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Il y a

nus à tour de role par des propriétaires de la terre furent un puissant moyen do cultivateurs, au moyen de donations en na- moralisation. Les efforts du bon prêtre fyture.

rent bénis, car, parmi toutes celles qu'il reBasses-Pyrénées. - Bayonne.

cueillit, pendant l'espace de sept ou huil quelques années, un pauvre prêtre de années, c'est à peine si l'on en compte trois Bayonne recueillit dans les quartiers les ou quatre qui aient quitté le refuge. Cepenplus misérables, dans les bouges les plus in- dant l'exemple portait ses fruits, l'excelfects, un certain nombre de petites filles lence de l'æuvre de l'abbé Ceslac était compour les arracher, par le bienfait d'une édu- prise. Tandis que des personnes charitables catior chrétienne et laborieuse, aux entraî- s'empressaient de lui venir en aide, d'holnements de la misère et aux séductions du netes filles de la classe du peuple embrasvice. Pour fonder une œuvre aussi utile, saient, sous ses auspices, la vie religieuse, M. l'abbé Cestac n'avait d'autre ressource se consacrant au soulagement des malades qu'un modesle traitement de vicaire de la et à l'éducation des filles pauvres. Ainsi ful cathédrale, e! sa courageuse confiance dans créé au jour le jour, et avec une sublime l'aide de la Providence. Le prenier asile of- imprévoyance, cet établissement que ne se fert par M. l'al;bé Cestac aux orphelines dé- lassent point d'admirer ceux qui le visitent. laissées, fut une chambre où la bienfaisance Le voisinage des bains de mer de Biarritz y d'un généreux habitant de Bayonne leur a amené, dans ces derniers temps, des honipermit de s'établir. Ce refuge devint bien- mes du monde, des littérateurs, des éconoiot trop étroit; mais, à mesure que crois- misles, des hommes polítiques : 1ous se sont saient les besoins de l'institution naissante, inclinés devant les merveilles de la charité l'ingénieuse bonté de son fondateur savait d'un humble prêtre. L'établissement de l'abbé y faire face. De la modeste chambre qui les Cestac se conipose aujourd'hui de bâtiments avait d'abord reçues, M. l'abbé Cestac trans- considérables; il renferme un personnel porla ses enfants, chaque jour plus nombreu- nombreux; une exploitation rurale imporses, dans une humble maisonnelle située tante y est attachée; trois instilutions dissur !e bord de la mer, en face de cet Océan tinctes et séparées en dépendent : l'asile des dont les magnificences racontent à toule orphelins, le refuge des repenties, et le nobeure la puissance de Dieu. Là, tout en viciat des sæurs. Èh bien ! pour subvenir à leur enseignant leur religion , tout en les la subsistance quotidienne de ce petit monde, initiant aux premières notions de la lec- pour faire face aux dépenses de constructure, de l'écriture, de la grammaire et du lion et de mobilier, qui s'élèvent à beaucalcul, le bon prêtre leur apprit à fécondercoup plus de 100,000 fr., M. l'abbé Cestac les sables de la plage, si bien qu'au bout de n'a eu que son modeste patrimoine , quel quelque temps, la grève aride, fertilisée par ques aumônes et le produit du travail de la un travail assidu et intelligent, s'était trans- communauté ! Les services que peuvent formée en un riche potager dont les pro- rendre les servantes de Marie commencent duils suffisaient à l'entretien de la commu- à être appréciés. Plusieurs d'entre elles sect nauté.

