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cimerait des populations prises au

dépourvu gouverneur, ayant sous ses ordres deur par leur imprévoyance et l'insuffisance de chefs d'administration : l'ordonnateur et la leurs récoltes. S'il doit etre apporté des mo- chef du service judiciaire. Un controleur difications au régime en vigueur, ce ne doit veille à la régularité des opérations. Ua cou étre, dit M. Boscheron des Portes, qu'avec seil d'administration participe consultativeune extrême circonspection. Le territoire ment aux actes du gouverneur. Ce conseil français, aux environs de Pondichéry, com- fait fonctions de juridiction administrative, prend aujourd'hui 110,000 carrés et 80,000 sauf recours au conseil d'Etat. La même habitants. Le revenu foncier produit au do- donnance avait institué au Sénégal un conmaine environ 320,000 francs.

seil général, que supprima ensuite le décre Etablissements français à la côte occiden- du gouvernement provisoire du 27 avril 1818, tale d'Afrique : Saint-Louis du Sénégal. - et qui n'a pas été rétabli depuis. Cette colonie La petite fle Saint-Louis, à 2 myriamètres est, comme la Guyane et l'Inde, représentée au-dessus de l'embouchure du Sénégal, est dans le comité consullatif des colonies per le centre et le chef-lieu de tout le commerce l'un des membres à la nomination da gosqui so fait sur le cours du fleuve avec les veruement. iS. C. 3 mai 1854, art. 17.) peuples noirs qui en occupent la rive gau- Le Sénégal figure au budget de l'Est che et avec les tribus nomades des Maures exercice 1856, pour une somme de 727,42 qui babitent la rive droite. Saint-Louis est fr., savoir : personnel, 339,000; matérie à vrai dire le seul point du Sénégal, où nous 138,900; subvention au service local, 249,50 ayons à décrire un régime légal établi, des Total, 727,4C0. Le budget du service lois et des règlements en vigueur. Au-des- doit être réglé en dépenses sur les ressous sus et en remontant le Sénégal, il y a seu- ces suivantes : subvention de l'Elat, 269,5 lement des postes militaires échelonnés le recettes locales, 250,000. Total, 499,500. Jong de la rive gauche, sur un parcours

Service ecclésiastique. - Le service d'environ 60 myriamètres, postes assu- clésiastique comprend pour Saint-Louis rant la police, contenant les populations préfet apostolique et des prêtres appartena maures ou noires des deux rives, protégant à la congrégation du Sacré-Coeur de Man enfin les opérations commerciales (Lampsar, et, par conséquent, tirés du séminaire Richard-tol, Dagana, Podor, Bakel et sé- Saint-Esprit, à Paris, qui est lui-même noudébou). Les rapports politiques entre le rigé par celle congrégation. Il y a à Sail gouvernement local el les peuplades des Louis deux écoles primaires, l'une dici burds du Sénégal ont été réglés par de nom- par les frères de Ploërmel, l'autre par breuses conventions, dont l'analyse et l'énu- seurs de Saint-Joseph. Dans l'école de mération ne seraient pas du ressort de ce cons, il y a une classe où se donne en recueil, et dont on peut voir d'ailleurs le lie l'enseignement secondaire. détail dans le troisième volume des Notices Gorée et les comproirs français de la statistiques sur les colonies françaises, pu- occidentale d'Afrique. — Les comptoirs bliées par le ministère de la marine. C'est à breda, sur la Gambie, Sédhiou, dans la c Saint-Louis que résident le gouverneur, les mance, Grand-Bassam et Assinie, sur les autorités et la principale force militaire; vières de ce nom à la Côte d'or; enfin c'est là qu'habitent les commerçants et les Gabon, à l'extrémité du golfe de Guine traitants, et. que se centralisent les opéra. n'ont aucune organisation développée. tions d'échange ; c'est à la fois le port d'ar- avons à Albreda un résident officiel el qu rivée et d'expédition pour les navires fran- ques traitants, sans force militaire; a çais, et le chef-lieu du commerce du fleuve. dhiou, un officier commandant le poste La population de cette ville comprenait, avant tifié; à Grand-Bassam, à Assinie et au Gal 1848, 4,200 esclaves qui ont éié éınancipés également un chef militaire; de très-faib par le décret du 27 avril, et pour lesquels la garnisons dans chacun de ces postes. loi du 30 avril 1849 a alloué aux proprié- commerce qui s'y fait n'a encore pris aucu taires une indemnité totale de 1,386,000 fr. extension importante ; ce sont des étale (c'est-à-dire en moyenne de 330 fr. par teta sements d'avenir. La possession d'Albre d'esclave). Celle population, réunie lout en- est depuis longtemps l'objet d'un litige en tière sur l'Ile Saint-Louis, qui divise le cours la France et l'Angleterre. Les questions du fleuve en dens bras, un peu avant son ce litige soulève ne sont pas du ressort embouchure, se compose d'environ 12,000 ce recueil. individus, sur lesquels (déduction faite de Gorée est une petite fle très-bien for la garnison et des fonctionnaires publics) on fiée, située sous le cap Vert, et laissant nie comple pas plus de 200 Européens et tre elle et la terre un mouillage étenda 1,000 individus de sang melé. Le reste con- sûr pour les plus grands batiments siste en noirs indigènes, presque tous aron- guerre. On y compte une population d'en nés au mahométisine, et très-peu enclins à viron 3,000 individưs (3,197 d'après la sa soumettre au jugement de nos tribunaux tistique de 1831), sur lesquels il y arsa leurs intérêts, fort peu compliqués d'ail. avani 1848, 2,496 esclaves, qui ont dons Seurs. Le Sénégal est exclusivement régi par lieu à une indemnité d'affranchissement u des décrets. Le gouvernement et l'adminis- 823,000 fr., d'après la loi du 30 avril 18% tration de la colonie ont été réglés par une Gorée et les autres établissements figurea ordonnance royale du 7 septembre 1860, qui en dépense au budget de l'Etat pou donge le commandement supérieur à un 296,400 fr. Le budget du service local se

