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«que leur voulsissions octroyer qu'ils puis- an, le premier dimanche de juillet, se trou · <sea lacquerre lesdits biens et quarante livres vent et assemblent les frères de la confrérie «de renie et la lenir comme amortie à per- en la chapelle de la Madeleine, pour après la . pétuilé.

la messe dicte en invoquant le Saint-Esprit, « Philippe VI, loant (louant) ce bon propos congnoistre si ceux qui ont esté maitres ont et devocion des supplians et pour que lui et bien administré; et élire ou continuer en sa très-chère compaigne la royne, et ses charge les quatre maitres, ou en nommer un entlans soyent participans ès bienfaits et ou plusieurs selon que besoin est. La nomioraisons que l'on sera audic hôpital. Les nalion n'est valable qu'il n'y ait au moins confrères avoient ordonné graciensement douze frères accordants ; les voix sont colliqu'une messe du Saint-Esprit seroit chan- gées par le chappellain ou aucuns des maîtres lée, à Dyacre et sous-diaycre, chacune sepi- de la confrairie. Les frères ne peuvent refuser maine pour le roi, la reine et leurs enfans la charge de maitre, seulement pourra s'en tant qu'ils vivroient, et après leur décès une descharger qui l'aura remp'i deur ans. messe de requicm à perpétuité, dont ils

Après l'élection ou continuation faicte, les avaient donné au roi lectres scellées , Phi

continuez ou esleuz maitres jurent incontilippe VI octroie aux frères et seurs de nent devant l'autel de la dite Magdalene en; Saincte - Marie-Magdalene, que lesdictes la présence des autres frères, qu'ilz pourquarante livres de rentes a parisis, ils puis- chasseront les droitz, besongnes, l'entretesent acquerre, ensemble des par parties, nement du service divin, l'augmentacion de la ainsi que le bien – destiné à fonder la

confrairie, rendront compte chacun en le chapelle et l'hôpital, assez en tel endroic, lendemain de la Magdalene, le même jour que les supplians jugeroient convenable,

ou un suivant, dessus les livres, chartes, pourvu que le choix de l'emplacemert ne

aournement, biens et choses de la confrairie tit préjudice ni au roi ni au commun prou baillez par inventaire aux dits maitres. fic. Autorisation est donnée aux frères et sceurs de tenir , posseoir (posséder) pai- classe de la paroisse Saint-Eustache appar

Jusqu'ici on n'avait pu deviner à quelle siblement et perpétuellement sans qu'ils classe de la paroisse Saint-Eustache apparsoient tenus à les vendre ne mectre hors de

tenaient les frères et seurs composant la soleur mans et sans payer pour ce, au roi

ciété. Les fondateurs étaient vingt-cinq Philippe VI ni à ses successeurs roys au

mendiants. Les deux fois quarante livres cune finance qu'elle soit. Fait à Poissy 1339,

constituées en dotation à la confrérie étaient au mois de niars.»

le produit d'aumônes et d'autres libérari

tés.C'était vingt-cinqmendiants qui fondaient Deux ans plus tard, le 2 février 1341, Phi

une chapelle pour prier, et un hôpital pour lippe VI donne aux frères et sœurs de la recevoir les plus pauvres et les plus intirmes Confrairie de Sainte-Marie-Magdalene, sur de la confrérie. Ce que nous disons n'e:t nouvelle regnete de leur part l'octroi d'ajou- point conjectural, nous le trouvons conter quaranle livres de rente annuelle et per- signé dans la charte octroyée par Philip eluelle, aux quarante livres parisis de 1339.

po VI. Les vingt-cinq mendiants , fondaCes secondes lettres sont datées aussi de

teurs, en demandant à Philippe vi l'auPoissy, le jour de la Chandeleur, contresi - torisation de s'adjoindre d'autres confrères gnées Barre, sous le reploy estoit escript co à leur volonté, les pouvaient choisir parmi qui s'en suit: Sine financia, de mandato regis de moins pauvres qu'eux; c'est ainsi que per licteras justitiæ et au dos registrata. de nos jours, des bienfaiteurs aisés et

Des lettres patentes du même jour auto- riches, se mêlent aux associations d'ou, risent la confrérie : premièrement, à s'as- vriers. socier tel nombre de confrères qu'elle voudra,