attachées, en qualité de seurs jnfirmières, Encouragé par son succès, soutenu par la à divers établissements d'instruction publihaule approbation et par la protection puis- que. Leur présence est un bienfait pour les sante de Mgr l'évêque de Bayonne, dont la communes pauvres. (Patruck O'quin, député sollicitude episcopale avait apprécié l'utilité des Basses-Pyrénées, mars 1852.) pratique de son entreprise, M. l'abbé Cestac FRANCE DE L'EST. Moselle. conçut le plan d'une cuvre nouvelle: un re- ville de Metz compte au moins 25 insluge pour les malheureuses filles tombées titutions de bienfaisance; en lète, il faut au dernier degré de l'échelle du vice , qui placer les écoles. On ne doit pas estimer à out l'amer sentiment de leur dégradation, moins de 6,000 le nombre des enfants qui et qui n'attendent souvent pour en sortir en reçoivent le bienfait; et pas à moins de qu’une main secourable. Le digne abbé Ces- 100,000 fr. les sommes données annuelletac se voua avec bonheur à cette wuvre de ment alin de pourvoir aux besoins des écuréhabilitation. Sur la plage d'Anglet , à côté tes, el afin d'encourager les jeunes élèves. de l'asile des orphelines, une maison s'ou- La ville inscrit à son budget une somn vrit pour les filles repenties. La prière et le qui dépasse 75,000 fr., et qui s'applique : travail agricole occupèrent, au milieu de la l'instruction de plus de 4,000 enfants, depui solitude, la vie oisive naguère de ces créa- ceux qui fréquentent les salles d'asile, le tures déchues. La nature de ce travail était quelles en comptent habituellement 1,300 indiquée par une considération d'utilité jusqu'aux cours d'enseignement supérieur matérielle, puisque l'existence de l'institu- Avaut 1830, les dépenses de la ville, rela lion nouvelle reposait tout entière sur les tives à l'instruction, ne s'élevaient pas produits du sol; mais elle était en même 20,000 fr. En 1835, elles alteignent 30,000 temps dictée par ce qu'on pourrait appe- en 1840 53,600; en 1845, 62,000; aujou ler "l'hygiène morale. On vit bientôt d'hui eiles dépassent 75,000 ; en 1835, celte Thébaïde se peupler de pécheresses nombre des élèves ne dépassait pas 2,00 repentantes, qui venaient redemander à la Les écoles chrétiennes privées, entrete solitude, à la pénitence et au travail sancti- nues par les libéralités de nombreux sou tiant, la paix du cæur qu'elles avaient de- cripteurs, dont le but charitabile est de w puis longtemps perduc. Les rudes travaux tiplier les moyens d'ecseignement, ouie

aur familles qui le désirent pour leurs en- Le bulletin de la société de Saint-Vincent fants l'instruction primaire, surveillée par de Paul, de mars 1856, nous donne sur le l'Eglise catholique. Huit cents élèves fré- produit de la quête de vêtemerits de la conquentent ces écoles, qui occupent des bati- férence de Meiz, des détails trop curieux ments spacieux, et qui sont dirigées par des pour que nous les omettions. L'évêque de Frères de la Doctrine chrétienne. Les dépen- Kletz avail chargé de la quête la conférence, ses annuelles de ces écoles s'élèvent à qui lui en rend compte. La collecle a été 13,000 fr. L'école de la religion réforméo considérable ; 54 charretées de vêtements et renferme environ 100 enfants des deux d'effets de toutes sortes ont été, en quatro seres. Cette communauté, peu nombreuse à jours, versées dans le vestiaire de la conféMetz, contribue à l'enseignement primaire rence de Saint-Vincent de Paul, où il par une somme annuelle de 800 fr. La ville, fallut plus de trois mois pour se reconpar une résolution récente, vient de pren- naitre et mettre un peu d'ordre parini co dre l'excédant de dépense à sa charge. La

monde de vieilleries. Beaucoup de personnes congrégation du Sacré-Coeur donne l'ensei- n'ayant pas d'effets à donner, offrirent de l'argnement à 160 jeunes filles pauvres. Ses dé- gent qui fut accepté en vue des réparations et penses pour cet objet sont compensées par de la mise en élai des objets détériorés. Laisun prêt que la ville lui a fait d'une somme de sons parler le rapporteur. « Nous avons re40,000, fr. sans intérels, avant 1830; ce qui cueilli, soit cn árgent, soit en nature, les suppose une subvention annuelle de 2,000 fr. plus touchantes aumônes, et de personnes Les seurs de Sainte-Chrétienne oni aussi souvent qui étaient dans le cas de recevoir trois écoles, où elles reçoivent gratuitement plutôt que de donner. Des domestiques, des de pauvres jeunes filles, dont le nombre al- ouvrières, d'humibles artisans tenaient tout leint 400.

préparé leur petit paquet pour les pauvres Les orphelins sont recueillis dans un

de Monseigneur. Il y eut de riches dons ; ce établissement où ils reçoivent la nourri- n'était pas toujours dn vieux, c'était quellure et l'instruction.. L'existence de la mai- quefois du bon et du neuf. Quelquefois aussi, son remonte à 1834, près de 80 enfants y pour n'être pas connu, on envoyait directesunt entrelenus, à l'aide de dons et de sous- ment, ct ce n'était pas les moindres lots qui criptions, et la dépense s'élève à près de

arrivaient ainsi sans marque et sans 20,000 fr. l'ar an. L'OEuvre des Orphelines

nom. avait précédé de douze ans la première.

