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besoins des classes souffrantes, le même es- se procurer de quoi les entretenir et les prit d'abnégalion, le même feu de charité meubler. que des seurs hospitalières, nous n'aurions Aujourd'hui encore l'hôpital ne fait face qu'à opposer les quelques faits de ce para- d sa dépense qu'au moyen des dons manuels graphe, que nous avons glanés çà et là, en que recueillent les scurs (de Saint-Vinvisitant nos hôpitaux.

cent de Paul, depuis l'origine), tant des La supérieure de l'hôpital des Sables- habitants de la ville que des malades opud'Olonne (Vendée) a procuré à l'établisse. lents qui fréquentent les eaux thermales. Les ment de 100 à 120,000 fr., employés soit en seurs de l'hôpital ont fondé une école qui constructions, soit en réparations on en mo- rapporte 7,000 francs de revenu à l'établisbilier. Accompagnée d'une charitable dame sement hospitalier. de la ville, elle sollicitait par toule la Vendée Les soeurs de l'hôpital d'Antibes, de l'ordes dons pour son hospice. Les deux pieuses dre de la Trinité, ont fondé une école qui femmes s'en allaient montées sur le même rapporie à la maison 7,000 fr. de revenu. cheval. On trouve les bienfaits de la supé- Une des causes du bon marché du prix rieure partout. L'hospice lui doit une buan- de journée à l'hopital de Pont- Lévêque derie et un séchoir à ciel découvert. Elle (il n'est que de 31 centimes) tient, en donne 100 draps par an à la lingerie, qui en partie, à l'extrême modicité du tiaitepossède grâce à elle 1,700. Quand elle est ment des sept religieuses. Il n'est que de entrée à l'hospice, il y a 28 ans, la mai- 300 francs, en tout, c'est-à-dire de moins son ne compiait pas au delà de 40 Jits, de 50 francs par sæur (sauf un supplémeat elle en a aujourd'hui 125. Chaque année de 50 francs). Ce bon marché est le réun certain nombre de lits en fer prennent la suliat d'anciens traités auxquels les seurs place des lits en bois. Ordinairement, dans n'ont pas cru devoir apporter de changeles hospices, quand il y a des constructions à ment malgré la différence des temps. Elles faire, les seurs profitent de la présence des font face à leurs dépenses personnelles en inspecteurs généraux pour réclamer des répa- se détachant pour passer la nuit auprès des rations ou des constructions des commissions morts dans les familles riches, qui les réadministratives; aux Sables-d'Olonne, c'est tribuent, au reste, très-largement. autre chose : les commissions sont tellement Dans la Bourgogne, le Mâconnais, la accoutumées à puiser à la source inépuisable Franche-Comté et dans d'autres provinces que leur offre la supérieure, qu'ils lui indi- encore, les religieuses n'ont pas de traitequaient devant nous les constructions et ré- ment ou ce qu'on appelle vestiaire. A Beaune parations à faire, comme étant de son ressort, (Côte-d'Or),'on met 3 francs sur leur seret tout naturellement à sa charge. L'hospice viette, le jour de l'an, pour témoigner a été transformé de fond en comble et a iri- qu'elles ne servent pas gratuitement, qu'elles Plé en importance sans bourse délier. sont des servantes à gage; à Châlons-sur

A Thiers (Puy-de-Dôme) c'est la supé- Saône (Saône-et-Loire), elles reçoivent, le rieure qui a fait les frais de la chapelle et de la jour de l'an, une bande de savon de là 5 pharmacie, l'une et l'autre remarquablement kil. C'est un acte d'humilité. belles. Qu'il s'agisse de réparation ou d'achat

A l'hospice de Pamiers (Ariége) les seurs de mobilier, la supérieure supplée à l'im- sont entrées, ces dernières années, dans des puissance du budget. Des constructions im- frais de constructions ou de réparations portantes avaient été entreprises il y a quel pour 6,000 francs. ques années; la commission s'aperçut qu'elle allait être entrainée dans des dépen