lère à 361,500 fr., dont 223,500 fr. de sub- ils sont limités par un arrêté local du 6 juilvention et 138,000 de recettes locales. let 1825, confirmé par les instructions wi

Culte. – Le clergé de Gorée relève de la nistérielles, et qui permet l'introduction à préfecture apostolique du Sénégal, et ce Saint-Pierre, sous ious pavillons, de cerclergé, comme celui de Saint-Louis, est tains produits étrangers nécessaires à la concomposé de membres de la congregation re- sommation, ligieuse du Sacré-Cœur de Marie. Cette con- Quant à l'exportation de la morue, seul grégation entretient en outre à Dakar, près produit que le commerce ait à prendre à je Gorée, et sur divers points de la cole, Saint-Pierre, elle est favorisée par des jusqu'au Gabon, plusieurs groupes de mis- avantages spéciaux, dans le système général sionnaires.

de primes sous la protection duquel est Régime commercial. Gorée ne donne placée toute notre industrie des armements lieu, quant à sa consommation locale, qu'à pour la pêche. (Voy. ClassES SOUFFRANTES.) un commerce insignifiant : mais son port La statistique de 1851 donne pour le mousert de point de relâche et d'échange à une vement commercial des Iles Saint-Pierre et partie des navires qui vont, soit de France, Miquelon, entrées et sorties réunies, une soit des Etats-Unis aux différents points de valeur totale de 7,700,000 fr. Les exportala côte d'Afrique, aus navires qui revient- tions directes de morues pour les colonies nent de celle cote et aux caboteurs nom- et l'étranger figurent dans ce mouvement breur qui fréquentent également le littoral pour une somme de 3,390,000 fr., qui ne africain jusqu'aux environs de Sierra-Leone. forme, d'ailleurs, qu'une partie du puisson Soumise pendant longtemps à quelques res- salé fourni à l'exportation française par notrictions, la franchise de Gorée a été établie tre industrie de la pêche. par un décret du 8 février 1852, qui régit Mayotte. Nossi - , Sainte-Marie. aujourd'hui le commerce de cette ile. Sauf Mayotte (l'une des Comores) a environ 6 quelques exceptions, le mouvement com- myriamètres de circonférence; Sainte-Mamercial de Gorée en 1850 comprend, en- rie, près de la côte est de Madagascar, et trées et sorties réunies, une valeur totale Nossi-Bé, près de la côte ouest, en ont à peu de 6 millions de francs.