« Mais il ne sufisait pas de recneillir, il C'est une pensée due au zèle des mem

fallait démêler, classer, nettoyer, réparer; il bres du bureau de bienfaisance. La mai

fallait tirer parti des objets qui ne pouvaient sun des Récollets étant uno propriété de pas servir directement aux pauvres, réparCelle administration, elle a été consacrée à

iir et distribuer avec discernement ceux qui recueillir les pauvres jeunes filles privées pouvaient etre immédiatement utilisés. La de parents. Là, sous la direction des seurs

comunission chargée de ce travail s'imposa de Saint-Vincent de Paul, 115 orphelines

tout d'abord deux obligations: la première, reçoivent une éducation religieuse, l'en

de ne rien donner qui, par son état de malseignement primaire , et l'habitude des tra- propreté ou de délabrement, půl humilier lo Taur manuels qui sont le plus ordinaire

pauvre; la seconde, de tout utiliser el de liment réservés aux femmes. La maison est rer parli de tout, fût-ce de la plus mauvaise tenue arec un ordre parfait. L'entretien des guenille, fút-ce d'un sous-picd, d'un bouton; jeunes orphelines occasionne à l'institution

et elle a été fidele jusqu'au scrupule à celle une dépense de 18,000 fr. par an. Cette

double résolution. Nous renonçons, dit lo Soucine est le produit de diverses donations rapporteur, à vous faire connaitre, mêmio faites à l'élablissement, et de souscriptions sommairement, les détails intinis dans lesannuelles. La maison du Bon-Pasteur a été quels on a da entrer, et les inqualifiables fondée en 1835 ; elle occupe l'ancien cou

industries auxquelles il a fallu souvent revent de Sainte-Claire. Elle est dirigée par

courir pour mener l'æuvre à bonne fin. Un des suurs de l'ordre. Ainsi que l'indique scul cxemple. Que faire d'un uniforme? son litre, c'est la brebis égarée que cette institution se propose de ramener au trou

mande au tailleur; rien n'est plus embar's peau; elle entrelient aujourd'hui 65 per

rassant quand il esi bors de service. La chasonnes. Les dépenses reposent entièrement

rile scule et la friperie sont capables d'ell sur les souscriptions des personnes charita

tirer parti. Nous ne savons au juste ce qu'on bles, sur une allocation de 2,000 fr. faite par charité. Elle prend des ciseaux, coupe los

ferait la friperie, mais voici ce qu'en fait la le conseil général, el une de 1,000 fr. par la ville en faveur d'un établisscvient dont l'u

pans, dont elle lirera des morceaux pour la tilité est reconnue. Il est difficile d'appré- raccommodage, et avec le reste confectionne cier ce que codle l'entretien de cette mai

uue veste de travail, très-propre à metlig. 541, à cause de la quantité de dons en na

pendant l'hiver sous la blouse; les galons, lure qu'elle reçoit ; on peut cependant pré- après avoir fait le tour des boutiques d'ora Sumner que ses dépenses ne s'élèvent pas fevres, sont vendus à un juif pour 5 fr.; les au-dessuus de 9,000 francs par an.

doublures écarlales se transforment en car

lottes pour les enfants de cheur de la paLa ville compte buit sociétés de charité ruisse; les boutons sont aclietés par un bull privée.

prèire, qui en fait un sujet d'émulation et

de récompense pour les petits garçons du des couronnes, pour couvrir le cercueil des son catéchisme. Mais que faire u'un téles- enfants morts avant l'âge de 'sept ans. Inuiilo cope, d'une caisse d'étrilles sans manches, de dire qu'on est reçu au vestiaire avec d'une collection d'embauchoirs, d'une foule bonté ; une pièce est spécialement affectée de lampes de toutes formes, passées de mo- à la distribution; on fait asseoir les pau de ou hors d'usage ? Que faire d'une mul- vres, on leur parle avec douceur, on les sert titude innombrable d'ustensiles tordus, écor- promptement. Il est aisé de voir que ceux 'nés, rouillés; d'appareils ou d'instruments qui les servent pensent servir dans leur bizarres ; de meubles vermoulus ou décol- personne Jésus-Christ lui-même. » lés ; d'une quantité fabuleuse de chapeaux d'hommes ou de femmes ; d'une montagne