Toutes personnes, portent les statuts, gens secondement, à députer douze des frères d'i- d'église, hommes, femmes, povres mendians celle confrérie pour la représenter. Enfin, les querant leur pain, enfants que on y voulmêmes lettres patentes permettent aux douze

droit rendre, qu'on destineroit à demander confrères, formant le conseil du syndicat de leur pain, et toutes autres personnes de la compagnie, d'élire quatre d'entre eux

quelque estat ou condition qu'elles soyent pour faire la besongne d'icelle confrérie.

qui vouldront entrer en icelle confrairie, y Ainsi se formaient les anciennes corpora. seront receuz par l'un des chappelains ou lions.

des roaistres et payeront pour entrée douze. L'hôpital dont il s'agit a tout le carac- deniers parisis; excepté les povres menlère de ce que nous nommons établissement dians qui ne payeront pour leur entrée que reconnu d'utilité publique, c'est-à-dire l'éta- Jeur vouloir. blissement privé, doué de privilége.

Nous avons vu les mendiants réunis en Les statuts de la confrérie de Sainte

communauté ou corps de métier, nous les Madeleine étaient annexés aux lettres pa- voyons ici en confrérie. Les frères et seurs tentes. On voit que les formalités adminis- payent chacune personne deux deniers patratives modernes datent de loin.

risis par mois, qui font deux sols parisis par Les quatre membres élus par les douze an.C'estune facilitéde cotisation, pour les poconfrères sont qualifiés maitres. Ils admi- vres qui n'auroient pas puissance de payer en Distrent la confrérie, ont soin que la cha- une fois ou deux. Les deux sols parisis se pelle soit bien aornée, recueillent par la cueilleront de ceux qui vouldront payer en ville les deniers de la communauté. Chacun deux fois, c'est assavoir douze deniers pa

risis (1) en faisant le tour d'esté par la ville, spacieux, sera fait ung disner, ou si non la veille de la Magdalene laquelle ièle est le en quelque autre lieu qui sera choisy par vingt-deuxième jour de juillet, et douze de- lesdits maistres, auqueliceulx maistres frères niers en faisant le tour d'yverfa vigille du et seurs pourront estre assiz. Le disner de jour de M. saint Ladre (Saint-Lazare), frère la confrairie rappelle la modestie de son orid'icelle Magdalene qui se célèbre le dix- gine : considérée l'umble fondacion d'icelle septième jour de décembre. Les frères et confrairie faite à la requeste de vingt-cinq seurs sont escriptz en un grand livre, après povres mendiants y aura seulement au disles noms est écrit en vermillon, 12 de- ner : pain, vin, potaige, et pour viande: beuf nicrs.

et mouton, se par les dits maistres, réunis Si les confrères sont deux personnes

au conseil des douze frères, n'en est aucomme l'homme ou la femme, est escript

trement ordonné. deux sols parisis ; et autant que l'on Vingt-cinq povres mendians dinent en la paiera, sera rayé. Ainsi au lieu d'écrire la salle où les autres frères et seurs de la consomme payée on tirait une barre en cas frairie sont assiz et auront pain, vin, pode paienient sur la somme due, en indi- taige, beuf et mouton comme les autres frèquant la date du paiement à la suite, en me- res et seurs. Ils sont servis par les maisnues lectres.

tres ou aucun d'eux, sans payer aucune Un second livre ou registre contient à la

chose, sinon à leur volunté. Les convives suite des noms des frères et seurs le nom

payants, chapellains, prêtres et cleres étaient des rues ou lieux où sont demeurants les

iaxés à 2 sols 8 deniers parisis el si après dits frères et seurs. Un troisième livre ou

avoir pris les mereels (2), cachets de présence,

its faisaient défaut au diner, ils paiaient 16 registre constate la recepte. Sur un autre

deniers. Jivre ou papier à part, sorte de brouillon, servant à empescher que les trois li

