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dans un tronc à ce destiné; un billet qui vais exemples ; s'ils envoient leurs enfants équivalait à une demande d'inscription au aux écoles de la charité de la paroisse, s'ils rôle. Ce tronc était placé à la porte du pres- couchent séparément ; quel est l'élat de leurs bytère. Le billet devait conlenir les noms et

biens et de leurs affaires ; ce que l'on poursurnoms des maris et des femmes, quand rait faire de leurs enfants et par quel secours les aspirants étaient dans l'état de nariage; l'on pourrait les relever ou empêcher leur le billet des veuves, les noms et les sur- chule. Belles expressions surtout quand elle noms de leur mari défunt, la profession du se présentent sous un aspect à la fois mamari et de la femme, ou de la veuve et du tériel et moral. Si les principes moraux et défunt; le nombre des enfants à la charge religieux étaient enracinés si avant dans les des réclamants, garçons et filles, leur age, masses, au temps passé, c'est qu'on prenait leur profession; les causes de leur chule, soin d'y en déposer le germe. pour signifier ruine et douleur, misère ; Nos libéraux d'autrefois auraient vu un la désignation des quartiers, rue, maison ou encouragement à la délation dans cet autre chambres qu'ils habitent; leur origine, l'é. précepte du règlement, qui recommande aux poque depuis laquelle ils habitent la pa- préposés de s'enquérir directement des voiroisse, et le temps du dernier secours, si on sins, si les aspirants au secours donnent leur a déjà donné. Le règlement voulait bon exemple dans le quartier, s'ils ne saprévenir de grands ahus, des surprises, des vent rien qui les doivent faire exclure du déguisements, (supercheries). Ceux qui, dans role, rien qui démente les réponses faites la quinzaine du règlement, n'auraient dé- par les aspirants aux interrogations qu'ils posé dans le tronc, des billets contenant ont subies d'abord. Les visiteurs s'informent : tous ces renseignements, seraient rayés du de l'emploi, de l'usage que les pauvres insrôle. Les personnes qui, en expliquant leur crits ont fait des dernières aumônes qu'ils position, prétendaient cacher leur nom, on reçues, en quel élat sont les lits et meuélaient pareillement rejetées du rôle. Lé bles qu'on leur à prétés et quels profits ils tronc était ouvert tous les jours : les billets ont fait des avertissements des préposés de qu'on y trouvait élaient distribués aux pré- la compagnie. On voit qu'il n'est rien dans posés, selon les quartiers des aspirants, et nos ceuvres les plus parfaites que n'aient les préposés rapportaient chaque billet, és connu et pratiqué nos pères. petites assemblées du mercredi, avec leur Les préposés, continue le règlement, dans avis écrit au bas des billets; après leur en- toutes leurs visites et enquêtes, auront grand quele, si l'avis était favorable, l'inscription soin d'agir avec telle charité à l'égard au rôle n'avait pas encore lieu, il fallaii au- des pauvres, que par leurs discours, leurs paravant que cet avis fat partagé par un se- bons procédés envers eux, ils puissent être cond visiteur commis par l'assemblée. En instruits et consolés en leur misère, suivant cas d'adhésion du second visiteur, le nom l'intention principale de la compagnie, et élait porté au rôle. Les seconds visiteurs avec cette circonspection au dehors près s'appelaient commis en second. Etaient com- les voisins, qu'il ne leur en puisse revenir mis en second, les préposés des quartiers à aucune peine en leurs afflictions, non plus tour de rôle, de lelle sorte que l'assembiée qu'aucune diminution en leur crédit, qui entière fut parfaitement instruite de l'état gé- est souvent l'unique fondement de leurs sub. néral des pauvres de la paroisse et prononçatsistance dans l'exercice de leur art, sage en pleine connaissance de cause.