La société de Saint-Vincent de Paul do de chaussures dépareillécs, percées, noi

Melz s'occupe de la nourriture de l'esprit sies; d'une véritable inondation de manches,

compie de celle du corps : elle est parvenue do jambes, de corsages, de gants, de cols, de

à créer une bibliothèque de 4,000 volumes, chaussettes, de rubans, encombrement de qu'elle prête à ceux qui, dans la maladie. greniers, de tiroirs ou de garde-robes, dont

éprouvent le besoin de quelque distraction. nous étions encombrés à notre tour au point

Les secours que celle société répand dans la de ne savoir où mettre le pied ? Il fallut bien

ville, ne restent pas au-dessous de 12,000 fr. cependant chercher à tout cela sa place et

par an. Une autre société qui ne se distinson emploi, et ce ne fut pas l'affaire d'un gue pas moins par l'utilité, la moralité du jour. Enfin l'on en vitit à bout. Une grande

but qu'elle poursuit, c'est celle de Saintpartie de ces objets furent vendus, ei les 5 François-Régis, fondée en 1838. ou 600 fr. qu'on en retira serviront, avec Depuis sou origine, elle a contribué à l'ac les auin mes recueillies en argent, à faire complissement de près de 800 mariages dus faire les réparations et raccommodades. On à son intervention, et elle a rendu une fa. acheta meme du neuf, principalement des mille à 350 enfants qui en étaient privés paillasses et des couvertures, etc.

Sous le titre de Société des écoles, des jeune « Pour la mise en état, on employa des gens se sont réunis pour fournir leur con ouvriers et des ouvrières de diverses pro- iingent à la bienfaisance publique. Favorise fessions, dont quelques-uns ont travaillé l'enseignement, après avoir pourvu d'abor jusqu'à aujourd'hui : ce fut encore un bien

aux besoins physiques des classes souffran fait, d'autant plus qu'on eut soin de choisir les, s'occuper de tous, sans exception, telle pour ces ouvrages faciles les moins forts et sont les bases sur lesquelles repose cett .

association. Le développement qu'acquier porteur, ne sont que des greniers ; mais il chaque jour la société,' le zèle actif, arder y règne un ordre et une propreté qui fo- qu'elle met à remplir les devoirs qu'el ! raient plaisir à voir. Tout y est soigneusc- s'est imposés, indiquent une heureuse ten ment rangé, plié, étiquelė. Nulle confusion dance et sont un présage d'avenir que nou parmi les innombrables catégories qu'il a de vons accueillir avec bonheur. fallu élablir. Ce qui est à réparer est distinct de ce qui est en état; les âges et les sexes

Les secours donnés par la Société : ont leurs cases différentes ; les natures de

écoles, et qui prennent leurs source's day vêtements ont leurs rajons et leurs pendoirs

des souscriptions et dans des loteries, s'él

vent à plus de 4,000 fr. par an. Une cuv particuliers; la literie est disposée dans une salle basse d'un abord commode pour

plus ancienne, et qui s'est fondée en 183 les pauvres; la lingerie, confiée aux soins

c'est l'OEuvre des jeunes économes. de deux dames du plus humble et du plus

Son but est d'enseigner aux jeunes til! louchant dévouemest, semble une lingerie catholiques les travaux professionnels, de religieuses, c'est tout dire. Ces dames d'ajonter à ce bienfait quelques secours font raccommoder et blanchir, et Dieu sait

vetements et en nourriture. Sous le patr tout (e qu'il faut de courage pour toucher

nage de celle euvre, quatre ouvroirs so seulement du bout du doigt les draps que

ouverts à Metz, dans les maisons tenues 1 ces pauvres gens rapportent lous les niois

les seurs de Sainte-Chrétienne; ils sont f pour le blanchissage; mais ce serait de la quentés par 200 jeunes filles. Cette wu dentelle, qu'on ne le ferait pas avec plus de dépense annuelleinent une somme de 7,000 bonne grace. Pendant l'été, tout le lainage

L'association, connue sous le nom du Cha est serré dans des malles avec des aromates,

foir, qui a pour objet de donner aux p et déposé dans un lieu frais et obscur. Les pauvres un asile pendant l'hiver et de le objets de literie, prêtés seulement aux pau

procurer quelques aliments, s'est formée vres, portent une marque et sont soigneu