Sur 46,000 fr. dépensés à l'hôpital de Gray ses au-dessus de ses prévisions. Elle était (Haute-Saône), pour élever les jeunes filles, résolue à ne point passer outre. La supé- près de la moitié du prix des báliments est rieure l'engage à avoir foi dans la Providence due à la libéralité des religieuses. Les conset à continuer les travaux. Les frais excéde- fructions tout entières proviennent de leur Tent les ressources de 10,000 francs. Voyant impulsion. Une religieuse (seur Ondille) a l'embarras de la commission pour se libérer, consacré 10,000 francs à indemniser le budla supérieure tranche la difficulté en acquit- get de l'hospice, de la présence d'un plus lant la somme de ses derniers. Elle est allée grand nombre de jeunes filles dans la maison, visiter un grand nombre d'établissements dans par suite du retrait précoce de celles-ci de chez plusieurs départements, pour éclairer la com

les nourriciers, dans l'intérêt de leur éducamission et s'éclairer elle-même sur la cons- tion. Il est de notoriéié publique que les refruction di lavoir et l'orgavisation de la ligieuses de la maison emploient la moitié buanderie. Les sacrifices personnels faits par

de leur revenu au profit de l'hospice. la supérieure de l'hôpital depuis 15 années Nous apprenions, en 1846, que la supé égalent 40,000 francs.

rieure de l'hôpital de Saint-Amand se proL'hôpital civil de Bourbon (Allier), a été posait de léguer la totalité de ses biens à reconstruit de 1700 à 1707, par les soins et l'hôpital ; son testament était déjà rédigé. les démarches infatigables d'une religieuse Elle dépensait, en altendant, son revenu proqui allait tous les ans à Paris, pendant le pre dans l'hôpital. Il n'excédait pas, à la cours des travaus, faire des quêtes et solli- vérité, 700 francs ; mais, sans cette subvenciter des secours de tout genre pour subve- tion de la religieuse l'hôpital, qui était obéré, nir à la dépense. Elle y relournait encore n'aurait pu marcher. après l'achèvement des constructions pour A Hondeur, en 1850, les soeurs venaient de faire établir un très-beau vestiaire, au L'hospice d'Arles était desservi avant 1830 moment où nous visitions l'hospice.

par les Seurs de Saint-Thomas de Ville. Aus hospices de Caen les religieuses ont neuve, qui partagent à bon droit la réputaun magasin caché, approvisionné par leurs tion des Sæurs de Saint-Vincent de Paul dans soins et qui leur sert à vêtir les indigents. le service des malades. Une dame A...., qui Elles ont acheté des lits neufs à leurs frais, faisait partie de cet ordre, fit scission avec et ce sont elles aussi, qui, à leurs frais, ont sa communauté, en violation des liens qui créé les ateliers de l'hospice.

l'y attachaient religieusement, et au mépris de A Saint-Lô, des ateliers ont été orga- så subordination à l'autorité ecclésiastique nisés et sont alimentés par la supérieure. supérieure. Elle a fait bâtir ou réparer à ses frais plu- Elle voulut gouverner seule l'hospice de sieurs constructions. Elle a fait élever no- la Charité. A défaut des religieuses de la tamment un vaste appentis qui forme pour communauté dont elle s'était séparée, elle les enfants un préau couvert; enfin elle a recruta de prétendues religieuses çà et là, pourvu les lits de l'hôpital, à ses frais, de, et desservit l'hospice ainsi. Les commissions ridi aux et de courle-pointes. Elle n'a pas dé-l administratives ne devaient pas tolérer une pensé ainsi dans l'hospice moins environ de pareille discipline; quelques préfets ont pro10,000 francs.

testé contre. L'évêque de Marseille et l'arA Bayeux une jolie chapelle a été bâtie chevêque d'Aix se plaignirent hautement de dans l'hôpital, aux frais d'une des religieu- cette transgression des lois religieuses. L'arses actuelles. La même religieuse, qui en- chevêque actuel, lors de sa visite pastorale seigne le dessin dans le pensionnat an- dans l'arrondissement d'Arles, a refusé de nexé à l'hôpital, a décoré cet établissement pénétrer dans l'hospice par cette seule raid'un très-beau tableau de sa main.