adoucissement à ce que les visites pouvaient Les préposés devaient faire leur visite avoir de rigoureux. Si les visités révèlent en personne, leur mission était de vérifier quelques besoins impérieux, les préposés en l'exactitude du contenu des billets. Ils s'in- donneront avis à M. le curé, qui ý pourvoira formaient de ce qui regardait le service de d'urgence. Dieu : si l'on faisait la prière le soir et le Sont exclus du rôle : les pauvres non doInatin dans la maison, si tous ceux de la fa- miciliés dans la paroisse depuis le temps mille élaient instruits des principaux mys- voulu; ceux qui logent en chambre garnie; lères et de leurs devoirs envers Dieu et le les personnes seules et sans charge qui peuprochain; s'ils étaient soigneux d'aller aux veni plus facilement subsister et prendre instructions de la paroisse et d'y envoyer party ; ceux qui ont quelque bien ou quelleurs enfants en âge d'etre confirmés et de ques moyens de gagner leur vie, en travailcommunier, si le père et la mère fréquen- lant et se ménageant mieux, c'est-à-dire, laient les sacrements et s'ils faisaient leurs en vivant avec plus d'économie, et par Jévotions aux bonnes fêtes. Pourquoi ne pas même raison, ceux qui ne prennent pas soin pronter du moment où le pauvre a besoin de faire occuper leurs enfants avec diligence Je vous pour faire une utile violence à ses et assiduité aussitôt qu'ils en sont capables; passions mauvaises el redresser ses imper- ceux qui mendient, de mendicité publique sections ?

ou secrète par profession, (c'élait une conséEn ce qui regarde la vie domestique des quence des lois si sévères et d'ailleurs si peu aspirants au secours, les préposés s'infor- exécutées toujours contre les mendiants) ceux ment s'ils vivent en bon ménage, ou s'ils ont qui étaient secourus par le grand bureau, até mariés ; si leur misère ne vient pas de par la fabrique des paroisses. On voit que leor mauvaise conduite ; s'ils ont soin de la charité de la fabrique était distincte de la Lenir leurs enfants occupés à travailler et compagnie de charité, les corps et métiers, leurs filles hors des occasions et des mau- les confréries et autres endroiis, avec quel

que sorte de suffisance; les libertins, les ancunes ne peuvent s'effectuer sans délibéblasphénateurs, les ivrognes et les débauchés; ration de la grande assemblée. Une excepceux qui ont fait un mauvais usage des tion est faite pcur M, le curé dans les cas précédentes aumônes, ceux qui auraient urgents ou dans le but de tenir cachées cervendu ou diverti les lits, les meubles à eux taines aumônes. Le pouvoir discrétionnaire prêtés par la compagnie; ceux qui négligent du président lui permet de faire arriver leur propre instruction et celle de leurs en- l'aumône directement sans passer des fants, en ne les envoyant pas à l'école et an mains des distributeurs dans celles des précatéchisme de la paroisse, ou qui les auraient posés et même sans l'entremise du distriburetirés sans cause légitime; ceux qui dégui. ieur selon les cas. Seulement une note sent leurs noms qui les changent ou les alle. est donnée de la délivrance extraordinaire rent; ceux qui simulent une condition autre au préposé du quartier qui la marque dans que la leur, qui l'exposent pas la vérité dans son état et surveille l'usage de celle aumône leurs billets, ou la dissimulent aux visiteurs; ainsi qu'il fait pour les autres de son disceux qui no veulent pas quitter l'habitation trict. Le moment de la délivrance de l'audes lieux de scandale ; ceux quien souffrent

mône étant toujours le plus propre à édifier quelqu'un en leur famille; ceux qui refusent et instruire le pauvre, dit le règlement, les de se réconcilier arec leur prochain. (La cha- préposés des quartiers les porteront euxrité ne pouvait pas aller plus loin.) Ceux qui mêmes, au pauvre dans sa maison, avec un ne veulent pas suivre les avis des préposés esprit de charité, disposition qui contient de la compagnie. Pourquoi les secours à do- en même temps que l'éloge de la charité micile n'auraient-ils pas leur régime disci- faite à domicile, la critique de la distriplinaire comme les secours hospitaliers ? bution beaucoup plus commode qui s'o

