle binaison qui permettra d'enrôler un certain terre et qui n'est pas à moins de 60 lieu nombre de negres, qui seront soumis, pour Cayenne. Les forçats rendus à la liberté plusieurs années, à un travail modéré, mais la surveillance de la police et de la gente constant et salarié

merie, seront employés au déboisemien L'avenir de Cayenne, continue l'auteur de forêts. C'est à Mana que le gouverneur la lettre, n'est pas tout entier dans l'exploi - faire un des principaus centres d'oq tation de ses habitations, et le gouverne- pation; c'est là que se ferait le déboise ment, en se décidant à envoyer dans celte Les vivres et un abri seront assurdi contrée ses forçats et ses libérés, doit lui forçats jusqu'au jour ou, pouvant ses donner une nouvelle vie. J'ai parcouru, dit- à eux-mêmes, ils ne seront plus pour le il, tout le littoral de notre établissement lonie une cause de dépense, mais au de Cayenne à Mana, passant par Macouvin, traire une base, un élément de sa prosp Kourou, Sinnamary et Mana ;il y a dece point future. Ces hommes paraissent animed à Cayenne 60 lieues. C'est à Kourou que l'es- meilleur esprit, le gouverneur exerce pédition ordonnée par M. de Choiseul, en. eux un grand empire; il veut les régénére 1770, vint finir si tristement : 12,000 hommes le travail, et les attacher à l'autorité, au abandonnés sur la plage, sans vivres, vernement par le sentiment de la record sans abri, sans secours d'aucune sorte, furent, sance. Leur état sanitaire, du reste, es en moins d'un an victimes de la coupable fait; peu ou pas de malades, aucun imprévoyance du gouvernement ; mais Les libérés sont provisoirement établis ne devrait pas, en France, s'abandonner aux aux iles du Salut, mais leur emplaceme craintes que le souvenir de ce désastre inouï distinct de celui des forcats; on les pourrait causer. L'expérience a parlé, et les sur la grande terre, et ils concourront mosures sont prises pour que les envois de au déboisement, mais séparés des fon condamnés n'offrent plus désormais que des Le gouvernement pourvoira à leurs bese sujets d'encouragement et d'avenir. Nous les mettra en mesure de se créer une avons ici 1,200 forçats libérés ou condamnés propriété qui suffira plus tard à leurs politiques, places momentanément aux fles soins. Ces hommes aussi sont de dusalut et de la Mère ; leur état sanitaire y est bonne volonté, je les ai vus de pres

de 150.

l'Erigone, et je suis bien convaincu que leur m'ont été fournis par des hommes coupé. intérêt

, leur avenir, les engageront à persé- tents, connaissant le pays et le climat, c'est sérer dans le bien. Les condamnés politiques, un moment peu favorable pour l'établissela plupart repris de justice, sont au nombre ment, près des Terres-Basses, d'Européens

qui ne sont pas acclimates. Il s'erhale Des Jésuites et d'autres missionnaires en effet, le soir surtout, après la chaleur du seront disséminés dans les divers établisse- jour, des marais desséchés où ont séjourné ments pénitentiaires, el se chargeront de la des détritus, des miasmes délétères, source partie religieuse et instructive des déportés ; il et cause de fièvres dites paludéennes, propres yaparmi ces prêtres, des hommes de science et à ce pays. Lorsque les pluies ont commend'un grand savoir-faire ; ils font tous preuve cé à tomber, au contraire, et que les marais d'un grand dévouement. Les Jésuites sont ici se remplissent, les émanations cessent et le sur leur domaine. Lorsque la Guyane était danger disparaît, ou du moins il y a peu deportugaise, ils y avaient de grands établisse- fièvres, et elles ne sont pas aussi malignes ments; l'hôtel du gouverneur, la plus belle que pendant la saison sèche. Les pluies construction de Cayenne, a été élevé par commencent d'ordinaire à tomber vers le eux. Ils ont laissé dans ces contrées un sou- mois de novembre; or, en expédiant mainvenir qu'ont cimenté leur esprit de suite, lenant les bois nécessaires pour la construcleur inébranlable constance, et leur foi en lion du bâtiment, je ne pourrai envoyer les leur mission.

