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Dieu a béni leurs efforts, la quête a dépassé La salle d'asile reçoit les enfants à l'âge tout ce que l'on pouvait en attendre. de 2 ans, nous disail le respectable président

Les conférences d'Angers ont complé cin- de la société d'apprentissage ; à 6 ans ils quante charretées de richesses pour leurs entrent chez les frères ; à 12 ans la société malheureuses familles, et en ontre, en ar- d'apprentissage les recueille et les patronne gent, une somme de 1,000 ou 1,100 fr. jusqu'à leur majorilé.

Le curé de Saint-Nicolas vient de fonder La société de Saint-Joseph s'était formée un atelier de travail pour les vieilles filles pour procurer une hunnēle distraction lè sans ouvrage. L'œuvre suffirait à ses besoins dimanche aur classes ouvrières, et les arrasi elle avait un débouché pour ses pro- cher ainsi à de couleuses et funestes dissiduits. La ville compte plusieurs orphelinats, pations. L'ouvre a trébuché faute de resdont l'un renferme jusqu'à 500 jeunes filles. sources. Cependant ses membres n'en ont

Orne. - Le bureau de bienfaisance d'A- pas désespéré tout à fait. Ils ont chargé les lençon marche à la tête des secours à Frères des écoles chrétiennes de la continuer. domicile; mais il est puissamment seconde Ceux-ci sont aujourd'hui les dépositaires per la charité privée. Une conférence de du matériel, qui consiste en plusieurs jeux Saint-Vincent de Paul fondée depuis 6 destinés aux divertissements des ouvriers. ans et composée de 40 membres, porte à Il suffirait d'une souscription de 1,000 à Homicile des bons de pain, de bois et de 1,200 fr. pour faire vivre la fondation. braise. Elle soulage 300 jauvres, et visite On vient d'essayer la création d'une sopar mois 8 ou 10 familles malades. L'hôpi- ciété de charité maternelle, ayant pour but de ial lui fournit les médicaments; et elle donner aux femmes en couches les secours donne aus malades des bons de viande. indispensables, et une layette pour leurs Elle a fondé l'oeuvre accessoire des loyers. enfants. Ce projet date seulement du 4 féLes indigents déposent de petites sommes vrier 1851, et déjà 60 mères ont été sequ'ils destinent à payer leur propriétaire, courues ; 900 fr. ont été employés à acheler el la société leur alloue à titre d'encourage- des layettes, ou plutôt une partie de ce qu'il ment une prime de 20 p. 100. Mais ce qui en faudrait. Les sociétaires comprennent est digne d'admiration surtout, c'est la ma- qu'il faudrait procurer aux accouchées, de Dière dont la conférence comprend et exercé la viande, du bouillon, du linge et quelle patronage. Elle place les enfants dans les quefois un peu d'argent, écoles et les y surveille. De concert avec les Le personnel administratif ne manque frères des Ecoles chrétiennes qu'elle compte pas, car dans la société, formée de 60 dames, parmi ses membres, elle réunit les soldats on trouve une présidente et une vice-préside la garnison dépourvus d'enseignement, dente, une dame secrétaire et une vice-seen école d'adultes,' leur donne des leçons crétaire, une trésorière et une sous-trésod'orthographe, de lecture, d'écriture et de rière, une magasinière et une sous-magasicalcul, leur fait des lectures pieuses et leur nière. Les autres dames sont vouées aux apprend à prier. Sur une garnison de 230 fonctions de quêteuses, distributrices ou hommes, 40 ou 50, c'est-à-dire près d'un visiteuses, par groupe et par quartier. cinquième, est soumis à cette action bien- Nous avons parlé, à propos du bureau de faisante de la société. Comment ne pas être bienfaisance d'Alençon, des secours qu'il tire touché de voir le président du tribunal civil de la charité religieuse dans la personne consacrer ses soirées à la sainte mission des saurs de la Miséricorde chargées de la d'iostruire et d'éclairer ces hommes, que distribution du bouillon qu'elles préparent, leur ignorance livre ailleurs sans contre- et du linge qu'elles font blanchir. Les paupoids à leurs grossiers instincts ?