Le règlement passe à ce qui concerne les père en tumulte et quelquefois scandaleuserapports et délibérations des assemblées. ment à la porte des bureaux de bienfaisance. L'assemblée étant ouverte, on expédie les Le règlement signale deux avantages dans affaires selon l'ordre du registre où sont cou- l'aumône portée à domicile, l'importunité chés les noms des pauvres inscrits. Ces noms de moins pour les préposés, en leur logis, sont appelés à tour de rôle; et quand ils et la célébrité du secours qui relève toujours donnent lieu à un rapport quelconque, les beaucoup l'aumône. Que de charité expéripréposés qu'ils concernent prennent la pa

mentale impliquent toutes ces sages disporole. Les rapports sont faits d'abord par le sitions ! La fidélité au règlement est recompréposé en second, puis par celui du quar- mandée aux membres de la compagnie comtier, tenant en main l'état des pauvres de me l'accomplissement d'une loi sainte, son district. Le préposé en second, après « l'exactitude avec laquelle on s'y soumel avoir conclu, dépose sur la table de l'assem- pour Dieu , faisant, est-il dit, le mérite de blée les billets, au bas desquels il a écrit son cette bonne cuvre. » Lecture en est faite à avis. M. le curé commet un troisième véri- l'assemblée générale du lundi de Pâques ficateur des mêmes faits s'il le juge à propos. pour en renouveler l'esprit; c'est pourquoi L'état spirituel des pauvres inscrits occupe

ious Messieurs sont suppliés d'y assister la première place dans la délibération de ponctuellement. Ce nom de Messieurs était l'assemblée. On ne s'occupe de leurs inté- celui des membres des compagnies parlerets matériels qu'en sous ordre. Les rapports mentaires. M. le curé faisait suivre la lecse font le plus simplement et le plus sévè- ture du règlement d'une exhortation sur rement possible soit par écrit, soit de vive quelqu'un de ses principaux points, ce qui voix, le rapporteur, évitant soigneusement rappelle les mercuriales judiciaires. Les dide recourir à l'exagération pour faire pencher vers services charitables élaient pleins des traà son avis, de ne dire que des choses allant ditions de la magistrature, les premiers foncau lait et au soulagement des pauvres, de tioni.aires des cours et des tribunaux se renn'en dire aucune qui pût scandaliser quel- contrant dans toutes les assemblées decharité. qu'un. On procède avec un esprit de pais Les associations de charilé en étaient là à regardant ious les pauvres avec amour Paris il y a deux siècles, et le même état de et sans acception. Les préposés en cas d'ab- choses à subsisté jusqu'en 1789. (Voy. Busence par maladie ou autres cas graves en• REAUX DE BIENFAISANCE. voient leur avis écrit de leur propre main, L'usage des sermons de charité n'est et il est lu à son rang par le secrélaire. Les pas plus moderne que les associations délibérations ont lieu à la pluralité des voix, de charité. Bossuet prêche à Metz en faveur après que le président a consulté les deux d'une assemblée de charité consacrée au soupréposés de service. La décision prise est lagement des pauvres malades. Il prend acceptée par chaque membre comme une pour texte ces paroles de saint Matthieu : disposition inscrutable de la sagesse de Dieu Beati misericordes quoniam ipsi misericorsans plus insister dans son opinion, sou- diam consequentur. (Matth. v, 7.) On me vent remplie d'amour-propre. Toute inter- charge, dit le grand orateur, de recommanruption pendant qu'un membre parle est sé- der à vos charités de prendre soin des pauvèrement interdite à tout autre qu'au prési- vres malades et de vous animer, si je puis, dent. Le secret des délibérations doit être à vous joindre d'un zèle fervent à cette sainte gardé inviolablement, dans l'intérêt du pau- société qui, ayant formé depuis quelques vre et des membres de l'assemblée.

années le dessein de les soulager dans leur Le règlement revient aux distributions ; extrême misère, s'est créée et dévouée à rette cuvre salutaire avec une ferveur nou- des conseils aux pauvres à la suite de leurs velle et un accroissement de dévotion. (Ser- visites. Les maisons de secours distribuaient mon pour la fête de tous les Saints, premier presque toutes des soupes, du pain, même poini.) Combien de malades dans Metz! ll de l'argent aux pauvres. Plusieurs associasemble que j'entends tout autour de moi un tions s'étaient formées pour racheter les pricri de misère : Ne voulez-vous pas avoir sonniers détenus pour mois de nourrice ; pitié? Leur vois est lasse, parce qu'elle est quelques-unes pour doter et marier les infirme; moins je les entends et plus ils me jeunes filles. percent le cæur. Mais si leur voix n'est pas