près autant. La population indigène s'élève Iles Saint-Pierre et Miquelon. Situées à environ 7,000 åmes à Mayotte, 6,000 à du sud de l'ile de Terre-Neuve, dont elles Sainte-Marie, et 15,000 à Nossi-Bé. La partie ne sont séparées que par un étroit canal, jadis esclave de cette population a été dé

ces deux petites iles n'ont d'importance que clarée libre à Mayotte en 1846, et, dans les .. comme point d'appui d'une de nos grandes deux autres iles, en 1848. L'indemnité a été

branches de commerce maritime, la pêche réglée à 461,000 fr. pour Mayotte, à 284,078 fr. de la morue. L'ile Saint-Pierre, dont la su- 71 c. pour les deux autres lles. Il n'y a sur perficie n'excède pas 3,600 hectares, possède les trois iles qu'un très-petit nombre d'Eu

un beau port et une rade très-sure où vien- ropéens occupés de commerce et d'essais i bent successivement mouiller et se ravitail- de colonisation. Ces essais ont déjà pris,

ler, pendant la saison de pêche, jusqu'à 300 surtout à Mayotte, un développement assez navires français de long cours. L'ile Mique- sérieur. lon a une superficie de 18,000 hectares. La Le système de concessions des terres est population sédentaire (statistique de 1851) réglé par une ordonnance royale du 21 ocest de 1,165 individus à Saint-Pierre, et 571 tubre 1845, qui ne permet de faire d'abord à Miquelon; total 1,736, comprenant pres- que des concessions provisoires au maxique exclusivement des familles de pe- mum de 500 hectares, et qui n'autorise la cheurs.

mise en possession définitive avec droit d'aCet établissement est un de ceux qui, en liénation qu'après un délai de 5 ans, penvertu de l'art. 16 du sénatus-consulte orga- dant lequel la terre concédée doit avoir été nique du 3 mai 1854, doivent être exclusi- mise en valeur. La même ordonnance règle vement placés sous le régime de décrets. sur cette matière diverses conditions acces

Le clergé de l'établissement comprend soires. trois pretres, dont l'un a le titre de supé- Le commandement de Nossi-Bé est dans tieur ecclésiastique. Trois écoles, deux les mêmes mains.que celui de Mayotte. Uue pour les filles, une pour les garçons, y ordonnance royale du 29 août 1863 y avait sont entretenues aux frais de la caisse colo- réupi celui de Sainte-Marie ; mais, en derniale.

nier lieu, un décret du 18 octobre 1853 a Le budget de l'Etat alloue 105,000 fr. pour placé cette dernière ile, à raison de son Saint-Pierre et Miquelon, plus une subven- éloignement des deux autres, sous les ortion de 126,500 fr. pour le service local. dres d'un chef spécial, qui est d'ailleurs suCelle subvention, jointe à 50,000 fr. de re- bordonné à l'autorité supérieure du comcettes locales, porte à 176,500 fr. le budget mandant de la station. islérieur de la colonie.

Le régime commercial de Mavolle, NossiRégime commercial. – Conformément à Bé et Sainte-Marie est celui d'une liberté et l'acte du 21 septembre 1793, la navigation d'une franchise complètes, sauf les restricentre les ports de France et les Iles Saint- tions que, par mesure de police, peuvent étaPierre et Miquelon ne peut se faire que blir les commandants quant à l'introduction sous pavillon français. Quant aur rapports des spiritueus. Les produits naturels, charde la colonie avec le colomerce étranger, gés dans ces possessions et apportés en