vres viennent chercher chez elles ces deux t'ne société d'apprentissage complète objets, qui coûtent au bureau de bienfail'euvre de Saint-Vincent de Paul. Elie a sance environ 100 fr. par mois. Les seurs placé jusqu'ici 168 enfants (1852). Elle dis- reçoivent en outre de la ville 1,800 fr. par pose d'une somme de 1,500 à 2,000 fr. La an pour visiter les malades et les soigner. moyenne des frais d'apprentissage par en- Elles sont au nombre de 20. Quatre d'entre fani est de 150 fr., c'esi-à-dire 50 fr. par an, elles s'emploient, au profit de la communauté, la dorée des apprentissages étant de 3 ans. à confectionner des chemises pour les perDans les temps calamiteux, les patrons don- sonnes de la ville, et 4 autres à blanchir le Bent une partie de l'argent que gagnent linge des trois églises d'Alenços. Elles vont leurs apprentis aux père et mère de ceux-ci. donner des soins aux malades dans les maiNous avons dit que la société d'apprentis- sons riches ou aisées quand on les réclame, sage complétait i'cuvre de Saint-Vincent de et reçoivent la rémunération qu'on leur Paul

, parce que c'est une cuvre spéciale; donne, sans jamais fixer aucun prix, sous tusis elle l'avait devancée, car elle remonte l'humble nom d'aumône.

1837. Nous voyons dans un compte-rendu Les memes soeurs établies à Argentan, y de 1813, qu'un assez grand nombre de mai- sont les actives auxiliaires du bureau de tres consentent à n'etre payés de l'enseigne bienfaisance, mais elles constituent en outre tent professionnel qu'ils donnent aux en- une @uvre à part qui porte leur nom et fants, que par le travail de ceux-ci; dans ce qu'alimentent les cotisations de la charité cas la dépense de la société se borne à privée. Argentan possède aussi une conféfournir, durant l'apprentissage, du pain et rence de Saint-Vincent de Paul. Elle a do des velements.

remarquable qu'elle est formée des élèves Dictioxx. d'EconomIE CHARITABLE. II.

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du collége, parvenus aux classes de rhétori- des pauvres, des hommes doués de bonne que et de philosophie. Ces jeunes gens sont volonté avec ceux qui en manquent. La muconduits par leurs aumôniers chez les indi- nicipalité contribue jusqu'à concurrence de gents, auxquels ils distribuent des bons de 1,500 fr., et le gouvernement accorde une vêtements et d'aliments,

subvention de 500 fr. Toutes les forces s'assoNous avons dit, au sujet des bureaux de cient. Le curé de Mortagne considère la bienfaisance, que celui de Domfront se laisse subvention du gouvernement comme un absorber par l'OEuvre des dames de la cha- agent d'excitation très-puissant. Le même rité, composée de 10 dames, qui dressent la pasteur ne doute pas que s'il survenait des liste des indigents, et signalent leurs be- années calamiteuses, les ressources de l'assoins. Une quète leur procure 4,000 fr. Elles sociation atteignissent bien vite 25,000 fr., emploient les soirées d'hiver à confectionner d'aulant mieux que des réserves placées en des vêtements pour les pauvres familles. rente sur l'Elat, ont lieu dans les temps or

Loin que l'assistance soit insuffisante à dinaires. Les secours se distribuent sur une Domfroni, on nous a assuré qu'elle y est ex- grande échelle. Il est distribué 4 kilogr. de cessive. La ville fait, de plus, des aumônes pain par semaine à chaque indigent, outre considérables aus mendiants des communes du bois et du linge. On donne de la viande voisines. L'interdiction de la mendicité vient aux inalades, et des vêtements une fois par d'y mettre un terme. Comment y sera-t-il an. Les secours s'élèvent de 6 à 15 fr. par suppléé? C'est la question que se posait de