Il existait à Orléans, avant 1789, une assez forte, écoutez Jésus-Christ qui se joint sociélé à peu près semblable à la société à ens. Ingrat, déloyal, nous dit-il, tu man- philanthropique de Paris. Elle secourait 305 ges et tu te reposes à lonaise, et lu ne songes pauvres coolant 55 livres. Ce bas prix est pas que je suis souffrant en celle maison, expliqué par le nombre de 134 enfants comque j'ai la fièvre en cette autre, et que par- pris dans le pre:nier chiffre, et dont la détont je meurs de faim, si lu ne m'assistes. pense n'excédait pas 36 livres; restaient done Lisez saint Jean Chrysostome, c'est absolu- en réalité 171 adultes, représentant une dément le même fonds et la même forme, elc. pense moyenne de 7't livres par année et - Toy. CHARITÉ (Esprit de la)

par individu. ..... Voulez-vous qu'ils soient secourus, Dans presque tous les quartiers de Pareprend Bossuet, favorisez donc de tout ris, on distribuait à la porte des grands hôtels, votre pouvoir cette confrérie charitable qui tous les jours, des.aumônes en aliments, en se consacre à leur service (confrérie et so- vêtements, en argent. Malheureusement les ciélé c'est la même chose, les villes en étaient distributions étaient presque toujours conpeuplées). Aidez ces filles charitables, dont fiées à des domestiques ou à des intendants, joute la gloire est d'etre les servantes des qui, pour se débarrasser de la foule qui aspauvres malades, victimes consacrées pour siégeait l'hôtel, se bâtaient de dépenser les les soulager, et ne dites point, reprend-il: crédits ouverts par leurs maitres, sans prenles pauvres sont de mauvaise humeur, on dre de renseignements au domicile du parlne peut les contenler. C'est une suite néces- vre qu'on ne connaissait en aucune façon. saire de la pauvreté. Ils ne se contentent Cette légèreté dans l'application des sepas de ce que nous leur donnons, ils veu- cours encourageait la paresse et multipliait leat de l'argent et non des bouillons et non le nombre des mendiants. C'était le mauvais des remèdes. Vous n'êtes pas assemblées côté de la charité privée, ou plutôt c'était le pour satisfaire à ce que leur avarice désire, temps de sa décadence dans la classe riche. mais à ce qu'exige leur nécessité. Il n'y a - Voy. CHARITÉ (Esprit de la) AU XVIN' SIÈCLE. pas de fonds; c'est à vous, Mesdames, à y

SECTION JI. pourvoir. C'est pour cela que vous vous eles ioutes données à Dieu pour faire la quête.

La révolution de 89 a modifié la charité Vous refusez de tendre la main; on ne publique; elle a été impuissante contre la doune rien, dites-vous. O vanitél qui le charité privée. Quand la charité privée s'est méle jusqué dans les actions les plus hum- remise à l'auvre, elle a été la même que bles, ne nous laisseras-tu jamais en repos ? chez nos pères. Le principe religieux forme N'écontez pas ceux qui disent : celte cuvre son essence; c'est lui qui la pélrit, qui la ne durera pas; elle ne durera pas, si vous dirige, qui l'échauffe et la soutient. Commanquez de foi, si vous vous défiez de la ment pourrait-elle s'altérer ? Son rôle a Providence. Dieu suscitera l'esprit de per- élé et restera immuable. Les hôpitaux, sommes pieuses qui vous donneront des se- les hospices, les bureaux de bienfaisance cours estraordinaires; mais ce sera si vous sont les gros bataillons de la charité ; ils vifaites ce que vous pourrez. Quelle consola- sent sur trop de monde pour viser juste. tion! je n'ai qu'un'écu à donner; il se par- La vocation de la charité privée est de lagera entre tous les pauvres, comme la marcher tantôt devant, tantôt derrière la nourriture entre tous les membres! C'est charité publique, à la découverte de la paul'avantage de faire les choses en union. vreté, humble, timide, boiteuse, comme HoDonc Bossuet propose à la charité indivi- mère représente la prière. Sa mission, ou, duelle le charité collective. (Second point). Pour mieux dire, une de ses attributions, est

Il existe dans les OEuvres de Bossuet un d'examiner si, dans sa marche pesante, la autre sermon, prêché dans une assemblée de grande armée charitable n'a pas laissé nus charité, dont nous ne connaissons que et souffrants plusieurs membres de la grande l'esorde; on ne dit pas où il fut prononcé. famille sociale sans les secourir et même