Si la solennité tombait un vendredi, le vres ne soieni gastez, estait écript la re- diner élait remis au dimanche. Le jour du ception des frères et seurs, leurs noms, où dîner, il était donné lecture des statuts. Une ils demeurent, et combien ils ont payé autre louchante cérémonie offre le symbole d'entrée, et tout à loisir nettement et de de l'égalité humaine, que le catholicisme a bonne main estoit reporté, ce brouillon sur fondée, qu'il a maintenue et maintiendra sur les trois livres. Quant aucun des maistres,

les ruines de lout les systèmes d'égalité et frères et seurs, vont de vie à trépas ils sont

de fraternité socialistes nés et à naitre : inerchez (marqués) en teste d'une croix et " en commémoracion de la conversion de péaprès escrips au livre des trespassez. ché à grâce, de la gloriense Magdalene (3), qui De 1339 à 1341 la confrérie s'était recru

lava les pieds de nostre Diell, sauvour tée de membres et de donateurs. L'article 9.

el redempteur Jesus-Christ de ses larmes, les des statuts dispose, que, de présent, à

essuya de ses cheveulx, baisa de sa bouche j'aide des maistres, frères el seurs et autres

les pieds de nostre redempteur et aussi fut bienfaiteurs d'icelle confrairie, elle pourra présente le jour de la Cene, quand le saubien souslegir trois hautes messes chaque

yeur lava les pieds à ses douze apostres et sepmaine à dyacre, sous dyacre et deux cho

vue la fondacion faite de la confrairie à la riaulx (chantres) pour prier Dieu pour le requeste des poyres mendians, a este Roy, la Royne, leurs enfants, prédécesseurs

advisé que le jour du jeudy absolu (6) seront et successeurs à cause de l'admortissement en ladite chapelle lavez les pieds à douze octroyé et pour tous les frères, seurs

et bien- frairie, par l'un des maistres qui après leur

hommes povres mendians, frères de la confaiteurs de la confrairie et les âmes des trespassés. La solidarité catholique s'é

baisera les pieds, aux quels douze hommes, tendant de la vie terrestre à l'autre, est ici quant les dits pieds seront lavez et baisez, será mise en action. Lorsque durant la messe

donné à disner en la chapelle, c'est assavoir, à célébrée les pauvres vont à l'offrande, ils

chacun , pain, vin, potaige et ung harenc, passent par la table du buffet, où, se re

ou quelque autre chose et oultre à chacun çoivent les deniers de la confrairie et y

cing deniers tournois et ce aux dépens des prennent le denier qui formera leur offran

dits quatre maistres ou de l'ung d'eux, estant de. La contrairie établit ainsi l'égalité en

le plus ancien et ceu préféré. Afin d'éviter tre ses membres. On retrouve l'image des

la murmeure parmi les povres de la confraiagapes de la primitive Eglise dans les con

rie, sera pris douze des plus anciens frairies. Afin de maintenir amour et union

frères pour la première fois , et les années entre les maistres frères, seurs de la con

en suivant, d'autres qui n'y auront point frairie et communiquer fes uns avec les autres en prenant leur reflection, comme il Les povres devaient à la confrérie leur est accoustumé le dit jour, a été advisé part contributive, elle consistait dans la preque, en l'ostel (a maison de l'un des dits mière part de l'aumosne qui se donnait aux maistres), se il y a lieu propice, grant et baptesme en l'eglise Saint-Eustace et n'eus

esté. »

(!) On remarquera que le sol est composé de douze deniers comme il l'a été jusqu'à nos jours.

(2) On appelait aussi de ce nom le cachet de présence donné aux chanoines et chapelains au sortir

d'un oflice : Quolibet sabbalo debent canonici el ca-
pellani merellos suos asporlare.

(3) Article 20 des slaiuts.
(0) Jeudi-Saint, jeuli de l'Absolution.

sent-ils reçu que ung seul denier ou ung lant de cet hospice : hospitis NOSTRI. Nicolas lournois qui ne se pourroit partir (partager) Braque avait au surplus un titre particulier estoient tenuz, le mestre au coffre ou boicte. à la protection royale indépendant de la fonDurant les wesses de la confrairie, une dation hospitalière d'Arnulphe Braque ; il quele avait lieu par un ou plusieurs des était attaché au service militaire du roi Charquatre maistres qui devaient rapporter les V, qui le qualifie de dilectus et fidelis miloyaument la quesie pour elre mise à la les noster. Son service comme militaire était buicle accoustumée.