mois; mais ils ne sont pas toujours permavani nous le maire de Domfront, il ne doute nents. On donne à filer aux femmes, el de pas que les communes dans lesquelles travaux de terrassement aux hommes dus'exerçait la mendicité, ne soient disposées rant l'hiver. Les investigations de la société à suppléer par une cotisation aux aumônes sont portées plus loin qu'ailleurs sur le qui étaient données à la porte des maisons. compte des familles pauvres, et on mesurs Il allait plus loin, il proposait de créer par rigoureusement le secours au besoin. La faarrondissement un fonds commun destiné à mille à laquelle il manque 2 ou 3 fr. par sesubventionner les communes dont les res- maine pour vivre, touche ces 2 ou 3 fr.ca sources sont disproportionnées au nombre bureau; 40 familles sont assistées en de leurs indigenis. Nous croyons qu'il n'est moyenne par section, ce qui forme une pa. pas bon d'altérer les principes généraux sur pulation secourue de 5 ou 600 personnes. lesquels repose la charité publique dans L'extinction de la mendicité était opérée de notre pays. La charité est assise sur ces fait à Mortagne, avant qu'elle fut interdite. deux bases, la commune et le département; L'association a subi une grande épreure, , les secours à domicile et bospitaliers sont celle de la durée; elle est constituée depui donnés par la commune; s'agit-il d'inter- 13 ans. Mais pour ajouter un élément di diction de la mendicité, la mesure est dé- plus à cette vérité , que la chårité est dilipartementale. C'est au département à sup- cile à bien faire, nous ne devons pas tairi pléer à l'impuissance des communes. Le l'aveu que nous a fait le curé de Mortagte conseil général l'a si bien compris qu'il a A donner aux pauvres tout ce qui leu consacré à l'extinction de la mendicite, dans manque, il y a, dit le pasteur, l'inconve le budget de 1852, une somme de 8,000 fr. nient de perpétuer le paupérisme, de délen

Les secours à domicile sont à peu près dre le ressort du père de famille, d'affaibl exclusivement, à Mortagne, dans les mains la responsabilité individuelle. Frappés c du clergé. Le bureau dit d'association, dis- ce danger, les deux curés de l'Aigle, qui pose des fonds du bureau de bienfaisance. ont pris dans la charité privée un rôle aus 30 membres du sexe masculin et un nombre logue à celui du curé de Morrayne, font t égal de dames, divisées en 5 sections, for- sorte que le nécessiteur ne compte pas tru ment autant de bureaux secondaires , qui sur l'assistance. Au lieu de mesurer les sont représentés dans un bureau central de cours au besoin, ils le proportionnent al 5 membres, par un délégué. Le bureau cen- efforts du pauvre pour sortir de la misère tral statue sur les demandes dont les délé. Le curé de Saint-Martin regrette, nous i gués sont les interprètes. Au mois de dé- sait-il, de ne pouvoir distribuer les secou cembre de chaque année, le curé et le maire personnellement. Les huit dames qui luise se mettent à la tête des quêtes, c'est-à-dire vent d'auxiliaires, lui paraissent céder in qu'ils font appel en personne aux souscrip- facilement aux sollicitations des famille teurs dont les cotisations s'acquittent par inscrites. Il n'est accordé que 2 kilogr. trimestre. Le nombre de ceux-ci, sur une pain par semaine et par individui, et non population de 5,000 babitants est de 200. Le comme à Morlagne. Le bois et le charlı curé et le maire ouvrent la liste par un don sont donnés à époques fixes, Le curé de chacun 600 fr. La recelle s'est élevée la Saint-Jean, dont les ressources sont plus première année à 15,000 fr., ce qui, avec celle considérables que celles de son collègue, du bureau de bienfaisance, montant d 2 ou qui compte moins de pauvres, se mel 3,000 fr., formait un revenu disponible de rapport direct avec ceux-ci, assisté qu'il e 18 à 20,000 fr. Tombée à 9 ou 10,000 fr., elle par quatre dames de la charité, visitant u justifie encore les évaluations du départe- certain nombre de familles. La charité ind. ment de la Manche, où l'on estime qu'on viduelle se produit tantôt en avant, tantôt picut compter sur une recette de 2 fr. par clé de la charité paroissiale. Elle augmen habitani, compensation faite des riches et la dose des secours et les complète. El