son qu'il était desservi par la dame A.... Son Les seurs de Castres ont doté aussi l'HÔ- prédécesseur, M. Bernet, avait été sur le tel-Dieu d'une chapelle tout à fait monu- point d'oblenir le renvoi des prétendues mentale.

scurs. M. Jacquemet, évêque de MarA l'hôpital de Moulins (Allier), une an- seille, a agi auprès de l'autorité civile dans cienne chapelle, créée des deniers de la du- le même sens. Ajoutons que le dernier préchesse de Montmorency, qui y avait affecté fet de la monarchie, M. Lacoste, choqué du 3,000 livres, et dont on avait fait une salle maintien de la dame A.... et de ses compade malades, dans de très-mauvaises condi- gnes dans l'hospice, malgré les réclamations tions hygiéniques, était rendue en 1854 à du pouvoir ecclésiastique, s'occupait des sa destination lant aux frais des religieuses mesures propres à faire cesser ce déploqu'à l'aide d'aumônes sollicitées par elles.rable élat de choses, quand le gouvernement Les memes religieuses ont participé à la dé- changea. pense des lits en fer. Nous devons la confi- Les frères et les sœurs qui desservent les dence de cette double libéralité aux membres hospices de Lyon, existent dans des condide la commission. Une seur a dépensé 1,200 tions impossibles à maintenir. Pendant quafrancs à l'hospice général, pour faire réparer tre ans les membres de la prétendue congré la lingerie dite du berceau.

gation portent le titre de prétendants et de A Besançon, les religieuses, non rétribuées, prétendantes, et reçoivent définitivement le de l'hôpital contribuent à la dépense, bon iitre de frères ou seurs croisés. Ils ont pour an mal an, dans une proportion de 5 à 6,000 insignes, les hommes une plaque d'argent francs.

sur le côté gauche, les femmes une croix Les sæurs de l'hospice de Nuits Cote-d'Or), en sautoir, également en argent, et d'assez dépensent chaque année dans l'hopital leur grande dimension. Les hommes sont toujours revenu propre. Elles ont fait construire rée vetus de noir, les femmes portent un coscemment (1854) une salle neuve et une cha- tume religieus. Leur réception comme frère pelle.

ou seur croisé est le motit d'une cérémonie A Noyon un grand bâtiment de 32 lits religieuse dans laquelle il est prononcé des a été construit aux frais de la supérieure, veux. Le noviciat n'offre aucune garantie. qui appartient à l'ordre de Saint-Thomas de Nous aurions beaucoup à citer ; bornoosVilleneuve. La chapelle de l'hospice a été nous à mentionner cet article des statuts : construite des deniers de la même religieuse. Cinq rations entières sont destinées chaque

A Riom (Puy-de-Dôme) la pharmacie est jour à pourvoir aux invitations que les frècharmante, et tendue de draperies ; les vases res ou les seurs de l'hospice pourraient sont de porcelaine dorée, et une riche table adresser à des étrangers qui dinent aux frais de marbre occupe le milieu. Tout ce luxe est de l'hospice. Les frères et les s@urs de Lyon un présent des religieuses.

manquent du caractère sacramentel des cong'vi. Quelques observations critiques. – grégations. Comment se fait-il que, placées au milieu de Les commissions ont préféré quelquefois, la mine d'or inépuisable de nos congréga- aux seurs des congrégations relevant des maitions françaises, les commissions des hospi- sons mères, des religieuses spéciales à l'hoces choisissent quelquefois de fausses reli- pital, croyant avoir sur elles plus d'autorité. gieuses dont le fonctionnement dans les Elles sont exposées, au contraire, à être me hôpitaux a été matière à des griefs de diverse nées par elles, et n'ont pas la ressource, nature, griefs soulevés souvent par l'épisco- quand elles ont à se plaindre de quelquespat? Citons quelques exemples.