France sur navires français, avec certificats nous possédions hors de l'Europe avant 1793, de provenance, sont reçus aux droits de fa- à l'exception de certaines possessions, veur réservés aux produits de l'Inde. Les nombre desquelles ne figure point Madagasucres, cafés et autres denrées coloniales car. Mais comme cet article portait en même sont reçus aux droits spéciaux accordés aux temps cession à la Grande-Bretagne dek produits de la Réunion, à la condition d'etre propriété de l'ile de France et de ses déper accompagnés de certificats constatant qu'ils dances, sir Robert Farquhar, gouverneur sont du crd de ces fles. Les dernières sta- de cette colonie devenue anglaise, prétendo: tistiques ne donnent encore , pour les trois que les établissements de Madagascar établissements, pendant l'année 1853, qu'un trouvaient implicitement compris dans la mouvement commercial (entrées et sorties cession, comme ayant été rangés au nombre réunies) d'une valeur totale de 1,000,000 de des dépendances de l'Ile de France antéreg francs.

rement à 1792. Cette interprétation errouk & IF. Tentatives de colonisation d Mada- du traité de Paris donna lieu, entre gascar. - En 1642, Madagascar altira l'at- cours de France et d'Angleterre, à une tention de la France. Elle reçut successive- gociation à la suite de laquelle, le gouse ment les noms d'ile Saint-Laurent, d'ile nement anglais reconnut que la prétention Dauphine, de Frunce orientale, et enfin de élevée par sir Robert Farqubar n'était na Madagascar. Les Français entrevirent dans lement fondée, et adressa à ce gouverney son occupation de grands avantages mariti- sous la date du 18 octobre 1816, l'ordre mes et commerciaux; ils y fondèrent de remettre immédiatement à l'administre beaux établissements le long des côtes, par- de Bourbon les anciens établissements mi lesquels se placent en première ligne le çais à Madagascar. (Ibid.) Par une dépå furt Dauphin, Magafia ou Sainte-Luce, Ta- ministérielle du 4 mars 1817, les admin natave, Foulpointe, l'ile Sainte-Marie, la trateurs de l'ile Bourbon furent chargés Pointe à Larrée ou Tintingue, Louisbourg M. le vicomte Dubouchage, alors minis et quelques antres comptoirs dans la baie de la marine et des colonies, de faire pro d'Antongil. (Notices statistiques sur les co- der à la reprise de possession de ces étab lonies françaises, 1840.)

sements, et d'envoyer provisoirement Depuis 1612, époque de la fondation du les lieux un agent commercial, avec le fort Daupbin, jusqu'en 1786, ces divers éta- bre d'hommes nécessaire pour y faire blissements furent tour à tour occupés, pecter le pavillon français. Dans les ama abandonnés et occupés de nouveau, selon 1818 et 1819, les Français rentrèrent se que l'exigèrent nos vues, nos convenances nellement dans leurs droits sur Sait ou des circonstances locales. De 1667 à 1670, Marie, Tintingue, le fort Dauphin et Salt le fort Dauphin fut le chef-lieu des posses

Luce. Ces établissements fiirent placés sions orientales de la compagnie des Indes, l'autorité du gouvernement à Bourbon. la résidence d'un gouverneur général et le siège d'un conseil souverain; mais à la fin

La reprise de possession de l'ile de Saig de 1671, presque tous les blancs y ayant été importants et le seul que nous ayons anjer

Marie, l'un de nos anciens comptoirs les massacrés par les naturels, les Français ces d'hui dans le voisinage de Madagascar, sèrent d'y résider d'une manière perma

lieu le 15 octobre 1818. La propriété nente.

Après l'abandon des établissements for cette ile, injustement contestée à la Free més dans la baie d'Antongil, par le célèbre

par l'Angleterre, soit dans les premières

nées de la restauration, soit pendant le co baron de Beniouski, vers 1786, la France n'eut plus à Madagascar qu'un commerce

des événements qui se soni succédé depe d'escale, et n'y conserva, sous la direction authentique faite à la compagnie des Ind

cette époque, repose sur un acte de cessi d'un agent commercial el sous la protection d'un petit nombre de soldats fournis par la

par Béti, tille de Ratzinilaho, souverain garnison de l'ile de France, que quelques