entre plus intimement dans l'intérieur des milité par leur assistance; les bonnes saurs familles pour en sonder les misères dans de Saint-Charles, si dévouées au chevet des leurs profondeurs, et en panser toutes les malades pauvres, ont passé bien des jourplaies. C'est ce que fait spécialement la con- nées à mettre de l'ordre dans ce désordre. férence de Saint-Vincent de Paul, fondée à La lingerie, les vêtements, la coiffure, la l'Aigle par quatre jeunes gens qui composé- chaussure, la literie, les objets de ménage, rent le bureau en attendant que la société tout a été classé, restauré, transformé, distrouvåt des recrues. Des habitants de tout tribué à bien des pauvres, et en particulier age ont été entraînés par leur exemple, et la à de véritables pauvres honteux, par les conférence compte aujourd'hui 40 membres membres de la société de Saint-Vincent de qui visilent les pauvres à domicile, et se Paul, et pour une valeur de 5 à 6,000 fr. concertent pour éviter les doubles emplois Une dame se plaignant de la rigueur de la avec les dispensateurs des charités parois- saison et de la fréquence des quétes, renousiales. Les ressources de la conférence sont velées sous toutes les formes : « Je n'ai plus évaluées à 1,500 fr. Le bureau de bienfai- que deux sous, dit-elle aux quêteurs, voyez sance porte à la charité paroissiale, qu'il si vous les voulez. Madame, nous recelaisse maitresse, les 3,000 fr. de son budget. vrions deux centimes avec reconnaissance , Les quêtes ont produit, quand il a fallu, jus- lui fut-il répondu. - Prenez-donc mes deux qu'à 20,000 fr., mais elles grossissent, bon sous, » reprit-elle en donnant deux pièces an wal an, de 4 à 5,000 fr. la recette du bu- d'ori- « Vous quêtez des vieilleries , dit reau de bienfaisance. Le bureau n'a donc une ouvrière déjà âgée, il faut donc que je pas à se plaindre de son entrée dans l'asso- vous donne loui mon ménage et moi parciation. Les établissements publics ne doi- dessus le marché, puisque nous avons vent pas abdiquer leurs devoirs , mais ils vieilli ensemble; prenez toujours, en attenpeuvent déléguer leurs droits pour le plus dant, ces 50 centimes, c'est le gain de grand bien des pauvres. Le nombre des ma journée ! » Un résultat durable et perassistés, qui est de 5 à 600 en temps or- manent de celle quête, est la création d'un dinaire, s'est élevé dans les années diffi- vestiaire de santé où les pauvres trouvent ciles, à 1,000 ou 1,100, sur une population des secours, limités dans leur durée par de 6,000 ames, population en grande partie celle de la maladie. Linge de corps, draps, industrielle, où le chômage sévit non-seu- couvertures, linge à pansements, etc., tout lement par le manque d'ouvrage, mais par sera tenu disponible pour ceux qui doivent le manque d'eau.

: nécessairement être secourus à domicile et Maine-et-Loire. Une quête pour le

qui ne peuvent profiter , soit pour une raivestiaire des pauvres, causait une vive émo- son soit pour une autre, des secours de troa à Angers, le 12 jauvier 1854. Cent cin- l'hôpital. (Annales de la Charité, mars, 1854.) quante membres des conférences de Saint

! Charenic-Inférieure. - Il a été fondé l'incent de Paul, s'étaient mis en marche pour

à la Rochelle par la conférence, de Saintqudler des vieilleries. Précédés d'une lettre Vicent de Paul, à la fid de février 1851, pastorale, ils s'en allaient gaiement par les

des soupes économiques dans un dourues, récoltant de leur mieux. Escalader les ble but : le premier de secourir les inflages, revenir couvert de poussière ou de digents, et le second, de faire voir les avanduvel, mais en compagnie d'un vieux meu- tages d'une alimentation commune en vue We ou d'un ballot de linge, etc., etc., c'était

du bon marché, et de pouvoir plus tard des joies sans fin. Depuis la voiture de procurer aux ouvriers les avantages d'une chasse et son brillant attelage jusqu'à l'hum- combinaison analogue en conservant ceux ble lombereau, tous les véhicules avaient de la vie de famille. été mis en réquisition et accordés avec un Le premier but été atteint au moyen : bon vouloir charmant. Bientôt pleins, ils 1o de souscriptions recueillies ; 2° d'une alroulaient à pas lents vers les ruines de l'é- location du conseil municipal; 3o de la glise Saint-Martin, transformée en magasin

vente de bons de soupe; 4° de l'appui du général. En voyant ainsi celle masse d'inu- bureau de bienfaisance, qui a fait faire pour ulites s'amonceler sous ces voûtes profanées son compte un grand nombre de distribuet délaissées depuis longtemps, l'imagina- tions. tion se plaisait à prêter aux pierres de la Les souscriptions ont produit.