1817. Toui individu qui s'y présente reça sement enregistrés ; une commission très

s'il le demande, un litre de soupe ;- qu active est spécialement chargée de veiller à ques véleménts niême sont donnés sur p leur conservation. Les draps sont réservés

nécessiteux. aux malades. Quelques paires plus fines ont Les personnes charitables qui s'occupe pour destination de rendre plus décent le de relte cuvre s'entendent pour en parla lit des mourants, lorsqu'ils doivent recevoir lour à tour la surveillance el ajouter à le bon Dieu. On y joint des servieltes bien nourriture quelques lectures et des prièr blanches, un crucifix et des flambcaur. 60 à 80 indigents se présentent chaque jo Nous avons aussi de petits lincculs 2730 au chaufloir.

Les dépenses de l'association s'élèvent en- pour la conduire et la charger. Ces voitures viron å 2,000 fr.

ne coûlaient rien; elles avaient été fournies Les israélites ont fondé dans leur com

par les maisons de roulage on par des partinunauté plusieurs sociétés charitables qui culiers de la ville. C'était par une belle jouroccasionnent une dépense de près de née de janvier : les offrandes élaient prêtes 12,000 fr. (Enile Bouchotte, président de la

dans chaque maison. Chacun voulait sa part chambre de commerce de Metz.)

de la bénédiction du premier pasteur; on

donnait, on s'intéressait à ce que donnaient Note additionnelle. — Une association de

les voisins; bref, la quête eut lieu au milieu dames et de demoiselles, faisant partie des d'un entrain général : ce fut dans la ville une Enfants de Marie, se réunit chaque semaine véritable fête de famille offerte au nom de dans la maison d'éducation du Sacré-Caur la charité chrétienne. de Melz, pour travailler à des vêtements

La collecte fut abondante : avant la fin de destinés aux jeunes filles pauvres qui sui

la journée, dix-huit chargements complets vent l'école gratuite dirigée par les reli

avaient été rentrés dans les bâtiments do gieuses du Sacré-Ceur. Les membres do

l'ancien séminaire. On se trouva alors en cette association viennent d'ajouter à leurs bonnes cuvres celle de la visite des prison débris d'un pillage ou d'un incendie; il fallut

face de quelque chose qui ressemblait aux nières, que l'on lâche de moraliser par le travail et de bons conseils, en leur assurant

du courage et de la persévérance pour dé18 pelit pécule sur le produit de leur travail,

brouiller ce chaos, en bravant la poussièro pour le moment où elles sortent de la pri

et l'odeur qui s'exhalaient de plusieurs de son. Des membres de la conférence Saint

ses parties. Beaucoup d'objets avaient grand Vincent de Paul de Metz vont, trois ou quatre les salons du président du tribunal y pour

besoin de réparations; une loterie lirée dans fois par semaine, donner des leçons de lec

vut, et l'on fit une première el précieuse lure, d'écriture et de calcul à des solilais détenus dans la prison inilitaire, et un petit

charité, en procurant de l'ouvrage à des ou

vriers et ouvrières qui en manquaient. secours de route est ailwué à ceux qui sortent de cette prison pour se rendre à la destina- Enfin, l'on put constater les résultats suition qui leur est assignée. Un jeune pretre vauts : Pantalons 130, gilets 164, paletots, plein de ceur et de dévouement, M. l'abbé redingotes, habits, vestes et blouses 136; Michaud, a fondé et dirige à Metz, depuis cravates 18, mouchoirs de poche 72, caleçons, quelqnes années, des réunions consacrées gilets de flanelle, tricots 83; chemises tour à lour à des ouvriers et à des militaires d'homme 180, chemises de femme 147, chce de la garnison. Il leur donne Je suir, plu: mises d'enfant 35, paires de bas et chaussieurs fois par semaine, des instructions seltes 429, chaussures de toute espèce (paires religieuses, et leur repd tous les services qui de) 632, chapeaux, casquettes, bonnets de dépendent de lui; des livres leur sont pre- coion 275; robes et jupons 98, corsages et lés; ils sont mis à même d'écrire à leurs camisoles 113, chales, fichus et pèlerines familles. Le dimanche, ils se réunissent 126; tablicrs 48, béguins el bonnets 1 paquet, dans une élégante chapelle, qu'une riche et coupons d'étoffes 25, pièces pour raccornmobienfaisante demoiselle de Metz (Mlle Pique- dages 2 sacs ; draps, nappes, serviettes 38; inal) a fait construire pour eux dans un bati- couvertures et tapis 42, paillasses et matelas ment qui lui appartient, et dont une autre 42, traversins, oreillers, rideaux 38; bois de lit partie est concédée par elle pour les réu- etlits de sangles 23,berceaux 8,langes d'enfant tiloos de la semaine. Enfin, une vaste maison, 1 paquel; chaises, fauteuils, tabourets 238, pourvue d'une chapelle et destinée à rece- meubles divers 54. instruments et ustensiles de voir des orj belins, vient d'être construitc, ménage 377. Total 3,575 objets recueillis. Une grâce à la charité de M. et Mine Holandre, partie semblaii, il faut le dire, n'otfrir auqui, ayant eu le malheur de perdre une fille cune valeur; néanmoins, il y a des pauvres si unique, ont voulu consacrer sa dot à la fon- dénués, que les rebuts les plus vils en apdation de cet établissement. (Alexis Cue- parence ont encore trouvé leur emploi. VALIER.)