transportes que vers le milieu du mois La Guyane telle que nous la possédons, prochain, en faisant d'abord partir les noirs, malgré la contestation que le Brésil élève sur ainsi que vos instructions me le prescrivent, la question des limites, n'en est pas moins pour les premiers travaux à exécuter. Ce uu grand et magnifique pays ayant une pro- sera donc seulement lorsque la saison plufondeur immense et plus de cent lieues del vieuse sera tout à fait ouverte, que j'expécotes. Las indigènes sont paresseux, et cela dierai les transportés blancs, et c'est précise conçoit : le pays produit en abondance sément là ce que j'ai depuis longtemps tout ce qui est nécessaire à la vie. Comme à calculé en vue de les placer dans des condiTaiti

, l'indien trouve des fruits, des légumes, tions climatériques les plus favorables à du poisson, et de plus, du gibier; et pour leur arrivée sur la Grande-Terre.» tani deux heures de travail par jour suffiraient Nous avons anticipé sur la colonisation pour faire produire à la terre cinquante pour moderne en Guyane dans cette première

rent de la semence. Il y a ici d'autres élé- section, affectée à la colonisation française ements de richesse que le sucre et le café, il avant 1789, par les raisons qui nous ont

ne s'agit que de les exploiter. Nos libérés portés, dans divers sujets de ce Dictionnaire, Font former des établissements qui recueille- à ne pas scinder des matières identiques. ront bientôt les fruits de ce nouvel essai de Dans la section suivante, nous allons tracer wlonisation.

l'esquisse de nos colonies modernes dans A la fin de la même année on écrit au leur ensemble. Terminons celle-ci par l'éministre de la marine : « Au moment où noncé d'une opinion qui honore notre pays Tous parviendra la présente lettre, j'aurai et qui réfute les idées trop répandues parmi pris possession de la Montagne-d'Argent, nous de notre inaptitude à coloniser. Poset un grand nombre de transportes y seront sunt quia posse videntur. Ayons le courage Installès.

de vouloir ce que nous voulons. <ll résulte de tous les rapports que je Les Français, dans l'opinion de l'Italien reçois du commandant particulier, que la Sismondi, sont, de toutes les nations de tonduite des transportés est satisfaisante, l'Europe, ceux qui ont montré le plus de el que l'ordre n'a pas cessé de régner un sympathie pour les peuples sauvages ou instant depuis la ientative d'évasion que demi-sauvages, et qui se sont montrés les Pai eu l'honneur de porter à votre connais- plus propres a les civiliser. Ils ont toujours ince par ma lettre du 16 septembre. Leur recherché l'amitié de leurs hôtes d'une autre Jeasée dominante est d'aller à la Grande- race, et ils l'ont presque toujours obtenue. Terre. Toute l'impatience qu'ils ont témoi- Moins orgueilleux de leur nationalité, ils gnée quelquefois ne provient que de là, ont été les plus flexibles de tous pour revêEt c'est pour moi une considération qui me tir les meurs et les babitudes étrangères. dispose à user de quelque indulgence pour Leur nature communicative les a fait entrer les fautes légères qu'ils commettent; car ils avec aisance dans les plaisirs comme dans veulent, disent-ils, travailler et produire, les travaux des peuplades errantes. Beauafin de se réhabiliter par un travail soutenu coup moins cupides que les autres coloniet la bonne conduite qui en doit être né- sateurs, ils ont poursuivi le succès plutot cessairement la conséquence. Or ils ne trou. que le profit. Lorsqu'ils n'ont point à leur rent sur les fles que de menus travaux à portée la société de leurs compatriotes, leur faire, travaux qui ne sont pour eux que sociabilité leur fait rechercher avec empresda provisoire, 'et ne leur semblent pas sement des liens d'amitié avec les sauvages. devoir être comptés. Mais je ne m'en félicite Dans le Canada, dans la Louisiane, uue pas moins d'avoir été obligé d'ajourner leur alliance étroite fut formée entre les Français envoi à la Grande-Terre, quels que soient et les hommes rouges. Ils devinrent compaleurs veur, car nous sommes encore en gnons à la vie à la mort, pour la pêche plein été, et d'après les renseignements qui comme pour la chasse. Des noms français,