unes, de demander leur remplacement. On &

entendu des religieuses dire : « C'est nous peut plus méritoire des dames laïques des qui gagnons l'argent, c'est à pous de le hospices d'I......, il s'agit d'un principe et dépenser comme nous l'entendons. » Des non d'un fait. Les hospices peuvent, sans scurs ayant une supérieure générale, à la- aucun doute, confier leur administration à quelle elles sont subordonnées, ne tien- des laïques d'un sexe ou de l'autre; mais, draient pas un pareil langage.

quand ils la confient å des laïques, ceux-ci Les religieuses de P.-L. vivent subor- doivent se montrer sous leur aspect véritadonnées à la commission administrative ble. Les congrégations offrent des garanties de l'hospice, jusque-là qu'elles ne peuvent d'un ordre à part; quand on traite avec elles, admettre de novices sans que le choix soit ra- on sait à qui l'on s'adresse; elles ont pour tifié par les administrateurs, et que l'admis- caution l'évêque diocésain qui les a instision des religieuses à faire leur veu a be- tuées. L'habit qu'elles portent inspire la soin aussi de l'approbation de la commis- confiance et commande le respect. Cette sion. Il en résulte une institution religieuse confiance, ce respect sont une usurpation là informe ; aussi l'on cite deux seurs de l'hos- où vous trouvez l'apparence au lieu de la pice qui en sont sorties pour se marier. Les réalité. C'est un piége qu'on vous tend. seurs hospitalières qui desservent l'hôpital Le défaut d'institution canonique de la de D.... n'appartiennent à aucune congré- part de l'évêque diocésain est un premier gation; ce qui n'empêche pas qu'elles n'aient obstacle qui s'oppose au maintien de dames été confirmées par décret impérial en 1811. Jaïques en costume religieux; le défaut d'insElles se prévalent de leurs statuts pour re- titution civile, c'est-à-dire d'autorisation pousser le traité qui leur a été proposé par par l'autorité constituée, est un autre obsla commission des hospices. Elles ne recon- iacle encore plus insurmontable que le prenaissent, disent-elles, d'autre loi que le dé- mier. cret où se trouvent écrites leurs obligations. Les vraies congrégations sont assez nomElles contestent à l'administration le droit breuses en France, répétons-le, pour desde leur imposer un traité.

servir les hôpitaux et les hospices; elles Les miembres de la commission pensent rendent assez de services à l'Etai pour n'être que l'hospice n'est pas inféodé aux swurs; pas dépossédées de leurs attributions par de que l'on peut trancher la question en les fausses religieuses qui, en usurpani leur évincant. Ils ont pleinement raison.

habit, usurpent leurs droits. L'usage imméLes 27 sæurs de l'hôpital de R..... n'ap- morial que pourrait alléguer l'administrapartiennent à aucune congrégation. On a re- tion hospitalière d'I......., comme celle de proché maintes fois à la supérieure le choix. L... ne saurait prévaloir contre un principe de ses coopératrices sous le rapport de la de morale publique et d'ordre légal. santé, de l'activité et du mérite.

& VII. Dons et legs aux congrégations. En 1852, nous avons trouvé le bureau de Le nombre et la valeur des dons et legs que bienfaisance de G... desservi par ce que nous les établissements des congrégations reliappelons des fausses religieuses. Dans l'ori- gieuses ont été autorisés à accepter depuis gine, 5 Sæurs de Saint-Vincent de Paul étaient leur rétablissement jusqu'au 16 janvier 1839, nourries et logées dans le bureau. Aujour- se répartissent ainsi : Sous l'empire, 44 dons d'hui ces dignes seurs sont remplacées par et legs sont évalués approximativement à des religieuses dissidentes du Bon-Sauveur 300,000 fr. Sous la restauration, 1,083 dons et de Saint-Lô. Les prétendues religieuses legs sont estimés 18 millions. Sous le gouveront quitté leur communauté pour se sous- nement de juillet, 406 dons et regs ont une traire à la discipline de leur supérieure; valeur approximative de 3 millions. elles sont désavouées par leur ordre et par La restauration y a ajouté le chiffre de près l'évêque du diocèse. Les établissements pu- de 14 millions (13 millions 672,784 fr.). En blics ne sont pas faits pour devenir les com- 1844 les immeubles acquis par les congrégaplices d'un scandale en permanence. Ajou- tions, s'élevaient à un million 301,032 fr., et ions que les seurs en révolte contre leur M. Vuillefroy portait leurs propriétés fonrègle ne rendent aucun service au bureau, cières à cette époque, à 15 millions. de l'aveu du maire. Raison de plus pour ne De 1830 à 1835, les dons sont de moindre pas les maintenir à leur poste.