trop assujettissant pour lui permettre de L'un des maistres élait chargé de rece- plaider dans les diverses juridictions où l'on voir les reptes et revenues de la chapelle et était trainé alors en cas de procès ; ratione d'en rendre compte chacun an. Si l'un des sui officii continue occupatur. Les lettres papaistres aloyeni (allaient) de vie à trépas, lentes statuent que tout litige le concerpendant le temps qu'ils étaient maistres, les nant seront jugés, summarie, de plano et sine frères de la confrairie les con voyaient en delicto, tant en demandant qu'en défendant, lerre honorablement. Les bastonniers et quels que fussent ses adversaires. bastonnières de l'ordre (les statuts ne disent Bien qu'en sa qualité d'homme d'armes pas en quoi consistaient ces fonctions dont au service du Roi, Nicolas Braque fût déjà l'ordre des avocats a seul conservé le nom) placé sous la sauvegarde roya cepet ant avoient une messe haute de requiem, à dya- les mêmes lettres patentes placent en tant cre , soubz dyacre et deux choriaulx et vi- que besoin serait, ex abundanti, le placent gilles à neuf psaumes et neuf leçons aux sous cette sauvegarde, lui, sa femme, sa fadéjens de la confrairie. Chaque officiant re- mille, ses préposés, tous ses biens et spécialecevait 6 deniers parisis. Ceux qui paieront ment les chanoines et les chapelains de la à leur entrée dans la confrairie ung escu chapelle et de l'Hôtel-Dieu, domus Dei, dont d'or ou 24 sols parisis, auront après leur il éiait le directeur, ratione fundationis. trespas one pareille messe.

( L'exemplaire des statuts que nous trans- pital Saint-Jacques de Pontoise, demandent crivons accompagne les lettres patentes à Charles VI le privilége que nous allons du 31 mars 1481, confirmatives des précéden- dire. tes 3). Les maistres conseillers et confrères, Ils exposent à Charles VI que leurs prépour obtenir le maintien de leurs priviléges, décesseurs et eux, et des bienfaiteurs venus eshibaient trois chartes et lectres du roy à leur aide (benefactores sui), ont fondé Philippe, scellées en laz de soye et cire veri, dans la ville, sous l'invocation de Saint-Jacsaines et entières en seauls saings de plus ques un hôpital où sont reçus les pauvres seings et scripture; les statuts qu'on vient de de l'un et l'autre sexe, passant par la ville, voir. Cetie production de pièces avait eu lieu pauperes Christi utriusque sexus per illuc Jevant les clercs-notaires du roy

Nicolas iranseuntes, où ils sont admis de jour et de Dillery et Estienne Desfossés. Le garde de la nuit, et bien traités. Caritative recreantur. prérosté de Paris, Jacques d'Estouville, sei- Les mêmes confrères, ainsi qu'ils l'exposent, Gneur de Beyne, baron d'Yvry et de Saint- avaient érigé une chapelle, comme le praAndrez en la Marche, conseiller et cham- tiquaient toutes confréries, el où la messe était bellant du roy, approuve les statuts et les célébrée chaque jour. Ils ont besoin, diseniscellés du scel de la prévosté. Ces formali. ils, pour l'exercice de leurs ouvres de chatés reinplies, ces chartes et statuts sont rité, de se réunir plus souvent, il leur faut présentés à Louis XI pour qu'il vouldt loer un procureur pour conserver et défendre et ralinier. La ratification a lieu en effet en leurs droits, ce qui ne pouvait avoir lieu godt 1483; voulant icelles chartres et sta- sans l'intervention des pouvoirs publics :1015 avoir lieu el avons loé, approuvé et Quod facere non possent, portent les lettres rartiflié les dites chartes ensemble les sta- patentes de Charles VI, permisso nostro ad tuts approuvés par le prevost de Paris pour hoc minime interveniente. Prenant en conen joyer les supplians suivant leur forme sidération les æuvres méritoires (attentis laua et leneur, etc. (Ordonnance du Louvre, t. dabilibus operibus) des confrères de l'hôpital XIX, p. 115 et suiv.)