des sentiments français se retrouvaient par- Voici d'autres chiffres : Colonies d'Afrimi les tribus les plus redoutables qui infes que, y compris l'Ile de France, 1,360,000; taient les frontières de l'Amérique anglaise. colonies d'Asie, 168,000; colonies d'AmériLe fusil et le violon avaient pénétré dans quo,350,000. Total, 1,878,000. les retraites les plus sauvages; encore aujour- Nous avons trouvé dans d'autres statistid'hui les villages français, disséminés en ques 2,016,000 habitants. Quelques statistipetit nombre au milieu des vastes colonies ciens détaillent la population de l'Algérie et d'origine anglaise, se reconnaissent de loin, des Antilles. non à leur opulence, mais à la bonne culture La population européenne d'Alger s'élère des campagnes environnantes, aux accents à 67,447, indigène, 490,168; la population do joie qu'on en entend partir, aux danses européenne de Constantine, à 13,109, indides dimanches où les hommes rouges s'unis- gène, 1,016,716; la population européenne sent gaiement aux hommes blancs. Le vio-. d'Oran, à 13,563, indigène, 477,034. Les poJon, comme la lyre d'Orphée, dit Sismondi, a pulations nomades, non recensées, d'Alger enseigné aux deux races à se secourir et à s'ai- et de Constantine, en y comprenant les omisiner.(Bib'iothèque universelle de Genève, 1837.) sions présumées, sont poriées à 1,090,000

SECTION II. - $ I". Colonies modernes. En 1847, la population libre de nos colo. Devancée par le Portugal, l'Espagne, la nies à esclaves, est de 125,698, la population Hollande ei l'Angleterre, la France vit bien- esclave, de 249,435; Martinique, 98,000; tot s'étendre sa domination coloniale sur le la Guadeloupe, 92,500 : Marie-Galante , Canada, l'Acadie et la Louisiane; sur 12,000; les Saintes, 12,000; la Désirade,1,300; Terre-Neuve et les iles qui l'environnent; Saint-Martin (partie Ę. de), 4,000. sur toute la Guyane depuis l'Orénoque jus- D'autres chiffres s'appliquent à nos coloqu'à l'Amazone ; aux fles Malouines; sur la nies d'Afrique et d'Asie, et différent des plupart et les plus belles iles de l'archipel précédents. des Antilles ; sur les, coles et les Iles de AFRIQUE. Sénégal. – Ile Saint-Louis, lle l'Afrique Occidentale depuis le cap Vert voisine de Babaghe, de Safal el de Ghilor; jusqu'au cap de Bonne-Espérance; sur les divers établissements sur le fleuve, les es. iles de Madagascar, de Bourbon et de France, cales ou lieux de marchés où se traite la ainsi que les divers groupes qui en dépen- gomme : partie des cotes depuis le cap Blanc dens; enfin sur le double littoral de l'Inde, jusqu'à la baie d'Iof, 20,000 babitants. depuis le cap Comorin jusqu'à Surate et au Colonies de la mer des Indes. lle BuurGange. A la suite de nos revers maritimes, bon, 88,000; fle Sainte-Marie, près la che la France a été successivement dépossédée orientale, 600. de ses lointaines possessions où sa langue, Asie. Hindoustan, 108,600. ses meurs, ses institutions lui conservent Le directeur de nos colonies, M. Mestro, néanmoins un empire traditionnel.

que nous avons déjà cité, fournit au DieLes meilleures géographies ne s'accordent tionnaire d'administration, en voie de pubipas sur l'étendue des possessions occupées cation, les chifres que voici sur nos colsaujourd'hui par la France. Voici le tableau nies à sucre : des superficies approximatives des posses

Individuis sions françaises. Provinces d'Alger, d'Oran Pour la Martinique à 123,495 et de Constantine, 37,000,000 d'hectares. Pour la Guadeloupe à 131, 737 L'étendue du Sénégal, d'Albreda, du Grand- Pour la Réunion à 106,302 Bassam, Assinie, Gabon et Gorée, n'est pas

(Recensement de 1852.) déterminée. Mer des Indes; Bourbon, Si l'on ajoute à ces chiffres environ 30,000 260,000 hectares, Saint-Paul, 360; Amster. immigrants, pour la plupart Jodiens, intrdam, 5,600; Sainte-Marie de Madagascar, duits depuis 1849 à la Réunion, il se trou. 16,000; Nossi-Bé, Nossi-Cumba, Notsi-Mito vera que la population tolale des trois cu siou, Nossi-Falis, 32,200 ; Mayotte, 36, 400. nies est d'à peu près 400,000 ames, dor! Le lerritoire colonial de nos possessions 52,000 de race européenne pure. L'égal.la dans l'lndoustan, Pondichéry, Karikel, Chan

devant la loi civile est assurée aujourd'ha. deroagor, etc., n'est pas évalué. Le lotal de nos avec la liberté, à toutes les parties de celle possessions aux Marquises est porté à population, à quelque race et à quelques 119,800 hectares; dans Haïti, à 196,500. anciennes classes qu'elles appartiennent. Dans les Antilles, la Martinique compte La Martinique, d'après les chiffres de 109,000 hectares; la Guadeloupe 160,000; M. Mestro, a environ 30 myriamètres de c18 Marie-Galante, 15,500; Désirade, 2,500; conférence; la Guadeloupe, 35; la Réunior Saint-Martin, 1,500. Saint-Pierre et Mique