l'ile, le 30 juillet 1750. postes de traite indispensables pour assurer Les traités de 1814 et 1815, en ramena l'approvisionnement de cette dernière île et la paix en Europe, dévoilèrent à la Fran de celle de Bourbon, en riz, bæufs et salai- la iriste situation de ses colonies. L'Ile sons. (Précis sur les établissements formés d France passait dans les mains de l'Ang Madagascar, imprimé par ordre de l'amiral terre; nos possessions des Antilles étaiet Duperré, 1836.) Pendant les guerres de l'em- ruinées par une longue guerre et par la pire tous ces postes se réduisirent à deux lousie de nos rivaux ; Saint-Domingue pro seulement, Tanatave et Foulpointe. En 1811, clamait son indépendance, Bourbon é ils tombèrent au pouvoir des Anglais. M.Syl- dépourvu de port et la Guyane n'offrait à vain Rous, agent commercial français à Ta- métropole aucun avenir : les miasmes pesa nalave, les leur abandonna par suite d'une lentiels attribués à ses côtes, repoussaieo capitulation avec le commandant de la divi- de l'esprit des commerçants français, toale sion anglaise. Les Anglais détruisirent les idée de colonisation. Les temps étaient com forts et se retirèrent, abandonnant le pays venus d'examiner si les cotes de Madagse aux indigènes. Le traité de Paris du 30 mai car n'auraient pas un havre, un portu 1814 rendit à la France ses anciens droits pat nous dédommager de ce que nos sur Madagascar. L'article 8 stipule la resti- avions perdu dans la mer ces lodes, et se tution des élablissements de lout genre que ne conviendrait pas d'y former quelques ssements avantageux à notre commerce pas aussi insalubre qu'on l'avait prétendu ; otre marine.

on n'eut à regretter qu'un seul homme, sur ininistres de la marine, dans les pre- un personnel de cent cinquante individus. s années de la Restauration, encoura- Le souvenir que les Français avaient laissé i les explorations nécessaires. Dès parmi les insulaires, et la confiance qu'ils M. le conseiller d'Etat Forestier fut surent leur inspirer dès leur arrivée, fu6, par M. le vicomte Dubouchage, rent si grandes, que Jean René et Tsifania biner le parti que la France pouvait ti- remirent à M. le baron de Mackau, l'un ses anciennes possessions de Madagas- son neveu et son fils adoptif, et l'autre son 1. Forestier consulta tous les docu- petit-fils, avec prière de faire élever les existants dans les archives de la ma- deux enfants dans un college de France. A. 'enloura d'hommes qui avaient long- son retour en France, au mois de juillet récu dans le pays, et le 20 mai de la 1819, M. Sylvain Roux était porteur d'une année, il remiť à M. le ministre un lettre de Jean René à Louis XVIII, dans e colonisation sur la côte orientale de laquelle ce chef implorait la bienveillance ascar qui, s'il réussissait, devait ou du roi en faveur de son fils, protestant de sa le nouveaux débouchés aux produits soumission au monarque français, annonriculture et de l'industrie françaises, çant qu'il avait appris avec la plus grande snir des moyens d'existence à l'excés joie l'intention où la France était de former e la population du royaume. La côte de grands établissements à Madagascar ; il we, la seule où la France et autre- suppliait enfin Sa Majesté de lui envoyer issédé de pareils établissements, lui des savants et des professeurs pour instruire nt, par sa position rapprochée de les peuples qu'il gouvernait. Les deux jeunes in (140 lieues), le point le plus fa- princes madécasses furent placés dans un à des projets de colonisation. La établissement public pour y être élevés ile de Sainte-Marie, qui en était trèse conformément aux

désirs de leurs pa, offrait une réunion d'avantages rents. s à fixer d'abord le choix du gouver- Après beaucoup d'hésitation et l'étude de 1. Le canal qui la séparait de la côte plusieurs plans comparés, les chambres acile de Madagascar, formait une rade cordèrent im crédit de 700,000 fr., répartis süre, et d'un abord facile en tout de la manière suivante : 480,000 fr. sur i pt vis-à-vis se trouvait le port de l'exercice 1820, pour frais d'expédition et gue, susceptible de devenir un grand de premier établissement ; 93,000 fr. pour i maritime. M. Forestier proposait de chacune des années 1821 et 1822, et 94,000 fr. ser la première expédition d'un ad- pour 1823. En 1820 une somme de 80,000 fr. rateur en chef, de quatorze officiers fut de nouveau allouée pour service ordide cent treize officiers, sous-officiers naire à Madagascar. als, et de cent vingt colons, en tout L'expédition partit de Brest le 7 juin 1821 ; ent quarante-huit personnes, et d'af- six années s'étaient écoulées en projets, en aux frais de cette expédition une informations, en mémoires et rapports ! de 1,200,000. (ibid.)