importance : L'usage antique des dames laïques intro- ,

1835 produit 798,000 fr. duit il y a deux siècles à l'hospice d'I.......

1836

506,000 s'est conservé de nos jours, et s'il n'a pas les

1837

486,000 mêmes inconvénients qu'en d'autres hospi

1838

563,000 ces, il n'en constitue pas moins une irrégu

1839

483,000 larité notoire. Le costume religieur est

1810

467,000

1841 d'ordre public; celui qu'ont adopté les dames

399,000

1849 de l'hospice d'í....... est religieux à ce point,

438,000 qu'un long crucifix d'ivoire fixé sur la poi

Total 4,140,000 fr. trine est un de ses attributs. Revêtu par celui qui n'y a aucun droit, le costume mo- Les immeubles forment à peu près la nastique est un déguisement, déguisement moitié de ce total. Ils se composent de maiinconvenant dans un établissement pu- sons d'habitation. Le surplus consiste en blic. A Dieu ne plaise que nous incul- argent et mobilier. Il ne s'agit ici que des pions la probité éprouvée, le zèle on ne congrégations reconnues.

M. Isambert parle en 1843, de 60 millions possèdent un beau pensionnat à Passy, . de dons et legs, en immeubles, fails aur bon marché, un pensionnat d'apprentis au congrégations, en alléguant que les évalua- faubourg Saint-Marceau , et en Alsace un tions sont des deux tiers inférieures à la pensionnat agricole, que d'autres suivront, valeur réelle, ce qui porterait les dons et et qu'imileront d'autres Frères, leurs émules. legs à 150 millions, toujours de 1802 à 1844. Conclusion. - Ce qui a perdu notre Le même M. Isambert allègue que ces im- siècle, c'est l'individualisme, la personmeubles d'une valeur productive de 7 mil palité, l'orgueil; ce qui le sauverait, c'est lions 500 mille francs, ne rapportent que l'esprit de sacrifice, c'est l'abnégation, moitié de cette somme.

c'est l'esprit de discipline, une des maIl estime les dons et legs en argent ou va. nifestations de l'esprit de sacrifice. Ce qui leurs mobilières, dans la même période, à nous sauvera, c'est le dévouement de 300 millions.