25. Leur commerce, lant avec la métrojke lon, dans l'Amérique Septentrionale, 23,500. qu'avec l'étranger (importations et esporta La Guyane seule est portée à 8,000,000 d'hec- tions réunies) représente les valeurs saltares.(CHASSERIAU.)

vantes, d'après la moyenne des 5 derniere Le même statisticien attribue à nos colonies alinées, dont la statistique a été publiee les populations suivantes: Algérie,3,096,000; (1847 à 1851). Antilles, 219.016; Guyane, 20,363; Bour

Martinique

41,000,000 fr. hon, 105,124 ; Sénégal et dépendances,

Guadeloupe

35,000,000 18,866 ; Sainte-Marie et Nossi-Bé, 26,C67;

Réunion

38,000,000 établissements de l'Inde, 178,598 ; Saint

Ensemble. 114,000,000 Ir. Pierre et Miquelon, 1,677.

Les colonies transatlantiques nous eavuient, outre le sucre et le café, le cacao, gi- reprise. Les hommes de coulenr se révolte. rulle, poivre, acajou, coton et laine, etc. A rent de nouveau en 1801, et l'ile ne ful paMaurice, une plantation de 40,000 pieds de citiée que l'année suivante, après l'arrivée thé est en plein rapport.

du général Richepanse. Les Anglais la reSi les habitants de l'ile Bourbon, qui sont prirent eu 1810, et ne la rendirent à la meilleurs cultivateurs que ceux de l'Ile France qu'en 1814. Depuis cette époque, Maurice, voulaient se livrer à cette culture, elle est restée colonie française. Un décret la colonie française produirait la quantité de du 29 germina! an ix régla le inode d'après thé suffisante pour la consommation de la lequel cette colonie serait administrée. mère patrie. Une compagoie s'est formée La première organisation sérieuse et compour l'exploitation des filaments du bananier. plète de la Guadeloupe résulle de l'ordonDes expériences décisives ont eu lieu le nance du 9 février 1827, modifiée d'abord 13 mars 1843 devant une société composée de par celles du 31 août 1830 et du 22 aout notabilités scientifiques, de riches créoles, 1833, qui rappelle, en les confirmant, les d'armaleurs, des principaux marchands de dispositions de la précédente. L'ordonnance papiers de Paris et de trois délégués de nos du 9 février établii un gouvernenr qui a la colonies.

baute administration; un commandant miliGuadeloupe. - Cette fle, l'une des plus taire, qui exerce ses fonctions par dé: égation importantes de nos colonies des Antilles, fût de gouverneur; un ordonnateur; un direcdécouverte en 1493, par Christophe Colomb. teur général de l'intérieur; un procureur Les Espagnols la nommèrent ainsi du nom général; un contrôleur général chargé de de Notre-Dame de Guadelupe, l'une des veiller à la régularité du service administramadones les plus révérées de l'Estramadure. tif, et de requérir l'exécution des lois et orLo premier établissement des Français à la donnances. Il y avait, en outre, un conseil Guadeloupe remonte à 1635. L'Olive et Du- privé auprès du gouverneur, pour l'éclairer plessis y conduisirent 500 engagés. Dans l'o- de ses avis, et prendre, dans cerlains cas, rigine, la culture des colonies était confiéo une part active à ses actes; enfin, un conseil à des engagés blancs, c'est-à-dire à des Eu- général, chargé de voter annuellement le ropéens qu'on y transportait gratis, qui s'en- budget, et de faire connaitre les besoins et gageaieni à travailer pendant trois ans, et les veus de la colonie. Les innovations apqui, en retour, recevaient une concession de portées au régime colonial par la loi du terrain. L'introduction des nègres par la

24 avril 1833 ont amené des changements traite fit diminuer successivement le nombre nécessaires dans cette organisation. Ils ont des engagés blancs (en 1716, la propotion de été établis par l'ordonnance du 22 août 1833. ces sortes de travailleurs n'était plus que Le conseil colonial, à qui on a fait une part de 1 pour 20 esclaves nègres.)