2,167 65 vieille église un tressaillement d'allégresse ; Le conseil inunicipal a accordé.

000 c'élait comme leur Nunc dimittis, en regard La vente des bons de soupe a produil,

521 de la bonne euvre. C'était le jeudi, par un

Le bureau de bienfaisance a donné beau soleil et une température douce, au pour les soupes sailes en son nom. 1,300 sortir de l'hiver. Les écoliers, libres ce jourla, se firent les ausiliaires des quêteurs.

Total des recettes

4,591 65 Grâce à l'enseignement des Frères des

Les dépenses se décomposent comme il écoles chrétiennes et au patronage que les

suit: conférences de Saint-Vincent de Paul exer

Acquisition de fourneaux.

359 50 rent dans les écoles, nos petits frères que.

Constructions et réparations pour leur
élablissement,

300 leurs savaient fort bien ce qu'ils faisaient.

Achat de linge, d'ustensiles, etc.

180 15 Si les petits sont venus préler leur con- Frais pour les soupes délivrées. 2,390 57 cours empressé à cette petite muvre, les hoobles sont venus aussi en rehausser l'hu

Total des dépenses.

5,250 22

Les recettes élant de 4,591 fr. 63 C., et les vent tous les soirs des cours d'écriture, de dépenses de 3,230 fr. 22 c. : il est resté disc !ecture et de calcul qui leur sont fails par ponible au 1"' janvier 1852 1,361 fr. 43 c. des membres de la conférence. La conféCette somme a été employée à continuer les rence a une caisse des loyers qui donne une distributions de soupes en 1852, à entrele- forle prime aux déposants. La conférence de nir le mobilier, faire les réparations néces- Mayenne secourt 50 familles et a créé une saires. Le nombre total des soupes distri- salle d'asile pour les enfants des pauvres buées pendant les dix derniers mois de qu'elle visite. Celle de Château-Gontier se l'année 1851 s'élève à 14,700. Savoir : prises compose des élèves des trois principales par le bureau de bienfaisance 7,188; par les maisons d'enseignement secondaire de la personnes charitables, 2,620; distribuées par ville. Elle réunit à la visite des pauvres le la conférence de saint Vincent de Paul 4,892. patronage des enfants et celui des apprentis.

Il résulte du relevé des dépenses faites Elle paie l'apprentissage à un certain nombre par les seurs de saint Vincent de Paul, qui de patrons. Communiqué par M. le V'te DE ont bien voulu se charger de la confection Locay). et de la distribution des soupes, que le prix Vendée. — Luçon.- Les dames de charité de revient, en moyenne, pour une soupe est confectionnent des vêtements. Elles habillent de 0 fr. 162. Le prix des bons étant lixé à en totalité plusieurs femmes et plusieurs O fr. 200 c. Il en résulte une différence ou enfants et en partie quelques pauvres boni de 0 fr. 038.

vieillards. Elles s'attachent à fournir à Mais il faut observer que, dans ce prix de leurs indigents des objets solides qu'elrevient, on n'a porté que les dépenses pour les ne renouvellent que tous les deux pain, viande, légumes, charbon et main- ans. De celte manière, elles forcent les d'ouvre, sans tenir compte des frais d'entre- pauvres à économiser ce qu'on leur distien et du renouvellement du linge, des us- tribue. Elles ballent monnaie au moyen des tensiles, etc. Aussi il a pary indispensable quêtes. de maintenir le prix actuel des bons à Ofr. Såbles d'Olonne. — Une euvre vient de 20 c. : 1° pour parer à des dépenses qui de- se former sous le nom d'Association de traviendront d'autant plus nécessaires qu'on vail, Elle a pour but la confection de travaux s'éloignera davantage de l'époque de l'ins- en fil et en laine. Elle se propose de porter tallation ; 2° parce que les économies qui le salaire à 5, 10 ou 15 c. au-dessus du sapourront en résulter permettront de distri- laire babituel, selon les besoins de l'oubuer un plus grand nombre de soupes. L'in- vrière. Le produit du travail sera donné partention des personnes charitables sera tou- tie aux pauvres, partie vendu. jours remplie, puisque tous les fonds don- Une société dile de Sainte-Elisabeth on nés par elles seront uniquement consacrés des Enfants de Marie s'assemble tous les à l'quvre.