Plusieurs compagnies de charité s'é. sans les voir. Elle a dans son domaine le palaient attaché un certain nombre de seurs tronage des orphelins, leur éducation, leur grises ( seurs de charité), entretenues, apprentissage, leur placement à surveiller, la nourries et rétribuées; elles étaient chargées bonne intelligence à maintenir ou à rétablir de visiter les malades, de les soigner dans dans la famille pauvre, la réhabilitation des les maladies légères, de les panser, d'en- natures déchues ou perverses, la résurrection voyer des médecins, de distribuier des bouil- morale et religieuse des intelligences abruties lons aus vieillards infirmes, de tenir des par l'ignorance héréditaire ou l'enseignement écoles, etc. La société de médecine et la fa- iraditionnel de tous les vices, les mille déculté, les médecins des hôpitaux donnaient tails de charité intime dont la charité puDictionn. O'Economie charitable. III.

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blique ne peut égaler la tendresse et la per- uniforme. Quelques objections firent ajourfection. La charité privée ne se borne pas à per celle idée, eroportée dans le tourbillon suppléer la charité publique ; les deux cha- des derniers jours de l'empire. Les deur rités se tiennent de si prés, qu'on ne sau décrets du 5 mai 1810 et du 25 juillet 1811, rait dire où finit l'une, et où commence l'au- réorganisaient entièrement la société de tre. La charité privée est rencontrée par- charité maternelle. Il lui fut alors permis de Loul, dans les hospices et dans les bureaux recevoir des dons et legs, avec l'autorisade bienfaisance. Il existe une euvre à Pa- tion du gouvernement, dans les formes ris pour la visite des pauvres dans les hôpi- prescrites pour les autres établissements de taus; et, par un merveilleux échange de con- charité. L'action de la société embrassait la cours, le ministère de l'intérieur, centre de France entière: un conseil général composé la charité publique, alloue des secours à de hauts dignitaires de l'État et de dames cette envie privée.

nommées par l'impératrice, imprimait la La société de charité maternelle, aus ter- haute direction ; un comité central, établi à mes de sa constitution, a un pied dans la Paris, et des conseils d'administration orgacharité publique et l'autre dans la charité nisés dans les chefs-lieus de département, privée. Elle a sa place au budget de l'Etat. formaient aulant d'agents d'exécution. Les Son chiffre y dépasse celui des institutions conseils d'administration rendaient compte nationales de charité les mieux dotées, et au comité central tous les trois mois, et ce cependant, par son sanctionnement, elle ap- dernier tous les sis mois au conseil gépartient aux ouvres de la charité privée. néral. Nous avons da la placer dans leur rarg, et 'ne ordonnance royale du 31 octobre 1814 c'est par elle que nous commençons.

abroge cette organisation (art. 1“); déclare, On verra plus loin, lorsque nous parlerons par son article 2, que la société de charité de la charité privée à Lyon, que la pensée de la maternelle de Paris reprendra le régime fondation de la société de charité maternelle qn'elle suivait antérieurement au décret du a été suggérée à la reine Marie-Antoinette 5 mai 1810, et (art. 3) que les conseils d'adpar une société fondée à Lyon, à laquelle sa ministration établis dans les départements Majesté s'était associée avant la naissance, ne continueront leurs fonctions que jusqu'à du Dauphin. Quand eut lieu cette naissancé l'épuisement des sommes qu'ils ont alors en si désirée, Marie-Antoinette la célébra par la caisse ou qui pourront être accordées sur le création de l'euvre qui s'est perpétuée de fonds commun de la société, déposé à la souveraine en souveraine jusqu'à nous, sans caisse d'amortissement. Par son article 4, la cesser d'etre, comme cela résulte de ses sta- même ordonnance règle le mode de répartuts, une société de charité privée. C'est là lition du fonds commun. Enfin, par ses artice qui constitue son caractère exceptionnel. cles 5, 6 et 7, elle règle l'organisation des La reine avait chargé Mine de Fougeret de

sociétés de charité maternelle qui pourraient son organisation.