l'homme à l'homme, le dévouement de 8 VIII. Subventions de l'Etat.-Les congré- quelques-uns au salut de tous, et, s'il était gations figurent au budget depuis un demi- possible, le dévouement de tous au salut de siècle pour 156,300 francs, sur celle somme, tous, autrement dit l'amour du prochain, en 14,000 francs sont dévolus aux missions un mot, la charité. Or l'esprit de sacrifice est étrangères et aux Lazaristes; 142,300 francs la source de la charité. Le sacrifice accomsont partagés entre les congregations de pli sans restriction est la perfection évangé. femmes. Ils s'appliquent, en presque totalité lique ; d'où il suit que la perfection évangé aux plus anciennes congrégations. La con- lique, exercée et pratiquée par des Chrégrégation des Sæurs de Saint-Vincent de tiens exceptionnels des deux sexes qui, Paul, perçoit 25,000 francs. Après les filles dans la vue de plaire à Dieu, se dévouent à de la charité, viennent pour 15,000 francs les leurs frères, en observant l'obéissance, la Seurs du Refuge de Saint-Michel à Paris. pauvreté et le célibat, est le besoin le plus C'est la maison mère d'un pénilencier mo- pressant de notre siècle. dèle dont les rameaux s'étendent à toute la La perfection évangélique étant au-dessus France. Paris compte pour 54,000 francs des forces naturelles de l'homme, l'Eglise dans les allocations du budget des cultes ; à catholique, pour en rendre la pratique plus Nevers comme à Paris , à Lyon comine à facile ei pour la mettre à la portée de tout Nancy, en Vendée comme à Rennes, comme le monde, a conçu l'admirable pensée, la à Besançon, comme à Bourges, la faveur mi- pensée, évidemment d'inspiration divine, nistérielle s'attache aux communautés les d'associer des hommes pour le sacritice. plus éprouvées, à celles qui sont le plus in- Les ordres religieux sont celle association dispensables aux diverses parties du service merveilleuse; ils sont donc,conclurons-nous, administratif, hôpitaux, hospices, maisons un des premiers besoins de notre siècle. La de refuge. Les secours se répartissent au résistance que les ordres religieus ont rentotal à 22 communautés hospitalières, savoir: contrée chez nous élait une lutte de l'orLes seurs de Nevers, de Bourges, de Be- gueil, un combat engagé contre l'esprit sançon, de Saint-Maurice, de Rouen, de d'obéissance par l'esprit d'insubordination, Tours, de Saint-Charles, de Lyon et' de une dernière tentative de l'esprit de révolte, Nancy, du refuge de la Rochelle, de Rennes, de la liberté du mal, contre la liberté des de Paris et de Versailles.

enfants de Dieu, la liberté du bien. MaialeQuelques bourses ont été créées par l'Etat nant que l'on sait tout ce qu'ont fait les ordans les pensionnats religieux. Trois bour. dres religieux de toutes les sortes et de ses l'ont été en 1836, 1 en 1837, 2 en 1838, tous les noms pour le bien de l'humanité, 3 en 1839, 4 en 1840, 5 en 1841.

dans le passé et dans le présent, et qu'on Ce système des bourses, écrivions-nous peut se faire une idée juste du bien qu'ils en 1812, serait un des moyens les plus effi- peuvent faire dans l'avenir, laissons-leur caces de féconder l'avenir des classes ou- la liberté du bien. vrières, de relever les appauvris et de faire Quand le P. Lacordaire prenait possesfranchir un ou plusieurs degrés à la classe sion de la chaire de Notre-Dame où l'appepauvre dans l'échelle sociale. Les bourses lait Mgr de Quélen, il citait ce mot du grand sont le pensionnat primaire mis à la place de Frédéric à ses amis : « Pour en finir avec l'El'école primaire. Avec le pensionnat pri- glise catholique, savez-vous ce qu'il faut maire on asseoira en France l'éducation pro- faire ? il faut en faire un hibou......" fessionnelle sur une large et solide base. Le Vous savez, Messieurs, ajoutait le P. Lacor. pensionnat primaire est un progrès de notre daire, cet oiseau solitaire et triste qui se temps. Les instituts agricoles, les péniten- tient dans un coin avec un air rechigné. ciers célèbres, Mettray, la Maison de Refuge Voilà tout le secret : nous isoler de tout, de de Saint-Michel, la merveilleuse institution la politique, de la morale, du sentiment, de de Saint-Nicolas, sont des pensionnats. L'a- la science ; nous suspendre entre le ciel et griculture, l'industrie, le commerce en veu la terre sans aucune espèce de point d'appui, Jent. L'école effleure à peine l'écorce de puis nous dire, un genou en terre : Vous l'enfant; le pensionnat entre en lui profon- avez Dieu, qu'avez-vous besoin du reste? dément : il le repétrit de fond en comble, il Nous n'acceptons pas cette position. Nous le transforme. Les Frères des écoles chré- tenons à tout, parce que nous venons tiennes l'ont compris : ils ont progressé de de Dieu, qui est en tout; rien ne nous est l'école primaire au pensionnat primaire. Ils étranger , parce que Dieu n'est étranger