jeudis pour l'habillement des pauvres. Les La société de Saint-Vincent de Paul s'oc- associés, au nombre d'environ 40, districupe des intérêts des jeunes apprentis. Le buent 7 ou 800 fr. de vêtements par an. bureau de bienfaisance vient de créer (16 Nous avons fait le tour de la France mars 1852) une institution qui, sous le ja. et l'on serait embarrassé de dire, quelle rétronage de saint Louis de Gonzague, prend gion l'emporte par la bonne volonté. Partout le titre de société des jeunes apprenties. Elle l'esprit chrétien est l'ame des œuvres. Nous est composée de jeunes demoiselles qui ont reprocherons à la charité privée en général, Accepté la mission de rechercher les jeunes ses préventions contre la charité publique, tilles pauvres, de leur venir en aide, de les préventions que la charité publique lui rend soustraire à tout ce qui pourrait avoir sur pour son compte. L'entente cordiale des elles une action démoralisatrice, de les pla- @uvres serait un pas immense vers le procer chez des maitresses où elles puissent grès. Nous ne saurions trop le répéter, pour apprendre la couture, le pasquage, les tra- secourir nos frères souffrants, ce n'est pas vaux du ménage, d'arriver, en un mot, à trop de tout le monde. Ce Dictionnaire aspire en faire des ouvrières, et plus particuliè- à obtenir ce résultat, que la charité publique rement des femmes de chambre, des do- et la charitprivée se connaissent mieux. mestiques sages, probes, intelligentes et la- Noublions pas, nous tous qui voulons obéir borieuses.

à la grande loi de la charité que mal parler Mayenne. - Les principales créations de ou mal penser de ceux qui la comprennent la charité privée dans la Mayenne sont une ou l'exercent autrement que nous, c'est maison d'orphelines créée par une associa- enfreindre un des artieles de celle loi. tion de dames dans la commune d'Asvenières. c'est manquer de charité. Le nombre des élèves variait en 1851 de Conclusion. - Mgr de la Bouillerie, éves 100 à 150. La même association a fondé à que de Carcassonne, dans une lettre pastoLaval (carrefour aux Toiles) une maison qui rale de novembre 1853, fournit d cet article reçoit un certain nombre de vieillards des une excellente conclusion; il en confirmne deux sexes.

tous les principes. Il existe une conférence de Saint-Vincent La véritable charité, dit-il, est la charité de Paul dans chaque arrondissement de la bien faite. La charité qui a l'intelligence du Mayenne. Celle de Laval compte déjà 15 ans pauvre, la charité qui sait choisir ses med'existence; elle visitait 100 familles en ihodes et grouper habilement ses ressour1851 et patronnait 40 apprentis. Ceux-ci sui ces, la charité enfin qui s'organise.

La charité dans son ouvre d'organisation, Une aumône privée peut être donnée aun'est pas seulenient une vertu chrétienne : jourd'hui et refusée demain Une œuvre a elle est de plus une science chrétienne, et, besoin de la persévérance de ceux qui l'enau dire de saint Paul, uue science qui dé- treprennent : mais combien cette persévépasse toutes les autres, supereminentem rance est rarel... scientiæ charitatem (Ephes. Ir, 19). Voy. au L'organisation bonne ou mauvaise de la mot ADMINISTRATION, cette proposition dé- charité, dépend en grande partie des méthoipontrée par l'histoire.

des que l'on adopte pour la pratiquer. Si. 1. La charité qui s'organise réclame de la ces méthodes sont bonnes , la charité sera. part de ceux qui prêtent leur concours à bien faite; si ces méthodes sont mauvaises, cette organisation certaines qualités spéciales. elle sera défectueuse. Il y a donc de mau

? La charité qui s'organise doit choisir les vaises et de bonnes méthodes ? Une détestable meilleures méthodes pour secourir les pau- méthode est celle qui consiste à favoriser la. vres, les méthodes que l'expérience et la mendicité par des aumônes distribuées dans pratique ont le plus heureusement appli- les rues ou aux portes des maisons : ou pluquées.

tot c'est ici l'absence de toute méthode. 3. La charité qui s'organise a besoin vie Une excellente méthode, est celle des euressources abondantes.