Elle arriva à Sainte-Marie sur la fin du e dépense n'élait pas extraordinaire, mois d'octobre 1821. Les premières instalendant elle le parut au ministre. On lations se firent sans aucune opposition de

réduire le chiffre à 300,000 francs. la part des indigènes. On s'occupa de s'y -ce que 300,000 francs pour une telle fortifier convenablement, de construire de's rise ? Cependant cette somme fut en- cases pour les colons, et de chercher les ouvée trop forle et le ministre se vit meilleures terres pour les mettre immédiaobligation d'ajourner l'expédition jus- tement en culture. La gabare la Normande 1819, avec l'espoir qu'à cette époque servit d'hôpital pour les malades, jusqu'à ce ation des finances permettrait proba- qu'on put les transporter à terre, dans des nt d'en faire le sacrifice et de cher- bâtiments qui leur étaient destinés. Les six rendre à nos colonies de l'Inde l'im- années passées en France à délibérer, ce qu'elles avaient autrefois. En at- avaient éié employées par les Anglais à nous it l'époque favorable à l'expédition, le susciter des ennemis parmi les chefs mare nomma une commission, pour ex- décasses. les lieux et reconnaître le point où il A peine la colonie française élait instalndrait de former un établissement lée à Sainte-Marie, qu'un bâtiment de le et commercial. Cette exploration, à guerre anglais y parut pour demander, au le concourut M. le baron de Ma- nom des autorités anglaises du cap.de cut lieu pendant les quatre derniers Bonne-Espérance et de Maurice, à quel titre de 1818. (Ibid.)

les Français étaient venus à Sainte-Marie, rapport, loin d'allénuer l'opinion ex- et quels étaient leurs projets futurs sur Mae dans celui de M. Forestier, vint au dagascar ? M. Sylvain Roux répondit avec lire la renforcer. On y désignait l'ile dignité qu'il agissait en vertu des ordres -Marie et Tintingue comme les points du roi de France; qu'il avait informé de sa las avantageux et les mieux situés mission le gouverneur du cap de Bonnela formation détablissements colo- Espérance, lors de sa relâche dans cette co

lonie ; que, du reste, il ne se croyait point reconnut en outre que le pays n'était obligé de faire connaitre les lieux de la DICTIONN. D'ECONOMIE CILARIT ABLE. NII.

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cote où il pourrait lui convenir d'établir ses royaume; et qu'à l'égard du titre de moi di postes ; que tout le littoral oriental appar- Madagascar, il le prenait parce qu'il était tenait à la France, et qu'il protestait d'a- seul dans l'ile qui fQt capable de le soutenir vance contre toute atteinte qui serait portée (Lettre de M. Thoreau de Molitard, com à son droit de propriété. Cette réponse

ferme mandant de la Bacchante à M. Blevet, et précise donna lieu à des explications 23 août 1828.) très-vives entre le gouvernement de Bour- Radama quitta la côte après y avoir laist bon et le gonverneur de Maurice. Ce dernier quelques troupes et se dirigea vers le nor: déclara : premièrement, qu'il ne considérait de l'île avec environ quinze mille homme Madagascar que comme une puissance indé sous prétexte, disait-il, d'aller chatier le pendante, actuellement unie avec le roi naturels qui avaient levé l'étendard de la d'Angleterre par les traités d'alliance et révolte contre son autorité. Celle expéditige d'amitié, et sur le territoire de laquelle aua avait plutôt pour but de les intimider et de cune nation n'avait de droits de propriété, les éloigner de toute alliance avec les Frag hors ceux que cette puissance serait dispo- çais. Aussitôt après son départ, le gouver sée d admelire ; secondement, qu'il avait été neur de Sainte-Marie fit continuer les in notifié par cette même puissance, au gouver- vaux de défense de la colonie, et les colon nement de Maurice et au commandant des se livrèrent avec empressement à la culte forces navales britanniques dans ces mers, du sol. Le personnel attaché au service qu'elle ne reconnaissait de droits de pro- l'établissement se composait, au comer priété sur le territoire de Madagascar a ment de 1824, de 73 blancs et de 1890 aucune nation européenne.