nulle part. Ah! il vous va.bien de vouloir notre nom et notre cour de citoyens; nous
faire de nous des parias de l'humanité, vous vous y servirons par notre sang et nos tra-
à qui nous avons donné tous les sentiments vaux, et lorsqu'un jour vous enverrez vos
qui ont fait l'humanité ! Allez, vous n'y ambassadeurs dans ces terres lointaines, ils
réussirez pas ; vous ne nous oierez ni la y trouveront des pages écrites par nous pour
science, ni l'amour, ni rien de ce qui est de volre histoire, et qui leur serviront d'intro- .
l'homme. On note pas le génie à qui on le ducteurs. »
veut; on note pas la liberté à qui on le veul; Voy. ALIÉNÉS ( Bouches-du-Rhône); -
on n'ble pas la lignité à qui on le veut; on CHARITÉ PRIVÉE (France de l'Ouest); - ld.
n'die pas la pairie à qui on le veul; chassez- (France de l'Esl}, (Strasbourg); - HÔPITAUX
nous, si vous le voulez, nous emporterons IT HOSPICES (Somme), Saint-Riquier, Bopi-
dans l'exil, jusqu'aux extrémités du nionde, tal de Doullens, et (Manche), Granville.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS CE VOLUME.

vres. -

A VERTISSEMENT.

9
CHARITE LEGALE.
CHARITE PAROISSIALE.

11
CHARITE PRIVEE.

11
Section I". - Charité privée, élément de tout secours
chrélien. Charité privée, distincte de la charité orga-
Disée dans les Acles des apolres. — Elle se perpélie dalis
les divers âges. -- Confréries laiques.-Forme babituelle
des sociétés de charité privée dans l'ancien régime. -
Hôpitaux entrelenus par les confrères., - Staluls des
confréries. — Lettres de sauvegarde aux hôpitaux privés
(1372). – Privilége aux confreres de l'hôpital de Pon-
toise (1380). – Fondation particulière pour les élran-
gers (1578 et 1581). — Fondation pour les soldats estro-
piés et invalides. — Charité individuelle au xvio siècle.
- Associations de charité dans les paroisses. – Associa-
tions pour l'enseignement (1698). – Charités privées au
Xvu siècle. - Un valet de chambre de Louis XIV. -
Mlle Legras. - Peliles Sæurs du pot. — Règlement de
Ja compagnie de charité de Saint-Sulpice. - Sours gri-
ses aliachées aux compagnies de chariié. - Société phi.
lanthropique à Orléans. Distribulious à la porte des
grands hôiels.

13
Section II -- Caractères de la charité privée immua-
bie. – Traits d'union entre la charité publique et la
charité privée. – Société de charité maternelle de na-
iure mixte. Son origine. — Marie-Anloinelle, Mme la
duchesse d'Angoulême, Marie-Louise, Marie-Amélie et
J'impératrice Eugénie. - Son expansion. — Modèle des
statuts. — Règlements y annexés. — Société maternelle
de Paris. – Tarif des secours accordés. - Diversité des
fondations de la charité privée. Société de Saint-
Vincent de Paul; sa portée sociale; sa formation récente;
controverse à celle occasion; sa généralisation; sa divi-
sion en provinces. — Règlement. — Assemblée générale
de Paris le 9 décembre 1852.-- Une conférence de Paris,
- OEuvres diverses de la conférence. — Progression des
recelles. - Séance présidée par le Souverain Pontise le
5 janvier 1855. – La charité privée à Paris. — Manuel
des ouvres - Associalion générale de charité. — Chilfre
des euvres de la charité privée. – Enfance, adultes et
vieillards.

42
Secours à l'enfance. — Crèches, salles d'asile. - Saint-
Nicol.s. Société des amis de l'enfance. Orphelins et
orphelines. OEuvre de Saint-Jean. Orphe:ins du
choléra. Association des fabricants. OEuvre des
catéchismes. Savoyards et Auvergnals. Société
d'adoption.—Petitbourg. - Patronage des jeunes libérés.
- Mellray. Ecole de la compassion. — Education des
jeunes filles. Sours de Saint-Vincent de Paul daos
28 écoles. 20 pensionnats religieux. — Dames du
Sacré Coeur, 14 écoles laiques. — Jeunes économes.
Association de Sainte-Anne. Maison des enfants dé.
aissés. - Maison de la Providence. Institution de
Saint-Louis. — Atelier de Mme Chauvin. - Maison de
refuge des jeunes sourdes-muelles. — Immaculée-Con-
puion. - Asile-ouvroir de Gérando. Bon-Pasteur.-
Société de patronage.