se former à l'avenir dans les départements. Nous lisons dans une notice de M. de Ros- Il était peu probable en 1811 que l'infortaing de Rivas, publiée en 1833, que la so- lunée fille de Marie-Antoinele deviendrait ciété de charité maternelle fut fondée à Pa- présidente à son tour peu d'années après. ris en 1788 par Mme Fouquet, fille de Le procès-verbal du 9 janvier 1815 consM. d'Aulremont, apcien administrateur des tate le versement d'une somme de 5,000 fr. hôpitaux. Dans les deux versions la reine pour contribution des quatre premiers mois Marie-Antoinette accepte le titre de protec- de l'année, remis de la part de Son Altesse trice de l'æuvre. Le premier cachet de la royale par Mme la marquisa de Pastoret à société, gravé sur un trait de Girodet, re- M. Grivel, trésorier. Le 20 février de la présente Moïse sauvé des eaux par la fille même année, la même main apportait une de Pharaon.

lettre du ministre de l'intérieur et le dou Sous le consulat, la société sort de ses zième de la somnie de 40,000 fr., pour laruines. Mme de Fougeret, Mme Grivel et quelle le ministre s'engageait annuellement. quelques autres dames essayent d'y inté- Àme la duchesse de Damas était, avec la resser Mme Bonaparte. Joséphine leur le marquise de Pastoret, un des membres les moigne une vive, mais stérile bienveillance. plus actifs de la société. Le moment n'était pas encore venu, pour le Si la fille de douleur de la fondatrice était pouvoir, de patronner officiellement une Join de penser qu'elle serait remplacée, en création de Marie-Antoinetté. Cependant 1830, par la reine Marie-Amélie, il était en l'empereur se souvint plus tard de ces pre- core inoins probable que la jeune impéra mières tentatives. En 1810, il voulut que lrice Eugénie prendrait la présidence de la l'impératrice Marie-Louise prit le titre de société du vivant de l'épouse de Louis-Phi · présidente. Un décret de 1811 unit une lippe. La société a changé de souveraine somme considérable à la disposition des tré- mais elle n'a pas perdu sou esprit et so soriers. Mme de Pastoret fut nommé vice- importance; elle n'a fait que grandir. présidente. Le cardinal Fesch, Cambacérès Les sociélés de charité maternelle furen reçurent des titres pompeux dans l'@uvre, placées sous la présidence et la protectia et prirent part à plusieurs de ses séances. de l'impératrice, par un décret du 2 févrie Un jour même, Napoléon fit venir ces dames 1853. Les demandes lendant à obtenir l'au à Saint-Cloud, et voulut leur imposer un torisation de former une société de chari

maternelle ou la reconnaissance de ces so- sissent le chiffre. L'année 1853 donne pour ciétés comme établissement d'utilité publi- toutes les sociélés l'énorme total de 626,000 que sont adressées, par l'intermédiaire des fr., se décomposant ainsi : Reliquat du préfets, au ministre de l'intérieur, qui, après compte des exercices précédents, 87,000 fr.; avoir pris les ordres de l'impératrice, donne con de l'impératrice, 100,000 fr. ; subvention à ces demandes la suite qu'elles comportent de l'Etat, 120,000 fr.; allocation des déparLes préfets transmettent les demandes de tements et des communes, 69,000 fr.; consecours au ministre de l'intérieur, qui les tribution de la charité privée , 250,000 fr. soumet à l'impératrice. Le ministre prépare On voit qu'elle entre dans l'euvre pour la la répartition des crédits ouverts au budget plus forte part. de l'État. Lorsque cette répartition a été ap- On a rédigé au ministère de l'intérieur prouvée par l'impératrice, le ministre ordon- des modèles de statuts, dont la formule peut Dance le montant de la subvention accordée tre modifiée par les sociétés elles-mêmes, à chaque société. Dans la première quinzaine qui doivent cependant soumettre les règledu mois de février, au plus tard, la prési- ments qu'elles se donnent à l'approbation dente de chaque sociélé soumet au préfet ministérielle, si elles veulent etre parties en double expédition : 1° le compte moral prenantes à la subvention gouvernemende l'ouvre ; 2° le compte des receites et des tale. Voici les statuts modèles : dépenses opérées pendant l'exercice précé- Statuts de la société de charité maternelle de dent. Le préfet, après avoir approuvé ces documents, en adresse une expédition au