Saint-Jacques,approuvant la confrérie, dictam (27 janvier.) En 1372 Charles V ac- confratriam approbantes, Charles VI autorise corde des lettres de Committimus, autrement les confrères à se former en association, dadit un privilége de juridiction et des lettres mus et concedimus licenciam et potestatem se de sauvegarde à Nicolas Braque, tant en son congregandi, dans l'hôpital soit dans un lieu: nom quen qualité de recteur et administra- en dépendant, pour y traiter des affaires de teur de cet hôpital ou Hôtel-Dicu, fondé par l'hôpital, tractandi de agendis ipsius, hospison père Arnulphe Braque auprès de la porte talis, et constituer un ou plusieurs admidu Chaume:6), à Paris.

nistrateurs ou gérants, pour diriger cet hoL'hospice est une propriété patrimoniale. pital, nec non constituendi procuratores unum Et cependant l'intérêt général est lié si inti- vel plures pro actis dicti hospitalis, lesquels mement aux euvres de charile dans les opi- procureurs auraient tous pouvoirs d'agir au nions du temps, que Charles V dit en par

de la fondation 'hospitalière. Qui

nom

(5) Voici comment dans les anciens litres est indiqué le millésime mil III C III ** el ung, soil. mil

eenl " ung.

(6)PORTA Calme, dont le P. Félibien fait mention à la p. 253 du le rol. úc l'flist, de l'aris.

quidem procuratores seu procurator habeant et substance en la construction et fondation omnimodam potestatem in judicio.

dudict hospital, lui et sadicte femme ne soient En Normandie., au XV° siècle, il est privez de leur demeure et gouvernement d'usage de donner au premier pauvre qui d'icelui. Les lettres patentes adhèrent au snpse présente, ce qu'on appelait la portion du pliant l'autorisation de faire construire dans mort, c'est-à-dire, la quantité d'aliments que le faubourg de la ville qu'il verra lui estre le défunt consommait dans un jour. (His- plus commode un hospial et maison pour toire de Rouen, par Asnier, t. Iil, chapitre y recevoir el loger les malades des escrouelles Abbaye de Saint-Amand.) Dans la même de quelque nation que ce soit, pour l'entreprovince, selon Monteil, il arrivait quelque- tènement d'icelui recevoir tous dons et legs fois qu'un gentilhomme faisait un veu qui el l'hospital ne sera pas établissement public, consistait à revêtir les insignes et à prendre mais ce que nous appellons reconnu d'utilité en mains l'escarcelle (7) d'un mendiant qui publique. Le suppliant et sa femme en verprenait lui-même la place du gentilhomme qu des lettres palentes ne pourront estre mis enfourchant son cheval et occupait sa place à bors de la demeure, gouvernement et adtable dans les hotelleries, tant que le veu ministration. Afin que l'hospital en projet durait.

demeure plus longuement en bon estat et « Nous étions quatre, c'est le mendiant qui valleur, il fallait régler ce qui arriverait parle, et nous marchions dans cet ordre : l'é- après le décès des fondateurs. Après le décuyer en tête, à cheval, le gentilhomme à cès des fondateurs, l'bospital tombera dans pied, menant par la bride le cheval, le valet les altributions du gran: aumônier. D'aulde livrée fermait la marche. Quand nous ar- tant que nostre grand aumônier, à cause de rivions à l'hotellerie le gentilhomme restait son dit estat d'aumônier a la superintenà la cuisine et mangeait dans une écuelle dance des hospitaux, malladeries et austres de bois les mets les plus grossiers; moi je lieux pitoyables qualscongue, voulons es me mettais à table à la place qu'aurait dû oc- ertendons qu'après le décès desdicts Jacques cuper le gentilhomme. La première chose Moien et sa femme, nostre féal conseiller et que nous fimes en entrant à Paris ce fut grand aumônier et ses successeurs, ayent la d'entendre la messe à Saint-Jacques du Haut- superintandance d'icelluy hospital pour le Pas. Lorsque la messe fut finie, le gentil- faire régir et gouverner avec pouvoir d'y homme me donna de l'eau bénite et me commettre personne ecclésiastique pour le congédia.Je lui représentai qu'il ne me restait service divin et receveurs, ministres domespour toute ressource qu'une petite poignée tique et autres servants, donner ordre de pièces de mounaie, que j'étais exposé à qu'aucun desdits pauvres malades des mourir de faim, Il me répondit : « Mon ami escrouelles ne séjournc plus longtemps au« reprenez votre métier, j'ai accompli tout dit hospital que la nécessité ue requiert ; a juste mon veu; je suis quitte de mes enga - tenir la main à ce que tout le bien appara gements envers monsieur saint Jacques. » tenant audit hospital soit conduit, réglé et Je trouvai cette dévotion un peu normande. adıninistré toul ainsi et par la forme et ma