Des mesures ont été prises d'ailleurs de Haute-Marne. – Langres.- Une quete de

concert avec les diverses æuvres de charile Tieus vêtemerits et de vienx meubles qui a eu

de la ville, pour apporter dans la distribulieu sous le patronage de l'évêque, va servir

tiou tout l'ordre et toute l'équité possibles. de pendant à celle de Metz. Une lettre où Bas-Rhin. - Il s'est fondé à Strasbourg, respirait la charité du saint prélat, an- à partir de 1830, une société pour l'extinclion nonce l'euvre au prone des deux paroisses; de la mendicité, véritablement digne de son puis un billet de. Monseigneur, distribué nom. La ville était livrée à la mendicité et dans toutes les maisons de la ville, indiquc au vagabondage des deux sexes et de tous le jour de sa réalisation, souhaitant « paix les ages. Les plus notables habitants se réuet bénédiction à lous ceux qui, par la plus pirent dans le but généreux de fermer celle légère offrande, contribueraient à la bonne plaie. L'accord des divers cultes était indisEuvre. Au jour dit, les quêteurs se mirent pensable dans une ville où les protestants en tournée, on s'était partagé la ville en ézalent à peu près les catholiques en noneing sections : chaque section était parcou- bre protestants 31,000, catholiques de 34 · rue par deur in einbres de la conférence, ac- 35,000), el où la religiou juive done 6,00:3 companés d'une voiture et de deux pauvres amics. Cel accord eut lieu.

On va voir quelle tâche la société s'im- cal dépendant des écoles, pèsent et distriposait. Il fallait refouler hors du territoire buent aux indigentes la laine, le chanvre, le les mendiants étrangers. En moins de six colon, qu'elles doivent filer et tricoter, la mois, l'autorité fit conduire au delà des fron- toile dont elles doivent faire des chemises, . tières plus de 1,000 étrangers prévenus de Elles président à la livraison des articles vagabondage ou de mendicité; il fallait

pro- confectionnés et payent le salaire gagné par curer des moyens d'existence aux mendiants les ouvrières. Le fil livré par les indigentes domiciliés; il fallait éloigner de la voie pu- est lessivé par la maison du refuge et remis blique les mendiants intirmes; il fallait ou- à des lisserands sans ouvrage, et la loile que vrir des écoles aux enfants errants par les ceux-ci ont lissée sert à occuper de pauvres rues et prenant le chemin de la mendicité couturières qui en font des chemises, et ces et du vagabondage ; et la société, qui avait chemises, ainsi que les bas fournis par les des entrailles vraiment charitables, no tricoteuses, sont distribuées aux indigents : croyait pas qu'elle aurait encore assez fait admirable palingénésie charitable, à laquelle si elle n'allait à la découverte des misères l'industrie la plus envieuse ne trouverait cachées et n'adoucissait leurs privations, 120 rien à reprendre. Cela est pratique, el il n'y citoyens choisis dans les divers cultes, so a pas de ville, pelite ou grande, où on nc partagèrent la ville sous le nom d'inspec- puisse en faire son protit. La velure du pauieurs et furent chargés de soulager les pan- vre suffirait à occuper en France tous les vres à domicile. La société organisa trois bras des indigents sans ouvrage. commissions; l'une fut chargée de ce qui se rapportait à la mendicité, la seconde de la l'enfance. Lorsqu'elle prit naissance, deux