dans l'exercice du pouvoir législatif, a néL'Olive et Duplessis y construisirent le cessité, dans tous les articles de l'ordonSort Saint-Pierre. En 1643, une demoiselle nance de 1827 où il est question de lois Lafayolle y débarqua avec une cargaison de et d'ordonnances, l'addition des mols femmes, telle fut l'origine de la population crets coloniaux. Le conseil général a disIslanche de la Guadeloupe. Les nouveaux paru complétement. Le directeur général de evlons eurent de longues guerres à soutenir l'intérieur est devenu simplement directeur contre les Caraïbes, habitants primitifs de de l'intérieur; enfin le contrôleur général l'ile, qui ne cédèrent le terrain

que pied à est remplacé par un inspecteur général : les pred. Déjà cependant, en 1646, l'autorité de fonctions sont restées les mêmes. la France y était assez solidement établie, Une ordonnance du 30 septembre 1827 pour qu'on y créat un conseil souverain qui exigeait, conformément aux prescriptions du rendast la justice au nom du roi de France. Code civil, l'autorisation royale pour l'acCette fle, soumise successivement à plu- ceptation des dons et legs faiis en faveur des sieurs compagnies, fut réunie en 1673 au églises, des pauvres on des établissements Homaine de l'Etat. On y fit, en 1685, un nou- publics. Par exception, le gouverneur, après vel envoi de femmes. Les Anglais l'avaient délibération eu conseil, pouvait accepler, vaipement attaquée à diverses reprises. En sans autorisation royale, les dons qui n'ex1759, ils s'en cmparèrent ; mais elle fut ren- cédaient pas 1,000 fr. (Art. 1o.) La lui du doe à la France en 1763; c'est de cette année 24 avril 1833, art. 3, avait réservé au dus que date la fondation de la Pointe-à-Pitre. maine des ordonnances royales, les conseils L'année suivante, on y établit une imprime- coloniaux ou leurs délégués entendus, les rie, et, en 1763, le service de la posle aux décisions à prendre sur les acceptations de lettres. On y organisa, en 1787, les premiè. legs, sans fixer de chiffre. Plusieurs, dillires assemblées coloniales. La révolution cultés furent soulevées dans la discussion; francaise eut son contrecoup à la Guade- toutefois l'article fut adopté; mais l'ordonIyupie. Les noirs s'insurgèrent, mais leur nance du 22 aodt 1833 a tiré à 3,000 fr. la valeur révolte fut comprimée. On y envoya , en des donations que le gouverneur peut aceep1791, des cominissaires du gouvernement, ler sans autorisalion royale. qui eurent à lutter contre les autorités co- Indépendamment de ses rapports avec la luniales. A l'aide des troubles et de la guerre métropole, d'une part, et avec les diverses civile qui durèrent plusieurs années, les autorités de la colonie, d'autre part, le gouAnglais n'eurent pas de peine à s'en empa- verneur a des rapports politiques im-orrer en 1794 ; elle leur fut cependant bientot tants avec les gouvernements du continent et des Iles de l'Amérique. A négocie avec dispositions qui se rapportent au commeres eux suivant les instructions qui lui sont étranger. Il est membre du conseil privé, etetransmises; mais il ne peut rien conclure près duquel il remplit, dans la sphère de ses que sauf ratification (9 février 1827, art. 65.) attributions, les fonctions de rapporteur.lles : i traite des cartels d'échange. (Id.) Il est remplacé provisoirement, en cas de Décessous le poids d'une grave responsabilité. Il sité, par un conseil privé. ne peut être poursuivi même à la requête Le procureur général est membre du com du gouvernement, qu'après autorisation seil privé, auquel il soumet les projets d'urpréalable du conseil d'Etat. Toute action di- donnances et de règlements relatifs aus un rigée contre lui pendant l'exercice de ses tières judiciaires. Il a dans ses attribution fonctions doit être portée devant les tribu- la surveillance de la curatelle aux sucres naux'de France; on ne peut exécuter contre sions vacantes, la censure des écrits en me lui, pendant le même temps, aucun acte ou tière judiciaire destinés à l'impression, jugement. Il ne peut, pendant la durée de nomination des agents attachés aux tra ses fonctions, acquérir de propriétés fonciè- naux dont les appointements n'escèdent res, ni contracter mariage dans la colonie, 1,500 fr. Il exerce directement la disciplin sauf autorisation royale. Dans l'ordre hié- sur les nolaires, les avoués, huissiers rarchique vient, après le gouvernenr, le com- greffiers; mais il ne peut que provoquer mandant militaire. C'est un officier de l'ar- la part du gouverneur la suspension, lens mée de terre ayant au moins le grade de co- placement ou la destitution, H présenis Jonel. Il remplace le gouverneur en cas de gouverneur les listes de candidats aur mort, d'absence ou d'empêchement de celui- ces de judicatures vacantes dans les tra ci. Il est membre du conseil privé. Il a le com- naux. En cas d'empêchement ou de cess mandement des troupes de toutes armes, et lion de service, il est remplacé par un des milices lorsqu'elles sont réunies. Il a en- gistrat que le gouverneur désigne. fin dans ses attributions tout ce qui se ratta- L'inspecteur colonial est chargé de l'i che à la défense militaire de la colonie. En pection et du contrôle spécial de toutes cas de vacances dans les grades militai- parties du service administratif. Il pours res, il remet au gouverneur chargé d'y pour- le recouvrement des deniers publics, el voir une liste de candidats, avec ses obser- cède devant le conseil privé, jugeant en vations sur chacun d'eux. Il contresigne les tière de contentieux administratif, danston dispositions du gouverneur relatives au ser- les affaires où le gouvernement est engage vice militaire. En cas de mort, d'absence ou exerce ses fonctions dans une entière ing d'empêchement, il est remplace, jusqu'à ce pendance de l'autoritélocale, et ne s'adresse qu'il y soit pourvu par le roi, par l'officier min gouverneur que pour lui signaler des litaire le plus élevé en grade. L'ordonnance ou lui faire les propositions sur lesquelles du 12 août 1833 n'a rien changé aux attribu- lui-ci peut seul statuer. L'officier de mar tions de ce fonclionnaire réglées par celle le plus élevé en grade le remplace si, par du 6 février 1827.