Nous trouvons la charité privée au xyi' nière, que les grands aumôniers ont devant sièclé dans la même voie qu'au xiyo.

fait en l'hospital des Quinze-Vingts de Paris Jacques Moien, natif de Cordoue (pre- et autres lieux pitoyables du royaume. mier 'faiseur d'aiguilles), demeurant à (11 décembre.) Les habitants du faubourg Paris, remonstre que depuis 20 ans çà il Saint-Honoré forment opposition à la conss'est habitué et marié à Paris, où consi- truction de l'hôpital, ils s'étaient pourvus de dérant l'alluence et multitude des pauvres leur côté devant le juge d'église, afin d'auespagnols, italiens, flamands, portugais, torisation de faire bâtir une paroisse aucțit français, et autres nations malades du mal lieu de Guillon. Jacques Moien les appelle des escrouelles, qui y viennent afin d'être devant le parlement où il conclut à ce que par le roi touchez, lesquels on fait difficulté défense soit faite aux juges d'église, évêque et refus de loger és hospitaux et maisons or- de Paris el chapelain de la chapelle Guillon, dinaires qui logent et autres et sont le plus de poursuivre l'exécution des jugemen's souvent contraints coucher ès rues, endurant qu'ils ont obtenus sous peine de 400 écus une grande froidure même l'hy ver avec pau- d'amende. La cour ordonne que les parties vreté et nécessité. Estant émeu de pitié et auront audienre au premier jour, et cepencharité, il désire faire construire et édiflier dant défend par provision aux parties adun hospital et maison en l'un des faubourgs verses du supp!iant de passer outre à l'exéde cette dite ville de Paris, pour y recevoir

cution des jugements obtenus à peine de et loger tous les pauvres malades des es- 200 écus d'amende et de tous dépens et crouelles de quelque nation que ce soit et à dommages intérêts. Les habitans du faubourg la chargé d'en demeurer lui et sa femme Saint-Honoré l'emportèrent. En 1581 (10 maistre et gouverneur, sans que sous pré- a001), vu la requête présentée par Jactexle des ordonnances royales sur les hos- ques Moyen, et attendu la permission que pitaux ils en puissent estre dépossédez. Le la cour lui a donnée de chercher un lieu suppliant demande a Gtre dispensé de ren- plus commode pour construire son hôpital dre aucun compte sa femme ou lui, vu qu'il que celui de Guillon, pour raison de quoi il est bien raisonnable qu'employant son bien avait procès avec les habitants du faubourg

(7) L'escarcelle était la poche de l'argent; elle étail penduc à la ceinture.

Saint-Honoré et l'évêque de Paris. Attendu ritables pour contribuer à une æuvre si dique le suppliant avait prins à rente une gne de leur piélé, sont en særelé, étant sousmaison sise és faubourg Saint-Jacques vers la protection de Mgr l'évêque, de MM. du la faulse porte auquel il ne pouvait faire cons- chapitre de la cathédrale et de MM. les maire truire ledit bospital que le procès ne feust et pairs de la ville qui sont les adminisvuidé, d'aulant qu'on pourrait lui objecter trateurs de l'hôpital. Une seule chose élait qu'il ne serait pas, raisonnable qu'il eust à craindre dans cette union, savoir que les deux places, il plust à la cours l'autoriser biens des écoles élant confondus avec ceus à bastir au faubourg Saint-Jacques. La cour de l'hôpital, ils ne vinssent à diminuer dans ordonne que par l'un des conseillers d'icelle la suite et même à se perdre entièrement, à à ce commis le suppliant sera mis en jouis- cause des aliénations qu'on est souvent con: sance réelle et actuelle de la place par lui traint de faire des fonds dudit hôpital pour acquise au faubourg Saint-Jacques, pour y subvenir aux nécessités des pauvres : Mais euillier un hospital, appellez les margui!- MM. des trois corps, pour remédier à liers de la paroisse et les manans et habi- cet inconvénient, ont ordonné que ces sorlants du faubourg Saint-Jacques.