(telle ville). ministre de l'intérieur. Chaque anrée, le Art. 1". La société de charité maternelle ministre Je l'intérieur présente à l'impéra- de (telle ville) a pour objet d'assister les trice un rapport sur l'ensemble du service pauvres femmes en couches, de les encoura-' des sociétés de charité maternelle, et signale ger à nourrir elles-mêmes leurs enfants, do à l'attention de Sa Majesté celles qui ont prévenir ainsi les expositions, et de prémérité sa protection particulière. (Règle- server les enfants rouveau-nés des suites ment du 15 avril 1853.)

de l'abandon et du dénûment. Les décrets impériaux du 5 mai 1810 et

La société accorde ses secours aux femmes 25 juillet 1811 avaient porté la dotation à

pauvres et aux enfants nés de parents pau500,000 fr,; elle fut réduite à 100,000 fr.

vres, sans distinction des cultes auxquels sous la Restauration, avec affectation sur

ces femmes ou ces enfants appartiennent. celle somme, de 40,000 fr. à la ville de Pa

Art. 2. Sont seules membres de la sociéris. (Ordonnance du 3 octobre 1814.). Le

té les personnes qui souscrivent pour une gouvernement de Louis-Philippe l'éleva à

cotisation annuelle dont le minimum est fixé 120,000 fr., son chitsre actuel. En acceptant j'arbitrage de chaque ville), ou qui s'enga

à francs (la cotisation est laissée à la présidence, l'impératrice Eugénie lui conféra un droit de joyeux avénement de

gent à faire, chaque année, à la société, en 100,000 fr.

Tayeltes ou autres objets ,'un don d'une va

leur au moins égale à ce minimum. La sociélé n'est pas une unité, c'est

Art. 3. Les ressources de la société conune semence. Ce n'est pas un tronc dont les

sistent dans : 1° le montant des souscriprameaur s'étendent dans les départements, tions annuelles ; 2° le montant des dons qui chaque société maternelle a son individua

lui sont remis ; 3° le produit des quêtes aulile propre et existe sans relations avec les

torisées, faites à domicile et dans les églises autres sociétés. On n'en comptait que 45 en et temples ; 4° les rentes et capitaus appar1818; le nombre s'est accru' de 14 depuis tenant à la société ; 5° enfin les donations et lors. En voici la liste (nous suivons l'ordre legs qui pourront lui être faits par des peralphabétique des départements) : Bourg,

sonnes bienfaisantes. Moulins, Manosque, Rethel, Sedan, Troyes,

Art. 4. La société est administrée par un Carcassonne, Narbonne , Arles, Marseille, conseil, composé de dix dames (ce nombre Caen, Angoulême, La Ruchelle, Bourges, peut varier), parmi lesquelles Sa Majesté l'ImDijon, Saint-Brieuc, Besançon, Evreux,

pératrice, comme présidente des sociétés de Chartres, Brest, Toulouse, Bordeaux, Mont

charité maternelle de France, nomme uno pellier, La Guerche, Rennes, Châteauroux,

présidente et une vice-présidente. Tours, Nantes, Orléans, Angers, Chalons,

Art. 5. Les dames appelées à composer Reims, Verdun, Vannes, Metz, Nevers,

le conseil d'administration sont nommées, Dogai, Lille, Valenciennes, Alençon, Arras, pour la première fois, par l'assemblée géCalais, Pau, Strasbourg, Lyon, Le Mans, nérale de la sociétó. Paris, Elbeuf, Rouen, Niort, Amiens, Mon

Art. 6. Le conseil d'administration se retauban, Draguignan, Toulon, Apt, Avignon,

nouvelle ensuite chaque année, par cinquièPoitiers, Limoges, Auxerre. Plusieurs villes

me ; les dames restantes pourvoient, uans sont en réclamation pour en constituer. La

la séance du conseil du mois d'avril, au répartition des 120,000 fr. a lieu par se.

remplacement des dames sortantes ; les mestre; celle du 1" semestre de 1855, entre

dames sortantes peuvent toujours eire réles 59 sociétés, s'élève à 60,400 fr..

élues. Les sociétés ont leurs ressources propres,

Art. 7. En cas de vacance par tout autre et reçoivent souvent des communes ei des cause parmi les dames composant le conseil, déparlements des allocations qui en gros- il est procédé au remplacement, dans le dé

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