vres. Là les diverses infortunes sont classées ** Enfin la charité ne s'organise qu'à la et connues : les secours qu'un leur apporte condition d'une direction uniforme, donnée sont sagement administrés; le côté moral de et suivie.

la charité n'est jamais oublié. Ce que la cha['ne qualité essentielle est donc l'esprit rité individuelle ne peut faire, l'association d'entente et de concours.

l'accomplit. Elle est elle-même une puisSi dans les villes où la population est im- sante méthode et qui s'applique merveilleumense, Tentente complète offre des difficul- sement à la charité. Mais la charité a besoin lés presque insurmontables, parce que la de ressources, et voilà ce qui lui fait tort personne ne se connait et ne veut se con- auprès d'une foule d'esprits ! naitre; parce qu'une même cité en renferme La charité en théorie présente à tous d'irdir; parce que chacun se circonscrit en un résistibles charmes : la charité qui veut se cerele qui, pour lui, est la ville entière; faire pratique, rencontre souvent de trèsparce que, dès lors, un appel à tous est à graves obstacles. De loin on courbe le gepeu présimpossible; dans les localités moins nou devant la cbarité et on l'adore. De près, populeuses, ces mêmes difficultés n'existent et si elle tend la main, on est tenté de la plus. Jei chacun se touche, et louche sur- trouver indiscrète et on l'éloigne. La charité wout, hélas ! des misères bien prochaines et a besoin de ressources personnelles et maqui s'étalent sous les yeux. Partout, nous térielles. ne l'ignorons pas, la position et l'intérêt Elle demande la surveillance active qui dipeuvent devenir un élément de division; rige l'emploi des aumônes. Quiconque & inais le terrain de la charité est un sol com l'expérience des cuvres, sait qu'elles no Den, celui où s'unissent aisément tous les périssent jamais faute d'argent : ce sont touaeurs pour se porter au bien, et toutes les jours les hommes qui leur manquent. mains pour l'accomplir.

A la suite du prêtre, et comme le plus L'eniente n'est pas seulement nécessaire puissant instrument de la charité chrétienne, pour chaque euvre, ajoutons qu'elle l'est tout le monde a nommé ces admirables et égalemeni entre les différentes cuvres : car angéliques filles qui, ne vivant plus que il importe que les secours soient également pour Dieu el les pauvres, leur consacrent répartis, et cette répartition équitable n'aura généreusement leur activité, leur temps, liea qu'autant que les euvres s'entendront leur zèle, leur santé, leur vie ? C'est de leurs sur le personnel qu'elles soulagent. L'orga- lèvres que sortent ces paroles persuasives nisation de la charité exige cette largeur et consolantes qui valent plus que l'aud'esprit qui exclue les petites jalousies et mône et en doublent le prix. Mais si elles les petites susceptibilités.

ont entre les mains le ministère habituel de Toutes les ceuvres sont seurs et elles ré- la charité, elles n'en revendiquent pas le pondent toutes à un besoin réel; il faut donc monopole. qu'elles vivent toutes en paix l'une à côté La charité laïque a montré de nos jours son de l'autre, se réchauffant ensemble au ardeur et sa puissance. Elle a donc une rayon du soleil que Dieu fait luire sur tous, grande mission à accomplir. Mgr de la Bouilet se nourrissant ensemble du pain quoti- serie cite la conférence de Saint-Vincent de dien que le Père céleste ne refuse à per- Paul et les dames de charité. 2000e,

Les auvres, reprend-il, sont le premier Poia, si une infortune nouvelle fait surgir degré de l'organisation de la charité; mais une nouvelle euvre, il faut que cette jeune les ceuvres à leur tour, suit pour suffire au seur soit accueillie par ses aînées, et que but qu'elles se proposent, soit pour ne pas celles-ci lui donnent place et à leur soleil et se nuire l'une à l'autre, ont besoin d'être orà leur table. Ce ne sont pas les auvres qu'il ganisées, c'est-à-dire qu'elles ne doivent pas fant diminuer et restreinure, c'est la charité étre complétement isolées l'une de l'autre, qu'il faut arrroitre et dilater en nous. En complétement indépendantes d'un guide fin, plus la charité s'organise, et plus elle commun, d'un centre commun. Mgr de la demande la persévérance.

Bouillerie propose de former une commis

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