OEuvre des pauvres malades.

- Visiles des pauvres ma-
lades - Ouvre des paroisses. - Société de Saint-trail-
çois-Régis. Société de la Miséricorde – OEuvres des
dames visitant les prisons. - Ouvroir de Vaugirard.
Société de patronage des prévenus acquittés. -- Société
de la morale chrétienne. - Société des amis des pau-

- Société de palronage et de secours pour les
aveugles. – Maisons des ouvriers.--Sociélés helvétiques
et israélites.

101
Secours aux vieillards. – Petites-Seurs des pauvres.
· Asile de la Providence. Société de la Providence,

Société en faveur des pauvres vieillards. - Prêtres
âgés et infirmes.

115
Charité universelle. - OEuvres de la propagation de la
Foi et de la sainte Enfance. – Notions précises sur les
revenus des fondations de la charité privée de Paris ci-
après : Institution de la jeunesse délaissée.- Pensionnat
des jeunes filles luthériennes. - Etablissement de Saint-
Louis. - Alelier de travail de Mme Chauvin. - Associa-
lion des jeunes économes. Société de Sainte-Anne.

Sociéts pour le placement en apprentissage de jeunes
orphelins. — Sociéié des amis de l'enfance. Société de
patronage des jeunes garçons libérés.---Société des jeunes
filles libérées el abandovnées. — Société pour le pairo-
nage des jeunes garçons pauvres du département de la
Seine. - Société d'adoplion pour les enfants trouvés et
orphelins pauvres. Maison de refuge pour les jeunes
filies sourdes-muelles. — Asile-ouvroir du carur de Marie.

Asile-ouvroir de Gérando. — OEuvre du Bon-Pasteur.

Comité de patronage pour les prévenus acquillés. -
Asile de la Providence. — Infirmerie de Marie-Thérèse.

Associalion des mères de famille. — Société de Saint-
François-Régis. – OEuvre des apprentis et ouvriers.
Association des fabricants et artisans sans place. — So-
ciété de patronage et secours pour les aveugles.-Ouvroir
de Vaugirard pour les ouvrières sans ouvrage. - Asilo
Fénelon. - Etablissement de crèches dans le 1" arron-
dissement. - Société pour le renvoi dans leurs familles
de jeunes filles sans place et des femmes délaissées. -
Comité israélite de secours et d'encouragement.--Opinion
de ceriains fondateurs d'æuvres de la charité privée sur
les subventions. Charité privée dans les départe-
ments.

116
France du centre. -Seine-et-Oise : Versailles, Dourdan,
Elampes. - Oise : Beauvais, Seolis. — Eure-et-Loir :
Chartres. - Eure : Evreux. - Aube : Troyes, Arcis-sur-
Aube, Bar-sur-Seine, Bar-sur-Aube, Nogent-sur-Seine.

Loirel : Orléans. — Cher. - Allier : Moulins, Mont-
luçon, Bourbon-l'Archambault, la Palisse, commune de
Noyanl. Puy-de-Dôme : Clermont-Ferrand , Riom,
Issoire, Billom.

88
Secours aux adultes. Société philanthropique.

1 45
France du nord. - Nord : Lille, Dupkergue. Pas-
de-Calais : Arras, Saint-Omer, Calais, Boulogne.
Meuse : Bar-le-Duc, Commercy, Etain, Montmédy, Saint-
Mihiel, Verdun. Somme : Amiens. Calvados : Caen,
Vire, Avranches, Valognes, Cherbourg.

166
France du midi. - Rhône : Lyon. - Loire.

Ain.
Vaucluse : Avignon. - Gironde : Bordeaux. Lot-el-
Garonne. - Bouches-du-Rhône : Marseille. Var : Drade

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