empêchement quelconque, il vient à ce ill reste à parler des trois chefs d'adminis- ses fonctions. Il n'est pas membre du tration et des deux conscils qui, avec les seil privé, mais il y assiste avec vois re les deux fonctionnaires dont nous venons sentative. d'esquisser les attributions, complètent Le conseil privé ne peut délibérer que le gouvernement de la colonie. Le pre- tant que tous ses membres sont présents mier, dans la hiérarchie, est l'ordonna- légalement remplacés. Il délibère à la pla teur. Officier supérieur de la marine, il est lité des voix; en cas de partage, la voix chargé de tout ce qui est relatif à l'adminis- gouverneur est prépondérante. Le tralion de la marine, de la guerre et Ju tré- seil privé ne peut délibérer que sur sos; par conséqnent, de la comptabilité gé- affaires qui lui sont soumises par le nérale de tous les services. Il a, comme le verncur, sauf le cas où il juge adwin commandant militaire, le droit de présenta- trativement. Les matières administratie tion pour la nomination aux emplois vacants fornient la partie la plus importante dans les services qu'il dirige. Il ne peut pas altributions du conseil privé. prononcer, mais simplement provoquer de Il connaissait autrefois, comme tribus la part du gouverneur les suspensions ou d'appel, des affaires relatives à la traile de destitutions. Il ne peu: nommer directement noirs. que les agents dont la solde n'excède pas L'ordonnance du 24 septembre 1828 1,500 fr. Pour les destituer, il faut l'ordre du blit trois tribunaux de première instance gouverneur. Il est membre du conseil privé, chacun d'eux est composé d'un jugerusi auprès duquel il remplit les fonctions de d'un lieutenant de juge et de deus jugesas rapporteur pour les projets d'ordonnances ou diteurs. Il y a de plus un procureur du roi. de règlements qui intéressent son service, substitut, un greffier et un commis asser En cas de mort, d'absence ou d'empêchement, menté. Ces tribunaux siègent à la Bass il est remplacé par l'inspecteur colonial. Terre, à la Pointe-à-Pitre et au grand bour

Le directeur de l'intérieur est chargé, sous de Marie-Galante. Le lieutenant de juge les ordres du gouverneur, de la police gé- remplit les fonctions de juge d'instructie nérale et de l'administration des contribu- La Guadeloupe a une cour royale qui siége tions directes et indirectes. Il a dans ses attri- à la Basse-Terre. Elle connait, comune chambutions les mesures à prendre concernant les bre d'accusation, des matières criminelle",

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