tes de biens ne pourront èire aliénés, Un particulier nommé Vacherot et sa et qu'à cet effet il y aura un registre partifemine ont consacré une maison à recevoir culier qui contiendra les biens et revenus les soldats estropiés et invalides, et lorsque qui ont été donnés pour les écoles, et que au siècle suivant les Invalides furent baiis, dans les registres des comptes de l'hopital, la même maison devient le siège d'une com- il sera fait mention particulière pour désimunauté où l'on forme des femmes de gner ces biens et revenus comme séparés chambre et des servantes qu'on place en- des autres. 3° On ne pouvait trouver un lieu suite et auxquelles on offre un abri quand plus commode que la maison de l'hôpital pour elles sont sans emploi.

fournir anx maitres d'école les logements, La charité privée, on le pense bien, ne les vêtements et autres choses nécessaires à se produit pas uniquement sous cette forde. la vie, en sorte qu'ils pussent s'appliquer Le père de Cécile du Belluy, religieuse du entièrement et uniquement à leur emploi. Xvi' siècle, est seigneur de Morangle et de 4° Personne n'était plus capable d'obliger les Fontenelle en Picardie; il a beaucoup de pères et les mères d'envoyer leurs enfants biens et il en donne une partie aus pauvres. aux écoles charitables que les administraSa mère enchérit sur la charité de son mari ; teurs de l'hôpital. Ils ont, dans leurs regiselle fait de sa maison l'asile des miséra- ires, leurs noms et leur age. Ils les visibles ; elle loge les pauvres, et pourvoit à lent souvent et ont entre leurs mains le lous leurs besoins. L'infortune assiége la fa- moyen le plus ellicace de guérir la néglimille, elle tombe dans la gêne et sa charité gence qui se trouve parmi les pauvres de se n'est point épuisée. Ce sont les mæurs du faire instruire, en refusant l'aumône aux temps.

pères et mères qui laisseraient volontaireLa charité privée est si générale et si ment leurs enfanis dans l'ignorance. étendue que lorsqu'on fonde à Paris au xvi Sur les premiers fonds qui faisaient 600 lisiècle, un hôpital pour les orphelins, il est vres de revenu par an, l'on commença, en presque déseri; la charité individuelle suf- l'année 1698, d'élablir deux écoles, l'une fit à lout.

pour les paroisses de Saint-Laurent, de Il existait, d'après le temoignage de De- Saint-Martin, de Sainte-Marguerite, et de la lamare, au xvii siècle, des associations Basse-OEuvre; l'autre, pour les paroisses de de charité dans presque toutes les paroisses Sainte-Madeleine, de Saint-Thomas et de de Paris et de toutes les villes de France ; Saint-Jacques. Cel heureux commencement les unes pour secourir les pauvres honteux, fut bientôt suivi d'une sainte émulation : les autres les malades, quelques autres sous plusieurs personnes s'empressèrent pour en le titre de Frères de la Mort, ensevelis- établir encore deux autres. Les quatre écoles saient les morts et assistaient à leur convoi. ayant été ainsi établies, plusieurs particua (DELAMARE, p. 404, t. 1".).

liers, sans autre destination que celle de Les écoles charitables, pour les gar- maintenir les écoles, et d'en augmenter les çons de la ville de Beauvais, ont commencé revenus, firent, en différents temps, de nouà s'établir en 1698 avec le consentement et velles donations. l'approbation de Messieurs des trois corps Le capital des sommes données lant au par acte de leur assemblée du 10 juillet 1698. commencement de l'établissement des écoles Elles ont été unies à l'hôpital pour les rai- que depuis, monte, à 36,380 livres jusqu'er. sons qui suivent. 1° Il est naturel que les 1732. Les quatre écoles ayant été établies pauvres tirent leurs instructions et les se- comme il est dit ci-dessus, les quatre maicours spirituels de la même source, d'où ils tres distribués en quatre lieux différents des reçoivent leurs besoins corporels. On avait paroisses de la ville, recevaient chacun, dans Com Djencé, à l'hôpital, par établir les choses leur école, les pauvres garçons sur les cernécessaires à la vie du corps; il convenait tificats de messieurs les curés et des admique ce qui regarde l'instruction, qui est la nistrateurs de l'hôpital, et ceux dont les pères vie de l'ame, particulièrement dans le temps et mères pouvaient payer les maitres d'éde la jeunesse, s'y établit ensuite. 2° Les coles établis pour les riches, n'y étaient pas biens, qui ont été donnés, et qui seront reçus. Chaque maître faisait trois sortes do donnés, dans la suite, par les personnes cha- leçons à ses écoliers et les instruisait sui

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