dont un certain nombre, organisés militar M. Sylvain Roui instruisit le gouverne- ment par M. Blevec, lors de l'irruption ment de Bourbon de cet incident, et le Radama sur la côte, étaient alternativen gouverneur ne put lui envoyer que quel- occupés aux travaux publics et à ceur ques petits bâtiments armés pour veiller à culture. On comptait dans l'ile cinq hall la sûreté de l'établissement de Sainte-Marie, tions importantes. Dans celle du gouver et coopérer à sa défense en cas d'agression. ment on cultivait 30,000 pieds de cafers

En 1823, M. Sylvain Roux fut révoqué de quelques coloniers, et l'on y avait pla ses fonctions. M. Freycinet, chargé de la en manioc une étendue considérable direction de la colonisation de Madagascar, terrain. Dans celle de MM. Albrand et nomma M. Blevec, capitaine de génie, com- rayon, les plantations se composaient mandant de Sainte-Marie. Cel ollicier s'em- 40,000 pieds 'de cafiers et de 60,000 pied pressa autant que le faible détacbement de pépinière, de 30,000 pieds de giroflierse Troupes placé sous son commandement pou- verger réunissant tous les arbres fruis vait le lui permettre, de faire les dispo- des colonies. Sainte-Marie était deve sitions nécessaires pour la défense de la sous la bonne administration du come colonie. Au mois de juillet, Radama se dant et par l'activité et la persévérance présenta à Foulpointe; ses troupes in- colons, un entrepôt pour le commerce cendièrent les villages de Fondaraze el France et de Bourbon avec les naturel de Tintingue, se livrèrent au pillage et la grande ile; elle allait bientôt se trog enlevèrent un troupeau de beufs que l'ad- pourvue d'un quai de carénage qui évity ministration de Sainte-Marie avait laissé en à nos navires d'avoir recours pour leurs dépôt à la Pointe-à-Larrée. (Ibid.) M. Blevec, parations aux chantiers de l'ile Maurice profondément indigné de lant de vexations, considérations engagèrent le départen de tant d'insultes faites à la France, pro- de la marine à maintenir la colonie testa solennellement, le 15 août 1823, 1° Sainte-Marie, et d'aider à sa prospérité, de de

à car, illégitimement pris par le roi des Ovas; rauté fut du même avis. 2° contre toute occupation faite ou à faire des Cependant les Anglais ne cessaient d points de la côte orientale dépendant de triguer contre nous auprès de Radam, l'autorité du roi de France; 3° et contre nous créer des difficultés. Le fort Daupt toutes les concessions qu'on pourrait ou situé à l'extrémité sud de Madagascar qu'on aurait pu extorquer aux divers chefs assiégé dans le mois de février 1825 par malgaches qui s'étaient reconnus vassaux corps de troupes ovas d'environ quatre de la France. Cette protestation fut portée à hommes. Le fort n'était défendu que par Radama, qui eut avec le souverain malgache officier et cinq soldats français. Au me plusieurs entrevues dans lesquelles Jean d'une convention entre le chef oras René servit d'interprète.(Ibid.) La réponse de Français, dans laquelle il était dit quan Radama, fut : qu'il reconnaissait comme ap- acte d'hostilité n'aurait lieu pendant partenant en toute propriété à la France, mois, afin de laisser à l'officier français l'ile de Sainte-Marie, vendue autrefois à temps de recevoir des ordres du goure celte puissance par les naturels; mais qu'il nement de Bourbon, les ( vas se porters ne reconnaissait ni à la France, ni à aucune le 11. mars 1825, sur le fort et y entrer autre puissance étrangère, des droits à la de vive force. Le pavillon français sutar possession d'aucune partie de la grande ile ché et remplacé par celui de kadams. de Madagascar; qu'il permettait seulement ficier et les cinq soldats furent faits pris aux étrangers de toute nation de venir s'y niers ; mais on les remit presque aussili établir, en se soumettant aux lois de son en liberté, en leur rendant tout ce qui

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