Voyons ce que la société organisa pour direction des secours à domicile, la troisiè- écoles, l'une catholique, dirigée par les me des écoles et des salles d'asile.

seurs de la Providence, l'autre protestante, L'enquête des 120 inspecteurs dans leurs étaient fréquentées par 350 élèves; 300 enquartiers respectifs donna au bout d'un mois fants jouissaient en outre de l'instruction pour résultat une liste de 2,350 ménages à gratuite dans les écoles paroissiales; or le secourir; les 2,350 ménages formaient 6,000 recensement opéré portait à 2,000 le nompersonnes, c'est-à-dire un huitième de la bre des enfants dans le cas de recevoir les population d'alors (1).

bienfaits de l'instruction gratuite. La comiEn l'absence d'un dépôt départemental de mission des écoles et salles d'asile oblin niendicité, la société créa une maison de re

de la ville la cession de locaux dans le fuge, où furent réunis les mendiants valides quartiers les plus populeux. 6 salles d'asil des deux sexes. Dès 1831, 114 assistés de cello

furent ouvertes d'abord et s'élevèreut en catégorie y étaient occupés à divers travaux suite jusqu'à 15; 32 dames inspectrices fu de leur sexe. Plus lard fut créée la colonio

rent chargées de leur surveillance. On fon agricole d'Ostwald destinée à exploiter plus écoles élémentaires cl 2 écoles supérieures

da pour les garçons au-dessus de 7 ans, de 100 hectares de terre appartenant à la ville et qui ne lui produisaient aucun revenu.

le écoles élémentaires et 2 ou vroirs pour le Un rapport fait en 1839 prouva que cette

filles. 2 écoles du soir s'ouvrirent aus ou pensée avait été féconde. Les mendiants in

vriers et aux apprentis. firmes furent admis à l'hopital civil. Il s'a- 2,500 enfants, le tiers environ de ceux gissait d'organiser un système d'écoles po- la ville, reçurent l'instruction. La tutelle de pulaires en assez grand nombre pour re- enfants n'a pas tardé à s'étendre aux parents. cucillir les enfants pauvres, depuis l'âge le devenir envers ceux-ci un patronage more plus tendre et jusqu'à 12 ou 15 ans. L'entre- accompagné de bienfails matériels, tels 4 prise était colossaic, elle fut tentée et réns- vēlements, nourriture, secours en argo sit. Un premier fonds de 4,000 fr. fut voló Les dames présidentes de chaque salle pre par la commune, pour les frais d'appropria- parent.lous les ans aux enfants des prix iion de la maison de refuge. Une quele des dons qu'on leur distribue à Noël, et 4 organisée par les inspecteurs produisit consistent en effets d'habillements de tou 30,000 fr. en moins de 15 jours. On créa uno sorte. C'est une dépense de 10,000 fr., pr loterie et une commission des ateliers. La duit des sacrifices d'argent ou du travail d première loterie donna 7,000 fr.; le produit dames patronnesses; on calcule que 152,00€ varia plus tard de 8 à 11,000 fr. Cette sommc, ont reçu en 19 ans celle destination. O déduction faite des frais, est versco partié l'on juge du reste par ce chiffre-là. dans la caisse des écoles et des salies d'asi- La conférence de Saint-Vincent de Paul le, partie dans celle de la comunission des ouvrages. On organisa des travaux de femmes, compris une section de 25 jeunes gens; e

Strashourg compte environ 150 membres tels que tricolage, filage, couture, pour les est divisée en la sections. Sa recelle a é temps de chômage et la saison rigoureuse. en 1851, de 7,300 fr. 72 c. Sur celte sor21 Treize dames choisies parmi les inspectrices les queles aux séances hebdomadaire ». des salles d'asiles, surveillèrent ces travaux. produit 1,406 fr., et les souscriptions 1,43

La ville est divisée en 13 quartiers de 50 c., un concert entre en recelle (proti secours. La commission des ouvrages était net) pour 1,510 fr. 80 c., un sermon de ci encore en pleine activité en 1850. Tous les rité pour 998 fr. 75 c. Les dépenses en b samedis, les dames se rendent dans un lo- sont de licaucoup plus fortes, elles s'élève

(20) Elle est aujourd'hui de 72,000 ames.

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